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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 10:41

 

J’avoue, à seconde lecture du texte cité en lien j’ai été prise d’un doute, c’était si copieux, si gluant, que je me suis demandée sans fard si ce n’était pas par hasard une farce à double fond, un pastiche à visée ultime pédagogique (on y revient !) ; qui serait suivie d’une leçon magistrale à celleux qui auraient applaudi, surenchéri, pleurouillé, que sais-je ?

 

Bon, on verra, mais en fait hélas, connaissant d’expé le peu de goût pour la distance envers leur propre pensée, située ou non, de mes camarades (et là en tous genres), je ne le crois finalement pas vraisemblable. Dommage, ça aurait fait quelque ménage, à défaut de remue. Mais je continue à espérer dans notre capacité et peut-être notre intention à revenir sur nous-mêmes, sur nos spontanéités. Je suis vraiment d’un optimisme buté ; je le resterai.

 

Petit sticker bienveillant, je peux être plus souvent d’accord qu’on ne le croit avec bien des homologues, on va dire, masculins trans. Y rien de temps je le tartinais encore à un. Mais causer avec les gentes, s’accorder même quelquefois sur des conséquences, des conclusions, ne remet pas en cause la logique séparatiste que ce type de discours me démontre comme urgemment nécessaire à mettre en œuvre. Non moins que la critique des objectifs sociaux naturalisés, convergents et « évidents » qui tissent la toile de fond des convergences a priori.

 

https://monsieursilvousplait.wordpress.com/2017/08/06/je-suis-canon-et-je-vous-emmerde/

 

Ha le si naturel, si global, si inclusif je t'efface, si panoramique coup d'oeil des camarades m trans (qui passent à peu près tous en cis, peuvent cisser quoi 24/24, sans parler de la place de « l’androgynité » dans l’ordre relationniste) ; et la fraise sur le baba pour qu'on se torde un peu : j'en veux pas, je vous le jure, mais ça tombe tout de même bien je l'ai. On sait pas trop ce qu'il aurait dit si il ne l'avait pas eu... Nan mais c'est possible chez nous, avec tout notre fameux bagage moral-politique, de dire encore des choses telles, de prendre des postures aussi énormes, genre mon privilège est un fardeau, mais nous sommes toutez'adelphes dans l'être idéal au delà de ce triste monde, si si ?! Ou c'est juste vis à vis des nanas transses (et entre nous aussi des fois, pas oublier !) que ça reste sortable de pareilles pantalonnades ?!

 

Encore un exemple de la bouffonnerie de négation du rapport social de sexe particulièrement concentré et retors entre trans et transses, et de la prise de parole des m trans au nom d'une largement fake "unité trans'", sur le compte, pour le coup, des nanas transses, à peu près toutes visibles, stigmat', féminin, berk, et false en plus, le nez pas au milieu de la figure, quoi - et qui, NON, ne sommes pas tes soeurs, pupuce ! La famille on l'a jetée par dessus bord, la vieille comme la nouvelle, quand on n’a pas préalablement, cas le plus fréquent, été jetées de même par elles. C’est ce qu’ont du de toute façon subir ou faire, nolens volens, dans la vie telle qu’elle se déroule, la plupart des nanas transes. Celles qui ne représentent pas.

 

Et la grande paluche fraternitaire, si elle s'approche, sécateur !

 

Finalement c’est bien pratique, hein, de disposer de sa réserve de cosettes, de … qu’on peut tutéler, plaindre, dont on peut donc remblayer sa valorisation par une dissymétrie effective que l'on nie idéologiquement, que l'on peut utiliser comme coussin moral, sans devoir y investir quoi que ce soit de soi ou de son groupe social. Voilà un des aspects, et non des moindre, du rapport de sexe social dans sa dimension interne à translande. Oh, je sais bien qu’il est complexe, que les nanas transses ont aussi eu, ou essayé de maintenir, une réserve de pouvoir – mais voilà, qui est réellement illégitime, ridiculisé, pourchassé, dans ce monde ? ce sont tout de même elles. Revendiquer des restes de place universelle et structurellement masculine ne leur a pas réussi, raté par principe. Hé oui… on ne décide pas comme ça de sa place. Et le panachage n’est pas autorisé en cette matière.

 

Bref nous sommes pour notre part négatives assumées, moches, rétives, antisexe, décidées à saccager à la base, à abolir même, le principe de ton monde d'intégration et de valorisation relationnelle ou autre. Conséquemment, on ne t'em...e nous pas du tout ; on est un poil mieux ambitieuses. On veut que ton biotope, où nous ne sollicitons aucun strapontin, aucune niche écologique, disparaisse, tout court (après on verra, la survie en milieu non valorisant ; l'absence de fonction dissout l'organe). Bref ôter son domaine prétextuel à l’inclusivité, cet endroit où il faut s’entasser et se bouffer réciproquement pour secréter des bons de valeur existentielle.

 

L’intégration, il en est pour qui c’est une confirmation ; il en est beaucoup plus pour qui c’est une négation et une élimination. De toute façon. Encore une fois on ne choisit que peu, et dans un cadre bien prédéterminé – à moins que l’on ne remette, c’est ce que nous nous proposons, l’existence de ce cadre en question. L’inclusivité, notamment positive, ne peut que nous faire reproduire l’ordre des rapports sociaux, puisqu’elle ne met jamais en cause les objectifs et idéaux dont ceux-ci découlent, les prend au contraire avec une confiance désarmante, saucissonnée de roublardise (on sait bien ce qui nous fait triper, sujets sociaux), comme bons et déproblématisés par principe. C’est d’ailleurs là le mécanisme qui entraîne la plupart de nos impasses subjectivistes.

 

L’inclusivité ne dort jamais. C’est une passion dévorante. Dans le même temps, une action assez pertinente menée par des camarades trans’ à un raout où la mère Delphy, dont le discours sur le rapport social de sexe n’est pas forcément toujours sans pertinence, plutôt à l’inverse manque d’audace, il faudra qu’on en reparle, mais se vautre comme bien d’autres dans la facilité moral-politique et le fixisme des rapports sociaux, a suscité un bien abusif dégoisement d’une référente charismatique de nos chères « alliées » (éclat de rire !) cislesb’ rhônalpines, lesquelles détiennent de beaux cadavres de transses dans leurs placards, depuis longtemps, et ont couvert de belles saletés transmisogynes. Il y en a qui ont vraiment désappris de se limiter, si elles l’ont jamais vraiment su ; mais la décomplexion ne donne vraiment jamais des résultats bien présentables ni émancipateurs pour un kopeck ; on n’y libère et dévoile que le rapport de force social, en l’état.

 

L’argument était carrément, cyniquement, que les trans’ les avaient à cette occasion délivrées d’un pesant fardeau, fardeau on ne sait trop finalement constitué de quoi vu que la culpabilité, aussi stérile soit-elle en matière de critique sociale, n’a pas l’air de tellement les ronger en ce qui nous concerne. Évidemment il y avait de quoi rester un peu interdite devant un pareil manque de vergogne, un aussi copieux foutage de gueule ; non seulement elles ont abusé, et pis, mais en plus elles arrivent pour s’approprier triomphalement ce qu’elles n’ont jamais su ni voulu faire. Il est vrai que l’exotisme, dans ces milieux, est tellement structurel que, dans la grande tradition finalement chrétienne, elles n’arrivent plus à faire le partage entre le service, le pouvoir, l’utilisation, l’un est l’autre, inextricablement, ce qui finalement permet à des militantes souvent matériellement bien dotées de passer leur temps à se grimer en paillassons, dévotes et dévouées, tout en renforçant dans la réalité leur position sociale, en s’appropriant donc les initiatives de leurs « protégées » (tu parles d’une protection) ; ce que j’appelle désormais la valorisation par le potentiel créé par la dissymétrie des positions sociales (pour rester polie).

 

Pareil ; je crois qu’il n’y a guère d’autre issue que de renvoyer ces collantes autant que larmoyantes inclusives crocodiles à leur dite position dans le social (beaucoup sont issues de classe moyenne friquée), sèche, sans recours, en nous retirant totalement de leur sollicitude, et par conséquent, j’en ai parlé et en reparlerai, de notre complexe de réclamation, d’existence par la reconnaissance, laquelle est toujours un tri évaluateur, et que nous payons en dur. Rompre l’économie politique de la reconnaissance, voilà un beau programme. Encore une fois, nous n’avons rien à vous demander, vous encore moins à nous, et allez au diable !

 

Il s’agit aussi, comme pour l’autre, de retirer un étai important à leur monde. D’en critiquer les objectifs évidentisés. De retirer la bonde quoi qui retient leur mélasse. Je ne suis pas « politique du pire », je me méfie d’où va nous mener la ruine d’un fonctionnement social dont nous sommes le sujet – mais quand même, là où sa perpétuation est trop obséquieuse et dommageante, des fois sous couvert de surenchère « subversive » (tu parles, encore !) si, il nous faut le ruiner.

 

Tout cela vaut évidemment aussi pour nous-mêmes, les nanas transses ; pas imaginer que par quelque innocence infuse nous échapperions et aux rapports sociaux, et à cette vérole de l’inclusivisme. Quand tu caresses l’envie, la démangeaison, de prendre quelqu’une autre sous ton aile bienveillante, de t’en rapprocher, de relationner avec, de l’inclure à tes thèmes, exactement de même que de t'intégrer, ou de réclamer "une place que tu devrais avoir toujours eu", avale vite une aspirine, voire deux, ne lésinons point, et pense à autre chose, ou bien attaque toi carrément à cette envie, à son pourquoi, au mécanisme social qui la produit. Et réfléchis à ses conséquences. C’est une fichue question critique et intellectuelle, pas morale ! Il s’agit précisément de faire gaffe à ne pas se précipiter à faire le bien. Une transse ça s’empêche – puisque nous sommes de fait un exemple, hé bien là non plus, pas de rabiot, pas de lésine, soyons aussi un  exemple en cela : un exemple, dans cette optique, ce serait l’exact contraire de la reproduction sociale, ce serait le coin enfoncé dans celle-ci pour l’enrayer !

 

Soyons résolument négatives sur notre compte, au lieu de positiver sur le compte des autres et à leur frais. C’est là qu’il y a du carbu pour peut-être nous désorbiter.

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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