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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 10:41

 

 

Mater natura. Ce n’est pas un des films du top seize des productions trans, mais finalement c’est un des plus agréables que j’aie vu. Il est raisonnablement caricatural dans ses figures, exactement comme nous, mais surtout il se termine bien ! Vraiment bien, avec espoir. Et ça c’est pas souvent. On y échappe à l’amour réalisé, le couple heureux ou que sais-je, qui il faut bien le dire me laisse toujours un petit goût dans la bouche à la fin de Better than chocolate, mon autre film « positif » recommandé en sale période. Et qui sent déjà le sépulcre.

Eh ben non, ça se termine pas en couples ni en touches-pipi stylisés, mais à la cambrousse, dans une région d’Italie que je ne connais pas, ou une maman trans, une vieille de la vieille qui en a vu et avalé, a eu la lumineuse idée d’aller s’installer ; et invite les copines esquintées à venir fuir Rome et modernlande. Et biolande, accessoirement, puisqu’on s’y retrouve entre trans.

 

Évidemment, suivez mon regard. Ce n’est pas par hasard que j’aime cette fin, moi la trans rurale à la ramasse, qui a toujours eu des idées derrière la tête, qu’elle aurait d’ailleurs mieux fait de faire passer avant la course à la militance et la loyauté envers des bio hypocrites et mauvaises (oui, ce soir j’ai envie de cracher un peu ma rancune envers les bio en tant que telles).

 

Ce qui est remarquable, c’est qu’à aucun moment dans le déroulé on n’a l’impression que la doyenne a une espèce d’idée genre « autonomie politique rurale » ou autre machin qui nécessite de voir les gentes, à commencer par soi, comme des quilles utilitaires. On sent qu’elle pense à elle ; et que parce qu’elle pense à elle, elle se montre capable de réellement penser aux autres, en tant que personnes.

Par ailleurs, qu’elle a compris que, sans base matérielle, sans continuité, sans terre même, les personnes ne sont rien, moins que rien, implosent.

 

Nous sommes devenues radicalement incapables de songer à nous, dans un égoïsme et une dignité qui pourraient partager. Le chacunE pour soi qui a tristement remplacé le souci de soi-même s’est tout simplement et logiquement mué en sauve qui peut. Nous sommes dissoutes dans un tel bac de culpabilité, de haine de soi, de soucis externalisés et formatés, qu’on y retrouverait même pas nos yeux qui flottent.

 

Bref, Mater Natura nous présente – allez, je l’ose – une bonne alternative. Celle de gagner un terrain, en en abandonnant un autre, un très moche où nous ne pouvons que dépérir.

 

 

La merle blanche

 

 

PS : Tout le monde cause en ce moment de "Tomboy". Je ne suis pas arrivée pour le moment à m'en faire une idée précise, mais si il donne autant envie de vivre que La naissance des pieuvres, z'avez intérêt à vous gaver d'antidépresseurs avant d'aller le voir...

C'est dingue à quel point l'autodestruction par la glaucité a gagné ces dernières années la filmographie lesbienne...

 

 


 

 


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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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ni alliées, ni amies, ni copines, ni soeurs ; autonomies transses

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