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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 18:40

 

 

Les têtes du jour. En Une de la Décroissance, Weil, Tolstoï et Orwell ! Loi naturelle, common decency, méritocratie et petite propriété. Yahou l’hymne à la régression plutôt qu’à une sortie émancipatrice (l’émancipation est toujours suspecte, les gentes ne restent pas à la place que dieu, la nature et le destin leur ont attribuée concurremment).

 

Et dans le Monde, admiration de Despentes et Preciado pour Federici. Dis donc, on a (enfin) découvert chez nous que peut-être, quelque part, notre monde merveilleux du droit, de la citoyenneté, de l'appropriation et de l’échange était si ça se trouve fondamentalement le monde de la plus-value. O ben zut alors (mais on va y remédier équitablement, z’allez voir, sans rien bouleverser de l’idéal économico-social – au contraire, on va le perfectionner, écrivait l’une de ces deux admirantes dans libé l’an dernier). Bref, économie, exploitation. Pas bien. Certes.

 

Sauf que cette analyse léniniste 1.1, aménagée en approche subjectiviste statut par statut qui ne remet par ailleurs rien en cause de l’objectivité implicite de l’ordre de ces choses qui valent nécessairement, correspond plutôt à l’état de développement avide du capitalisme d’il y a 80 ou 60 ans. Avant qu’il vienne buter sur ses limites internes (à ce sujet, on pourra lire les ouvrages de Mylène Gaulard, sur les illusions déjà fanées de la post-croissance émergente ; où le récent La grande dévalorisation de Tenkle et Lohoff).

 

L’âge de l’exploitation, où l’économie avait besoin de tout plein de monde, c’est fini. Et le pire, ce pire qui nourrit la panique sociale qui a commencé, c'est qu'on va être mises dans situace de carrément regretter le cauchemar de l'exploitation, à désirer une tite place dans sa continuation locale à richelande, là où l'accumulation passée fait que nous sommes encore un peu solvables ; pasqu'on passe à la phase anéantissement pur et simple. Maintenant, les gentes, à commencer par les pauvres, encombrent ce qui reste de plus value à essayer de réaliser. La technique actuelle coûte moins cher, produit surtout plus de valeur que les plus mal payés, et par ailleurs des qui consomment pas assez c’est pas rentable, ça coûte même. Nous sommes désormais dans le grand hall de l’âge de l’extermination. Ça massacre de partout, les femmes en priorité, mais nous sommes encore à prendre au sérieux, pour ce qu’ils se présentent et se croient, les prétextes de ces massacres. Sans vouloir envisager que la raison, la raison sanglante que les critiques de la valeur signalaient déjà il y a vingt ans, quand nous nous esbaudissions de l’entrée dans un âge de guerre et de tueries d’un nouveau genre, avec de nouvelles cibles, les pas-rentables, que cette raison de la valeur, traduction impitoyable de tout ce qui veut exister dans un pareil monde, se tient désormais avec le couperet, nous anime au meurtre, comme elle nous a animés au travail, à la reproduction, à la conso et à la jouissance. De moins en moins de choses et de gentes seront valorisables, et ce qui n’est pas valorisable fait chuter encore plus vite, par sa seule présence, le taux de profit – donc couic !

 

Bref, l'idée qu'il faut du monde pour cette machine, c'est désormais devenu faux, et c'est encore plus épouvantable que quand il en fallait, ce qui n'est pas peu dire. Parce que ça veut dire la mort. Il n'y a pas et ne doit pas y avoir d'ailleurs à l'économie. Il n'est d'ailleurs pas question d'opposer une de ces logiques à l'autre ; le devenir de la transformation en valeur est inexorable, et l'exploitation conduit à la tuerie. Un certain Sade nous avait déja résumé tout ça. Le tout est de savoir où nous en sommes du processus.

 

Nous aimons cependant tellement croire que la politique est autonome, décision, volonté, immédiate (idéologie de droite popularisée par l'économie politique bourgeoise, relayée par les soutiens théoriques des fascismes et autres nationalismes, mais ça, broutilles et oubli…). Et que l’économie d’échange est quelque part « naturelle », n’est pas en son principe une folie immaîtrisable que nous ne pouvons que briser et fuir, ainsi que le sujet qu'elle produit et qui est presque entièrement nous, si nous voulons non plus même prospérer, subsister, mais seulement survivre !

 

 


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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ebranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée au backlash réac-libéral pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste novatrice, universaliste négative, apostate de l'intersectionnalisme, philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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