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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 08:27

La petite murène vous abreuve volontiers avec les arnaques des militantes, mais elle n'oublie pas les foutages de gueule institutionnels (voir par exemple la foire lgbtphile du 17 mai). Voici que se dénoue, en Espagne, déjà celèbre par sa législation mi figue mi raisin sur les trans - psy forcé contre non-opé possible - l'aventure de la loi sur l'avortement, qui a duré bien deux ou trois ans je crois. L'Espagne était un de ces pays où il y a une pratique, une jurisprudence mais pas vraiment de loi cadre. Des fois c'est pas plus mal. Bien sûr ça laisse peser une possible remise en cause - mais est-ce que ce n'est pas remis en cause en france où il y a une loi, fort restrictive du reste, mais où il n'y aura bientôt plus de toubibs pour faire des avortements !? (Et où évidemment l'avortement n'est pas dépénalisé, interdit de s'aider entre copines, "exercice illégal de la médecine").

Bref l'Espagne, avec son absence relative de législation, était la ressource d'elle-même et de toute l'Europe occidentale. Eh oui. A cause de la disposition qui permettait l'avortement sans délai en cas de risque psychologique pour la nana.

Tant vaut le pays tant valent les règlements. Ca aurait pu être pris de manière très étroite. Ce l'était au contraire de manière très large. Le seul critère c'était les picaillons. Des cliniques entières ne faisaient que ça, et plutôt bien .Alleluia ! dans un monde très imparfait c'était nettement ce qui se faisait de mieux, avec les Pays-Bas.

 

Ah mais la permissivité c'est pas bien. Il faut que ce reste un acte grâve (lisez culpabilisant) et réfléchi, comme on dit. Bref il faut y mettre des entraves, hein, des fois que des fofolles en abuseraient. Et voilà qu'on met en chantier une loi pour "légaliser" l'avortement. Fort bien. Mais bien entendu, une fois de plus, avec des délais généraux beaucoup plus courts que ce qui était jusque là appliqué. Dans le même temps, descentes de fliques dans des cliniques vouées dès lors à l'exécration, pour avoir été trop libérales.

 

Eh bien voilà, après moult bagarres entre cathos et progressistes, la loi est passée. Avorter est un droit. Jusqu'à 14 semaines. Après c'est un délit. Et voilà, quand on gagne un droit et qu'on est des femmes, on gagne surtout une trique derrière le dos si on l'outrepasse. La fameuse disposition sur les "risques psychologiques" est reléguée dans un coin, et il y a fort à croire qu'elle sera désormais accordée au compte-goutte par de frileuXses toubibs.

Tiens, d'ailleurs, la loi est aussi motivée par le "commerce" qui était fait des capacités d'avortement. Mais là aussi il y a foutage de gueule, l'Espagne n'ayant pas un réseau d'hôpitaux publics bien grassouillet, et les restrictions budgétaires en cours n'en laissant pas présager le développement. Donc, ce seront de toute façon toujours les cliniques privées qui continueront le taf. On n'est pas plus faux cul que ça...

 

Le plus singulier dans tout ça, c'est que depuis des mois toutes les centrales des "droits des femmes", qui sont des institutions sans le vouloir reconnaître, applaudissent sans critique. Un droit de plus ! Une trique de plus mais ça c'est "annexe". C'est vrai qu'en France par exemple ce sont les mêmes qui applaudirent en leur temps la loi Veil, se constituant en gestionnaires et surveillantes, et coulèrent alors les initiatives d'autocontrôle de l'avortement, MLAC et autres. Les mêmes qui mettent en garde contre une "libéralisation" trop grande sur les délais. Planning, CIDF et consortes. Et qui se mettent par là même en position d'irremplaçables médiatrices et expertes. C'est vrai que si on venait à n'avoir plus besoin d'elles, quel dommage, et combien de strapontins superflus, de bonnes places anéanties ?!

Il y a vraiment un article à écrire sur l'histoire des mythes français, depuis l'édit de Nantes à la loi Veil en passant par la nuit du 4 août, ou comment contrôler, arnaquer les gentes, sous peluche de tolérance et de générosité. Et à qui ça a servi à chaque fois.

 

La petite murène n'aime pas parler onctueusement de "progrès" et de "régression", vu l'usage policier qui est bien souvent fait de ces notions dans notre époque merveilleuse. Mais là, elle ne peut s'empêcher de dire qu'on applaudit à ce qui est une régression de fait.

 

Encore une fois, bienvenue dans le monde du care.

 

LPM

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ebranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée au backlash réac-libéral pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste novatrice, universaliste négative, apostate de l'intersectionnalisme, philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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