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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 08:35

 

 

C'est nous, c'est nous

Les huskys du pôl'nord !


 

 

On est venu demander jusques à moi, hargneuse dans mon trou fétide, un avis au sujet du fibreux machin censé pondu par une f-t’ probiote (ce qui est presque un pléonasme dans les faits) et qui a animé une partie de la t’sphère quelques jours. Pas de chance, je l’avais déjà donné dans des textes récents ; voir Ça chante faux et Poire.

On a même été jusques à douter de l’existence de la t’. Moi pas. Déjà, comme m’avait dit autrefois sur ce genre de confessions une vieille camarade, c’est tellement misérable que ça doit être vrai. Les positions relativement attractives autour de la valeur sociale trouveront toujours leurs paillassons et leurs repenties, et auront toujours une gamelle de reconnaissance avariée sur le feu pour elles. Et surtout, hé ! qui peut se vanter chez les loquedues comme nous de n’avoir jamais joué sa partition dans cette gamme ? Pas moi en tous cas, qui fus, pareillement, l’humble servante empressée de bio abuseuses, exotisantes, politicardes hallucinées et autres plus vraies que moi tu meurs, que j’avais pourtant pour certaines connues auparavant pas si vraies que ça. C’est que je ne suis pas maligne, et qu’il m’aura fallu plus de décennies qu’à d’autres pour faire le topo. Ce qui me permet par contre de disposer, au sujet de bien des évènements et de gentes, d’une mémoire perspective assez étendue, et très peu appétissante.

 

Bref, et vu d’un point d’ex paillasson et repentie, tout cela est fort ordinaire. C’est malheureux mais on n’a pas encore trouvé le moyen d’aller plus vite que la musique.

 

Nous allons apparemment avoir droit à une offensive y’a bon de trans vraies, fausses ou supposées, soumises, coupables, respectueuses des clous et de l’ordre des choses comme des identités. Sauf que, hé, que faisons nous, depuis des années, sinon yabonner cet ordre en y réclamant inclusion, bienveillance et reconnaissance ? Zut alors ! Le pouvoir tient par le rassemblement et l’assentiment. Là où les gentes s’égaillent, abandonnent la logique comportementale et identifiante qui le structure, il commence à se perdre, il est percé. Mais nous n’avons jamais eu cette velléité. Bien au contraire. Nous avons faite nôtre, superlativement, l’approche sourcilleuse, vigilante, comptable, qui se cherche une place et refuse avec indignation de considérer la domination comme peut-être systémique. Nous en bouffons les conséquences.

 

Si nous avions quelque audace à déserter leur logique de chantage à l’existence sociale, nous ne ferions donc sans doute même pas attention à ces manip’s grossières. Mais voilà, tant que nous ne serons pas claires dans notre attitude envers, justement, leur gamelle, eh bien elles garderont un pouvoir sur nous, et nous couinerons à répétition de leurs violences, tout en restant obnubilées par les hochets qu’elles agitent et que nous convoitons.

 

Je note en tous cas à quel point l’atmosphère néo-conservatrice, réconciliatrice, printemps des c… et retour aux fondamentaux, s’épaissit. Un Mélenchon encense les peurs de la lumpenbourgeoisie chauvine et réaque, l’islamophile statutaire Delphy tend la patte aux islamophobes hégémonistes de Sysiphe. Il est vrai qu’on avait déjà l’habitude de la commensalité des institutionnalistes antipute avec les catho à filles repenties, accessoirement anti avortement et hétérocrates. Comme c’est singulier, toutes ces braves gentes se retrouvent, outre dans leur appétence partagée pour un monde bien ordonné, paritaire sauf pour les pas rentables, les trop pas, les pouilleuses, dégagé sur les oneilles quoi, autour de leur haine commune des f-t’s. Où on voit qu’en période de « crise » le monde rétrécit brutalement, le niveau baisse, et que les concurrences y apparaissent à sec pour ce qu’elles sont : des convergences. Et que ce sont les mêmes qui paieront la note du rapprochement. Les choses se tendent, deviennent de plus en plus dures dans la perspective du naufrage de leur raison et de son monde ; les formes masculines, autoritaires, dominantes vont faire leur baroud d’honneur, et se rencontrer sur le corps de l’assigné féminin, paresseux, dégénéré, rétif. Couic de nouzautes ! On pourra vraiment pas dire qu’on savait pas.

 

Si on ne savait où nous trouver, là, nous aurions gagné des places où vivre et d’où mettre en péril ce monde. Tant que nous restons sagement en file devant les guichets, on pourra bien s’amuser à nous faire, et à faire de nous, tout ce qu’on voudra. C’est l’issue permanente de l’identification minoritaire : se mettre en place pour servir de tampon au majoritaire.

 

Cessons de concourir. Cessons de converger. Devenons mauvaises, pour de mal.

 

 

 


 

 


 

 

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ebranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée au backlash réac-libéral pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste novatrice, universaliste négative, apostate de l'intersectionnalisme, philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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