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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 18:08

 

  

Etre seule de son espèce. D’abord on comprend pas pourquoi ; après on ne comprend que trop.

 

Servir de jouet aux fantasmes des unes et aux désirs de domination des autres (quelquefois les mêmes). Servir de caution tant qu’on est pas trop embêtante aux groupes et assoces qui veulent se la péter (nous on a une trans au ca, wa !).

 

Se voir annexer avec hypocrisie par des bio paranoïaques et pleines de haine, genre "indigènes" ou "déconstruites", qui ont besoin de petites soldates pour leurs basses tâches, puis se voir massacrer par les mêmes dès lors qu'on ne croit plus à leurs aberrations.

 

Sentir aussi fort que de la merde le mépris et le dégoût derrière les sourires, les bisoux gluants et la prétendue « intégration ». Baigner dans l’illégitimité et la redevabilité pendant que les bio se font leurs petites mascarades « meufs gouines trans » pour choquer le bourgeois.

 

Se faire au mieux jeter, au pire ignoblement calomnier, dès qu’on a cessé de servir ou bien qu’on s’est rebellée. Et ce évidemment dans l’indifférence, voire la complicité la plus totale du mouvement féministe.

 

Se voir outée par des compagnes désireuses de bien faire savoir qu’elles se tapent une trans ; exhibée comme justificatif « je suis pas transphobe j’ai des amies/une copine trans ».

 

Etre abusée voire violée à répétition par la transphile (ou les transphiles) de service, sans même pouvoir s’en rendre compte tout de suite ni protester parce qu’elle vous « accorde de l’intérêt » ou « témoigne du désir ». Et ce encore dans l’apathie, l’assentiment et la dénégation générales si on a l’audace d’y faire allusion.

 

Se voir sucer et spolier sa vie, son identité et son expérience pour nourrir la personne sociale et politique des bio, exproprier de soi-même, détruire sa réalité, puis recracher comme un noyau.

 

Se voir isolée d’une éventuelle autre mtf, mise en concurrence avec elle par les bio dominantes.

 

Être trahie et abandonnée, à commencer par celles qui ont profité de vous de toutes les manières.

 

 

Ne plus être.

 

 

 

PS : Lyon, et Rhône Alpes en général, ont cette particularité d'être, pour la militance comme pour le reste, les capitales de la crapulerie pharisaïque.

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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ni alliées, ni amies, ni copines, ni soeurs ; autonomies transses

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