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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 21:27

Vous connaissez les trollEs ? Allons, mais si vous en connaissez, vous connaissez déjà la petite murène qui est au fond une espèce un peu singulière mais tenace de trolle aquatique. Il y a sur Bellaciao, site tout à fait propice aux trollitudes par sa grande mansuétude modératrice, un charmant petit article pratique sur les trollEs : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article98725

 

Bon, là elle élargit peut-être méchamment la notion de trollE mais c’est un peu le sentiment premier qui lui est venu à lire, par hasard l’autre jour, un article sur Rebellyon (www.rebellyon.info) à propos du queer, par une de ses contemptrices locales ordinaires. Disons que ce n’est même pas exactement le contenu, qui se tient, mais c’est de le mettre là, avec la visible intention d'obtenir quelque grabuge. Le propre des trollEs est de professer à l’endroit le plus propice une opinion dont ellils savent qu’elle va provoquer indignation et couinements divers. Il y a des gentes qui passent leur vie à ça. Comme j’ai dit plus haut la petite murène est une sorte de trolle, finalement, à part que derrière son obstination il y a des questions tout aussi obstinément éludées qu’elle vous sert et ressert. Il n'empêche, l'autre jour elle lisait elle ne sait plus quoi - ah, si, des avis de Paula Dumont, qui fait régulièrement savoir à toutes les listes sa dernière parution sur sa dure vie de lesbienne, et surtout sur les contrefaçons qu'il convient de savoir écarter (camionneuses, trans, et tutte quante). La petite murène se disait à part elle, "non mais elle est insupportable". Et instantanément quelque chose comme de la sympathie a jailli en elle pour cette insupportable. La petite murène est inentendable et même inabordable. Alors elle ne peut que, des fois, avoir un petit mouvement pour les autres qui finalement sont dans des cas voisins...

Z'imaginez, la petite murène et Paula Dumont, la photo (déjà que ça avait failli avec le cardinal Barbarin, tiens il faudra en recauser de cette historique rencontre entre la LGP lyonnaise et son éminence...)

 

La petite murène se perd... Ca doit être la nostalgie de l'émigration...

 

En tous cas la petite murène a quelque peu succombé à la lecture de la controverse évoquée au début. C’était un assaut de récitation, d’évidences assénées, de troisième personne sans réplique. Les choses elles sont comme ça la science (humaine bien sûr) nous le dit, point. Au début elle croyait encore pouvoir quand même un peu se trouver du côté des pro-queer, pour au moins quelques détails, face à la hargne de la contradictrice. Mais à la fin elle finissait par trouver de vagues vérités chez elle plutôt (« on ne peut pas se dégenrer seulE ») – bref les mots zet performances sont une vaste arnaque quand on les prend comme outils. Oui, effectivement, le langage signifie quelque chose, s’il ne change que peu : les déroulés d’affirmation étendent à l’infini un monde effrayant, sans issue.

Ce qui est terrible c’est que ça paraît être de la théologie du genre, au départ, ce qui peut être passionnant, mais ce n'arrive finalement à être que du catéchisme, de la répétition, des mantras pour se rassurer, d’un côté comme de l’autre. C'est même pas que ce qui est dit soit faux ou bête ou quoi que ce soit, nan, au contraire, c'est souvent pas mal, du côté pro-queer. La petite murène se retrouve dans la contestation. Mais elle ne s'y retrouve plus quand ça devient de l'affirmation et une nouvelle directive. C'est comment et peut-être aussi pourquoi c'est dit, dans le monde où nous sommes en plus. De l’affirmation sans doute – le doute, comme toujours, est contre-révolutionnaire. La petite murène n’hésite plus à dire que si la révolution qui reste c’est ça, oui, elle est contre-révolutionnaire, et pas qu’un peu. C'est pour ça qu'elle est une émigrée, définitivement et profondément, dans ce monde.

Ça rend triste, au fond. De se dire que chez ses amies comme chez ses ennemies, pasque quand même, bon – le rouleau compresseur de la révérence envers les idéologies, la connaissance, les certitudes, a aplati tout le monde. Que ce qui était quand même possible est confisqué, mis en microgranules dans les gélules des valeurs, quelles que soient ces valeurs du reste, que ce soit la rigueur ou la jouissance. Valeur égale expropriation.

 

Bon, n’empêche donc la petite murène causait des trollEs, des infatigables trollEs, et en voilà justement qui débarquent pile au même moment. Après la Barbe, qui s’était tout-exprès déplacée un jour au George V pour apprendre aux lyonnaises à militer, voilà le XXL d'un féminisme quelque peu… dire réac ça voudrait dire que ce qui est étiqueté comme « réac » est toujours mauvais, ce que la petite murène ne pense plus forcément quand elle voit les progressistes. Mais disons alors d'un féminisme… copieux, comme disait une vieille amie qui use volontiers de ce mot pour rester décente. « Osez le féminisme », donc, qui s’implante. Yahou ! (www.osezlefeminisme.fr).

Bon, en fait encore une fois, la petite murène s’en fiche un peu de ce qui est affirmé, allégué, prétendu. Un peu, pas tant que ça non plus. Même si les queeritudes l’exaspèrent aussi. Mais c’est de tous les côtés la forme, justement. C’est une fois de plus la voix de la vérité et des « acquis », le grignotage de la réclamation perpétuelle ; c’est ça qui fait peur, de s’enfoncer toujours plus avant dans ce monde malveillant.

En tous cas les alterno-féministes de Lyon et environs, comme on dit, vont avoir de la trolle à moudre ! Tous les sujets qui fâchent, tous les faux-débats possible et imaginables, du travail du sexe à la burqa en passant par peut-être même la parité, vont pouvoir rouler comme des petits cailloux sous les dents.

Encore heureux qu’on soit toutes (la petite murène l’espère et rentre dans le rang) d’accord sur l’avortement.. Enfin pas si sûr, puisque jusques dans les plannings il y a d’étranges réticences et arguties (sur l'allongement des délais et jusqu'où, par exemple, sans même bien sûr parler de l'avortement à la naissance...).

La bien-pensance n’est plus ce qu’elle aurait du être, et ne sera jamais ce que rêvent ses amoureuXses. On sera décidément jamais contentes, mal ou bien pensantes ; ça aussi ça nous - rassemble ? Euh... Disons qu'on est toutes alors dans la même soupière aux cailloux

Bon appétit !

 

La petite murène en émigration

 

 

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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