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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 08:12

 

Ça pourra paraître un peu scabreux à certaines, mais il semble que les dernières personnes qui en france octroient un poids significatif aux déclarations de Roselyne Bachelot, ministre de la santé, en matière de liberté des femmes par exemple, soient des catholiques bien ancréEs – ainsi que les docteurs musulmans, mais il semble qu'ils aient d'autres chats à fouetter ces temps-ci. C'est peut-être pour cela que je n'ai trouvé d'écho à son dernier laïus à l'assemblée nationale sur l'avortement, qui date d'un mois, que sur France-Catholique, dont la ligne est bien tradi. Il est vrai qu'on est beaucoup plus habituées à prendre au sérieux la mère Bachelot quand elle se tient, le visage fermé, au côtés d'unE quelconque directeurice d'agence régionale de santé qui annonce des coupes plus que sombres dans les capacités de soins sur sa région. Et que quand elle cause des droits des femmes, des homos, des trans, personne n'y prend plus garde tellement ses déclarations ont toujours relevé du foutage de gueule délibéré.

Cependant, cette déclaration, qui excite fort logiquement l'indignation de France-Catholique, a un petit quelque chose qui fait dresser l'oreille. C'est peut-être la première fois qu'unE ministre de la santé, dans ce pays, admet, fut-ce un peu du bout des lèvres et pleine de réserve, que l'avortement pourrait bien être comme on dit un acte pas toujours dramatique, qu'il ne serait désormais plus pour la doctrine officielle « nécessairement » (j'adore ce « nécessairement »...) un « échec de la contraception ». Je cite... le compte-rendu même de France-Catholique :


« Verbatim  : « L’avortement est aujourd’hui intégré dans une offre de soin globale, même si, il faut le reconnaître, il est encore, malheureusement, entaché d’une connotation négative. On le présente souvent comme un ‘mal nécessaire’ et je dois dire que je ne m’associe pas à cette vision dédaigneuse et culpabilisante. »

Roselyne Bachelot consi­dère d’ailleurs que la loi du 4 juillet 2001, votée par la gauche, a « utilement modernisé la loi Veil » et elle insiste  : « Je refuse tout discours culpabilisant, celui qui consiste à considérer nécessairement l’avortement comme le symptôme d’un échec ». Et c’est un vocabulaire explicite qu’elle revendique  : « J’utilise volontairement le mot ‘avortement’, car c’est celui qui a fondé notre combat, même si je sais qu’il est de bon ton de parler d’IVG. Moi, j’ose le mot ‘avortement’. » Alors que le lobby féministe tente d’accréditer l’idée selon laquelle avorter relève d’un « parcours du combattant », Roselyne Bachelot se veut rassurante  : « Nous avons une bonne offre d’IVG, les femmes ont accès à ce droit fondamen­tal. » Les statistiques de l’avortement le prouvent effectivement. Le ministre se félicite d’avoir « décidé d’augmenter les forfaits IVG à hauteur du coût réel, soit une augmentation de près de 50% en moyenne ». Roselyne Bachelot rappelle aussi qu’elle a « multiplié les structures autorisées à pratiquer les actes médicamenteux ». Effectivement elle a fait in­clure les centres de santé et de planification familiale parmi les prescripteurs de la pilule abortive RU486. Pour légitimer sa politique, Roselyne Bachelot affirme que « les grossesses non désirées sont avant tout une source de souffrances psychologique pour les femmes » et que « l’avortement est un outil qui permet à celles qui y recourent de répondre en partie à cette souffrance, même s’il ne résout pas, bien sûr, tous les problèmes ».

Quelle audace ! Aller jusqu'à nommer l'avortement, en 2010, mot qui était fort courant dans la bouche des politiques il y a quarante ans. Il est vrai pas tout à fait avec les mêmes intonations... Il était devenu en tous cas malséant. Y compris pour les militantes à strapontin. L'audace du jour est de reformuler ce mot long et quelque peu ardu à prononcer.

Et quant à arriver à dire tranquillement et doctement que tout va pour le mieux et que l'on peut facilement se faire avorter partout, sans problèmes de délais, d'hostilité et autres violences, là, il n'y a effectivement que des catholiques militantEs pour écouter ça... et surtout pour le croire !

Il est vrai que Bachelot ne semble pas avoir osé affirmer que « l'avortement est aujourd'hui dépénalisé en france » - ce qui se trouve encore assez couramment non seulement dans la littérature du ministère, mais encore dans des écrits « militants » qui reflètente l'autosatisfaction des gestionnaires de la chose...



LPM


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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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