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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 11:42

 

 

Racisme, haine des femmes et de tout ce qui est désigné comme féminin, complémentarisme et hiérarchie. Les représentations de Taubira en à peu près dévoreuse de petits nenfants blancs (que l’on suppose et espère des garçons) nous remettent en trois secondes la pendule à l’heure sur ce qu’il y a au fond de nos concitoyennes, et des « idées contestataires » qui flottent comme le pétrole sur l’onde. On peut dire que les hétérocrates qui veulent se garder le droit exclusif à la morosité familiale et nataliste font incontestablement fort, n’en ratent pas un. Et que s’ils le font, c’est bien qu’ils sentent que ça passe et repasse, qu’ils ne font qu’expliciter un triste consensus. Sauf que ce consensus commence à déborder au-delà, et là ça fait peur.

 

De même, la littérature d’apocalypse commence à clairement s’aligner sur les bons vieux rossignols d’avant guerre. Ce que dégueule Obertone, Valls le fait (et d’ailleurs le dit aussi, deux en un). Et c’est cela que mes congénères veulent, en toute connaissance de cause, le bon vieux programme poujadiste : des flics et du fric. De la haine et de la propriété. Des chasses aux clandos et des lotissements blindés.

 

Incontestablement, il y a ce qu’on appelle une instrumentalisation, largement autogérée moralement et déléguée pour l’exercice de la violence aux autorités, de la haine xénophobe, replâtrée par quelques mesures d’appel intégrationnistes. Les clandos paieront effectivement pour lgtblande, d’une certaine manière. Mais que penser de cette chroniqueuse féministe qui, elle, et après bien d’autres, se jette sur l’Eichmann d’Arendt, bien commode à biaiser, pour une fois de plus relativiser l’antisémitisme et la shoah ? Que dirait-elle si on lui sortait la « banalité du mal », comme le fait d’ailleurs une Iacub, pour relativiser la violence masculine ?

 

La glissade à droite, conservatrice, réactionnaire, et la réactivation des bonnes vieilles évidences (la finance cosmopolite contre la saine entreprise familiale…) entraîne petit à petit tous les pans politiques, dans une surenchère d’authenticisme qui regroupe jusques aux stigmatisées qui entendent bien s’en sortir, prendre place de sujet, et paient pour cela en conscience politique – sachant que ce sont celles qui resteront exclues qui douillent, de toute façon, dans ce commerce.

 

Ce qui fait peur, réellement, c’est qu’une fois de plus s’agglomère la réconciliation des ressentiments et des frustrations : du travail, de la famille, des sous, de la sécurité ! De la gauche acritique et résignée à la droite qui sait ce qu’elle veut, se solidifie le triste consensus sus évoqué. Historiquement, cette réconciliation a donné le fascisme. L’histoire ne repasse pas les plats, mais se cuisine est limitée : allons nous avoir encore pire cette fois-ci, et serons nous une fois de plus mystifiées, à ne pas voir que nous sommes déjà en plein milieu de l’horreur ?

 

Frontières, réindustrialisation, fétichismes du bien et du mal incarnés par des groupes humains, même les positions de gauche glissent désormais à droite, essentialistes, mesquines et réaques. Le monde qui est défendu et revendiqué est celui de la régression et de la virilité, de la production et de l’ordre civique.

 

Tout ça sent la révolution réactionnaire à plein nez. Il n’y a plus d’opposition, il n’y a plus que des concurrences. Et dans plein d’endroits de la planète. Les curés, les bureaucrates et les militaires, ressource du peuple ! Elle n’est pas à craindre, c’est comme l’effondrement, elle a déjà commencé. C’est la seule réaction que nous aurons su avoir aux désastres dont nous n’avons pas su ne pas vouloir. Nous sommes visiblement prêtes à tout, inclusivement, pour nous maintenir dans ce monde pourri de conservatisme et d’innovation, d’exploitation et d’intensité, et les peurs agitées par les tribuns sont précisément celles d’une sortie et d’une émancipation.

 

Á toutes les copines vraiment pas normales et sans valeur ni ressources (celles qui en ont arriveront bien à monnayer leur survie), je ne saurais conseiller autre chose que de numéroter nos abattis. Il risque de n’y avoir même pas de lieux où émigrer désormais. On va y passer.

 

Nous n’aurons pas eu le temps, c’est certain ; mais nous ne nous serons pas donné non plus l’audace de ne pas copiner avec les bonnes vieilles valeurs qui désormais ouvrent leur gueule à la queue du cortège. On pourra à peine se plaindre : c’est bien souvent au nom de ce que nous aurons réclamé que nous serons anéanties.

 

Une fois de plus : la sale blague !

 

 

 

PS : joli exemple de la réconciliation à l'oeuvre : aujourd'hui même, sur un site de critique religieuse, un catho intégriste se réclame vigoureusement du dernier bouquin de Michéa, un de ces ex-critiques sociaux qui ont fini par découvrir, après de longues années de réflexion, que la féminisation (!!) du monde, la disparition de la famille nucléaire (re !!!!) et le naufrage de la petite entreprise étaient à la source de tous nos maux, et même que le capitalisme se limite à ça. On imagine sans peine ce que peut donner, avec un Méluche qui ne croit plus nécessaire de cacher sa haine des "cosmopolites", et bien d'autres, cette convergence des luttes : ça pue effectivement les années 30.

 

 


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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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