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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 12:49


 

S'échapper.

 

« Il est vrai que je l’ai voulu et le veux encore, ainsi qu’il est licite à tout détenu ou tout prisonnier de s’évader ».

                                                                                                                                                       Jeanne d’Arc, lors de son procès.


(Qui, comme bien d'autres nanas de ce temps, qui risquaient pas moins que le bûcher, tenait tête à des prétoires de mecs. Marguerite Porete, Christine de Pisan...)

 

Comme quoi « Libérez touTEs les prisonnièrEs ! » et l’abolition de la prison ont de qui tenir !

 

Je ne partage pas les argumentaires prédestinatifs, sociologiques ou utilitaristes des abolitionnistes actuelLEs du pénal (genre abolition.prisons.free.fr), ni leur goût pour le serf-arbitre – me font penser à ces militantEs qui croient pertinent, pour nous "protéger" (!!), de répéter tristement que les sexualités ou les identités de genre seraient innées ou "pas un choix" !

Ce serait au contraire pour moi, comme peut-être pour Jeanne d’Arc, une question de liberté, de principe et de morale, aussi de conscience. Et d'horreur de vivre dans un monde où tout le monde fait assaut de ressentiment et de sadisme rationnalisés et humanistes. Ce sadisme très citoyen où c’est la machine, la bonne maman machine, qui écrase pour nous les vilains cafards. Et qu’on peut assister avec une joie décente, comme les éluEs en paradis se réjouissent du sort des damnéEs et de la justice de dieu (c’est dans un père de l’église, si si…)

 

Je dois dire que je ne ressens généralement qu’horreur et désolation lorsque, par exemple, je lis sur des sites lgbt l’intense satisfaction de celleux qui y écrivent quand on a réussi à faire condamner et expédier en taule des gentes, si peu sympathiques soient-ellils ; et les appels passionnés à récurer la terre de ceci ou de cela par ce moyen. Je me dis en outre que touTEs ces militantEs savent très bien le monde qu’ellils veulent, que ce n’est pas une méprise, que leur rêve, que notre rêve est au fond le même que celui de nos innombrables « ennemis politiques », c'est-à-dire une grosse majorité de la population, qui voudraient par exemple jeter d’autres à la mer, propos entendus expressis verbis ces derniers jours aussi… Morne logique de plus en plus partagée. Un monde sans mal, un monde propre. Ah, il est beau, le peuple. Vivent ses ennemiEs !

Un monde de chasse à courre et de « vigilance ». Voilà son, notre monde désiré.

Et, bien sûr, à terme, de guerre - fut-elle "légale" - de touTEs contre touTEs ; mais ça c'est le retentum, ce qui n'apparaît que quand on ne peut plus faire marche arrière, comme toutes les bonnes blagues de ce monde...

 

On n’a gagné, historiquement, qu’un enfer, à tout faire descendre sur terre… Á vouloir tout régler, tout évaluer à notre aune. C’était trop lourd, et ça s’est enfoncé, avec nous…

 

S'échapper. Un des plus beaux mots qui soit.

De cette hideuse époque, par exemple.

 

 

LGPP

 

 


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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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ni alliées, ni amies, ni copines, ni soeurs ; autonomies transses

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