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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 15:19

 

 

L’idéologie en actes de la lutte, du combat perpétuel, du sacrifice pour plus tard, de l’avènement sans fin va de front avec une dévalorisation, quand ce n’est pas une condamnation pure et simple, de la notion de paix, forcément suspecte et injuste. La guerre, elle, saine, sainte, juste et de toutes contre toutes, est légitime a priori, virile, pleine à ras bord de fins absolues, désirables, incontestables. Et les fins, comme chacun sait, priment sur nous,  veulent les moyens.

 

Le seul petit retentum que généralement les plus faibles y passent alors systémiquement au moins autant et bien des fois plus que dans cette putride paix, et au contraire survivent quelquefois, fut-ce mal, dans celle-ci, semble ne pas gêner beaucoup, voire au contraire confirmer. Bien mourir plutôt que mal vivre, tiens – mais ce sont les survivantes généralement qui affirment cette mâle détermination. N’avaient qu’à être fortes aussi, légitimes, voilà, les « autres ». On va pas s’emmerder avec des cloche-pattes et autres vulnérables, pour ne pas dire looseuses. Le monde, c’est pour les qui peuvent (et donc qui doivent). C’est frappant comme le darwinisme social, pour ne pas dire pis, structure les idées révolutionnaires qui en deviennent instantanément réaques, convergent, quoi, encore une fois.

 

Les moyens qui nous anéantissent et nous mutilent ne sont pas des moyens. Ce sont des fins pourries. Et ne le sont pas moins quand nous nous les appliquons nous-mêmes que quand on nous les impose. Nous sommes un changement, nous n'avons pas à nous exterminer pour quelque avenir transcendant qui nous représenterait et nous accomplirait. La mauvaise blague. Nous avons au contraire à nous préserver ici et maintenant, à vivre le moins mal qu'il nous sera possible dans le présent, parce que sans ce présent pas de futur, et avec un présent pourri, haineux de lui-même, ce futur, s'il en reste, aura une bien sale gueule. Bref, pour un égoïsme communautaire et collectiviste.

 

Il n'est pas moins patent et permanent que l'aversion pour l'idée de non-lutte et de non-sacrifice ne remet nullement en cause la stabilité opportune des agglomérations affinitaires, ces grumeaux de valeur. On objectera alors précisément à "l'autre" qu'il s'agit de ne les pas troubler. Le sacré a ses paradoxes.

 

Il y a des automatismes sur lesquels il serait pas mal de se poser quelques questions avant de les répéter ; l’une d’elle pourrait être « quelle est ma position sociale, présente autant qu’espérée, pour que je pense que ce truc me bénéficiera » ?

 

*

 

Misogynie, masculinisme, antimodernisme, bellicisme ferment une impasse meurtrière pour nous (et pas que)

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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ni alliées, ni amies, ni copines, ni soeurs ; autonomies transses

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