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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 15:43

 

"Quand j'conduis mon brêle

L'arme à la bretelle

C'est toi qui m'appelle

Par mon petit nom."

Mac Orlan 

 

 

J’adore les politologues du Monde. L’un d’eux vient de pondre un article « synthétique » pour nous affirmer que notre cher peuple ne se droitiserait pas tant que ça. Juste un peu, hum... comment dire ? Car voyez, bien qu’il se prononce, selon des sondages, avec un enthousiasme non dénué de férocité et à une majorité écrasante (soixante dix à quatre vingt pour cent) en faveur d'une active chasse aux pauvres, aux feignantes, aux étrangères, enfin bref à tout ce qui entrave la félicité du corps social, il y aurait néanmoins une faible majorité favorable au mariage pour toutes, forme sociale révolutionnaire.

Faible, cela dit, la majorité, et de plus en plus. Quand même, finalement, les gouines et les pédés c'est trop féminin, la virile rectitude du mariage ne nous redressera pas suffisamment. Le peuple le vrai c'est pépé, sa bite et son pouvoir.

 

Au reste, ce qu’on appelle la gauche en france a aussi un bon passif réac : antisémitisme, complotisme, exaltation de la virilité et du travail, passion pour la guerre civilisatrice… On en a un bel échantillon ces jours ci mêmes.

 

Mais le plus beau est la conclusion du dit article (http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/01/16/une-france-qui-se-droitise_1817916_3232.html) :


« Au terme de ces quelques rapides coups de sonde dans le corps social, le constat d'une droitisation du pays doit donc être relativisé. S'il est incontestable que sur les questions régaliennes et identitaires, la demande de répression est massive, y compris dans l'électorat de gauche (71 % des sympathisants approuvaient les démantèlements de camps de Roms intervenus cet été), on s'aperçoit que ce besoin s'accompagne, dans le même temps, d'une forte aspiration à une intervention de l'Etat pour réguler et encadrer une économie libérale, qui peine toujours à convaincre, nos compatriotes apparaissant dans les études internationales comme les plus critiques sur le fonctionnement du capitalisme et de l'économie de marché.

 La formation politique qui parviendra à synthétiser et à articuler de façon crédible ces demandes, en apparence contradictoires, disposera d'un avantage certain pour les prochaines échéances électorales. »

 

 Cette option politique a déjà été dégainée, déployée dans divers pays, dont le nôtre, au cours de ce vingtième siècle qui n'en finit plus. L’union du travaillisme et de la haine dans la communion du peuple et la politique du ressentiment n’a rien de nouveau. L'a même un petit nom. Ça s’appelle le fascisme.

 

 


 

 


 

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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ni alliées, ni amies, ni copines, ni soeurs ; autonomies transses

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