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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 10:05

La dégradation. En voilà un bon sujet ! (« Cache-toi, sujet », comme on se le proposait avec M il y a, oh, bien dix ans…). Dix ans durant lesquels la situation s’est considérablement dégradée, déjà. Elle en a fait des progrès. Au point que si déjà à l’époque il était difficile de distinguer sujet d’objet, c’est devenu à présent carrément suspect. 

 

Je me suis dégradée aussi, à vitesse croissante. Dégradation physique, morale, mentale et intellectuelle. Plus possible de penser quoi que soi ni de s’administrer raisonnablement.

Et les conséquences : dégradation personnelle et humaine. Je rejoins par le fait ce qui était déjà mon statut : semi-humaine.

Dégradation, amalgame. Ne plus avoir de distance disponible, et tout d’abord avec soi-même. Enfermement dans ce qu’on ne peut plus regarder. Identification totale. Et pas flatteuse.

Dégradation. Contrairement à la mutilation, principe intériorisé (hi hi !) qui afflige également tous les endroits, tous les organes, toute la vision. Et dont il est illusoire de penser, d’une part que quoi que ce soit en puisse être exempt, d’autre part que par quelque justice ou compensation il puisse rien sauver ou favoriser.

 

Dégradation. Ce qui effraie est sa vitesse, dans un monde d’intelligence vigilante et galopante, où il s’agit de ne rater aucun des virages ni des loopings du gymkhana. Alors, vous pensez, à contre sens…

 

Dans l'fossé !

 

Dégradation, la lèpre quoi. Mais voilà : plus de maladreries où l’on pouvait, du moins, « se raconter des histoires de lépreux ». Mobilisation pour un monde de plaisir ou rien ne doit se perdre. Ces endroits valent trop cher, sur le marché immobilier et relationnel actuel. Ils ont été rachetés par celleux qui avaient les moyens et en ont eu premiers le flair, pour s’en faire de confortables résidences secondaires.

 

La dégradation garde également son double sens, de désintégration, d’amoindrissement par émiettement, et de chute totale dans la hiérarchie. Cette chère hiérarchie qui nous suit partout comme notre ombre, et que nous nous sentirions à la fois désemparées et penaudes de désobliger. Chute dans. Tout au fond. Par hors, ce serait trop beau. Il n’y a pas de hors la hiérarchie. C’est une bonne vieille blague.

 

Et enfin, bien sûr, dégradation et folie. La dégradation mène-t’elle à la folie ou bien y est-elle conjointe ? En tous cas la folie est dégradante. Elle brise le vase, même quand on croyait l’y pouvoir tenir. Et comme je suis le vase, ben… J’aime autant vous dire que c’est pas drôle du tout. Et que celleux qui causent doctement de la « place de la folie » repasseront. C’est tout à fait sinistre de se rendre compte qu’on est mentalement malade, qu’on a des vers dans le citron. Depuis longtemps. Et qu’ils l’ont si bien mangé, le citron, qu’on s’en prend jusqu’à soi-même. On n’a pas envie d’y laisser la moindre place à ce concert de haines en tubes.

Plus que jamais en colère contre les « relativistes de la raison » et autres « alter ou antipsy ». La raison ne nous appartient pas, et c’est une chose horrible quand elle se retire.

Nous ne nous appartenons pas, c’est une vieille blague que j’avais déjà signalée dans les années 90. L’autopossession, bien sûr ! Pourquoi pas l’autoproduction aussi. Oh ben on s’y est jetéEs. Et les épaves commencent à flotter ici et là dans la zone industrieuse.

 

 

Dégradation, don quichottisme, déshumanisation, crise maniaque. Le joli chemin qui mène au cabanon ou à la concession provisoire.

Moi qui regardais narquoisement de côté les copines « bipolaires », comme on dit de nos jours, en me carrant bien large dans mon « unipolarité » teigneuse mais autonome, je suis bien punie.

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ebranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée au backlash réac-libéral pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste novatrice, universaliste négative, apostate de l'intersectionnalisme, philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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