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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 22:04


 

Mes bonnes ! Comme j'essaie de me distraire dans le fossé où je pourris, je viens d’apprendre incidemment que ce qui constitua la notion d'oecuménisme, appliquée pour la première fois en 325 lors du premier Concile de Nicée, ne fut pas tant la présence de dignitaires religieux de tout l’Empire, que, principalement… la reconnaissance générale et réciproque de l’excommunication d’unE hérétique. Jusqu’alors, ce genre de décision relevait des différents évêques et autres patriarches, et surtout n’était valable que dans le ressort de son diocèse.

 

Bref, une fois de plus si j’ose dire, apparaît le revers nécessaire de toute alliance, frater ou sororité, qui est l’anathème et l’exclusion. On sent même qu’elles ne pourraient exister sans, et que plus elles sont hégémoniques ou universelles, plus elles ont besoin d’excluEs et de mauditEs, ou encore de "pas assez humainEs" (mais on va les éduquer…) pour se manifester.

 

Pas mal, non ?

 

C’est à vous dégoûter d’être universaliste, c'est-à-dire de croire à la réalité des choses, et à la capacité de connaître cette réalité… Et ce qui suit me fait voir encore mieux en quelle mauvaise compagnie on se retrouve pour peu qu’on entende penser seule (les précédents, il faut  bien le dire, n’encombrent plus guère). Puisqu'universalisme est confondu de tous côtés, avec plus ou moins de mauvaise foi, avec volonté d'hégémonie, qui n'a rien à voir...

 

Car juste après, voilà que je tombe sur le billet de blog

 (http://blogs.tetu.com/nos_combats_lgbt/2011/03/08/pour-un-8-mars-solidaire-les-droits-humains-sont-universels/) pondu tout chaud pour le 8 mars par notre grande amie Le Doaré, présidente du centre lgbt de Paris et grande prohibitionniste devant l’éternelle, où elle assume expressis verbis, en plein milieu et volontairement très lourdement, qu’elle nous refuse le droit moral, on va dire, à nous donc putes et autres tds, de nous nommer travailleuses, et de nommer notre activité un travail. Purement et simplement. Elle aurait pu « contester », mais là c’est clair et net le refus.

Au reste, refuser n’est pas un mal en soi, loin de là. Je n'ai quasiment fait que ça toute ma vie... Mais là c’est un peu ennuyeux. C’est refuser à la place d’autrui. Ce qui peut encore se concevoir, mais pas uniquement pour mettre son pion sur la case de l’autre, tout de même ! Pasque là, c’est de cet ordre.

 

Ce qui n'est franchement pas de jeu, ni même bien honnête, pour user d'une notion en parfaite désuétude dans la politique utilitariste en vigueur...


On sait que j’ai peu de patience envers l’illusion autodéfinitoire multitudinaire « qui recrée le monde » ; mais là, c’est le prurit encore plus obstiné du ravalement et du déni de réalité et, à la limite, d’humanité pleine. Les pères conciliaires et autres adoraient nommer les hérétiques. Une hérésie n’existait même que pour autant qu’elle se traînait un nom choisi et imposé par l’orthodoxie.

Le Doaré fait visiblement partie des très nombreuXses gentes qui ne peuvent pas supporter de vivre sans définir qui est « vraiment humainE » et qui ne l’est pas. Pour moult raisons.

Les victimes ne sont jamais tout à fait humainEs, de plein exercice, tant qu’elles n’ont pas été sauvées. Voilà aussi un vieux truisme.

 

Enfin, petit clin d'oeil à mes camarades de la critique de la valeur, les citoyennes se font décidément une très haute, positive et belle idée du travail, que le tapin ne puisse pour elles y prétendre...

Je ne les suivrai pas en cela non plus.

 

Ces derniers jours, on a beaucoup causé ici et là de retour en grâce de l’universel. Je crois d’ailleurs que ce n’est pas faux. Et que ça me fait plaisir. Après, l’universel consiste aussi à se gruger un peu partout par les mêmes lanternes !

Mais que ce soit ainsi ravalé et biaisé pour conforter un ressentiment médiatisé, là ça me rage.

Je suis bien décidée, même morte, et tant que les vers auront encore quelque chose à bouffer, à ne pas laisser tranquillement des mères de notre église expédier les gentes touTEs vivantEs aux gémonies, parce que ça les gratte quelque part (voir et revoir : « Pro-sexe toi-même, ma bonne… »).

 

Allez, tiens, un concile, un concile ! Qu’on se foute une bonne fois sur la patate. Et un beau schisme après ! Ça au moins ça aurait de la classe.

Beh oui, que voulez-vous, je suis moyennâgeuse…

 

 

Plume, évoquée d'entre les mortes pour la circonstance.

 

 


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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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