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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 09:37

Pour ne plus devenir prisonnière des bonnes intentions, de la militance, du féminisme, de l’antiracisme, de la « déconstruction » et autres cages à bons points et faux débats.

 

Déjà vous aurez remarqué que j’écris prisonnière au singulier. Beh oui – parce que je crois désormais, après une trop longue expérience (mais j’ai la tête lente et l’auto-estime émiettée), que la première cage sur ce chemin est le pluriel. La terreur de rester seule. De ne pas se voir agrégée. De devoir prendre parti et choisir sans garantie collective.

Bien sûr, si j’écris, c’est pour d’autres – et tout d’abord dans l’espoir que ça servira à ce que quelques unes échappent à ces papiers tue-mouches qui pendent en travers de tous les carrefours de la sociabilité militante.

 

On a pris, depuis bien deux siècles, et un peu partout, notamment en france, le pli obligatoire de partir des idées, forcément productrices de réalité et dispensatrices du bien commun.

J’ai toujours eu tendance, depuis l’enfance, et dans une vie qui n’a jamais été drôle, voire un tantinet cauchemardesque, de partir des conséquences et des résultats pour juger des prédicats et des systèmes. J’ai laissé trop souvent contrarier cette pente par la loyauté aux dogmes qu’on me proposait en m’alléchant par leur rigueur morale. Quand on est une vieille chrétienne on ne se refait pas, hélas…

C’est d’autant plus étonnant, parce que ces résultats, les comportements engendrés quoi, ouvrent pourtant toutes grandes d’impressionnantes fenêtres sur les motifs immédiats et réels, les enjeux quoi, de la course, de la bousculade même, pour se trouver au bon endroit, au bon moment, avec le bon badge et la bonne idée. J’ai déjà dit ailleurs qu’un des caractères majeurs de l’idéologie, et peut être un de ses buts, est le travestissement des enjeux. C’est d’ailleurs pas moi qui l’ai découvert, je vous prie de me croire…

 

Mais bon, on a tellement pris aussi cette sale habitude de tout justifier, d’alléguer le bonheur futur jusques devant des charniers et des camps, bref de « casser des œufs » - si possible autres que soi – pour en confectionner la fameuse omelette de félicité, que même l’évidence n’émeut plus personne, bien au contraire.

 

On arrive même à se mentir, et donc à mentir à autrui - disons, dans une certaine mesure (oui, je ne crois plus à la sincérité béate ni rageuse de mes ex-camarades), et à devenir une bonne et efficace paveuse de l’enfer des bonnes intentions.

C’est ça aussi : j’ai toujours refusé de croire que les gentes étaient des imbéciles. Elles m’ont toujours au contraire impressionnée. C’est probablement dans mes périodes d’adhésion maximale à leurs idées que je les ai le plus prises pour des connes, relativement – de croire justement à leur sincérité. Quant à moi, je me vois comme une jobarde incurable, particulièrement peu intelligente, ce qui m’a désignée toute ma vie pour être abusée et dupée à répétition, mais aussi, finalement, qui me sauve à la fin et m’ôte de cette entreprise obstinée de vessies et lanternes. Tout simplement parce que je ne suis pas assez maligne pour suivre, pour triturer la réalité à la même vitesse que les bonnes militantes, ni pour prévoir les changements de cap et retourner ma veste assez vite. Je crois enfin trop facilement à ce qu’on m’affirme ou me jure. J’en reste au mot et ne sais pas lire entre les lignes.

Je suis une intellectuelle, je n’en ai d’ailleurs absolument pas honte, mais une intellectuelle par accumulation, sans étincelles. Une intellectuelle pas douée. C’est pour ça qu’à quarante cinq ans j’en suis juste à me dépêtrer de ce dont bien d’autres se sont dégagées à trente.

Je suis pauvre d’esprit. Et ça me va très bien. Je juge et jugerai ainsi désormais strictement au ras des pâquerettes, c'est-à-dire des conséquences et des faits.

 

C’est pour cela que je vais causer de ce que j’annonce au départ, ces idéologies qui tiennent une grande part dans un certain monde politique et moral contemporain, qu’il soit institutionnel ou alternatif – d’un point de vue qu’on pourra juger subjectif, parce qu’il ne sera pas systématique. Je vais parler des effets que j’en ai vus. Et remonter un peu, mais depuis ces effets. Je suis en effet intimement convaincue de ce principe de plouque : qu’aux fruits on connaît l’arbre.

 

Le plus drôle est que j’avais déjà mené cette enquête, avec la même méthode, il y a quinze ans, en m’extirpant de l’antispécisme. Où j’avais somme toute identifié des buts et des passions, des dissimulations et des mensonges à peu près semblables, dans ce petit troupeau, à ce que j’ai vu en grand dans les dernières années, depuis 2000 disons, dans le féminisme « déconstructeur », l’antiracisme et ce qui tourne assez largement autour, bref les obsédants faux débats qui dévalent de partout comme des cascades en période de crue. Faux débats parce que les buts immédiats des grandes démonstrations et professions de foi ne sont pas ceux qui sont prétendus. Mais aussi parce que, de ce fait, l’auto-arnaque est générale, parce qu’il faut bien se structurer et s’appuyer sur une cohérence interne, et qu’on assiste à d’hallucinantes reconstructions, tout aussi tordues que, si on veut, l’excipement par un gouvernement de raisons de « sécurité » (passion qu’il partage avec les alternotes qui l’appellent « safety) pour promulguer une loi essentiellement raciste et surtout stupide.

C'est-à-dire – et je sais que c’est redoutable parce que ce sont quelquefois les arguments aussi d’autres idéologues, celleux de la réaction – que les objets mis en avant sont dans les faits des prétextes à un tout autre jeu.

Mais justement : parmi les principes désastreux de ce genre d’approche, il y a celui de ne pas dire quelque chose quand ça pourrait ressembler, de près ou de loin, à la critique des méchants criminels ennemis de l’humanité. La vraie raison à mon sens n’étant pas de ne pas « faire objectivement leur jeu » ou pas, mais juste de se préserver soi de l’accusation qui tue…

 

Par exemple, dans l’antiracisme « déconstructeur » en milieu « de genre », j’ai assisté principalement à la surenchère de nanas « blanches » hypocrites et avides, terrorisées par la simple idée de ce qu’elles sont, courant après les « racisées » pour s’en faire bienvenir dans une grimace de soumission (un peu comme les mecs proféministes après les nanas), ainsi que pour coucher avec puisque c’est la sanction sociale suprême d’une société obsédée par la sexualité comme valeur fondatrice. Et au revers, courant à reculons vers elles, des « racisées » paranoïaques, abusives, assoiffées de pouvoir et qui tombaient rapidement dans le puits de l’image dithyrambique d’infaillibilité essentielle que leur présentaient les « blanches » comme un miroir ! Bref l’arnaque réciproque dans des trombes d’obséquiosité et de « reconstruction » de la réalité. Un véritable assaut de stupidité volontaire prêtée et rendue. J’avoue que c’était tellement gros, arrogant, que j’y ai cru un moment – un peu gênée quand même des fois par l’abêtissement délibérément réducteur, le manichéisme binaire (tiens le revoilà çui-là) et le « tout va dans l’même sens » consécutifs… Et par l’usage répété des prétextes « politiques » à visée… relationnelle, pour rester prude… Je mentionne juste en passant, parce que ce sont des corollaires qu’on rencontre absolument partout, la pratique généralisée de la culpabilité, et la passion pour la surveillance, nommée joliment vigilance, comme dans les partis totalitaires ou les vigipirates démocratiques. Des fois on dit softement attention ou bienveillance, mais ça veut dire la même chose.

Je donne cet exemple, parce que je l’ai vu de près et qu’actuellement il est particulièrement gratiné – mais dans tous les coins, de l’alternative comme ailleurs, et sur une foultitude de thèmes, on en est à des fonctionnements similaires. J’ai vécu ça aussi dans la transphilie en vogue, tout à fait conditionnelle du reste : il faut être, surtout mtf, une bonne trans, sans quoi on est moins que rien. De même dans l’antiracisme : on est déconstruite ou on n’est pas.

Tout ça pour, en somme, se fuir, d’un côté comme de l’autre, sans parler du troisième et du dixième. L’exotisme, et le néo-essentialisme des « histoires sociales » qui seraient la source de tout (comme de son contraire), sont les expressions devenues bien étranges et tordues de ce narcissisme généralisé et solipsiste que d’aucunEs voyaient poindre depuis quelques décennies. Avant il fallait « être soi-même », ce qui était déjà tyrannique et hors de prix ; désormais il faut, consciemment ou pas du reste, « être ce qui est bien », et qui est toujours, positivement ou a contrario, véhiculé ou signifié par une « autre », cet indispensable « autre », ou plutôt image d’autre. Mais surtout il faut se fuir – le péché originel, bouh ! Et abolir toute forme de reconnaissance d’un soi comme d’autres et d’un réel trop prosaïques. Trop pauvres. Il les faut enrichir d’idées, de statuts, de certitudes, de désirs et que sais-je encore – et de fait les, nous remplacer et travestir.

Tout cela mène à un curieux ballet d’expropriation réciproque et obligatoire. Comme dans ces jeux qui sont tant prisés dans certains milieux, et où on doit tout être à l’exception de soi-même. Sauf que là le jeu est grandeur nature et les dégâts aussi.

On s’étonnera donc à peine que, pendant ce temps et dans ces conditions, les rapports sociaux et personnels réels n’évoluent guère vers du mieux, ni même vers du plus clair, mais plongent plutôt dans l’inconscience, la violence, l’irresponsabilité et même la folie furieuse. Et je ne parle là que du troupeau des « conscientisées » - quoique ce qui s’y passe finit par ressembler assez à ce qui se passe partout ailleurs.

 

Cette attitude – parce qu’au fond je crois que ça se tient d’abord dans l’attitude – me semble donner juste une catastrophe, ou une kyrielle de catastrophes. Où évidemment les unes agrippées aux autres basculent à la suite dans le même trou. C’est d’ailleurs sinistrement comique de penser à toutes les tirades sur les « spécificités » et les « légitimités », les « irréductibilités » et la mauvaiseté horrible de « l’universalisme » - et de voir toutes celles qui clament ça marcher résolument dans les mêmes directions et avec la même logique, se courir après et se vautrer ensemble… Le minimum, même dans les illusions d’ordonnancement du monde, aurait été de s’éloigner les unes des autres et de creuser son propre lopin. Et de ne plus rien se réclamer ! Que d’chique, c’est au contraire la ruée sur la même bourse. Je crois qu’une pareille apparente inconséquence révèle à elle seule l’enjeu effectif.

D’ailleurs je me fiche des baffes : je l’avais déjà compris et écrit il y a quinze ans. Mais le clinquant des « nouvelles luttes » et l’autorité culpabilisante de quelques hamsters m’avaient troublé l’esprit… on va dire… J’avais même cru devoir « m’y retrouver » à la faveur d’une transition mtf – alors qu’on ne peut pas se « retrouver » dans une entreprise visant à se perdre à tout prix ; à mettre à la ddass sa pauvre défroque pour l’échanger contre je ne sais quel avatar de jeu vidéo. Il m’a fallu longtemps pour me rendre compte, en causant avec une amie et en retrouvant la mémoire, que ma transition n’avait pas grand’chose à voir avec un « acte politique », comme on dit en novlangue, et heureusement ! – mais que c’était la seule manière de la rendre lisible, acceptable, assez pleine quoi, aux yeux à facettes de ce milieu. Que c’était tout simplement mon affaire, mon histoire si on tient à ce mot, et que j’en ai été littéralement expropriée par toutes les bonnes volontés adjacentes ! Il me reste aujourd’hui à en ramasser les débris et à partir avec ça, que je ne laisserai plus tripoter par quiconque. Avertissement sans frais pour d’autres !

Ne vous laissez pas tripoter, ni physiquement, ni moralement – et encore moins politiquement. Car alors vous ne pourrez vous en prendre qu’à vous-même de tout ce qu’on vous aura fait subir !

 

S’en prendre à soi-même. Tiens. Voilà bien l’antithèse du cantique dévastateur hurlé par toutes les bouches dans l’enfer du politiquement correct. J’en parlais avec une amie, il y a quelques temps, qui, comme moi, est native de ce que j’appelle l’époque de la névrose, qui a du se finir au milieu des années 60, et dont je trouve les produits humains et comportementaux infiniment plus aimables que ceux de l’âge de la schizophrénie qui l’a suivi incontinent.

J’ai parlé plus haut de cette rage de ne pas vouloir rester en soi-même, et d’en sortir à tout prix. Soit. Mais on ne peut pas vivre dans le vide, ah ça c’est  pas possible, nous ne sommes pas des esprits (hélas me dis-je souvent). Il nous faut ces défroques, ces identités, après lesquelles nous courons. Et si nous ne voulons pas de la nôtre, trop simple et gueuse, eh bien il nous faut nécessairement aller prendre celle d’autrui, nous y introduire, la dépecer à plusieurs au besoin s’il y a résistance. Et voilà la fatalité de l’expropriation que j’évoquais.

Un de ses aspects est de passer son temps et énergie à réclamer. Á se réclamer les unes les autres tout ce qu’on s’est potentiellement arraché et même le reste, dans cette foire épouvantable où on ne peut vivre que sur autrui ! Ce qui indique corollairement le refus comme l’incapacité absolue de s’en prendre à soi-même, comme de prendre sur soi ! Il nous faut toujours un bouquet de coupables et de débitrices sur notre table de nuit. On peut même en venir à inventer les maux pour pouvoir aller glaner dans le champ social ! Mais inventés ou pas, là n’est pas la question. Ça fait juste partie du travestissement généralisé des enjeux, là aussi. Et de l’existence sociale : n’existe que celle à qui on doit quelque chose.

J’ai mis moi-même trop d’années à me rendre compte que toute cette affaire ne tient pas plus debout que ces combinaisons folles pour amasser des thunes, qui ne fonctionnent que si le groupe thésaurisant s’accroît toujours. Ce qui d’ailleurs fait une fois de plus le lien avec l’idéologie libérale d’un monde potentiellement infini et ouvert à toutes les croissances ! J’ai moi-même réclamé. Je ne voulais pas être en reste… L’imbécile !

Je parlais donc avec cette personne de choses qu’une autre lui réclamait, de la reconnaissance ou je ne sais quoi. Ce qui d’ailleurs est ahurissant parce que c’est certainement une des personnes qui devrait le moins aux autres, même dans la logique effrénée de redevabilité – mais là aussi il y a la fatalité qui veut qu’on demande le plus à celles qui sont le moins. Et il nous apparaissait à toutes deux que c’était bien bel et beau, mais qu’un monde qui n’était plus qu’un concert de réclamations, et où personne ne voulait simplement prendre sur elle sa vie et ce qu’il y a dedans, ou pas, eh bien deviendrait à faible échéance tout à fait invivable, comme l’est, précisément, le monde économique des compagnies d’assurance où tout a un prix, et où surtout ce prix est toujours exigible à autrui. Que finalement ça retombe sur les plus faibles est par ailleurs une banale constante.

Une autre connaissance, elle aussi de la vieille branche, m’écrivait il y a peu que la dégoûtait ce monde « où on préfère mentir que souffrir ». Voilà qui nous concerne aussi directement. C’est vrai que ça coûterait cher de ne plus travestir choses et gentes ; dans le sens où d’un coup toute l’accumulation boursière que constituent la valorisation sociale et les réclamations innombrables tombent alors au néant. Le krach ! Toutes en chemise ! Et quant à accepter de souffrir, ou simplement de ne pas tout avoir, voilà un scandale en notre époque de bien-être. Il y faut forcément des coupables.

Voilà qui me tire par le bout de la jupe bien loin de la militance contemporaine, indubitablement. Prendre sur soi. La malédiction ! Ce qu’on est décidées à éviter au prix de la vie s’il le faut, la sienne comme celle des autres ; comme de la réalité. Oulà. Ça va loin… Ça va aussi loin que la folie dans laquelle je suis persuadée que nous basculons en ce moment même, avec toutes nos idées infaillibles et nos belles connaissances. Faute de savoir revenir sur nous et nous occuper de nos fesses.

Je crois très précisément que pour sortir des cages il faut rentrer en soi-même. C’est je crois le seul moyen actuel pour n’être ni happée ni prisonnière. Et sortir de ce monopoly débile et maniaque.

C’est ce que j’appelais déjà il y a longtemps une autre forme de décroissance : abandonner ses prétentions. Et plutôt que d’exiger un maximum impossible et littéralement meurtrier, comme je l’ai fait bêtement moi-même au nom d’une égalité de gavage, vivre sur un minimum. Et commencer par soi.

Prendre sur soi me paraît l’indispensable remède à la rage de travestissement incroyablement coûteuse des gentes, des faits et des choses à laquelle nous nous livrons, fût-ce avec les meilleures intentions du monde, et où nous nous sommes perdues.

  

Ne plus. C’est quand même hallucinant que nous répétions régulièrement ces deux petits mots qui n’ont l’air de rien, au milieu de la folie d’accroissement et de réclamations tous azimuts qui nous caractérise. Peut-être un morceau de conscience qui nous reste un peu libre nous chuchote que vraiment ça ne va pas comme ça.

Mais comme, selon notre bonne coutume, nous allons réclamer ce « ne plus » les unes aux autres, tout en accumulant ce faisant un extraordinaire fatras de pratiques, de constructions, de déconstructions, d’identités et de fuites, évidemment ça tombe par terre.

 

Si vraiment on veut « ne plus » - alors il ne faut plus. Et ce n’est pas du côté de l’accumulation des bons points et des capitaux existentiels, même « déconstruits » - ce qui est juste une marque de fabrique d’ailleurs – ni de la bourse aux créances sociales et identitaires qu’on va trouver ça. C’est en se retirant. Chez nous. Avec tous nos vilains défauts. Et nos gnons dans la gueule.

 

J’en reviens somme toute à ce que je disais déjà il y a quinze ans, mais avec la vision d’un passif beaucoup plus lourd : déserter des prétentions, exercer son jugement, cesser de s’en remettre à autrui.

 

« Occupons nous de nos fesses ! ». C’est sans doute la première longueur d’une longue marche rétrograde qui commence par ne plus s’occuper des fesses des autres, au propre comme au figuré, et qui pourra peut-être mener, dans très longtemps, à voir ce qu’on peut faire. La terre ne s’en arrêtera pas de tourner.

 

Joyeuses Pâques !

 

 

La petite poule rousse

 

 

 

Alors le pire, je vais vous dire… J’ai l’impression d’avoir en substance et même souvent en paroles déjà écrit ça il y a quinze ans… De juste faire le même constat aujourd’hui, sans doute dans le cadre d’une frénésie qui est maintenant encore plus concentrée qu’à l’époque, et après être repassée dans la soupière dissolvante.

Je ne suis pas triste de me répéter ; je crois fermement que le monde est fini, pas très divers, et qu’on ne peut ni n’a besoin de dire un nombre ahurissant de choses. Mais quand même, le sentiment de ne m’être pas écoutée moi-même, au milieu des haut-parleurs géants d’un mouvement qui prétend au contraire nous ramener à nous… seulement c’est à un soi démesuré et illusoire. Le bon vieux soi du progrès, de l’accumulation et de l’intensité. La baudruche monstrueuse d’un soi de proie et de dépouille.

C’est quand même un comble.

Pour s’écouter, il faut se boucher les oreilles !

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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