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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 10:20

 

 

Qu’ils sont doux, qu’ils sont gentils, nos zamis les cathos. Je vous en parle pas souvent, c'est un marronier un peu chez nous, mais je suis attentivement ce qui se raconte sur la netsphère du marché politique religieux où ils ont part majeure. C’est copieux. C’est instructif – ce qui nous attend en cas de révolution réactionnaire réussie. C’est très attendu mais en même temps on voit que rien ne leur fait peur. J’avais ainsi noté il y a quelques temps sur Famille Chrétienne - site que je vous recommande parce qu’il donne la température de la partie du mouvement qui ne se veut ni conciliaire ni trop fondamentaliste, et qui traduit bien le glissement rapide et permanent toujours plus à droite de ce qui y était déjà, site aussi qui parle beaucoup de morale relationnelle et donne les clés d’idéologies qui se répandent dans le « social » sans arborer nettement leur drapeau - j’avais donc ainsi noté l’épais article d’un de leurs penseurs qui nous reprend la bonne vieille scie que « dès qu’on touche à l’ordre naturel » – qui est plutôt l’ordre bourgeois issu de ce dix huitième siècle que pourtant il est censé abhorrer, « c’est le goulag ». Au sens strict du terme. J’ai déjà causé de cette angoisse post-années soixante qui réunit étrangement aux réacs, sur les abdications anti-utopiques, bien des supposés pas réacs, comme une bonne partie des postmodernes, et même des fois mémé Arendt, hélas : on ne peut pas s’en prendre à ce qui devient du coup des espèces de constantes anthropologiques avouées ou non, comme le pouvoir ou la complémentarité, l’échange ou la sexualité ; il faut soit s’y soumettre le doigt sur la couture du pantalon (réacs cathos), soit en jouer habilement à son profit (postmodernes). Je vous mets plus bas le truc que j’avais alors rapidement scribouillé - Pupuce et l’équilibre.

 

Nan, là en tête de gondole un article sur la violence conjugale et familiale. Qui bien sûr est une anomalie et n’a rien à voir avec la conjugalité et la famille, tout le monde est bien d’accord là-dessus depuis le vatican jusques au planning. Sans quoi il faudrait tout revoir et ce serait ennuyeux, voire dangereux – le goulag vous dis-je ! Cet article qui dénonce la manipulation (vertu éminemment féminine, on le devine, pour ces gentes) et la violence est donc illustrée d’une image qui présente deux silhouettes, très genrées à la moderne, très reconnaissables. Et je vous le donne en mille, y en a une qui est en train de baffer l’autre, laquelle autre toute miséreuse essaie de se protéger en tournant la tête vers le bas, le must quoi de la représentation de la violence sexuée.

 

Et de quel sexe social est la silhouette qui baffe ? Mais oui, vous avez bien trouvé ! C’est la silhouette de nana qui violente le pauvre mec.

 

G (dur) ! Comme dit une camarade quand c'est trop énorme.

 

Je pense que cela se passe de commentaires longs et filandreux. Les femmes ont pris le pouvoir, vous ne le saviez pas ? Vous êtes pas sorties de chez vous aujourd’hui alors. Et comme tout pouvoir illégitime, il ne peut se maintenir que par la brutalité et la manipulation. Par contre, le pouvoir légitime des mecs est tellement normal que rien de ce qui s’y passe ne relève de ces odieuses catégories ; nan, au mieux un peu d’impatience dans l'usage bien compris du pouvoir, quand ce n'est pas du droit de vie et de mort, sur femmes et enfants ; la confession est là pour ça ! 

 

Oui, ça fait gerber. Et ce genre de dénonciation des minoritaires, comme je le fais souvent remarquer, est précisément ce qui mène à la violence de masse des majoritaires. On va en voir de belles.

 

 

 

Pupuce et l’équilibre

 

 

http://www.famillechretienne.fr/societe/histoire/la-france-sombre-t-elle-dans-l-utopie-131482

 

 

Il est toujours bon de lire attentivement ses ennemis. Voilà un nouvel exemplaire de la thèse conservatrice que toute tentative d’examen, de critique et de remise en cause de l’ordre et de la hiérarchie sociale « naturelle et éternelle » mène au goulag, aux camps, à l’extermination – en résumé que féminisme égale nazisme – comme d’ailleurs toute tentative, que dis-je, toute intention de contester un ordre social « naturel » - le nôtre, le meilleur vous dit-il ! 

 

Il ne faut pas nous y tromper nous-mêmes : toute l’angoisse par exemple autour de ce qui ne devrait à aucun prix être une théorie, mais non surtout pas, pasque théorie c’est mal, pas réel, pas « la terre ne ment pas », c’est féminin quoi ; abonder dans ce sens est un premier consentement que nous nous laissons arracher. Le pas suivant c’est le souci de ne pas « bouleverser les équilibres sociaux », comme dit une de nos chères ministres - dont on a vu les conséquences récemment. Et après, petit à petit on glisse vers la droite, qui nous attend la bouche grande ouverte… Gloups !

 

Il faudrait cesser d’avoir peur de notre ombre, et dire franchement que non, nous ne croyons pas que la révolution sociale, si elle a le cran de s’en prendre justement aux naturalités, à la valeur, à l’échange, mène au totalitarisme – ceux-ci sont plutôt nés du recul devant la critique radicale, et de la croyance à ces naturalités qu’il fallait libérer – ; que nous ne croyons pas non plus aux équilibres neutres. Mais en avons-nous le courage intellectuel ?

 

Celui de dire que oui, théoriser, critiquer, aller vers ce qui n’a jamais été, l’utopie quoi, c’est bien. Et qu’on en a marre de croupir dans la domination naturalisée, fatalisée, rationalisée.

 

Et tiens, pendant ce temps là, pupuce, ça l’angoisse beaucoup les millions de pas rentables qui crèvent « naturellement » de dépossession et de pénurie (pasqu’il faut que les choses valent quelque chose, sans quoi là aussi, c’est le goulag !) ? Pas trop on dirait. Le darwinisme social et économique, voilà un équilibre sympa et pas totalitaire pour un sou.

 

 


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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ebranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée au backlash réac-libéral pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste novatrice, universaliste négative, apostate de l'intersectionnalisme, philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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