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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 12:02

 

 

Ça prévaut toujours, mais là ça devient carrément étouffant, ça court sur le haricot, le démarchage packing des boutiques politiques en concurrence sur l’explication des malheurs du monde et la voie du salut. Fourguage forcé en pelotes indéformables, indémêlables, de significations et de choix. Républicaines et anti-impérialistes en têtes de gondoles, simplisme libertaire ou retour à la terre et à ses bienheureuses nécessités en produits alternatifs. Ça recense sec. Et tout ce monde met en avant l’exigence méthodologique que si tu penses ça, tu dois en même temps affirmer ça et aussi encore ça. Bien fort. Sans rajout ni omission. Credo. Et te taire soigneusement sur ça. Les réponses sont là, toujours été là, elles t’attendent, fais les tiennes pour qu’elles te fassent leur. C’est qu’il s’agit urgemment de ne pas se retrouver seule, de se tenir plus ou moins chaud, de monnayer la reconnaissance mutuelle ou institutionnelle. Chantage social, politique, juridique, particulièrement efficace sur les minoritaires, peu-valant, mal-assurées sur la vie et autres isolées. Car c’est de cela aussi dont il s’agit : se faire confirmer, reprendre son adhésion, il suffit pour cela de quelques mots, et de pas mal de silences. Mais attention, la valeur sociale n’est pas subjective ; on a les amies que l’on peut – ou que l’on croit pouvoir – s’offrir. Et avec lesquelles on pense pouvoir prospérer. Gagnantes-gagnantes, la vieille ritournelle libérale. Enfin qu’on espère. S’il y a des probabilités, il n’y a jamais de garantie. Le social, comme sa grande sœur l’économie, se rétracte et tend à faire de plus en plus d’en-trop. Et c’est je pense abuser que de faire semblant de n’en être pas avertie. Le marché, ses incarnations plus ou moins transcendantes, indiquent sans recours si le calcul, ce résumé d’un esprit ditcritique qui consiste surtout à prévoir comment sortir au mieux son épingle dans les indépassables conditions de la lutte pour la valeur et la reconnaissance, a été concluant. 

 

Pour ma part je suis sans une, depuis longtemps. Je n’avale plus. Je me détache des glus, acétone ! Ma claque de ces spirales droitisantes et unitaires qui s’engrènent les unes sur les autres dans une miteuse surenchère, embarquent et recrutent. Communiste, même gauchiste, j’assume et affectionne cette définition, matérialiste, aussi peu répu que démocrate et c’est rien dire, et précisément pour cela, je ne reprends pas la scansion des euphémismes dépolitisants et intéressés des rep’s ni des anti-impé, je n’explique pas les malheurs du social par des méchancetés subjectives et multiples, je ne crois pas à l’autonomie de la politique, je ne lève pas les bras au ciel d’un air effaré, je ne supporte ni l’humour ni la satire, ces derrières de l’évidence en place assis sur les remises en cause, je ne trouve pas « impensables » ni inhabituels des assassinats idéologiques, après et avant bien d’autres, ordinaire récurrent des solutions de la modernité sanitaire et brutale, je n’ai pas pour usage d’en porter le deuil, je ne défile, ni ne converge, ni ne résiste ; précisément pour cela je ne vais pas non plus me rassembler ni me taire autour des dénis évasifs et opportuns, pour ne pas dire pis, au sujet de l’antisémitisme et de ses avatars, de la haine de l’assigné féminin et des siens, structures récurrentes dans les pensées politiques subjectivistes, autour du silence au sujet du féminicide comme mécanisme d’élimination global, autour de la valorisation/victimisation des formes masculines, qui ne me semble pas moins systémique ni significative ; tout ça fait déjà un drôle de coussin consensuel pour assourdir réticences et questions – ces dénis fusent en effet de tous les côtés ; toutes les parties vocifèrent, s’entrebecquent sur la liberté de surenchérir dans la bêtise et le ressentiment, mais éludent, invisibilisent à qui mieux mieux les meurtres de personnes juives ; comme l’anéantissement prioritaire des femmes des zones non rentables ; collatéralités banales, secondaires, parmi quelques autres, fondues dans l’habituel humanisme masculin neutre. Pour moi, misogynie et antisémitisme sont liées, et participent de la base structurelle de la perpétuation de ce monde, de la tentative jamais contestée de réaliser sa raison meurtrière, de coller à la force des choses, d’en être bénies. Aussi peu vais-je participer aux blocs affirmatifs du salut par les traditions, des territorialismes et autres légitimismes, de la défense des zones d’accumulation, des libertés opposables de l’appropriation reproduction, de l’émancipation et de la paix (!) par le commerce, des criminalisations, des idéologies du droit ou justicières. Toutes ces affirmations, dénis, euphémisations, échappatoires couvrent pour moi un commun refus de remise en cause des formes de la valeur et du pouvoir, imputent leurs contradictions et violences à de sombres complots de groupes sociaux illégitimes aux agendas pervers, ou à des anomalies inexplicables du supposé intérêt commun appropriateur échangiste. C’est peu dire que les imbécilités et hypocrisies citoyennes et démocrates me fichent très en rogne. Et rien dire que j’en veux à tout le monde, panoramique.

Au finissant, de même que je ne marche avec aucune des options en pack actuelles, vous pensez bien que je n’appelle personne à me rejoindre sur aucune de mes positions et encore moins sur leur ensemble. Déjà je ne fonctionne pas, ou plus comme ça, l’idée même d’un point de vue nécessaire, unique et salutaire à une toutes m’étant en grande incrédulité. Et ce genre d’exercice n’est bon que pour les à surfaces reconnues, échangeables ; vu ce que je représente, j’aurais l’air encore plus ridicule que je le suis déjà par la grâce des rapports sociaux. D’autres ne l’ont pas craint ; c’est leur affaire. Il n’y a pas ruée pour partager l’illégitimité chez les compatissantes de toutes obédiences. Je défends, si j’ose dire, un bout de sec, filandreux. Ce sont les rassemblements et les unités, en soi et dans leur logique intrinsèque, au-delà même de leurs contenus (encore que je croie les contenus tributaires des formes), qui me lourdent, et me menacent, comme transse et comme isolée de peu de valeur, haïe et méprisée, promise à faire partie de l’objet des nettoyages salutaires et réconciliateurs dont les vraies gentes se frottent les mains à l’avance, et dans lesquels il n’est pas douteux qu’elles dégotteront matière à se retrouver et se reconnaître, dans l’assomption de la valeur humaine, au dessus des clivages remblayés de nos dépouilles.

 

Pareil donc quant à la concurrence du maquerellage envers les transses, fuck off et bas les pattes ! J’ai déjà dit ce que je pensais de l’empressement des alliées en surplomb. Toutes les options qui se bousculent en ce moment pour nous protéger ou nous soutenir sont systémiquement plus évidentistes, masculinistes et misogynes les unes que les autres, et impliqueront d’une manière ou d’une autre par notre élimination. La dénonciation est l’antithèse de la critique, l’affirmation implicite des fondamentaux les plus réacs et ressentimenteux, des structures même de l’appropriation et de la domination. De ce point de vue, comme de bien d’autres, je trouve les charlie et les anticharlie autant logique du pack, réaques, hypocrites et de mauvaise foi les unes que les autres. Ça communie ferme aux espèces de la concurrence, au bon, au vrai, au solide et à l’éternel, au salut public et au bien commun. Et ça appuie cyniquement là où ça fait peur, l’opportunisme agglomératif peut déployer ouvertement son argument radical : tu ne veux pas te retrouver seule, maudite et vulnérable ? Souscris à un pack. Engage toi. Grand bien te fasse. S’il n’y a pas d’issue au présent dans les amalgames, qu’ils soient relationnels ou intellectuels, il faut bien admettre que la plupart d’entre nous n’en cherchent pas, au contraire – cocoon !


Même si je trouve que la lâcheté, l’opportunisme, quand ce n’est pas la gerbativité, vont grand train à toutes les tables, ce n’est pas une affaire morale tant que sociale qui se joue, se jouait évidemment déjà, s’accentue. Outre la méthode, commune aux rackets en concurrence et qui tire les conséquences répétitives de la reproduction idéale, rien à contester en cohérence effective à celles qui ont à y gagner ou à y conserver, après tout. Je ne fais pas dans l’indignation, à quel sujet que ce soit, je l’ai déjà dit. Mais pour d’aucunes, les illégitimes habituelles, les remblais, la drouille, le ballast, c’est de nouveau la menace et l’arnaque ; à chaque occasion, prétexte, on nous le refait, le coup de l’inclusion ; il faut en finir avec les mensonges unitaires, ou bien ils en finiront avec la plupart d’entre nous, inévitables perdantes – et avec les autres ensuite, sans aucun doute, mais on en sera plus là pour en juger ; il n’y a pas de « convergence des luttes » dans l’état de guerre de tous contre tous qui règne, a fortiori lorsque tout le monde se dispute la réalisation et les bénéfices résiduels du sujet social propriétaire, territorial, masculin, en pleine déconfiture, y en a plus pour grand’monde. Les logiques unitaires supposent toutes méthodologiquement la nécessité, la mise à la raison générale de l’évaluation qui est à l’œuvre dans la domination et le capital, dans un réductionnisme qui finit toujours par des conservatismes, et un réel commun supposé en fonction duquel on trouve toujours qu’il y a des qui cadrent pas, des qui valent pas assez, des en trop, des qui gênent. Elles sont toujours préposées à un finalisme qui pose hors de discussion les formes sociales présentées en moyens ou en outils de ces fins idéales. Le sujet social effectif se tient dans ces outils impensés et impensables. L’unité c’est historiquement un principe même de la justification exterminatrice. Qu’elle soit versée en fronts à la bétonneuse par les pures et dures, seringuée par les « radical-citoyennes » qui ambitionnent d’être un peu copines de tout le monde, secrétée par les compromis de celles qui ne veulent perdre, qui pas une place, qui pas une relation (les deux se pouvant confondre).

Soit on remet les idéaux et les structures sociales actuelles en cause, soit le massacre, le principal, dont on a quelques échantillons à richelande, celui qui est en train d’anéantir, femmes et autres illégitimes en priorité, des régions et des catégories entières frappées de non-rentabilité ou d’accusations légitimistes et fétichistes, aura toutes chances, latitudes, de continuer et devenir total ; sous les égides, prétextes et bonnes raisons les plus diverses.

 

Pour ce qui est de nouzautes, qui ne formons rien, qui n’avons de commune que négative, les à pas cher, les traîne la patte et les sans famille, nous n’avons en tout cas, de fait, rien à partager avec les qui se réévaluent et se mettent à jour en rejoignant démonstrativement les fronts de la préemption politique et relationnelle, et ce d’autant moins qu’elles ont fondement à le faire – nous ne nous trouvons ni alliées, ni ensemble, nous nous trouvons mêmes opposées. Nous ne pouvons trouver que l’utilisation puis la mort dans ces fronts où on surenchérit sur les baudruches légitimistes et horizontales. Si l’absence d’état ou de quelque institution du même tonneau suffisait à entraîner celle de pouvoir, d’illégitimation et d’élimination, on serait les premières au courant. Les garantes de l’ordre et de la hiérarchie sont les structures même du sujet revendiqué. Qu’on puisse ou pas éviter de lui servir de remblai, en tout cas ce ne sera pas de notre enthousiasme ni de notre consentement. Le danger est de s’illusionner à ce sujet, de croire les boniments recruteurs qui sont abondamment servis, avec promesse de communauté, de reconnaissance et de sousoupe. Les promesses n’engagent que celles qui les gobent. Celles qui se seront crues malignes et avisées d’y donner, qui vivra verra ce qu’il leur en adviendra ; mais si elles se retrouvent à devoir passer en hachis propitiatoire des réconciliations à venir, qu’elles ne viennent pas alors chouigner – au cas bien hypothétique que nouszautes ni nos succétrices n’ayons aussi été zigouillées, bien sûr - on ne leur tendra pas la main. La bêtise opportuniste, encore une fois, ne se pardonne pas – ou alors c’est qu’on veut y participer.

 

En tous cas, pour ma part, si je paraissais encore faire partie, loin sur les bords, de la convergence alternovalorisatrice, là c’est fini pour de bon. J’avais politiquement parié, joué ma vie, sur le féminisme subjectiviste qui était parti, reparti, en 95 ; mais voilà, de mon point de vue le tête à queue est complet, et c’est dans les prémisses, la méthode, les « outils » impensés que ça a biché ; les subjectivités, les comptabilités, les pragmatismes, ne nous ont permis aucune sortie de l’état des choses, au contraire ; on s’y est vautrées, résignées, loties. Nous nous sommes empêtrées dans les impasses, les contradictions pas assumées, les renoncements, la reproduction, l’abondement des solidarités avec la peau des plus faibles, les désirs d’intégration systémique et de justification sororitaire, universels ex- ou implicites. Nous nous sommes fondues absolument dans un paysage dont nous n’avons pas osé nous déparer. J’y ai tenu ma partoche, je ne renie ni ne m’excuse, mais là je fais le bilan et je n’en suis plus. On ne peut plus se tenir d’aucun des côtés bien rétrécis de la peau de chagrin pourtant garnie que sont devenus les féminismes actuels sans devoir, pour n’en pas tomber dans le vide ou quelque marmite, tendre la paluche aux vraies légitimités, aux rackets en concurrence quoi, aux états, aux armées, aux justices, aux peuples, aux entreprises, aux églises, aux institutions les plus variées de protection de la propriété, de la valeur d’échange, du sexage, à des idéologies légitimitaires, impérieuses, aussi totalisantes et universalisantes les unes que les autres, par les structures comme par les supposés, malgré le bandeau de pub d’aucunes. Que l’option en soit caro, le 8 mars, a fortiori le marais des tentatives de pas se fâcher qui s’étend entre elles ! Économies politiques de conservation, de répression, de rattrapage dans le désastre, de ressentiment ou de vengeance, rationalités d’appropriation, de puissance, de fascination pour l’être, pour son nettoyage huilage, conséquemment pour la mort. République, liberté, droit, anti-impérialisme, antitech’, naturalisme, même objet, mêmes structures, mêmes injonctions.

Arrive donc le moment où, de force comme de choix, je ne suis plus de vos camarades. Parler encore de divergence serait un autre de ces euphémismes agaçants qui volent bas ces temps ci. Quant aux trade marks hégémoniques, continuez à vous en disputer l’attribution entre meilleures concurrentes. La densification des fronts renforce la sélection de qui peut en être – contradiction ordinaire des logiques à prétention unitaire. Il va y avoir un peu plus de nanas en déshérence. Si la reproduction des mêmes rapports, situations, est probable, rien n’est cependant intégralement écrit ; l’isolement affaiblit autant que l’unité subjugue ; bref impossible de s’en réjouir en soi, comme de rien de la situation. Reste le volant d’inconnue, qui maintient la possibilité dialectique. Qui sait ? Rendez vous peut-être, comme on pourra, très incertain vu les temps qui galopent, à des qui ne se rencontreront plus sur des consensi justificatifs, qui ne prendront plus leur ticket pour se tenir chaud, ne se satisferont plus des explications altérisantes, essentialistes, acritiques, naturel- ou masculinocompatibles des rapports sociaux. Qui ne seront pas dans la situation de chercher ni de constituer de nouveau des familles, des réseaux, des sororités, des copineries, bref les formes glu qui nous ont toujours mises dedans, avec les dynamiques, sous entendues et obligations qui les structurent. Qui ne voudront ni des retours aux fondamentaux, ni de l’aménagement de l’état de fait, ni d’une diversité de convergences dans la réalisation du sujet social définitif, implicite et incriticable, mais des nouveautés. Entre autres, pourquoi pas, des collectivités féministes et féminisatrices, qui n’aient pas peur d’elles-mêmes, de leur ombre, de leurs choix, qui ne se subordonneraient à nulle cause, qui ne chercheraient pas à se réfugier ni à se transcender dans l’appropriation ni la reproduction des structures du patriarcat. Et qui, ne serait-ce que pour cette dernière raison, ne ressentiraient pas le besoin de se croire ni de se faire croire les seules les vraies, les justes et les légitimes, la voie et le salut, pour tenter d’exister.

 

Les unités c’est la vérole. L'idéal justicier de même. Les subjectivités la discipline autogérée dans le désastre.

 

Masculinisme et antisémitisme : no way ! Ni frontale ni paradoxale.

 

 

 

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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