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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 19:44

J’allais dire la ménagerie féministe mais là, indubitablement, je serais injuste et mauvaise langue (de pute !), vu que cette ménagerie est absolument généralisée à tout ce milieu militant et identitaire. Les unEs ou les autres ont juste leurs bestioles favorites quoi. Il est du reste strictement pas politiquement correct de dénigrer les préféréEs d’autrui, ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes quand les ditEs préféréEs s’entredévorent, ce qui est quelquefois arrivé.

 

Non mais évidemment je fais de la provoc. Mais quand même.

Vous n’avez pas l’impression d’une légère « appropriation » ? (c’est fou, dès qu’on convoque un des mots magiques de notre époque, tous les autres se ruent à la suite – appropriation, réappropriation, autres de ces « petits mensonges de la décennie » que je me réserve de faire cuire en brochette dans ma retraite).

 

Non mais rien que dans les trois derniers jours, et même en prenant du recul, sur l’internet de hamsterlande :

- une bio transphile qui, apparemment pas sevrée, nous bassine de conclusions tonitruantes sur la méchanceté du gouvernement envers les trans (on savait, chérie, on n’a pas vraiment besoin de toi, touche à ton cul ! si tu préfères qu’on soit plus claires).

- une émission de radio sur les guérillères Kurdes… Non mais je suis triste, pasque… Je sais pas… Il y a même eu une chanson, où il était mis en garde contre cette exotisation précise… Et non, toujours pas un instant de recul, on se jette dessus, on voyage, on enregistre, on redélivre…

- des rroms que l’on expulse, évidemment là aussi un truc ignoble à combattre, mais je ne sais comment dire, le gros titre, une espèce de triomphalisme de l’impuissance en plus, regardez comme les méchants sont méchants, et sur des rroms (avec deux r pour faire plus vrai) en plus. Et comme on est gentils d’en causer, avec de grrros titres et une grrrosse indignation.

 

Et j’en oublie

 

Ben j’en ai marre. J’en ai marre que l’identité alternote absolument franchouillarde et classe moyenne, et c’est comme ça et on n’a pas plus à en avoir honte que d’autre chose, cherche justement à noyer cette honte idiote dans un déluge envahissant de jactance et de piétinement, de bons sentiments et de bien-pensance, toujours centré sur les ineffables autres. Sans aucune réflexion sur pourquoi et comment on se livre à ça !

La nature de ces autres étant justement d’être le centre de nos préoccupations.

 

En plus, alors là je me marre encore plus, ou bien je pleure encore plus, cette ménagerie est un moulin, pasqu’on peut même y entrer, dès lors qu’on se fait un peu taper dessus par une institution, ou par des méchants reconnus ; on a le droit d’y entrer, de devenir fauve infortunéE parmi les fauves infortunéEs, pendant plus ou moins longtemps et avec plus ou moins d’éclat en fonction de l’estimation de la persécution. Mais il faut que les autres y soient déjà, sans ça cela ôte toute valeur à notre performance…

 

Mais je nous dis, absolument comme à ma transphile chérie : occupons nous de nos fesses !

 

Ca ne nous empêchera pas d’intervenir s’il le faut et surtout si c’est pertinent (pasque ça l’est pas toujours, et pas seulement d’ailleurs pasqu’on serait de méchantes blanches abusives : les autres sont tout aussi humaines que nous et peuvent bien faire autant d’imbécilités, que nous suivons rien que parce que ce sont elles !).

 

Alors évidemment je parle de « ménagerie », c’est pas gentil, mais alors je vais vous dire, si on part sur la « parole légitime » etc. eh bien comme trans et pute par exemple j’ai la très nette impression d’avoir été et de rester, même contre ma volonté, un animal domestique des bio et des gratuites, et même de quelques autres, une bestiole que l’on trait en quelque sorte pour en obtenir de la bonne conscience, de l’identité politique par procuration, point. Bref d’être à ce titre dans la ménagerie – plus encore que dans l’étable, parce que ça ressemble à de l’élevage de plaisance. Et que c’est la même chose vis à vis de toutes celles qui ont été déclarées « stigmatisées », puisque c’est le mot à la mode (encore un à disséquer en brochette).

Et que si il y a rapport politique et culturel, ben c’est un véritable rapport d’élevage, sur place ou à distance.

Je crois que le minimum serait alors de faire payer, je sais pas, si ça reste impossible d’avoir la paix.

Voilà qui serait antispéciste et bien-pensé, tiens : payer les animaux d’élevage ! Et les stigmatiséEs de tout poil. Au moins ça leur rapportera vraiment quelque chose !

Chiche !

 

La petite murène

 

PS : même les murènes sont dans une certaine mesure utilisables, sinon vraiment domesticables. Je crois que c’est Tibère qui en avait dans des bassins…

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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ni alliées, ni amies, ni copines, ni soeurs ; autonomies transses

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