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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 14:13

 

 

 

Zog nit keynmol az du gayst dem letzten veg…

 

                                           

 

J'ai beau rester absolument opposée à toute politique du pire, je trouve cependant que si vous assumiez nettement ce qu’on aurait volontiers tendance, si l'on passe outre votre déni premièrement dégainé sur ce sujet, à nommer euphémiquement votre malaise, mais aussi votre impensé, c'est-à-dire enfin pour causer net votre participation au mépris et à la haine envers les femmes trans – et peut-être, pensez y, envers tout ce qui ne tend pas vers le réapproprié du masculin -  hé ben, je ne veux pas dire qu’en soi ce sera merveilleux, mais au moins on ne se verra peut-être plus charcler dans vos accueillants vestibules de glu prétendument solidaritaire fourrée à la lame de rasoir – valide jusqu’au soutien réel exclusivement et conséquemment menteuse autant que mutilante.

 

Ouais, ça ne changera que ça, mais comme je l’ai déjà écrit une ou deux fois, si cela nous ouvre d’emblée toute grande la trappe de la chute dans le vide que nous faisons de toute façon tôt ou tard, au moins nous y partirons à peu près entières, sans avoir été mutilées et avoir perdu des années, des grands pans de nous-mêmes, dans la lâcheté malveillante dont vous nous faites payer principal et intérêt, puisqu’il s’agit de ça : vous n’osez pas vous avouer votre aversion profonde. C’est même pour cela que vous avez inventé « les trans », ces créatures pratiques, uniques, équivalentes, ces concentrés d’identité – abstraction réalisée d’une normalité lisse, raide, pratique qu’à patriarcalande qui veut compter est invité à incarner ou à désirer ; normalité que les nanas, ces éléphantes du genre, alourdissent et déshonorent.

 

Et nous, f-t’s, bonnes poires bien blettes, on a eu la veulerie de vous croire, que vous saviez bien ce qu’on était (puisque dans ce monde la question c’est d’être il paraît) ; intéressées évidemment puisque nous courions après la, votre, reconnaissance. Poires, sans doute, de la farce, mais mouillées jusques au cheveux dans son déroulement. Trop facile et mensonge, là aussi, que de se la jouer victimes innocentes. On voulait la même galette, l’inclusion dans le même ordre, en essayant de ne pas savoir que cet ordre suppose la dévoration hiérarchique.

 

Nouzautes pareillement répugnons donc à assumer que, si nous voulions autre, eh bien nous nous sommes vautrées, fourvoyées, censurées même ; et que si franchement nous voulions même, comme nous avons tout fait pour nous y joindre, il serait temps de l’admettre dans toute sa conséquence, et ne plus nous la jouer au miteux arc en ciel fluo, mais gris souris, vert bouteille, rose fuchsia, au mieux. Ou encore plus tristement bleu blanc rouge, avec nos consœurs « retours aux fondamentaux ». Elles nous haïssent ? Et nous, au fond, avons-nous eu autre chose que peur, mépris, haine pour ce que nous aurions pu, au moins tenter, et dont nous nous sommes bien gardées afin de nous tourner plus vite vers le sec buffet des confirmations ?

 

Vous trouvez bien opportun, avantageusement calculé de participer, envers nous, à la haine et au mépris masculinotropes, selon les préceptes du darwinisme social, utilitaire, du moindre mal et de sa distribution avisée, dont vous faites grand cas ; vous n’avez même pas à vous y investir beaucoup : il suffit de laisser agir vos collègues de circonstance, et finalement la fatalité soi-disant humaine. Nous n’avons pas eu la volonté, encore moins la légitimité, c'est-à-dire crûment la puissance, de nous y opposer ; ce qui fait qu’on n’aura plus, étant mortes, à se poser la question de si on pleure tout de même ou pas quand vous y passerez à votre tour, qui a toutes les chances d’être celui d’après. Comme on disait quelque part autrefois : « Crève aujourd’hui, moi c’est pour demain ». On aura alors toutes l’air c….es, les unes comme les autres ; pas grand’chose de plus stupide que de gérer l’ordre de nos assassinats, d’en décharger ce faisant les tueurs, en leur évitant la constitution de bouchons, lieux de possibles mécontentements.

 

 


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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ebranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée au backlash réac-libéral pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste novatrice, universaliste négative, apostate de l'intersectionnalisme, philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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