Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 09:24

L’autre jour, dans la salle d’attente d’une permanence sociale de sous-prèf ‘, mon regard est attiré par une affiche genre rainbow délavé. Et je me rends compte avec effarement qu’il s’agit d’une pub pour un film qui va sortir en salles, et qui s’intitule de son unique objet, « bébés ». Urps. Comme s’il n’y en avait déjà pas assez dans la salle en question, désespoirs sur pattes pour leurs parents et pour elleux-mêmes. Époque affreuse où on en est réduit à pondre ses obsessions pour pouvoir les ressasser légitimement !

 

Bon, ce n’est pas que j’attende quoi que ce soit d’intéressant de la production cinématographique en général, laquelle ne fait que répéter à l’infini les passions les plus imbéciles, mais quand même.

 

Je vais sur mon site catholique préféré (Famille chrétienne), et je ne manque pas de trouver la chose référencée et encensée. C’est tout simplement un documentaire sur la « merveilleuse histoire » de quatre bébés. Dont un noir, mais un seul bien sûr, histoire de ne pas se faire accuser d’absence de diversité. Y en aurait-il eu vingt, je suppose qu’on aurait eu unE trisomique et peut-être même (mais alors ce n’eût plus été encensé par Famille chrétienne) unE rejetonNE de l’homoparentalité®.

 

Ben oui, c’est « merveilleux », ces cris sans fin, les nanas qui dorment pas pendant deux ans, les couches pleines de m…, la paranoïa permanente, les travailleuses sociales en embuscade, et finalement cette dépendance rampante qui ferait honte à un honnête poussin dans une basse-cour.

 

Bon, c’est comme ça, nous sommes faitEs ainsi, c’est notre condition. Mais quant à la célébrer, alors là…

 

On pourrait se retenir !

 

L’auteur de cette vomissure est un certain Alain Chabat, dont la célébrité d’histrion télévisuel est vaguement arrivée jusqu’à mes oreilles, ce qui est dire.

 

D’aucunes diront que c’est dans le cadre d’une incitation régressive à la maternité, à la famille et au pondoir. C’est bien possible après tout. Mais c’est surtout pitoyable d’en arriver à valoriser une telle misère – la misère reproductive. Et ses suites sinistres qui s’étendent désormais sur toute une vie, vu les conditions sociales qui dérapent et la hamstérisation consécutive des désormais éternels mômes.

Autrefois, la princesse Palatine pouvait écrire "un enfant de huit ans paraît un homme de trente". C'est actuellement l'inverse exact : nous sommes appeléEs, forcéEs et sermonnéEs à rester jeunes, disponibles,  immédiatEs et dépendantEs toute notre vie.

 

Là encore, je ne peux en revenir qu’à ce qu’écrivit définitivement Valérie Solanas. Au vu des conséquences, et de l'état du temps : mort à l’enfantement.

 

 

La petite poule rousse stérile

Partager cet article

Repost 0
Published by

La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
  • Contact

ni alliées, ni amies, ni copines, ni soeurs ; autonomies transses

.

Recherche

Épines