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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 08:42

 

Ne voulant pas en faire des « extraits », pratique de pic-vert qui vire facilement à l'abus, je vous signale simplement ce texte de Michèle Causse, laquelle vient de disparaître.

http://www.lestoilesroses.net/article-pourquoi-les-gays-ne-peuvent-ils-etre-les-allies-objectifs-des-lesbiennes-par-michele-causse-38619445.html

 

Je ne suis pas, et de loin, une de ses fans. Ce texte même, s'il me rappelle de bons souvenirs, continue la discussion vaine à mes yeux du primat des signes et de la langue, sanctifie après tant d'autres les arnaqueurEs de la sociologie « de genre », rabâche les catégories constructrices des « individus », et ainsi de suite. Enfin, la déception m'étreint une fois de plus quand je vois la critique lesbienne s'arrêter pile, en dérapage, au bord de ce qui commencerait à mettre vraiment en cause ce qui constitue à mon sens la base fondamentale de ce que nous appelons le patriarcat : la société basée sur la valorisation de la relation, donc la concurrence indéfiniment renouvelée de la course de toutes après toutes.

Pourtant l'éclaircie est là, et depuis longtemps, seulement personne, à part des isolées qui n'ont plus le choix, n'ose franchir les limites de la brume. Car on y parle de rapports entre personnes.

Et c'est là un des paradoxes qui me sidèrent depuis longtemps. La personne est là, au moins potentiellement, elle pèse déjà ou de nouveau dans la balance face à la sacro-sainte relation. Il ne faudrait qu'un fétu peut-être pour un reversement. Mais cela ne peut avoir lieu sans un autre renversement, qui est, sans réplique, de pouvoir enfin désaccoupler qui nous sommes et ces fichues relations qui nous sont imposées comme notre être et déterminent notre catégorie. Bref changer ce que veut dire lesbienne. Que ce devienne en soi et non dans le lien. Bref... ouh là je m'aventure, qu'enfin les femmes deviennent lesbiennes ou les lesbiennes femmes ? En tous cas que les voiles qui obscurcissent et les liens qui entravent soient déchirés. 

 

C'est une lesbienne trans, seule par destin comme par choix, qui dit cela. Michèle Causse, tout à fait à raison, m'ignore – sauf dans une des notes du texte, pleine de sens, sur l'inexorable et répétitive glissade vers le masculin de tous les idéaux féministes, de genre, queer, etc., où nous nous rencontrons quelque peu par delà l'irréductibilité de nos vies. Je la livre tout particulièrement à vos réflexions. Et à bien plus que vos réflexions. Je suis émue. 

 

Plume

 

PS : Mon petit côté bien-pensant, que j'aime aussi : je constate qu'après deux ou trois jours, les médias hétéro, c'est à dire généralistes, n'ont même pas mentionné la mort de Michèle Causse, qui fut pourtant une auteure un peu plus qu'anecdotique. Mais la mère Wittig a-t'elle eu mieux ? Je ne me rappelle pas.

 

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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ni alliées, ni amies, ni copines, ni soeurs ; autonomies transses

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