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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 20:32

 

 

Vous avez mal quelque part? Tombez amoureux. L'amour calme la douleur et les scientifiques comprennent maintenant pourquoi: il stimule le système de récompense du cerveau, tout comme une drogue psychoactive, selon une nouvelle étude américaine.

 

Je suis peu coutumière de la littérature psychologique. C’est ainsi que, feuilletant par ordinateur la Libre Belgique, je tombe sur cet article : http://www.lalibre.be/societe/sciences-sante/article/617688/tomber-amoureux-un-remede-contre-la-douleur.html

 

Je feuillette la Libre Belgique ou le Soir de Bruxelles, pasque je m’emmerde, que j’angoisse, que je me trouve dans une précarité puante, et que ça me distrait quelques moments de lire les développements et anecdotes de la énième crise qui va presque faire éclater cet adorable pays, où je me dis des fois que je devrais émigrer. Dans les forêts du Luxembourg. Ou dans les ruines du Hayon. 

 

Mais voilà, je tombe là-dessus, et je lis dans l’exposé de chapeau le mot de récompense. Classe je me dis, y z’en sont encore à Pavlov. C’est vrai qu’à partir du moment où on croit dure comme fer que la raison est issue des sensations, vieille thèse élaborée au dix septième siècle et toujours portée inaltérablement en procession de nos jours (docte article dans Le Monde d'il y a quelques jours), on peut effectivement tout ramener à châtiment et récompense. Et magnifier notre intelligente autant qu’impitoyable société dans laquelle se rater sur le moindre calcul signifie désormais la sortie de jeu, l’exclusion sociale, le fossé.

 

C’est quand même remarquable à quel point les bases même du progressisme déroulent le tapis rouge à un monde de terreur tout à fait tranquille, sans soucis excessifs. Si on est par exemple assez nouille pour ne pas se précipiter d’emblée vers le « comportement », l’habitus qui va vous octroyer la « récompense », et qu’on se met inutilement des bâtons dans les roues, il est évidemment préférable, pour le bien général, qui comme chacun sait, chez les utilitaristes, correspond à la plus grande somme de plaisir amassée, que vous soyez éliminéE au plus vite. Vous faites baisser le taux de satisfaction, bélîtres !

 

Que, comme le soupçonnait le père de Lubac, ce genre de calcul et la civilisation basée dessus conduisissent avec plus ou moins de détour aux exterminations de masse, par le travail, la détention, la guerre ou la faim, où nous pataugeons joyeusement désormais, ma foi, c’est juste un mauvais moment à passer, et si possible pour d’autres.

 

Décidément j’adore la psychologie, l’idéologie du « désir et du plaisir », l’utilitarisme… Que du bonheur, depuis cinq siècles, vous trouvez pas ?

 

 


 

 

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ebranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée au backlash réac-libéral pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste novatrice, universaliste négative, apostate de l'intersectionnalisme, philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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