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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 09:43


 

 

« Liberté, égalité, fraternité ou la mort. »

Devise de 1793

« Sois mon frère ou je te tue ! »

Traduction simultanée de l’époque

« Ma chère sœur, peut-être, au gré de mes envies ou priorités, ne te laisserai-je pas crever tout de suite. »

Version « indignée », début du XXIème siècle

 

 

 

 

Il n’y a guère plus vrillant et insupportable, dans un espace de plus en plus réduit où chacunE s’ingénie à produire toujours plus de bruit (pardon, de son) pour tenter de se rappeler qu’ellil étaient censéE exister, qu’unE obsédéE d’Edith Piaf, une des scies les plus atterrantes que je connaisse.

 

Y en a unE pas loin.

 

D’autant que là ça sent le sapin, et que Piaf est une véritable rengaine d’enterrement (ou d’incinération, puisque le pli en est pris).

 

J’ai appris, en quelques semaines, la mort de plusieurs personnes, lesquelles avaient en commun d’avoir, chacune à sa manière, refusé les enrégimentements, les facilités et les mensonges. Avec constance et obstination. Quelquefois depuis très longtemps.

 

Le genre de personnes dont la seule présence quelque part vous donne, si vous êtes dans de semblables dispositions, un peu de force à vivre.

 

Mais là, les choses étaient devenues sans doute par trop invivables. Peut-être, empoisonnées, sommes-nous devenues invivables à nous-mêmes.

 

Ça sonne en tout cas comme un triste appel. Celui de la fosse.

 

Nous n’avions pour la plupart, en fin de compte, pas réussi à bien vivre. Et la conséquence en est que nous mourrons mal. Mais à présent, même celles d’entre nous qui pouvaient se regarder y passent. On a franchi une étape dans la dynamique du mouroir.

 

Je hais le cynisme faussement collectif qui fait murmurer « Meurs aujourd’hui, moi c’est pour demain – et si possible bien plus tard ». Cynisme qui glane un silencieux succès, dans ces vies de plus en plus immédiates, dépouillées et dépouillantes, arrogantes et hypocrites ; ces vies qui sont nôtres.

 

Je n’admets pas ces vies qui font salement mourir, au petit malheur la chance.

 

Et il y en a encore qui causent benoîtement de sororité, ou autres attrappes-mouches du même genre, dans ce coquet charnier.

 

Je ne suis la sœur ni des mortes, parce que je ne le mérite pas, ni des vivantes qui champignonnent dessus, parce que ça me bourre.

 

Je ne suis plus qu’en sursis, furaxe et dégoûtée.

 

 

Plume

 

 


 

 

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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ni alliées, ni amies, ni copines, ni soeurs ; autonomies transses

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