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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 11:14

Dire du mal du milieu militant et des mouvements qui s’y agitent est un exercice banal. Et certes la petite murène ne prétend pas à la moindre originalité en ce faisant. Pour autant elle assume, et rempile. Parce qu’il le faut. Parce qu’il n’y a pas que des détails ou du « fonctionnement » qui soient seulement en cause, mais la structure idéologique même de ce milieu qu’elle appelle désormais hamsterland. Ce néologisme sera plus développé dans un texte à venir. Bon, tout ça fait évidemment obsessionnel. Ben ouais, cela fait vingt ans que la petite murène est obsédée par les mensonges cyniques des groupes comme des individuEs, et par leur absence totale de vergogne à truster l’espoir et broyer les plus faibles dans leurs moulins à identité. Enfin, surtout, à travestir les enjeux et jusqu’aux faits. Bref à mentir, que ce soit par action ou par omission. Á mentir jusqu’à détruire toute possibilité de réalité – ce qui d’ailleurs les replace pleinement dans la dynamique du monde contemporain. Hamsterland est le pays où le mensonge est paraît-il impensable – pas pensable ni visible parce qu’il est partout et qu’il structure tout !

 

 

On a déjà eu les « musées des horreurs » et les musée de cire. Pour sa part, observant le manque de plus en plus criant de capacité du militantisme à mesurer les réalités, ainsi que sa zombification accélérée depuis quinze ans, la petite murène propose aux mal-pensantes et mal baisées qui ont perdu tout espoir un petit musée des mortEs-vivantEs et du ridicule, de l’aberration et de la malveillance idéologiques.

Du ridicule… Elle a une très bonne expérience de ce que c’est que le ridicule profond, celui qui tue. Le ridicule « existentiel » en quelque sorte. Celui qui colle comme une tunique de Nessus à la peau de celles qui ne remplissent ni ne rempliront jamais les rôles qui leur sont dévolus : relationner, produire, accumuler et exister… Et qui sont déshumanisées et disqualifiées dans tous les milieux, comme la nana moche et triste en fauteuil roulant dans Fucking Amal, ce film monument du cynisme pro-sexe, pro-belles et valides.

Parce qu’il y a toujours ce double visage de la suffisance militante, par exemple féministe et transpédégouine, ou encore "antiraciste", orthodoxe ou libertaire : devant, un respect et une égalisation de carton-pâte, vernis des plus ridicules et bien-pensants néologismes et affirmations. Et immédiatement derrière, le vrai visage, celui du mépris, de la violence, de la paranoïa sécuritaire. Des visages de morts-vivants.

Bien sûr elle va grossir l’apparence des choses et des paroles. Günther Anders, en préface à son Obsolescence de l’homme, tenait la thèse que pour rendre certaines choses fondamentales visibles, il les fallait exagérer considérablement. Ainsi des microbes, mais ainsi aussi des aberrations qui se calent tellement bien dans l’ordonnance d’un monde dément que l’on ne peut les reconnaître. Il faut les rendre encore plus grosses pour les faire « sortir » de leur logement.

 

Ce qui est prodigieux, c’est justement que l’assurance de ce milieu mi-militant, mi-universitaire à porter le bât d’une post-modernité qui gargouille dans le même pot infernal qu’un conservatisme sécuritaire de compagnies d’assurances le conduit souvent à des démonstrations, affirmations, sophismes et enfin pratiques qui, lorsqu’on est sortie de la bulle d’auto-admiration, laissent simplement bouche bée et le cul par terre. Ainsi qu’à un manque absolu, quand ce n’est pas un refus, de logique de base ou de lucidité élémentaire, discréditées et disqualifiées par des « analyses » complètement farfelues ou délibérément tordues, et qui s’autorisent essentiellement de leur fatuité.

Le principe de ce monde, c’est que les idées sont tout, et leur garantie leur cohérence formelle. L’union des deux permet tout, et surtout les pires saloperies ou la lâcheté la plus puante. Pour aller chercher loin, jusqu’à Dostoïevski, qui n’est pourtant pas le genre de personne que j’aurais pu imaginer citer un jour, les militantEs sont littéralement possédéEs par les idées, forme originale d’expropriation. Les idées pensent et même ressentent pour elleux, en quelque sorte. C’est là le résultat final de l’idéologie de la « réappropriation », perpétuellement agitée ; on se « réapproprie » toutes les idées, pratiques, surtout celles qui paraîtront le plus « subversives »… c'est-à-dire généralement les plus éculées du libéralisme ou de divers essentialismes déterministes. Et bien entendu on se fait bouffer par elles. Pacman grandeur nature. On n'est plus qu'un assemblage d'idées contraignantes, de pratiques obligatoires, d'identités recommandées.

 

Et c'est ainsi qu’on n’a plus affaire à des humainEs, lesquelLEs sont complètement obsolètes, d’ailleurs politiquement suspectEs précisément parce qu'humainEs, mais à de véritables mortEs-vivantEs, à des idées sur pattes quoi, qui scandent des pensées et ressentis soigneusement vérifiés et clonés, et se comportent de même de manière répétitive et similaire. C’est ainsi que, débarquant un soir d’été aux UEEH, j’eus un véritable flash d’avoir vu, les années précédentes, les mêmes personnes faire exactement les mêmes gestes et dire les mêmes choses. Je m’écriai alors « mais c’est la nuit des morts-vivants ! ». Quelques uns de ceux-ci me scrutèrent avec inquiétude, et ce fut tout.

 

Ce qui est encore plus ennuyeux et même carrément périlleux, avec les mortEs-vivantEs, c’est qu’elles, ils, semblent haïr les vivantEs, exactement comme dans les films. Et sont toujours près à les exterminer et dévorer. C’est le côté malveillant de l’idéologie en actes. Exterminer au nom de la pureté, du bien de l’humanité ou de la classe opprimée en vogue qui la représente ; dévorer pour s’assimiler ce qui pourrait nourrir quand même leur identité insatiable de militantEs existentielLEs (peut-être est-ce désormais là un pléonasme). C’est qu’un des principes de base de ce monde, tout à fait en phase avec libéralisme et croissance, c’est qu’il ne faut rien laisser perdre. On peut et on doit anéantir ce qui ne marche pas tortu comme nous (la fameuse marche mécanique des morts-vivants), mais bouffer tout ce qui est bouffable et assimilable ! Ça aussi d’ailleurs c’est un mode de fonctionnement qu’ils ont en commun avec les grands totalitarismes… La technique de la calomnie est très largement utilisée ; en effet, c’est d’un efficace redoutable, puisqu’il n’y a que des hamsters qui osent (lancer la calomnie) et des hamsters qui n’osent pas (s’élever contre, il y a risque d’être prisE pour unE vivantE).

 

J’appelle de plus en plus souvent les militantEs des hamsters – ayant fini par considérer que leurs aberrations collectives ressortent bel et bien de la « hamstérisation » que j’avais d’abord isolée chez les mecs proféministes et les suceureuses de graisse en général. Mais des hamsters morts-vivants ! Un monde de hamsters morts-vivants. Vision dantesque ! De hamsters morts-vivants qui se sont emparés de ce qui semblait encore faisable ou à créer en ce monde, l’ont littéralement confisqué, et s’en font leur litière en le déchiquetant idéologiquement. Mais les choses et les gentes n’en sont pas moins effectivement saccagées et détruites.

 

J’ai moi-même fait partie de la troupe de ces hamsters, à deux longues reprises dans ma vie pasque je suis une incomparable jobarde qui se fait toujours réavoir, ou en tout cas j’ai essayé, comme ces vivants qui essaient de survivre au milieu des morts-vivants en les singeant. Á ceci près que leur propagande est efficace et que j’avais cru, comme bien d’autres infortunées, que c’est ce qu’il fallait vraiment être ou paraître pour le bien de touTEs ou des plus « légitimes » - le néologisme mort-vivant pour « naturel » ! Mais voilà, on ne peut pas bien singer indéfiniment ; et surtout les mortEs-vivantEs, hamsters ou autres, pourrissent sur pattes, puent la mort et la lâcheté, et au bout d’un moment ils, elles se rendent compte que certainEs ne pourrissent pas, ou que superficiellement, et gardent en somme un intérieur, une distance, quelque chose de vivant. Et alors c’est la curée. Ce doivent être de dangereuXses réactionnaires, ou en tous cas « étrangèrEs à la réalité mort-vivante » pour plagier un grand must d’il y a quelques décennies…

 

D’ailleurs, il est besoin de le rappeler, pas plus de sympathie de ma part envers celleux que j’appelais déjà il y a quinze ans les « évidentistes », les « plus vrais que nature », bref les « vrais réacs » quoi, celleux qui sont sur l’échiquier officiel les adversaires des militanTes ; ellils sont tout aussi hamsters et mortEs-vivantEs. Ce qui n’apparaît jamais par contre est que la logique des unEs et des autres se ressemble pitoyablement, ou plutôt qu’ellils se disputent le même bout de gras de la fréquentabilité, et surtout les mêmes évidences, ce qui est désirable. « Toujours plus », « toujours plus loin », « faire de moi ce que je veux »…

 

Et voilà… On ne peut pas grand’chose, politiquement, ni surtout humainement contre cette épidémie dans un monde lui-même en rapide pourrissement, cinglé, irresponsable et qui s’en flatte. Où au contraire les différents partis en présence font, comme toujours du reste dans l’histoire, assaut réciproque pour le mieux réaliser les effroyables idéaux qui surnagent comme des taches d’huile.

Et ainsi ne reste plus que ce que j’ai vilipendé des années, pensant avec beaucoup d’autres qu’il y avait bien mieux : le jugement, la capacité de distinguer a priori l’humain de l’inhumain, et le raisonnable de l’aberrant. C’est quand même fou quand on est une trans, qu’on se penserait être la première victime de ce bon sens, et qu’on découvre à force de coups de pieds dans les gencives et de coups de surin dans le dos que les plus dangereuXses sont les prétenduEs critiques de ce bon sens… C’est qu’on n’avait pas assez lu l’histoire et les exploits déjà commis par ce genre de gentes… Ou pas voulu croire…

 

Ce qui est très décourageant, c’est de voir, d’entendre, de sentir littéralement ces verbiages sortir de partout à la fois, se jeter les uns sur les autres dans un renchérissement sans fin, à la fois mathématique et agressif. Peut-être est-ce une déformation due à la trop grande fréquentation des ces mouvements et milieux. Mais on se sent terriblement seule pour détricoter cette immense récitation sociologique, alors qu’il faudrait être beaucoup… Et dans le sale voisinage qui plus est de vrais réactionnaires qui récitent tout autant leurs mantras. Tout cela, l’hypocrisie progressiste comme la bêtise réactionnaire, à moins que ce ne soit l’inverse, file franchement la gerbe.

 

Bref – bien sûr, on peut être saisie, indignée, épouvantée – mais il y a souvent aussi un rire de désespoir qui prend, devant le spectacle de ces hamsters mécaniques en train de porter, de défendre, de magnifier leurs saints sacrements, et devant l’aspect même de ceux-ci. Pitoyables récitations du bien et du mal, du correct et du téméraire. Car c’est fou à quel point leur manière de manier les doctrines les rapproche des églises – jusqu’au saint-office, aux fatwas et à l’excommunication, ce retranchement de leur société que, dans leur terreur permanente de la solitude, elles/ils envisagent comme le plus terrible châtiment.

 

Un petit « musée du ridicule mort-vivant » ne peut être que d’actualité permanente, dans la mesure où les morts-vivants se récitent et répètent indéfiniment. Les mantras d’il y a cinq ou dix ans sont ceux de dans cinq ou dix ans, en gros. On pourrait même aller chercher bien plus loin, et dans le passé et dans un avenir qui, selon le mot de la comtesse de Rochefort, ressemble tellement au premier que ça n’aurait aucun intérêt de le connaître.

Par exemple, alors que j’écris, vient de sortir le numéro deux d’un périodique catéchétique arnako-féministe, qui a ceci d’extraordinaire et de banal en même temps qu’on n’y trouve rien qu’on n’entende répété et réimprimé depuis bien quinze ans, soit dans le contenu ou dans l’approche, qui ressemble comme une sœur et à son premier numéro, et à tous ceux qui suivront. Aucun risque d’hérésie, de nouveauté ni surtout de réflexion sur les bases. Même les résultats d’ateliers y sont parfaitement prévisibles, puisque le ressenti, désormais proclamé pilier du temple idéologique, se doit bien évidemment de rester de ce fait dans les limites les plus acceptables (je ne sais pas si vous avez déjà participé à un atelier… c’est le summum du consensus tremblant, de l’angoisse et de la surveillance réciproques).

La performativité du militantisme mort-vivant, c’est de se momifier avec ardeur et dans l’agitation perpétuelle. Les morts-vivants ne dorment jamais. Ne s’arrêtent jamais. Ne s’interrogent pas, surtout pas. Ne se scrutent que pour se surveiller. Remettre en cause cette épilepsie est ordinairement considéré comme pusillanime.

 

 

 

 

Dans les vitrines du petit musée

 

 

 

Ce qui est déjà remarquable, dans l’univers militanto-universitaire, c’est le déversement quotidien de « sexualité » et de « genre » à toutes les sauces, considérés visiblement comme les pivots du monde. Le plus drôle est que c’est en un sens tout à fait vrai – mais chose ahurissante, personne de toutes ces têtes bien farcies ne semble apte à poser la question fondamentale du pourquoi ? Il n’y a plus que du comment. Impossible de remettre en cause ces choses qui paraissent par là infiniment naturelles, ou sont traitées comme, et plutôt même désormais comme surnaturelles par la révérence qu’on leur voue.

On en est à recevoir des annonces tout à fait sérieuses pour des séminaires consacrés à « l’actualité sexuelle » ou de « genre », et où genre veut d’ailleurs dire absolument n’importe quoi, tout étant désormais genre.

Non mais ce qui est extraordinaire est que, vu la place que ce domaine a pris dans les têtes et ailleurs, personne ne semble plus capable de discerner la cocasserie d’une telle vision de choses !

Je vais être banale, mais une certaine Valérie Solanas, morte misérable et seule pour avoir craché sur les vases sacrés, avait répondu, au moins en partie. En tous cas elle notait bien, avec stupéfaction, que « les hommes étaient prêts à traverser un océan de vomi » pour baiser. Le problème est que ce ne sont pas que les hommes : les hommes, les femmes, les trans, les intersexes et le reste sont effectivement dans leur grande majorité disposés quotidiennement à nager dans le vomi de la socialité ainsi obtenue pour baiser et le manifester, de diverses manières. Et par cela même performer leur genre, puisque plus personne ne peut ignorer que c’est la pratique de la sexualité qui les cimente.

Et quant aux universitaires, en parler doctement comme du fondement du monde contemporain semble les satisfaire profondément.

Mais la fausse candeur concernant ces jeux olympiques permanents de la productivité sociale dépasse tout.

Et ce qui n’est pas moins insupportable, c’est le langage contourné et incompréhensible dont s’ingénient désormais à user jusques aux historiennes (justes cieux !), et qui semble être devenu une condition sine qua non pour que soit prise en compte la moindre supposition ou aperçu le moindre opuscule. Là encore, je suis désolée, mais la cocasserie est immense. Parmi cent mille exemples, voici par exemple comment est présenté de nos jours un tout à fait respectable article sur Port-Royal :

« Cet article montre comment, en 1665, la production d’imprimés participe à la constitution d’un lieu géographique et social d’énonciation de la vérité (les abbayes de Port-Royal) comme lieu de la féminité, c'est-à-dire d’un certain idéal féminin, et que cela ne s’effectue que par une forme particulière de subversion de la différence des sexes qui peut être décrite grâce au concept de neutre élaboré par Louis Marin. » Et il y a plus terrible en concentration de « lieu » et de « subversion » - ah, oui, parce qu’en plus, cette novlangue qui aurait au moins pu être foisonnante, qu’on s’amuse, présente approximativement la richesse de vocabulaire de la tragédie française au début du dix-huitième siècle, c'est-à-dire un éventail de quelques centaines, voire moins, de mots obligatoires sans l’usage desquels vous ne pouvez même supposer être reçuEs ni luEs par l’élite et la contre-élite contemporaines.

Urps… Ou comment véhiculer l’émiettement d’un monde en ayant juste l’air de dire n’importe quoi… Parce que je ne crois évidemment pas un instant que ce ne soit qu’une mode, si muscadine fut-elle ; ça se réfère évidemment à la religion constructiviste et à ses innombrables soupentes et chapelles.

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« Un juge de la ville d’Haïfa, dans le nord d’Israël, va se trouver face à la preuve que Rachel Corrie, 23 ans, a été tuée illégalement alors qu’elle s’était mise sur le chemin d’un bulldozer pour essayer de l’empêcher de démolir une maison palestinienne à Rafah. » (Bellaciao, mars 10)

Effectivement, c’est particulièrement scandaleux qu’elle ait été tuée illégalement. L’eut-elle été légalement, ç’en eût été un tantinet moins pire sans doute.

Ça fait penser à ce que Diogène Laërce rapporte de la réponse de Socrate à sa femme qui se lamentait qu’on le fit mourir injustement ; « voulais-tu donc que ce doit justement ? ».

Ce qui est absolument impayable avec la logique militante, qui essaie toujours de coudre la réalité et le rêve, quand ce n’est pas l’illusion, ce sont les résultats de cet accouplement. Bien sûr, nul ne peut échapper à cet éparpillement contradictoire pour peu qu’il agisse dans un but pas encore atteint, mais ce qui est effrayant avec les militantEs c’est qu’ellils finissent rapidement par le penser comme la réalité indépassable. Et ici par se soucier je pense réellement de la légalité de l’écrabouillement. Il est vrai que les mêmes progressistes ont souvent mobilisé, quand ils en avaient les moyens, la loi contre leurs adversaires, en y croyant profondément qui plus est. Et ça se retrouve après dans le langage, qui, à défaut de performer quoi que ce soit ou de modifier la réalité, aide et incite par contre puissamment qui en use à modifier sa perception de la dite réalité.

Bref il y a danger, à mon sens, même à qui n’y croit pas, à scander les vérités ou les modes de pensée bien-pensantes.

 

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« Bonjour,
Je m'appelle xxx je suis étudiante à Sciences po xxxx. Je fais actuellement un mémoire sociologique sur
les trajectoires de vie des lesbiennes/bi "of color". Le sujet porte sur l'intersectionnalité des identités de genre,
de sexualité et de "race" (bien sûr dans le sens de catégorie socialement construite).
Je recherche actuellement des lesbiennes/bi d'origine antillaise, maghrébine ou d'Afrique sub-saharienne pour des entretiens. Est ce que quelqu'un serait intéressé?

Je vous remercie d'avance »

 

Petite annonce, on ne peut pas dire autrement n’est-ce pas ? parue sur une liste universitaro-militante (comme j’ai déjà fait remarquer désormais les deux se mélangent de manière relativement inséparable, la suffisance universitaire accouplée pour de bon à la stupidité militante). Et qui vaut à peu près celles qui paraissent sur meetic ou tout autre site de rencontres.

Ce qui est terrible, c’est de se sentir obligée de commenter quand même ce qui ne devrait pas avoir besoin de commentaire. Mais la Petite Murène, par exemple, comme trans et comme pute, reçoit tellement souvent ce genre de demande, jusque de lycéenNEs désormais ( !), qu’elle ne croit pouvoir se dispenser de disséquer un peu ce que ça implique…

Le cirque exotisant, abondamment nourri par la culpabilité envahissante des « blanches » et la paranoïa idéologue des « racisées », montre et met en scène tout simplement cette soif de dévorer l’autre, de s’en nourrir pour se créer un soi, qui est une des sources même du militantisme contemporain. Sans autre tout est foutu. Que ce soit pour l’assommer ou lui lécher les pieds, ce qui revient à la fin au même. D'où l'immense clomwnerie en vogue, grimaçante et essentialiste, des "dominantes" et des "stigmatisées". Et gare à qui en rirait !

On va même très loin pour chercher ces autres sirupeuses : au Kurdistan, au Mexique, en Palestine, dans les "quartiers nord"... Je songe aux mésaventures qui ont occupé la sphère médiatique, comme celles d’une universitaire en Iran, ou celles d’une autre au Maroc, et zut – mais aussi qu’est-ce que c’est que cette rage de ne pouvoir tenir en place et d’aller se gonfler comme un ballon à travers toute la planète !?

« Occupons nous de nos fesses » n’est pas une conclusion d’égoïsme, bien au contraire, l’égoïsme et l’égocentrisme sont tout entiers dans l’exotisation et l’avalement des autres ! S’occuper de ses fesses c’est aller contre ce monde l’éclatement et d’accumulation incessantes, c’est au contraire la reconnaissance de soi, des autres et l’humilité.

 

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« 20% des Grecs pour un soulèvement général pour obtenir l’abolition de mesures d’austérité.

Le sondage réalisé avant la 2e grève générale, ci dessous est a prendre avec des pincettes, mais que 20% des sondés expriment publiquement leur détermination est un grand début . » (Bellaciao encore)

Un sondage pour un soulèvement… Ce qui m’a toujours épaté avec tous les bien-pensants de la terre, de quel côté qu’ils se trouvent, c’est l’absence totale d’esprit critique avec lequel ils recherchent, accueillent et recueillent tout ce qui semble aller dans leur direction. C’est ce que j’appelais déjà il y a quinze ans la pathologie du « tout va dans l’même sens ». Et je ne parle même pas de critique du contenu, mais de simple capacité de jugement par rapport à la chose. Apparemment, de nos jours, on considère accouplables un sondage et un soulèvement… Il est vrai qu’avec une logique de « réparations » digne des meilleures polices d’assurance…

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Morceau de citation, à propos d'une énième manif familiale antirèp à paris, qui a été embarquée à peu près en son entier, vu justement le nombre imposant de personnes intéressées par ce point de vue :
" revendications exprimées longuement par une grande partie du mouvement social contre la politique carcérale française "
Waf, waf, waf - c'est sans doute pour ça qu'on y est toujours cent dans ces manifs...
Je veux pas dire, mais il me semble que la "majorité du mouvement social" de ce pays, qui d'ailleurs aime tant à qualifier les méchantEs patentéEs et autres fantasmes sociaux de "criminelLEs", n'a qu'une envie, c'est de les voir en prison, en camp de travail ou à la guillotine...
Mais bon, l'absence de jugement et de mesure, qui caractérise l'autoprophétisme et l'autotémoignage du mouvement alterno, lequel effectivement serait bien en peine s'il ne se les rendait pas lui-même, conduit immédiatement à ce genre d'absurdités...

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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