Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 09:44

 

 

 

 

 

Ressentiment : boire du poison en espérant que quelqu’une d’autre va en mourir.

 

 

Pas autrement étonnée d'apprendre qu'une assoce plutôt conservatrice, économiquement libérale comme le fait remarquer une collègue, bien qu’elle se dise progressiste, et sacrément opportuniste, en tout cas très peu critique sociale, comme OLF, a routé un texte qui se veut matérialiste formellement, utilise des questions de fond du féminisme, mais n’a de raison instrumentale et de visée effective que crassement transphobe, surtout transmisogyne en fait ; et donc se l'est, de cette manière, approprié. N’empêche, il faut marquer le coup, car je crois que c’est quand même un des indices d’un saut en cours dans les multiples chemins de la régression sociale et intellectuelle et du simplisme vainqueur qui nous emportent comme une coulée de boue.


 (https://www.facebook.com/checktesprivel ... 5277273637) qui renvoie à leur post, qu’elles n’ont d’ailleurs pas enlevé à cette heure, ni ne s’en sont d’ailleurs « expliquées », contrairement à ce qui en avait été d’autres « tests » du même type ces dernières années de la part de plusieurs autres orga ; parce que, on n’est pas dupes, ce genre de truc sert surtout à sonder l’atmo, ce qui va passer ou pas, exercice courant dans les sphères politiques réaques tous azimuts. Résultat qui indique bien que, plus encore que l’approbation, elles peuvent compter sur le silence et la tolérance envers les violences sociales « de deuxième rang », celle qui « se discutent », celles qui s’exercent envers des groupes pour lesquels, hein, on va pas se fiche sur la trogne entre relativement majoritaires, quand même…

 
Ce qui est burin avec la bande à terf', c'est la mauvaise foi avec laquelle elles détournent et tronquent l'approche féministe vieille-matérialiste et la critique du rapport social de sexe, qui sont aussi, hé oui, les miennes et celles de quelques autres personnes trans’. Comme d’ailleurs la lecture des conséquences de ce rapport et du nous qu’il constitue (encore qu’ici déjà on diverge, elles diront plutôt « ce qu’il fait » d’un nous supposé préalable, voir plus loin). Et qu’elles instrumentalisent des questions de fond à la structure valide, auxquelles elles en collent d’ailleurs d’autres qui ne sont pas valides du tout, dans une perspective tordue et clairement éliminatrice. Or, une telle perspective invalide de fait tout le procès, sauf à considérer que l’objectif « commun » doit être le nettoyage social (!!) et l’adhésion à un idéal fixiste et rétrograde.

Je dis la mauvaise foi parce que je ne crois pas une seconde qu'il s'agit de bêtise, et au contraire qu’elles le font en pleine connaissance de cause, intentionnellement. Elles font tout simplement l’impasse totale sur le fait pourtant fondamental en logique matérialiste critique qu'un rapport social évolue, se modifie, en deçà même de la volonté subjective ou politique, laquelle il détermine bien autant qu'il en est déterminé, et ne se réduit pas à la simple arithmétique des intentions explicites. Quelque part on a l'impression que ça ne les arrangerait pas du tout qu'il change, justement, et encore moins qu’on vienne un jour qui sait à s’en débarrasser, que leur fond de commerce en serait affecté, et que c'est tant mieux si le masculinisme et le rapport de pouvoir se portent bien ! De nouvelles nanas ? Ah ben non alors, ça fiche en l'air tout leur paroli (qui par ailleurs ne met à aucun moment sérieusement en cause l'ordre hétéro, ect. puisqu’il s’agit au mieux de l’aménager, en l’état).

Pour donner épaisseur à ça, elle ne cessent de marteler un mensonge qui pour stupide n'est pas moins vraiment ignoble et très "troll" (parce qu'il n'a aucune espèce de lueur de fondement) : les droits, l’existence sociale des trans' diminueraient les droits et possibilités des femmes cisses ; donc il faut ôter leurs droits aux trans', les bouter hors de l’existence collective, en fait surtout les transses qui sont on a bien compris la principale cible de l’affaire, qui les empêchent de dormir, les juments de troie dans la communauté idéale, et conséquemment sont pour elles, in fine, une anomalie à faire disparaître. Les mecs trans sont plutôt pour elles des « sœurs égarées » à ramener au bercail, un cas véniel quoi. Un bel exemple, après tant d'autres dans l'histoire contemporaine, d'argutie que l’existence des personnes minoritaires lèse les relativement majoritaires. Et que l’impuissance de ces dernières dans le contexte social est bien évidemment la faute des premières, tiens ; même que ce sont elles qui en sous main incarnent et déterminent la domination. Bien sûr arthure. Ça ne vous rappelle rien ? Un tit’effort…

Enfin si c’est le péril de mixité transse/cisse qui vous répugne, alors là, ne vous en faites vraiment pas, parce que déjà on n’y tient pas plus que vous, et que de toute façon on n’y croit pas, elle n’existe pas. Et ce n’est pas vraiment la question pour le moment. Dans les faits, nous sommes séparées, et par la logique de ce que nous représentons socialement, et par les hiérarchies qui vont avec. Mais non mixités et séparations, quand elles sont conscientes et construites, comme nous le voudrions, vont précisément totalement à l’opposé du déni d’existence, de la volonté d’empêcher de vivre, d’anéantir, qui imprègne tout l’argumentaire que vous mettez en avant, et qui rend du coup invalides jusques aux passages consensuels de votre truc, emballés dans des fins pourries.

 
OLF est une assoce au fond plutôt hétéracisse et généralement transmisogyne. Rien d’ailleurs là de très original. On n’irait même pas les chercher là-dessus, c’est comme ça c’est comme ça. Elle semble en nette perte de vitesse suite à des prises de positions clivantes ou maladroites sur divers sujets, et probablement aussi son fonctionnement hiérarchisé et pyramidal, qui ont amené une hémorragie d'adhérentes. Ceci explique-t’il une droitisation et une recherche de biques émissaires consensuelles visant à essayer de recruter dans le « peuple réel » cher à la dite droite ?

En tous cas ça signe et signale net l’atmo de l’époque, à féministlande et ailleurs : d’une part l’affaissement tous azimuts de la pensée critique du rapport social de sexe, la facilité intellectuelle et un réformisme très cheap ; d’autre part une situation de guerre de toutes contre toutes, de cannibalisme où tous les moyens sont bons. Et ce qui surnage sur les raisons supposées de fond, c’est la haine facile des plus faibles et des moins légitimes, afin de se remblayer quand on est en perte de vitesse politique ; olf mène tout simplement une tactique populiste de droite sur le dos des nanas transses, et de quelques autres. Histoire d’essayer de se présenter comme « représentative » - ce qui fait autant rigoler que bien d’autres initiatives groupusculaires récentes, qui se limitent souvent à une cheffe charismatique et quelques clampinEs (hé oui, on n’aime pas les transses mais par contre pas de problèmes avec la mixité intracis’, c’est ça l’progrès).

En tous cas l’expérience est probante : d’une part ça réjouit leur cheptel politique, mais surtout on mesure la tolérance de plus en plus passive et profonde, comme d’ailleurs dans tout le reste de la société et vis-à-vis de bien des questions, envers les affirmations régressives ou discriminatoires. Et le poids croissant des alliances, déclarées ou non, et leur rapport à la valeur relative des groupes sociaux ; même les orga cis’ ou même mixtes f-pg qui d’habitude ne se gênent pas pour fustiger le conservatisme et les discris se sont faites toutes petites, vu que quand même on va pas se fiche sur la figure entre cis’ ou intégrables pour des caricatures qui n’existent de toute façon pas vraiment, hein ? On a intérêt à s’en souvenir.

Enfin ça déterre bien la base d’un gimmick contemporain qui a presque toujours et pas par hasard été utilisé par la réaction : « oser ». On n’ose que ce qu’on sait plus ou moins obscurément comme à la base du sujet social en vigueur, ontologique, communément admis et défendu ; bref tout ce qui s’oppose à une évolution de l’ordre des choses, qui ramène au contraire aux injonctions premières. Oser, c’est la jouer surenchère des évidences. C’est une de ces baudruches attirantes qui tuent les plus faibles. Ça aussi il faut s’en souvenir.

 

Pour le fond théorique, c’est le repli commun à toutes les options politiques sur les évidences acritiques, les essentialités et une « société réelle » à la sauce réaque qui est en fait antiréaliste, ou alors réaliste métaphysique, puisqu’elle nie et hiérarchise la réalité a priori, à l’inverse d’un réalisme conséquentialiste. Ce qui se passe ne peut réellement exister – en fait être légitime – que si ça suit le schéma préformé. Pas de surprise en histoire sociale. Et finalement, on le sent avec ces groupes qui n’arrivent finalement pas à mener une réelle critique d’hétéro- et de sexuationlande, de la sexualité et du relationnisme, pas d’évolution non seulement concevable, mais même acceptable. Ce qui se passe ne peut donc, comme le veut la logique politique et volontariste, que le fruit d’un complot, délibéré et malveillant. L’idée matérialiste que le sujet, et donc son devenir, éventuellement son ressenti, sont précisément d’origine sociale, donc réelle, et qu’il n’y a pas plusieurs niveaux de réalité, bref qu’il faut prendre les problématiques telles qu’elles se présentent à bras le corps et non a priori ce qui n’empêche pas la critique systémique de fond, bien au contraire, les dépasse ; c’est ça de vouloir jouer les maté’ quand en fait on en répugne aux structures, à l’audace intellectuelle et peut-être à l’ouverture d’esprit.

C’est une vieille tare de bien des pensées, y compris révolutionnaires (léniniste notamment, ou plus généralement subjectiviste, en quoi elles tombent tout dret dans ce qu’elles affirment combattre…) de ne pouvoir intégrer ce qui n’a pas été projeté. Et donc de le délégitimer a priori comme « moins réel ». Critiquer cette approche ne veut absolument pas dire renoncer à une distance et à un systémisme, s’abandonner à ce pour quoi se présentent les choses sans distance. Mais un peu de bon sens (oui !...) devrait quand même suggérer que ce qui est désormais, nous quoi, clairement un glissement de fond dans le rapport social de sexe, doit être pris en compte et analysé, et pas balayé d’un revers de manche. Que même ça ne servira à rien, à moins qu’on envisage, à l’ancienne, à la bio et à la métaphysique, l’hypothèse de la « solution » par l’extermination… Car en fait encore une fois je ne crois finalement ici ni à l’insuffisance ni à l’erreur, fondamentalement : la raison en est clairement instrumentale et malveillante, fut-ce au nom de l’habituel idéal de pureté et de légitimisme, qui est à l’origine de bien des désastres et autres horreurs.

 

S’interroger sur le pourquoi comment de ce qui se passe depuis quelques décennies dans le rapport social de sexe est à mon avis urgent et primordial ; précisément parce qu’il s’y passe des choses, des choses plutôt imprévisibles et qui ne suivent peut-être pas sa pente maximale. Je suis absolument pour poser les éléments et rapports dans un cadre d’analyse sociale. Mais réduire ce qui se passe à une panerée de lubies, quand ce n’est pas reprendre la bonne vieille thèse par défaut de « s’il se passe quelque chose c’est qu’il y a un complot », c’est précisément pour ces prétendues matérialistes se vautrer dans le subjectivisme et le simplisme le plus épais. Et si la notion d’identité, sans parler du nativisme, est selon moi éminemment questionnable, déconstructible, ça change quoi ? Nous n’existons pas moins dans le cadre de l’approche en terme de rapport social que dans celle en terme d’identité. Il est donc tout bonnement faux que prendre en compte l’existence des transses invisibilise le patriarcat. D’autant que la réfuter n’a aucun effet prophylactique sur ce dernier ! C’est ce qu’on appelle avoir tout faux.

 

Leur biais de mauvaise foi - parce qu’elle savent quand même, en principe, ce dont elles parlent, et que c’est je pense encore une fois intentionnel, encore que ? n’y croient-elles pas à force ? - est de relativiser en fait le social, de supposer par là-même une « nécessaire » existence référente extra-sociale première, absolue (ce qui est aussi, en miroir, le gap des relativistes pour escamoter l'effectif), donc de l’adosser à une « réalité ontologiquement vraie » essentielle et métaphysique, d’une manière tout à fait « sens commun » naturaliste ou religieux, genre une humaine générique toute formée en deça de son existence effective, avec pourquoi pas une âme éthérée tiens aussi. On ne naît rien ? Ben si, on naît des tas de choses, avantageuses ou non. Il n’y a personne « avant » la vie sociale. Et même pendant, ô surprise, il arrive que ces choses que nous sommes sont modifiées. Nous ne sommes que par nos modalités, sans quoi on en revient à la scolastique, à la substance et à l’accident, au dualisme foncier – qui comme on sait n’ont rien mais rien à voir historiquement avec le patriarcat non plus…

Si on tient que la vie humaine est intégralement du social, que ce qui se passe est le réel, quoi qu’on en juge par ailleurs, une pareille position de déni et de naturalisation est intenable. Sauf si, en réalité on n’y croit pas, mais à des réalités préalables et intangibles – alors que devient et sur quoi se base la prétention et à une critique sociale, et à un changement de l’ordre sexué ? Leur fixisme met à la poubelle, ipso facto, tout ce à quoi elles, et nous, prétendons en matière d’émancipation ! Ça semble même là une belle manifestation de ressentiment : fiche en l’air ce qu’on voudrait et ce dont on aurait besoin pour que d’autres, jugées illégitimes, n’en profitent pas. Posture de plus en fréquente en cette période de naufrage, où on s’aperçoit que le sujet social rêvé, propriétaire/valeur d'échange, ne contenait pas la pochette surprise escomptée. Il y a comme de la rage de dépit, elle aussi abominablement banale, dans cette manière de se retourner contre les plus stigmatisées au lieu de s’en prendre, précisément, au viriarcat, et de reradicaliser et reconséquentialiser le féminisme, en fonction d’où nous en sommes et de ce que nous avons appris. Ben non, mieux vaut tout perdre que de le partager avec des illégitimes, bouh ! Voilà ce qu’on appelle une position vraiment morale. À faire peur.

 

Et donc pour y revenir, alors là, encore une fois, l’affirmation mensongère, ignoble et j’ajoute lâche, parce qu’il s’agit encore une fois de victimisation majoritaire sur le dos de minoritaires, et on le devine bien essentiellement sur celui des nanas transses, qui sont pourtant un des groupes sociaux les plus délégitimés, déclassés et cibles de violence, cette affirmation donc que les droits et la place sociale des transses sont pris aux nanas cisses, est  grossièrement stupide. Je raconte pas comment je me fais aimer à conserver une approche de critique systémique du rss à transselande, et à signaler la difficulté de se départir de tropes référents masculins comme l’a priori positiviste de revendication de pouvoir, ce dans une atmo par ailleurs générale, jusqu’à ciféministlande faut-il le rappeler, d’appétence pour un « sujet neutre » qui est en fait masculinoformé. Je suis la première à défendre que nous constituons un groupe social nouveau, et par ailleurs à dire qu’il y a un problème avec des objectifs convergents qui reproduisent et renforcent hétérolande, le capitalisme, etc., mais dans ce cas là encore les cisféministes n’ont absolument rien à moufter parce qu’elle sont sur ces mêmes lignes, et sont bien frileuses à en mener une critique interne. Pareil de l’articulation sociétal/social, où elles ne proposent depuis longtemps plus aucun changement de fond du second, au profit d’un alignement perdu d’avance sur les modalités du premier. Elles n’ont vraiment pas à la ramener s’il s’agit de déceler ce qui finalement maintient systémiquement l’ordre sexué et économique dans les politiques intégrationnistes ! Et encore moins à ne faire mine de s’en soucier que quand c’est le sort des transses qui est en jeu. Là encore la mauvaise foi est phénoménale. Quand elles-mêmes auront une velléité de se poser des questions de fond sur la sexuation, l’ordre relationniste, l’appropriation humaine et matérielle, l’injonction à la sexualité, toussa toussa, alors okay on en reparlera. À fond pour. Mais jusques là vos gueules. Regardez vous vous-mêmes. Et, c’est le cas de le dire, lâchez nous les baskets. Voui. Pasque, je ne sais pas si vous vous en êtes vous mêmes aperçues, mais là c'est vous qui êtes collées après nous, à ressentimenter et à réclamer, alors que nous allons plutôt de l'avant. Toute analogie etc etc., n'est-ce pas ?

 

*

 

Cela dit, c’est bien nous qui sommes bêtes, si quelqu’une est bête dans cette affaire, à nous obstiner à vouloir converger avec un pareil cousinage, ou nous inscrire dans des packs identistes (genre cispégé, salut act up soudain muette…) où ce genre de situation montre clairement qu’on nous considère pareil, comme des épluchures et un fléau. Nous n’avons rien à en attendre, rien à leur demander. Que ça leur plaise ou non on est là, et bien là. Ici et maintenant, cela ramène à ce que je défends par ailleurs. Sortir de l’idéalisme convergent et meurtrier, pour privilégier un conséquentialisme communautaire. Les rapports sociaux internes à f lande étant ce qu’ils sont, le minimum est de se désengluer de toutes les visées unitaires, et de s’auto organiser en fonctions de comment les choses se passent. Nous nous disposons trop facilement nous-mêmes, et parce que nous ne savons ni ne voulons assez remettre en question valorisation et intégration, ces « références incontournables », à nous laisser instrumentaliser et maltraiter par des options pour lesquelles nous sommes illégitimes, en trop. Encore une fois, donc, autonomies transses. Sans parler des autres. Cela ne préjuge d’aucune hiérarchie idéale, d’aucune obligation d’alliance ou que sais-je. Nous positionner. Cesser de dépendre des approbations. Et nommer, examiner, pareil. Ne plus donner dans le mythe de l’unité, qui se fonde toujours sur l’élimination.

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by

La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
  • Contact

ni alliées, ni amies, ni copines, ni soeurs ; autonomies transses

.

Recherche

Dans Les Orties