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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 09:26

 

 

 

« L’homosexualité, ce doûloûreux problème ». Je crois que des gentes avaient fait alors une petite visite de courtoisie à Dolto, en pleine émission télévisée, pour lui confirmer combien elles souffraient atrocement.

 

« S'agissant de la facilitation du parcours de transition et du changement d'état-civil, il s'agit de cas très spécifiques, comportant de grandes souffrances humaines. Nous sommes là pour répondre à ces cas et non bouleverser un modèle de société. Je pense qu'il faut en parler en termes d'accompagnement et de protection de ces personnes dans la transition. » - NVB dans le Monde an’hui.

 

Ah ça, on a compris depuis longtemps que la soc-démocratie vise surtout à ne pas bouleverser ni renverser en quoi que ce soit les modèles de société ni les rapports de pouvoir. Merci d’ailleurs de confirmer aussi clairement que les récentes réformes visent à renforcer hétérolande et la famille, par assimilation de nouzautes ltgeubées, qui en échange promettons ne n’avoir plus de mauvaises pensées à cet égard.

 

Et merci de nous rappeler que nous, les t’s, devons rester trrrrès spécifiques, exceptionnelles, exotiques – tiens, des quotas de transition, pour mieux prendre en charge nos terribles souffrances, pourquoi pas ? Manquerait plus que les déterminations de genre viennent à s'effondrer, tiens, que des gentes en nombre se mettent à s'égailler et à ne plus tenir leur rôle. On ne peut en tout cas mieux exprimer l’espoir et la volonté de ce que la société dichotomique, sexuée, familisée, ne doit surtout pas changer. Ce qui frappe, avec les institutionnelles, c’est ce qu’elles défendent, je l’ai déjà fait remarquer plusieurs fois. Le monde de l’amour, de l’ordre économique et familial, de l’hétérosocialité, de la dépendance. Et de l’accompagnement spécifique, en d'autres mots d'une attentive ségrégation tutélaire, pleine d'expertes, pour les terribles souffrances que causent nécessairement, ou dont sont conséquences, on ne sait plus trop, les transitions et autres voyages dans les classes de sexe ; là j’ai envie d’être grossière.

 

Il y a de quoi s’amuser à lire les gages que donne désormais à répétition le gouvernement au « pays réel » et au « printemps des cons ». Nan nan on touchera rien à rien, le pépéarcat familiste et sexué ne sera pas contesté, promis. Et si l'état est là, c'est pour répondre - on sait ce que sont les réponses du pouvoir - c'est à dire pour étouffer toute velléité de remise en cause ou de changement radical, et sanitariser ce qu'il ne se sent pas (encore) de faire entrer dans sa danse. Ce ne sera bien sûr pas mieux le jour où la glu économique et sociale aura cru et se sera postmodernisée au point qu'on pourra même nous inclure, élémentes consoproductives égales aux autres, sans que l'ordre des choses n'en souffre. Mais on n'en est même pas là, il ^paraît que nous menaçons encore (ça me fait bien rigoler quand je nous vois !) par nos douloureux errements, les structures sociales. Sans blague ?

 

En tous cas, on voit bien à la porte de quoi nous sommes pour le moment, là encore les t's, par la sollicitude convergente des gouvernantes qui entendent bien que rien ne bouge - ô surprise toujours renouvelée : les gouvernements sont là pour ça - et de nos strapontines associatives citoyennes et sanitaires qui leur ont tenu la cheville pendant des années : un contrôle et une tutelle encore renforcées, pour notre bien. Un statut d'exception, puisque nous sommes, allez on le roucoule encore une fois, trrrrès spécifiques. Et un statut d'exception régulier, légalisé, réglementé, qui nous fera regretter l'arbitraire actuel qui laisse des fois un peu respirer. Comme en Espagne, où la "loi trans" a surtout mieux aidé à sélectionner qui serait reconnue de qui le serait pas, et à normaliser la population t' "officielle" (devinez comment vivent les autres). Quand l'état s'occupe de vous, ça sent toujours mauvais ; voilà une vieille sagesse, pour le coup, que l'on tend à oublier aujourd'hui, malgré les misères consécutives.

Je veux pas dire, mais ça aussi on est quelques unes, mauvaises coucheuses, à l'annoncer depuis un moment. Quand on y sera, ce sera peut-être encore de notre faute, plutôt que de celles qui y auront conduit, consenti et abouti, en notre nom, par attirance fataliste envers les pouvoirs, soif de reconnaissance normalisatrice, fétichisme de la cogestion.

 

Dans le même article, il est parlé avec sagacité de l’inégalité sexuée des salaires. ‘kay. Mais ce qui est remarquable par le point aveugle qu’il laisse sur la cornée, c’est que cette inégalité est à la base de la distribution de la valeur en individues propriétaires. Et que ça, ah ben non, c’est naturel, nécessaire, inévitable que les unes soient riches et (beaucoup) d’autres pauvres. Mais évidemment, on va pas demander aux soc-dem’ de nous faire les plans d’une révolution sociale…

 

 


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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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