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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 10:00

 

 

 

Existrans, le T-Dor, (té)pégélande, ateliers t’s en « non-mixité » ressentie où finalement tout le monde s'invite, sont autant de cisprides où nos alliées, les abuseuses et les exotisantes, les copains et autres invisibles qui passent bien, viennent se la péter, faire leur marché, se faire « reconnaître » puisqu’ellils sont « un peu trans’ » aux heures et lieux où ça les arrange. Les mêmes alliées qui procèdent, quand par extraordinaire leur hégémonie arrive à être mise en cause, à l’élimination des transses pas assez conviviales et dociles, avec l’applaudissement terrorisé des autres qui rentrent la tête en attendant leur tour. Tablant aussi sur notre propre impasse au sujet de la question, parmi quelques, que nous évitons de poser, si trans’ échappe d’emblée, par soi-même et miraculeusement à la binarité hiérarchique du sexe social, question qui propulserait en avant l’inégalité par la visibilité et la haine qui la vise. Je le répète, socialement, de fait et dans la vie, trans’ et invisible paraissent bougrement exclusifs l’un de l’autre. Les définitions de ressenti sans base réelle sont la porte ouverte et aux abus dominants, et au retour de l’essentialisme. Un sacré sujet à aborder serait, d’un point de vue résolument matérialiste et « rapports sociaux », qu’est-ce qu’être et qui est cis’ à cisselande ? Et surtout quels sont les buts, les caractères intrinséques à cette forme sociale, présentés comme des convergences neutres, naturelles, profitables à toutes, et qui se révèlent en fin de compte rien moins. Une critique transse n’est pas une réclamation intégrative, c’est une mise en cause de ce qui se prétend inévitable et commun ; c’est d’ailleurs, on est nombreuses à l’avoir malencontreusement oublié, cette détermination entre autres qui définit une critique sociale conséquente.

 

Il n’y a à ce jour pas d’espace ou de collectivité transse, en tout cas que je connaisse ; il n’y a guère plus de pensée transse, ce qui en est la suite imparable ; il n’y a que des annexes, des antichambres de cisselande, des velléités intégratives, et des magasins gratoches pour les cis’.

Il serait temps quand même de nous inaugurer, si j’ose dire ! Ce ne sera évidemment pas non plus le paradis, et il faut renoncer à l’idée réaque et moisie que l’identité entraîne mécaniquement, essentiellement, les buts politiques, l’égalité, la solidarité et toute cette drouille citoyenne. Voire que nous aurions à réaliser et à cultiver une, de ces identités qui semblent être fort utiles à ne pas scruter nos économies politiques ! Mais je n’en pense pas moins qu’il nous faut pour le moment nous compter, nous déterminer, et botter le cul des cis’ qui s’approprient la très douteuse valeur exotique qui est débitée sur nous, qui est le produit transformé à leur intention de notre existence. Au reste, pour couler cette valeur, coulons la fierté ! Et abstenons nous de ce qu’elle monnaie. Cessons aussi de réclamer justice, qui n’est que l’évaluation et l’échange des centimes de la domination, réparation de l’ordre inchangé ; cessons de ressentimenter, cessons de vouloir intégrer bien vainement des idéaux qui nous massacrent, menons une guerre sociale.

 

En ce qui concerne l’inepte célébration morticole du mois de novembre, aussi obscène, ridicule que celle de l’armistice, et que nous ferions bien d’abandonner, comme toutes les représentations, au profit d’auto-organisations réelles et quotidiennes, on ne peut ignorer que les cisses s’en pètent la sous-ventrière, de tout ce que nous prenons dans la gueule. Que plus on en ramasse plus ellils peuvent se valoriser avec leur transphilie hypocrite. Plus nous mourrons, plus leur aura moral-politique prospère, sans parler des petits à-côtés qui rendent leur vie jouissive. C’est d’ailleurs un des points communs à toutes les exotisations : se rembourrer de ce que subit autrui.

 

Si déjà on parvenait à imposer aux bio, à commencer par les qui, pour rester polie, ont un passif envers des transses,  de la fermer un peu, de cesser de velcroter, de nous piller, ce que d'expé ne font ni ne feront spontex, on arriverait peut-être à l'orée de se distinguer et entendre un peu mieux nozigues. Pour cela, je pense que rien ne serait mieux qu’en finir avec les lieux communs (donc cis) que sont les cérémonies évoquées. Mais il ne s’agit pas non plus de leur laisser toute la place et de continuer à aller crever, isolées ; il nous faut un peu de large pour nous rassembler, et cesser de le demander.

En tous cas, quand j’entends, aux alentours des dates liturgiques, des bio, transies, et autres un peu-beaucoup – et particulièrement, ça doit les démanger, des qui commettent, couvrent les violences envers les transses en milieu f-tpg ; dans l’indifférence totale, vu que tout le monde est bien au courant mais solidarité ciscentrée oblige -  quand je les entends donc entonner les cantiques, vous imaginez ce que je pense : quelques exemples, travaux pratiques quoi, ne seraient pas forcément de trop pour entrer en matière sans esprit de retour. Sans parler de tout ce que nous pourrions envisager, si nous osions, par cela et par bien d’autres chemins, rompre le lien de féodalité qui nous enserre, nous éloigner de leurs pattes, cesser de réclamer une reconnaissance qui n’est que transploitation, mais ne rien leur laisser emporter dans leur paradis de ce qui nous aura été fait.

 

 

Enfin, on fera comme on pourra, mais n’empêche :

 

Vos gueules - bien droites - et bas les pattes !

Nos museaux - de travers - et prenons le large !

Ni oubli, ni pardon.

 

 

 


 

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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