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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 10:00


 

Ces inénarrables « poissons roses », dont on a été déjà quelques à causer, et dont l’existence a en gros le singulier objet de diffuser la pensée de Benoît XVI et de la curie romaine au parti socialiste, se sont évidemment prononcés, le doigt sur la couture du pantalon et de la jupe, contre hétérolande pour tous. Ah ben on suit la doctrine pontificale ou on ne la suit pas. Ce qui est assez tordant c’est de voir par quelles contorsions ellils essaient de justifier le point de vue réac tout pour pépé sans le dire comme ça, puisque ce sont des progressistes (on ne rit pas !). Figurez vous alors que la conjugalité et la parentalité de deux personnes de même sexe (on ne sait pas trop ce qu’ellils pensent des t’, probable qu’il va leur falloir référer à Anatrella (1) pour savoir quelle ligne adopter), eh bien c’est une gifle, pas moins, à la doctrine de la parité. On ne savait pas que l’Église catholique, qui a depuis longtemps oublié l’épître aux Romains (« il n’y a plus ni homme ni femme »), avait le moindre souci en la matière, vu son virilisme obstiné bene pendentes. Mais si. Juste dans ce cas là. Foutage de gueule.

 

Évidemment, ça déborde de mauvaise foi et il faut bien dire de capacité fort courte à argumenter. La parité réduite à la portion conjugale ! Ellils pourraient au moins avouer que leur parité, c’est la complémentarité, ce réemballage de la domination masculine qui a quelquefois un peu passé la date de péremption, et que toutes les religions abrahamiques nous remettent à l’étalage depuis quelques temps pour affecter la modernité. Mais ça fait tout de même bien marrer. Ces petits soldats sont à peu près aussi pertinents, à le prendre d’un peu loin, que les francs réacs intégristes qui, bien loin d’être en mesure de proposer un retour à, je sais pas, un point de vue haut-médiéval, à la fois piaillent contre les évolutions pourtant bien peu révolutionnaires du présent – puisqu’il ne s’agit en général que d’assimilation égalitaire à leurs valeurs – et défendent béatement l’économisme, la logique d’échange qui, historiquement, a précisément saccagé leur société chrétienne. Vraiment l’intelligence ne déborde pas par les temps qui courent, à catholande.  

 

Pour en revenir aux poissons roses, je crois qu’on va régulièrement se taper de franches tranches de rigolade avec ces zozibous. J’ignore ce qu’on en pense au PS, activement occupé à essayer de faire comme s’il tenait ses promesses en tentant de contenter les passions réactionnaires, haineuses et hétérocrates du bon peuple. Il faut dire que les arguties emberlificotées du gouvernement ont finalement quelque chose en commun avec celles de ces missionnaires. Les poissons roses sont-ils l’avenir des soc-dem ? On peut s’attendre à tout.

 

Quelques jours plus tard, je me suis avisée qu’un des sites principaux de rassemblement des réaques, lequel se nomme « Á contre-courant » (il faut le faire, encore une fois, comme je dis plus haut, pour des gentes qui ont tout avalé de ce monde, exactement comme les autres), eh bien que le symbole choisi par ce site est un… saumon. Y n’ont pas choisi l’anguille, ma cousine – sans doute trop peu virile. Ben oui, ce saumon qui remonte les fleuves avec obstination pour se reproduire (but quand même assez étriqué) est forcément mâle dans son principe. On retrouve en un quart de seconde tout le monde idéal et fantasmé d’hétérolande : le mâle est actif. Actif, ça veut dire qu’il remonte, pénètre, défonce, viole, que sais-je encore. Tout est bon pour perpétuer le monde présent, via sa puissance, d’une part, et des tas de petits aliens d’autre part. 

 

Sur les bords de l'Allier, à Brioude ou dans la Ribeyre, autrefois, on pêchait les saumons à la fourche.

 

Une autre de ces initiatives se titre d’un « monde durable ». Ce qui une fois pour toutes d’ailleurs montre bien qu’il faut lire ce qui est écrit : quand on vous cause de quoi que ce soit de durable, ça veut dire qu’on a affaire à des gentes qui veulent que l’état des choses présent dure. En quelque matière que ce soit. Et que si on ne veut pas que ça dure, eh bien il faut s’empresser d’enfiler d’autres chemins.

 

 

(1) Tony Anatrella, ahurissant psychanalyste près le Saint Siège, qui a autrefois pondu un mémorable monument de mépris sur les t’, qualifiéEs « d’immatures et de narcissiques ». Comme si c’était notre apanage, à l’ère du capitalisme finissant…

 

 


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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ebranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée au backlash réac-libéral pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste novatrice, universaliste négative, apostate de l'intersectionnalisme, philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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