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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 08:53

 

 

 

Je l’ai dit, écrit, notamment dans Verdun DIY, je ne crois pas trop aux vertus des tournois, en plus je suis malade et profondément déprimée. Ce pourquoi je moisis en m’emmerdant dans un fort vilain trou sur une sombre montagne plutôt que de faire la course avec des camarades dans un bocage suburbain en bouffant du gaz cs. Je devrais peut-être. Ça ne serait certainement pas pire. Au point qu’on en est, hein ? On dit que l'exercice ça fait du bien. M’enfin raté pour cette fois. Quand je serai redevenue plus grande, qui sait…


Mais voilà un petit texte anonyme paru sur zad.nadir, qui ne m’a pas déplu, et que je vous livre, au sujet de la foire d’empoigne des derniers jours à Notre Dame des Landes.


Juste, je me permets, tache, dans ce sens là, ça s’écrit sans circonflexe. Tâche, c’est justement le devoir, le travail, la nécessité écrasante, qui nous en font faire et des pas mûres. L’antinome quoi : nous, les taches, fuyons les tâches (et comment !).


Et peut-être aussi de faire remarquer qu’on pourrait quand même, après tant d’années, commencer à remplacer la déploration-dénonciation de nos vilains côtés par un peu d’analyse critique plus précise et moins pénitentielle, mais bon…

 

V13 – pour un monde de nanas, de paresse, de critique et d’émancipation ; contre le travail, l’état, l’intégration sociale et la sexualité.

 

 

 

“Nous ne partirons pas” ?


“Je ne veux pas partir” ne signifie pas “Je ne partirai pas”. En fait, il se peut même que je m’enfuie en courant, quand il viendront me chercher, voire un peu avant. La fuite n’a pas grand chose à voir avec le fait d’être lâche ou courageux, c’est de l’auto-défense élémentaire. Il n’y a ni honte ni fierté à mettre là-dedans mais un rapport stratégique et politique à évaluer. Je ne lutte pour produire ni des martyrs, ni des individus brisés parce qu’illes auront pris de face la lame de fond de la répression, je refuse de participer à une culture de lutte de guerriers virils qui n’ont peur de rien, où l’aveu de faiblesse est tabou. Je veux une lutte de tapettes qui peuvent assumer de ne pas se sentir forts. Répéter des formules incantatoires selon lesquelles rien ne nous fera plier et que nous ne partirons pas, font autant pour me donner de la force qu’un placebo agit réellement pour me soigner. Ca marche peut-être pour celleux qui veulent bien y croire. Pour les autres, le plus probable est qu’elles ne fassent que les culpabiliser. Il ne s’agit pas tant d’affirmer haut et fort que nous ne partirons pas, que nous ne plierons pas mais bien plus de s’interroger sur les conditions qui permettent de tenir, de ne pas en ressortir écrasé. Pour certain-e-s d’entre nous, plier un peu, c’est peut-être la condition pour ne pas se briser.


Je refuse le déni de notre impuissance chronique aussi bien que la résignation qui prête a nos ennemis une toute puissance et omnipotence qui interdirait toute velléité de subversion. Je trouve plus de force dans une tentative de lucidité qui ne nous promets pas que l’on “va gagner parce que c’est la seule solution”, qui ne nous berce pas d’illusions en nous racontant que “seuls quelques nuages noirs suffisent a obscurcir le ciel”... Il y a sur notre époque, plus que quelques nuages noirs, je pense. Cela ne m’ôte pas l’envie d’être un parasite au meilleur des mondes, comme une tache d’huile sur leur océan aseptisé et sous contrôle... Et cette tache là, il faudra plus qu’une shampouineuse nouvelle génération pour la décoller, parce qu’elle ne se sera pas bâtie sur une fragile illusion, celle qui nous promet que la victoire est à portée de main.


Ah ! Si toutes les taches du monde voulaient bien se donner la main ! Et en se donnant la main s’échanger discrètement leurs plans d’évasions puis (dans un même mouvement) de destruction de ce monde. “Fuir mais en fuyant chercher une arme”comme dirait l’autre.


Je ne défends pas un territoire. Le capitalisme, le sexisme et autres ont cours ici aussi. Je veux aider à porter des dynamiques qui visent a briser l’isolement, qui visent à faire exister des solidarités pour reprendre du pouvoir sur nos vies, je veux défendre le refus de se laisser aménager de ce territoire et de ces habitant.e.s, pas une hypothétique entité encore intacte et exempte de rapports d’exploitation et de dominationS. Ici, ce n’est pas un ilôt à l’extérieur du monde. La misère banale qui l’incruste est bien accrochée, ici, comme ailleurs. Dans cette perspective, “on ne se lâchera pas”, on a des choses à faire ensemble, encore après des ex.pulsions, même si nous sommes virés manu militari me paraît moins exclusif des multiples stratégies de résistances qu’on peut envisager.

 

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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