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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 14:08

 

 

 

Je vois tomber cette annonce d’un cycle de conférences – « Féminismes matérialistes et analyses critiques », auxquelles comme bien souvent seules les parisiennes auront accès (si ç’avait été une journée ou deux, peut-être des ressortissantes de bous’lande auraient pu monter – mais voilà, les bouseuses, hein, rienaf’)

 

http://sophiapol.hypotheses.org/17340

 

Alors je suis à la fois un peu contente et pas trop. Contente pasque l’intitulé m’allèche, et que depuis un moment je replonge, pour la énième fois d’ailleurs, dans l’ensemble de thèses maté’ de cette école, et que j’y trouve toujours plus de possibilités pour une critique radicale de ce qui structure l’ordre des choses en vigueur, si concurrentiel soit-il en interne.

 

Moins contente pasque déjà, je suis pas naïve, je vois bien qu’il s’agit en ce moment un peu d’une revanchise politique. Ce n’est même pas que ça m’embête, je suis polémiste, mais je crains que d’emblée ce cadre implicite ne limite fortement les audaces intellectuelles. Et pour le reste vous savez que j’ai autant d’aversion pour les positions des rep’s que pour celles des anti-impé, sans parler de ce qui essaie de se tenir entre les deux. Tout ça se décalque, converge à mort pour se disputer l’appropriation. Loin à gauche toute de cette foire. Passons.

 

Moins contente donc surtout pasque je pense franchement que ce qui serait intéressant ne consiste pas en revenir à l’état de réflexion que nous ont laissé ces nanas, pour nous en faire un cocon, mais au contraire de le pousser là où elles n’ont pas été. Pour parler net, je pense que comme c’est présenté, on reste dans le dualisme ontologisant ; on a du mal à s’extirper d’une primauté des supposés sujets, qui feraient les rapports (approche non dialectique des classes, des sexes, ect.) pour passer à une critique du rapport social qui conditionnerait intégralement le sujet. C’est là pour moi toute la limite de se tenir dans l’arène « objectivisme contre subjectivisme », et de ne pas poser l’hypothèse que les deux nous maintiennent dans le piège binômal de l’ontologisation du social dans des « sujets sources de réalité ». On reste dans un dualisme qui se reproduit – j’assume d’avoir, pour ma part, un point de vue moniste : un rapport social clivé par valeur/non valeur, masculin/féminin ; un sujet social pour la réalisation duquel nous sommes prêtes à tout et au pire.

 

Ce que je trouvais de bien dans Mathieu, entre autres, c’était l’ouverture sur une critique radicale des « évidences fondatrices », et « naturelles » - anthropologiques comme on dit à postmodernlande. Mais Mathieu n’a pas été au-delà, non plus que bien d’autres. Aller au-delà, cela voulait dire remettre en cause les structures sociales de l’échange, de l’appropriation, leurs conséquences de justice et droit, et la « nécessaire » masculinité chère à toutes les complémentaristes. Le sujet social en somme. Se proposer leur possible disparition. Oulàlà. La fin du monde quoi. Au lieu de quoi on s’est sagement cantonnées dans la question de la redistribution des éléments dudit monde – supposés neutres, et sans poser la question qui tue : ces éléments ne sont ils pas les formes mêmes qui fondent la contradiction de la valeur et du sexe, et qui semble devoir se résoudre en extermination ?

 

Bref, je vais comme d’hab’ être un peu raide : je crois de plus en plus que ce sera Solanas, Scholz, Mathieu, et surtout au-delà, des antisubjectivismes qui ne se réfugient pas dans le piège objectiviste, théorisées et pratiquées ? ou la mort, à commencer par le féminicide, l’anéantissement de la non valeur par la valeur, avant que celle-ci ne se dévore mais ça on s’en fout, nos peaux, zut ! (féminicide qui est d’ores et déjà massif, formel et structurel, institué, à renverser totalement, non pas la péripétie juridique individualisante à laquelle aimeraient le ramener les intégrationnistes, pour qu’il soit échangeable lui aussi, intégrable dans le pib) ? Hétérolande, soit le masculin, le sexe, la relation reproduction, bref le rapport social de sexage, ensemble de formes subjectivées et naturalisées, est l'axe commun des pensées conservatrices progressistes comme exotisantes réaques, axe (re)devenu invisible en sa niche. Dénichons le. Ou cessons de nous lamenter sur ses conséquences et de les attribuer à ses "dérapages".  

 

Tenter le pari alors de sortir ce que nous pourrons de nous du sujet, nécessairement valorisateur et masculin, de ses évidences et exigences, des backlashes en concurrence pour se l'adjuger ?

 

Pour une tentative antilégitimiste, féminisatrice, communiste, collectiviste, égalitaire, inféconde et paresseuse (ouf) ; et pour bien d'autres à imaginer. De la nouvelle !

 

 

Intersectionnalisme, subjectivisme, pragmatisme...

Remasculinisation, misogynie, antisémitisme, spiritualité...

→ convergence des contestations dans un backlash à la fois régressif et libéral

 

L'angoisse

 

Je ne serai pas l'alliée des concurrents de mes ennemis

Je ne trouve aucune échappée dans le recours au passé

 

On ferme ! - pour le moment...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ebranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée au backlash réac-libéral pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste novatrice, universaliste négative, apostate de l'intersectionnalisme, philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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ni alliées, ni amies, ni copines, ni soeurs ; autonomies transses

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