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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 10:36

 

 

 

Paradis ou enfer ? Dans la version française de l’indémodable Docteur Folamour, qui est une somme cinématographique en soi sur la rationalité folle, c’est le dilemme dans lequel est transcrit le code de rappel des bombardiers atomiques.

 

http://yagg.com/2012/08/07/etats-unis-une-loi-pour-restreindre-les-manifestations-de-leglise-de-westboro-notoirement-homophobe/

 

En zieutant, pour ma part, la photo qui accompagne l’article cité, je crois comprendre que des excitéEs plus ou moins calvinistes (en fait je ne comprends pas grand’chose aux dénominations religieuses amerloques) vont conspuer les enterrements de soldats de la première puissance mondiale, tombés sur tous les fronts de la guerre économico-coloniale, sous l’accusation qu’ellils auraient été ou pu être pédégouines durant leur vie.

 

La question de savoir si leur trépas et ce qui l’a précédé a été bien moral d’un simple point de vue humain et raisonnable ne se pose pas. Les lgtb’s ont fait un grand pas de pouvoir aller la tête haute et le rainbow à la boutonnière tuer, mourir pour la patrie, la civilisation et General Motors. Comme les coloured quelques décennies plus tôt (mais à elleux on n’avait pas trop demandé leur accord et encore moins leur enthousiasme pour les expédier à la charcuterie). C’est la grande porte pour entrer dans la confraternité citoyenne de la domination en acte. Et l’univers enchanté des ancienNEs combattantEs : méchouis et pétages de plomb meurtriers.

 

Ce qui me rappelle ce fait pas si anecdotique que, durant bien longtemps, l’église catholique ne vit pas du tout d’un bon œil qu’on allât s’entretrucider, quels qu’en fussent d’ailleurs les motifs. Et si on n’avait pas la chance, blessé en bataille, de pouvoir se purger par une dernière confession et un confiteor, on avait des chances non négligeables d’aller effectivement en enfer. Sodomite ou pas. Pasque c’est une honte de s’en prendre à ce point à des créatures faites à l’image de dieu. Surtout chrétiennes. Eh ouais. Pour des motifs qui plus est qui apparaissaient souvent encore pour ce qu’ils étaient : mauvais !

On le répéta encore, bien qu’avec un peu de mauvaise foi, à Jeanne d’Arc durant son mémorable procès (je vous conseille aussi ses réponses, qui nous seraient bien utiles aujourd’hui, notamment celle sur le droit imprescriptible de n’importe quelLE prisonnièrE à s’échapper).

 

Il est vrai qu’à ce moment le purgatoire était apparu, avec la raison économique, les états fœtus de nations avec leurs raisons définitives qui vont avec, et qu’on commençait chez les théologiens à se dire que oui, bon, si on avait vaillamment combattu pour la chose publique, il y avait une échappatoire. Mais il fallut un moment pour que ça s’impose. Et les armées modernes, professionnelles, parcourant l’europe en dévastant tout, tuant, pillant et violant pire qu’aparavant, ne durent pas aider nos ancêtres à considérer que les morts pour la patrie étaient somme toutes de braves gentes.

 

Braves gentes ellils n’étaient pas, non plus que maintenant, que la tuerie est toujours plus un emploi comme un autre. Ce qui est d’ailleurs conforme à la logique du travail : du moment que c’est payé, que ça produit d’une manière ou d’une autre un soupçon de valeur, c’est légitime.

 

Il semble qu’à l’époque, un mélange de pudeur et de raison retenait de s’esbaudir devant les exactions consubstantielles à la guerre, et à ne pas encenser ce que nous appellerions aujourd’hui ses acteurEs. Qu’il n’y avait rien de recommandable à étriper et à périr ainsi.

Aujourd’hui, la seule question valable subsistante étant d’appartenir à la communauté civique, sans réserve – et donc sans réserve morale non plus – eh bien vous pouvez bien avoir été au-delà des mers porter la civilisation à coups d’armes technologiques de pointe, si on n’arrive pas à vous coincer pour un massacre pas spécifiquement ordonné, vous serez décoréE, pensionnéE, et si vous arborez par ailleurs une identité, ce sera bonus. TouTEs égales dans l’exercice du désastre et dans la complétude des valeurs viriloïdes, produire-baiser-tuer, les seules les vraies ; c’est le credemus du temps. Nulle question oiseuse sur ce à quoi on participe ; participer il faut.

Et si vous êtes crevéE dans l’exercice de vos fonctions, vous aurez droit à un bel enterrement avec officielLEs et drapeau sur la boiboîte. Trop le pied. Il convient donc que personne ne vienne perturber cet acte de reconnaissance ultime. Pour quelques raisons que ce soit.

 

Perso, je n’ai jamais eu la moindre mansuétude envers les fliques, les vigiles, les soldatEs, les matonNEs lgtb’s. Sans parler de toutes mes collègues qui s’imaginent que leur vie sera meilleure dans une société bien raide de la trique. Et ça n’est pas parti pour changer. Il me suffit de considérer en bloc leur néfastitude, identique à celle de leurs innombrables collègues hétér@, l’enfer terrestre qu’ellils verrouillent et cogèrent, et de leur faire, mentalement au moins, un croche patte quand je les croise.

 

 


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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ebranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée au backlash réac-libéral pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste novatrice, universaliste négative, apostate de l'intersectionnalisme, philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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