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27 octobre 2017 5 27 /10 /octobre /2017 10:16

 

 

Bon… elles nous ont amenées où, alors, vos « unités trans’ » identistes et fantasmatiques ? Où, votre leaderat poussif et avide de contrôle sur de mini orgas tabourets ? Quelles qu’en soient les options ou les arrières pensées politiques, radicales ou réformistes ? À l’invisibilisation et au déni des rapports sociaux internes, à l’exacerbation des rapports de pouvoir et de violence pareil, aux injonctions à fermer sa gueule quand on est perdantes à votre loto du genre, et à ne même pas penser ses sympathiques résultats, sous accusations moralisantes, conséquemment à des assoces-casernes désertes, à des catéchismes fixistes et transcendants sur ce que nous aurions le devoir d’être, à l’instrumentalisation par des alliées de plus en plus pesantes qui nous méprisent quand ce n’est pas pis, à une « force de frappe » dans le domaine institutionnel égale à zéro, juste bonne soit à protester en gémissant, soit à cosigner les lois qu’on nous impose. Enfin à des investissements bloqués à perte dans une imagerie existentielle qui accentue encore notre exotisation sans pour autant nous donner de latitude de mouvement, enfermée qu’elle se veut dans des catéchismes a priori et fixistes. Résultat à peu près tout le monde chez nous se carapate de vos convergences, de vos structures, de vos évènements. Les évite dès que possible. L’attitude de la plupart des transses envers ce cirque satisfait se partage entre l’indifférence et le rejet. Assocelande est désormais souvent vu comme épouvantail à peu près autant que les équipes, quelle réussite ! Les unités c’est la vérole. Le tri, l’élimination, la domination, l’impasse en prime. Elles n’ont même pas pour elles une raison immédiatement utilitaire dont déjà les coûts sociaux et les conséquences pourraient, et c’est rien de le dire, poser problème. On se coltine déjà l’appauvrissement, la brutalisation généralisée, la régressions sociale, la faillite de l’horizon citoyen propriétaire « pour toutes », alors pensez que vos superstructures juchées historiquement sur l’a priori de la prospérité de celui-ci, c’est ultra mort, plus personne ou presque n’a les moyens ni l’intérêt d’aller y jouer les figurantes prétextes, c’est un truc de militantes classe moyenne avec encore un coussin ou une fonction ; mais les transses sont de plus en plus massivement pauvres et précaires, à mesure que croît notre nombre. L’avenir de la plupart d’entre nous n’est à l’évidence plus dans ces formes dont on n’a pas les moyens, qui ne donnent vraiment pas envie, qui ne conviennent plus qu’à une proportion sans cesse plus réduite de nouzautes. Sans parler des buts et des arrière-pensées auxquelles elles servent. L’heure serait plutôt à se reconnaître, se déterminer en fonction de nos positions effectives dans le social à des collectives et à des autonomies séparées, basées sur vivre et pas sur représenter ou s’approprier une image impuissante et souvent déjà datée. Et à réfléchir un peu sur nos conditions, nos devenirs. 

 

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Quant aux guéguerres picrocholines entre factions d’une translande quand même très limitée dans sa compo, son étendue relative, ce qu’elle rassemble quoi de nouzautes – et où je rappelle que je ne suis d’accord vraiment avec aucun des partis, même s’il m’arrive de jouxter les unes ou les autres sur des conclusions passagères : pourquoi diable les collègues, orga, prétendantes on va dire réformistes, à la louche, s’agrippent-elles et chouignent après ce qu’elles qualifient elles mêmes et non toujours sans raison (encore qu’il faudrait qu’elles se regardent elles aussi à cet égard…) de positions groupusculaires et de manifestations excluantes ? Je veux dire, elles n’ont qu’à engendrer une structure ouvertement donc réformiste, politique, de petits pas, de strapontinage, de collaboration institutionnelle, de promotion de l’intégration individuelle gagnante-gagnante (ça c’est toutes en fait aussi…) ; si leur calcul est juste, elle devraient faire le plein et ne plus se soucier des quelques échevelées hargneuses qui semblent les empêcher de dormir. L’existrans a toujours été un évènement très minoritaire, qu’est-ce que ça change ce qu’elle porte et qui y va ?

 

C’est probablement au contraire une très bonne chose qu’on sorte du globiboulga identiste, où toutes les personnes trans’ seraient censée avoir, que dis-je, incarner une situation sociale plus ou moins unique ou convergente, les mêmes intérêts, les mêmes buts, la même pensée et donc être résumables par une seule parole. Au contraire, ça ne pourra que clarifier les choses et les faire avancer que de développer des réflexions et des organisations contradictoires, divergentes et autonomes. Évidemment si le but et le présupposé de celles ci est de s’accaparer ce fantasme identiste d’une « parole trans’ » unique, unitaire etc., ça n’ira par contre pas bien loin et ça restera un marigot politicard.

 

Donc, je veux dire, je suis persuadée, sans en être ni m’en réjouir forcément vu les options, qu’une fédé de transses de droite, ou « réformistes », aurait de considérables probabilités de se révéler un (relatif) succès, vu l’atmo et les idéaux sociaux qui se maintiennent contre vents et marées, et qui concernent, imprègnent, constituent tout autant les transses que les cisses. Tout pour ma pomme, fi des partageuses. Réussite individuelle et méritocrate. Lutte pour la valorisation. Orléanisme contemporain, enrichissons nous. En moyenne. Bien tendu succès aussi relatif que celui en général des assoces, qui ne rassemblent que quelques pour cent, quelques milliers au mieux sur cent mille, de nouzautes, mais bon, apparemment c’est là leur but, exister, négocier une visibilité politique sur leur petit fond de roulement captif, les populations trans’ en général restent pour elles dans une stratosphère instable et peu contrôlable, donc inintéressante. Il leur faut des fans et des dépendantes. Soit.

 

Mais pour revenir à l’intégration, raisonnable et contrôlée, rentable quoi, là où ça biche, c’est bien sûr que ce projet historique et son sujet ont déjà fait faillite, que la situation est plutôt à l’heure de la concentration du capital et de l’élimination de la plupart, bonne volonté ou pas, mais ça c’est le vilain barbu qui en a parlé donc ça ne compte pas pour les collègues libérales, c’est le goulag, bouh ! Bref, impasse sur le fait croissant que les pauvres en général et les transses en particulier ne sont plus très en mesure de faire masse utile, active, chorus, et que la logique même de la réussite individuelle en met toujours plus sur le carreau ; mais baste il en reste et en restera sans doute plus un bon moment, même vaincues socialement, que sur les positions morales-politiques radicales, chiantes et exigeantes, épuisantes mêmes, par simple identification sociale.

 

Bref je répète, je les comprends pas, position d’ailleurs tout à fait « gratoche » pasque je ne suis pas de leur côté. Elles n’ont qu’à s’organiser, à mettre les voiles, et non, elles restent à taper à la porte de ce qui est politiquement et socialement un minuscule cabanon dans la brousse, d’où certes on crie fort, mais tout de même la portée effective de ce qui sort de translande aujourd’hui, je veux pas dire, ça ne va pas loin et ça intéresse peu ; et même les transses ont souvent bien d’autres préoccupations immédiates. Ou alors est-ce à la fois conscience et impossibilité d’admettre que nous ne pesons socialement rien, même quand nous adhérons avec ferveur démonstrative aux injonctions, aux tropes, aux grandes phrases du sujet social en cours de faillite et qui a donc bien d’autres soucis que de s’occuper et d’intégrer des monstres complètement illégitimes ? Et que ça renvoie une image qu’elles n’ont pas envie, pour leur propre compte, de traiter et de reconnaître ? Mieux vaut donc continuer à faire semblent, et à dissimuler une impuissance inévitable, une contradiction de fond avec où entend aller majoritairement ce monde, derrière de petites anicroches localisées ; bref comme toujours supposer que l’impasse et l’échec ne vient pas de la question elle-même que nous posons en existence, mais de mauvaises volontés tout à fait hétéronomes et accessoires. Pratique et sans doute quelque part, oui, économe. Ça coûte sans doute moins cher à vue de nez de se désoler, de dénoncer, de se traiter de traîtres et de vendues que de remettre nos catéchismes (intégration, ignorance, progrès toussa toussa) en question. Et donc de nous, encore une fois, auto-organiser.

 

Ce sont peut-être bien donc les tenants et aboutissants même de cette option qui les, qui nous glacent et nous terrorisent : pas d’avenir radieux et commun dans une économie politique relancée pour le profit de toutes. Et là de nouveau ça nous concerne toutes, toutes les options politiques, toutes les éparpillées pour leur compte aussi. Roooh ben zut alors, c’était de la zibe Adam Smith, la joie et le respect par la citoyenneté et le propriété, de soi comme du reste ? Chassons donc ces sombres nuées d’une critique qui ne suppose pas de solutions, surtout commodes et avantageuses ; gérons nos malheurs sur le marché parallèle de l’économie de substitution où sont parquées désormais une proportion croissante des gentes, qui n’ont plus les moyens de la vraie, et qui tourne à la dignité, à l’identité, à la piteuse et autiste autoestime, aux droits imprescriptibles autant qu’inutilisables sans monnaie, ou sociétaux et formels, promettant une intégration à la valorisation qui est évidemment une vaste blague en cette période de dégraissage accéléré – élitat subalterne à part provisoirement, j’en reparlerai - aux accusations et acclamations morales, et ne convergent avec la grande vraie économie que sur sa conséquence finale : y en aura pas pour tout le monde, éliminons, le salut est dans la purification malthusienne, convenablement prétextée. Surtout ne nous resituons pas sur nos positions sociales effectives, la dévaluation serait trop grande. Faisons semblant de pouvoir vivre sur les critères qui nous excluent, puisque nous serions « comme les cis’ » (lol, ce sont ces cis’ qui décident de qui est comme elleux, dans quelle mesure et combien de temps). Et tant pis pour les vaincues successives et répétées (on les pleurera studieusement). Mais les assoces, de droite comme de néo-gauche, n’en butent pas moins sur les mêmes impasses et impensées, structurelles, qui dépassent leurs calculs.

 

Une explication à la fois plus prosaïque mais qui ouvre aussi néanmoins sur une réflexion à mener (au sujet de la fascination par la forme représentation, naturalisée et absolutisée par l’économie politique), est que c’est difficile de se fédérer quand chacune des cheffes et des sous cheffes rêve d’incarner la Parole, d’être la reine des abeilles dit une collègue, l’émanation unitaire de la représentativité (syndrome de robespierre ou de bonaparte). Conséquemment salive à l’idée de pouvoir, infinitif autant que substantif, cette forme bien masculine et désormais déproblématisée que tout le monde désire s’approprier, persuadée subjectivement qu’elle y « fera fort bien », « servira en gouvernent », lol, vieille métaphore religieuse – forme donc qui ne saurait tout simplement manifester et réaliser en cela l’appropriation et la concurrence qui commencent à se bloquer par manque de ressources. Ce qui transparaît de manière insistante dans leur manière de se (re)présenter, de courir après les cérémoniaux et autres manifestations démonstratives de pouvoir, de causer au nom de toutes.

 

 

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Enfin, last but not least, l’angoisse de reconnaissance, sociétale, relationnelle, politique de bien des collègues transses - lequel est d’une part d’autant plus pathétique qu’il picore comme il peut le cheap et même le ratage (strapontiner dans le couloir d’un ministère pur que dalle , se rengorger d’une obscure célébrité numérique ; vouloir absolument et comme un dû social, copiner avec les cisses… lesquelles ainsi, comme les politiques, nous manipulent à leur gré quand ça les amuse ; glaner quelques grades académiques en se coulant dans le goulot de la néoscolastique universitaire…) ; d’autre part qu’il illustre tragiquement la contradiction dans les formes du rapport social de sexe ; on voudrait le féminin et le positif ; ben non. Ça ne marche pour personne et pour nous moins que pour quiconque. Assumer la négativité ou bien se rendre pénibles et alimenter le mépris ; et ne nous aider ni servir à rien du tout mutuellement, comme le veut la logique de tri et de concurrence de ce monde. Nous lamenter à qui mieux mieux sur notre inintégration en montant les unes sur la tête des autres. Nous fuir réciproquement et nous crochepatter au lieu de constituer des communautés et de déterminer un nouveau rapport – mais nous avons tellement peur, pour ne pas dire pis, de nous reconnaître nouvelles, en devenir…

 

Surtout, calimérer, élite-subalterner, réclamer une promotion ou un maintien de statut que nous nous pensons dus dans l’organigramme social et relationnel en l’état, nous coince d’une part dans des formes structurellement victimaires masculines, par le recours à une « évidence » de « ce que nous devrions toujours avoir eu » ; et conséquemment bloque toutes les perspectives de critique de cet ordre dans lequel nous réclamons l’insertion, donc des formes et des rapports qui le sous-tendent. Bref là aussi nous votons pour ce qui nous trie et nous élimine (il est vrai que nous ne sommes pas seules à donner là dedans, c’est un sport hégémonique et convergent, la concurrence se raidit et accélère, mais pas de problème paraît-il).

 

La représentation et le calimérage sont probablement deux de nos principales impasses endogènes. On en reparlera plus longuement un de ces jours. Ce sont aussi de ces investissements qui font que nous ne nous occupons pas de nous-mêmes, là où nous en sommes, mais d’une projection et d’une auto injonction illusoires et néfastes pour la très grande majorité d’entre nous.

 

L’autonomie commence par le retrait, la remise en question, la redirection, l’auto-empêchement.

 

On ne nous doit rien, nous ne devons rien.

 

# calimerolande versus # négativité assumer

 

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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