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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 07:37

Cet article est très, très mal écrit. Je sais. Il essaie juste de causer de ce que je perçois, et quelques autres je crois aussi, comme une virilisation du monde et des gentes par ressemelage consensuel et émpressé avec tout ce qui fait la panoplie des poupées-mec.

Très mal écrit pasque je n'ai plus guère de tête, comme expliqué récemment, et que je suis désormais à la rue, moralement et matériellement.

 

 

Il y a quelques mois, alors que j’étais encore en ville et rasais les murs, mon regard avait été attiré dans la rue par des affiches ou de des placards publicitaire qui présentaient des personnages faisant un peu « ftm de rêve ». Masculins mais lisses, visiblement calmes, gentils et serviables. Trop. Alors, j’ai complètement oublié leurs noms, mais je me rappelle très bien qu’il s’agissait d’une part de ce que je crois être un personnage de jeu électronique (mais non, pas Super Mario, bande de… ; je suis vieille mais je sais faire la différence !). Et plus tard du héros d’un film, qui semblait être une espèce de semi-robot interplanétaire. Là aussi j’en ai oublié le nom. Actifs mais pas crispés.

J’avoue, ça me paraissait le signe d’un infléchissement des idéaux masculins. Oh, je ne m’en réjouissais pas pour autant. Vu que c’était vers une virilité « acceptable » qui, sait-on jamais, aurait été rejoindre par une lente convergence celle qui est, depuis quelques années, suggérée dans les milieux féministes et transpédégouines. Où, quoi qu’on en dise, il vaut mieux être « neutre » et grisounet que fem. Ca fait plus naturel, moins socialement construit.

« Chassez le naturel, il revient au galop »… « Quelle sacrée revanche », comme chantait – prémonitoirement ? – OTH y a quelque chose comme vingt cinq ans.

(Beh ouais, j’ai décidé de ramener mes vieux disques, ceux que je n’ai plus mais qui sont encore dans mon hippocampe – et je tire mon chapeau à ma vieille amie A., qui s’ingère désormais, au volant, d’abreuver la rue de vieux crooners, en protestation contre le présent !).

Et au risque d’être encore une fois désagréable, je préfère être une fem visible à cinquante pas et qui se souvient d’OTH, obstinément à contre-sens sur l'autoroute de cette époque sinistre, une murène qui remonte le courant quoi, qu’unE des innombrables clones andros à petit bout de tissu fuschia sur battle dress, branchéE en boucle sur Revengers pour que nulLE, à commencer par ellui-même, ne puisse douter un instant qu'ellil est tout de même féministe commyfaut. Oï !

 

Nous dévalons vers un chaudron d'uniformité inquiète, tout au long du toboggan d'un temps qui ne tolère plus la moindre faiblesse, et encore moins le manque assumé. Ah certes c'est séduisant, même votre petite murène a pu, il y a longtemps, en être attirée de cette gynie honteuse d'elle-même, très andro. Mais pourquoi, hein, cela séduit-il ? N'est-ce pas parce que nous savons très bien que la puissance, réelle ou imagée, est allée s'y installer, et que c'est ça qui nous fait triper. Coming to power, comme revendiquait la mère Allison. Eh ben non merci, quand je vois le monde que ça donne ! Et à commencer par comment ça se passe dans le milieu, parmi les "gentes responsables"... Cynisme et malveillance sortent de toutes les bouches d'égoût, en attendant la violence pure. Classe ! Comme ça on ressemble de plus en plus, à notre manière, à ce pays de m... tout entier, où la peur, la haine et l'union qui fait la force se déchaînent présentement. Beurk, comme dirait Elly.


Mais bon d..., c'est y qu'on est bête, ou qu'on est méchantes ? Ou bien y a-t'il autre chose, contre laquelle nous serions impuissantes, mais sans vouloir le reconnaître ? - puisque être impuissantes c'est pas bien, c'est contre-productif...

Et pourtant nous étions des personnes plutôt sympathiques, capables de mouvements excellents. Peut-être même de changer des choses, comme on dit. Alors pourquoi glissons nous dans cette débâcle politico-morale ?

 

Pasque, ça, c’est un des monstres lacustres du marigot alterno et néo-féministe, de ces sujets qu’on aborde entre personnes sûres et un peu à portes fermées : la glissade toujours plus accentuée vers les valeurs, images, voire comportements masculins – mais attention, « masculins émasculés ». Enfin, émasculés, qu’on y croit… La fameuse réappropriation, vous savez – celle dont je dis depuis un moment que c’est une blague très périlleuse. Pasqu’on s’imagine benoîtement que les chauses, les signes, les actes, les comportements même, ça se démémbre facilement, ça se choisit au détail, puisqu’on a tout déconstruit !

Je n’y crois pas un instant, et je pense au contraire qu’on est une fois de plus dans l’arnaque et l’avalement par ce qui s’obstine à être le positif et la valorisé dans une société… de valeur, justement. Et qu’on ne renverse pas la valeur, le « fonctionnement valeur », à volonté. Surtout si on ne s’attaque pas à la valorisation elle-même. Mais bon…

Que ce soit un mouvement tout à fait général, de tout ce présent, majoritaire ou alternatif, vers l’utilitaire, l’efficace, l’opportun, le cynique, le culte de la force (aisément tortillé par quelques sophismes du genre « la violence contre les dominants n’en est pas vraiment ») – eh bien ça ne semble pas poser problème à grand’monde. Pourtant, j’entends de plus en plus se lamenter des conséquences… Faudrait savoir.

Mais voilà : le nouvel essentialisme légitimiste enseigne que le statut est tout ce qui serait « signifiant », et que ce qui est alors vu comme ses « éléments » n’est qu’outils. Qui ne porteraient rien en eux-même, puisque tout est dévolu à ce qu’on est. Bref, qu’il suffit de ne pas être un mec bio blanc et bourge (je schématise, mais à peine, vu ce que je vois écrit sur divers tracts récents) pour devenir une personne classe ; mais qu’on peut et même qu’on doit récupérer une grande part de ce qui constitue la panoplie habituelle du personnage. Se les « réapproprier », encore une fois (je martèle).

Ben, non, je pense que tout cela est une daube. Et que ce qui fait, par exemple et au hasard, le patriarcat, ce sont des actes, et non une figure. Et que ces actes, ces éléments, avalent et incorporent n’importe qui à cette dynamique.

Encore une fois, c’est la revanche de ce qui prime toujours sur le désir : le réel. Ce qui se passe, quoi.

Et je suis épouvantée à l’idée qu’on se mette toutes à se comporter… « comme des mecs », peut être, mais surtout comme des crapules ! Fems comprises, évidemment, parce que je ne crois plus un instant que l'habit ni même l'habitus ne font la moniale !

 

Or patatras. Un article du Monde (http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/08/20/les-nouveaux-super-heros-sont-des-super-machos_1400838_3224.html) m’affirme que, bien loin de jouer la carte de la « dévirilisation du masculin », l’industrie de l’audiovisuel promeut massivement et à la demande comme à l’allégresse générales des « modèles » parfaitement ignobles. Virils au possibles, cyniques, immoraux, imprévisibles, violents. Positifs, affirmatifs, conquérants. Et aussi, surtout peut-être, indifférents au mal. M6 partout, quoi.

Mais voilà, ce sont des modèles qu’on retrouve également à très grande distance de M6… Chez des gentes plutôt sympathiques, et je dis ça sans ironie. Bon, cyniques, éventuellement imprévisibles pour surprendre l’ennemi… ça j’aurais tort de m’en étonner puisque ce sont là des évidences comportementales contemporaines. Très partagées, sauf par des loosereuses, quoi. Celleux qui pourraient pas, en gros.

Utilitaires. Pour faire « avancer le monde » et promouvoir un « point de vue politique », c’est comme pour faire triompher le bien et le profit, il ne faut pas faire dans le sentiment, ni donc par conséquent être des femmelettes.

Mais voilà, en plus y sont violents envers celleux qu’y faudrait pas, abusifs, ouvertement infects. Et l’auteur de l’article de s’inquiéter de l’effet sur les jeunes garçons. Eh eh.

Je n’ai aucune raison de penser qu’il s’agit là du fruit d’un ténébreux complot de masculinistes québecois qui écoutent « mon fils ma bataille » en boucle sur leur mp3. Si ç’a tant de vogue, c’est que la représentation de ces attitudes et comportements fait triper, rêver, et beaucoup de monde. Des mecs d’abord, sans aucun doute – mais pas que. Hégémonie du désir, hégémonie de ce qui est désiré.

 

Bref, une fois de plus pétition générale pour adopter les modes de comportement et d’identité valorisés, c'est-à-dire, platement, masculins – gagnants, producteurs de plaisir à tout prix.

Et cependant aterrement devant les conséquences. Ce qui en ressort sans cesse. Ces fameuses conséquences dont personne ne veut, contre lesquelles on édifie les digues les plus redoutables – et toujours inutilement. La source en est à l’intérieur de (presque ?) chacune d’entre nous. Ça doit être ça l’intégration.

 

Intégration j’en sais rien. Incarnation plutôt, les idéaux s’incarnent, vieille rengaine. Mais quelle sacrée revanche pour… pour quoi au fait ? Puisqu’on revient à l’affaire agitée plus haut : sacrée revanche pour la masculinité, simplement, ou bien pour tout ce qui en a fait et en fera le terreau, et que semble-t’il toutes les gentes soucieuses d’exister se disputent avec rage ?! Et pour le monde qui en renaîtra opiniâtrement, comme le phénix ? Ou plutôt comme une très sale blague.

 

Mais perdre ou lâcher pour en sortir, qui voudrait tenter cette martingale ?

 

LPM

 

 

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ebranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée au backlash réac-libéral pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste novatrice, universaliste négative, apostate de l'intersectionnalisme, philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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