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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 09:14

Ah Limoges, l'autre côté du massif central, enfin hors de portée du zombiland idéologique rhônalpin. Combien la petite murène en rêve, d'émigrer, en parfaite contre-mouvementienne, dans ce Limousin et même au delà. 

Elle avait bien noté qu'il y avait en mai dernier une "fallope-fest", au programme copié-collé de toutes les ladyfest de notre époque soucieuse de marcher dans les clous. Bon.
Et voilà que, dans un coin d'une page google, se fissure une fois de plus le riant visage du féminisme bienveillant et unitaire, à propos justement du déroulé de cette fest.

http://teteshautesregardsdroits.wordpress.com/2010/05/19/colere-et-determination-sans-concession/#more-2537

(La petite murène recommande cet article (et ce site), au delà même de l'anecdote, parce qu'ils remettent en question de ces fameux "acquis" qu'elle croit elle même néfastes, ne serait-ce que par l'hégémonie de leur acceptation. La déesse sait si elle ne s'y trouve pas sur tout, encore heureux, et même si elle est purement et simplement niée par endroit, mais au moins c'est franc et net. Pour tout dire c'est passionant. Zeste zeste au consensus et à la paix de genre !)


Là encore rien de neuf. Celles qui ont été aux dernières ladyfest en france n'ont pu que voir, à moins qu'elles eussent déjà trop bu à cette heure, ou que comme la petite murène ce soient des couche-tôt, que ça frite assez facilement. Ce qui au fond serait un signe de santé, de "diversité" comme on dit aujourd'hui.

Mais c'est que ça frite à peu près toujours par rapport à ce qui serait "admissible par toutes". Ici trop de mecs, ici pas assez, ici des trans, ici pas, trop de cul visible, pas assez de cul-caché-mais-quand-même-visible, etc. etc. Des paroles qui fâchent, des paroles qui fâchent pas... Trop de bruit, trop de crusts, trop de...

Et que la "musique collective" est quand même réglée sur les plus puissantes du moment et les plus à la mode, soit les féministes modérément queer, plutôt jeunes et résolument (dé)constructivistes. 


Evidemment le document mis en lien ne permet pas de se faire une idée parfaite de l'affaire, mais quand même, quand on connaît un peu les grandes lignes apparaissent. Des lesbiennes radicales de la vieille branche, qui ont refusé de prendre opportunément le virage du cul et du corps comme valeur obligée.  Qui sont venues protester, et qui se sont faites sortir pasqu'il faut pas effaroucher toutes les nanas hétéras qu'on veut prendre au hameçon. Ce qui ne peut que les rendre sympathiques à la petite murène, qu'elles doivent tout autant détester en tant que trans et donc simulacre de femme. Ce qui certifie la gratuité de sa remarque.

En tous cas, elle préfère largement ces inactuelles qui sont restées claires dans leurs affections et leurs détestations au boudin bienveillant actuel qui est bien plus excluant et axé sur la puissance sociale et relationnelle, sans que ce soit jamais reconnu.


Ouais ben que dire... La petite murène ne va pas forcément s'ingérer à donner des conseils. Le propos des rads est qu'elles n'ont plus de place dans ce féminisme là. Et ça semble parfaitement exact. D'ailleurs les vieilles lesbiennes n'ont jamais eu une place bien assurée, même il y a quarante ans, les archives en font foi. Trop raides, pas assez coulantes, et puis elles disent clairement qu'elles aiment pas les hommes. Comment la petite murène pourrait-elle les désavouer ? Mais évidemment ça fait tache dans notre époque d'affection universelle, où il n'y a plus que la trique sécuritaire qui  parvient plus ou moins bien à mettre des distances entre les gentes ?

 

Alors voilà, difficile de ne pas se réjouir que les vieilles fractures, remplies cent fois de pattex sororitaire et au fond desquelles on croyait avoir enfoin enterré celles qui déparent, se rouvrent. Obstinément.

 

Et la petite murène pose la question : pourquoi ne pas acter que de plus en plus de nanas, qui en plus ont souvent payé de leur personne, n'ont pas, n'ont plus de place dans ce qui est aujourd'hui le féminisme ? Et pourquoi pas alors le déserter ? Que ce soit d'initiative ou à coups de pieds au derrière du reste ? On s'y fait tellement maltraiter qu'il n'y a peut-être plus grand chose à perdre à abandonner le badge ?

Et pourquoi pas aussi abandonner l'illusion de la "convergence", que nous devions aller toutes vers le même but et nous retrouver au même endroit, base de toutes les arnaques exotisantes ?


En tous cas vivent les lesbiennes radicales limousines. Bon dieu ça donne vraiment envie d'émigrer là-bas. Même en se grillant d'avance !


LPM

 

PS : tiens, d'ailleurs, en songeant au précédent post, là aussi on pourrait dire qu'hétérolande s'est lâchée... Là où on ne l'attendait pas. Bon, on n'en est pas encore à la barre de fer. Mais méfions-nous, les mouvements militants sont tellement propices à l'illusion de porter l'avenir du monde sur son badge qu'on peut en arriver à des extrémités assez vite. Rien de plus facile que de déclarer l'autre ennemie du peuple ou de l'humanité... Avec ce que ça autorise ipso facto...

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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