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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 14:42

 

...ou pas que je passe souvent, dans le courant d’un texte descriptif et désabusé, de l’une ou de l’autre personne de singulier ou du pluriel à la seconde du pluriel, au nous, ce fameux nous qui est censé remplir, électriser, faire force.

 

Ce « nous » dont Simone Weil disait, peut-être à tort d’ailleurs, qu’il préliminait à la dissolution de l’intelligence – et je suppose des personnes. Mais qui, même si elle se montre trop sévère et rigoriste, pose incontestablement problème par son affirmation même. « Nous » est un de ces mots magiques qui engendre et réengendre la légitimité sans guère plus de questions.

 

Pour ma part, je suis à l’inverse de ce « nous de force ». Quand je tombe dans le « nous », au cours d’un texte, d’une palabre, c’est au contraire quand je fais le constat de, reconnais que, l’échec et le tartinage sur le mur nous est commun, à touTEs celleux qui se sont pressées dans les portes de sortie de secours de « l’a-normalité », du genre, de tel ou tel « mode de vie » et de pensée - et qui avons cru que ça allait percer le sac. C’est aussi un nous d’humilité : j’ai beau rouspéter, je me suis ramassée autant et plus que mes petitEs camarades. Plus, oui, parce que j’ai gaspillé ma vie à faire d’inutiles allers-retours.

 

Ce n’est pas du tout un nous de revendication ni de fierté. C’est au contraire un nous d’abattement et de tristesse.

 

Et cependant, pour autant que nous nous prêterons vie quand même, une espèce de « nous » qui suppose, en filigrane, que ce n’est pas entièrement fatal, que l’affaire n’est pas tout à fait pliée, et que l’on pourrait bien, si on consentait à se décoller de nos pièges à mouches, recommencer quelque chose. Au risque bien sûr de se ramasser, de s’autoarnaquer et aliéner encore une fois.

 

Mais voilà, ce qui nous a aussi foutuEs dedans, c’est cette peur de nous tromper, cette panique devant le risque de n’être pas bonnes, de remettre en cause nos évidences sans aller courir après celles que nous avons tenté d’abandonner. Mais qui nous encerclent…

 

Ah on n’est pas sortiEs de l’auberge.

 

Toc toc !

 

 

Plume

 

 


 

 

 

 

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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ni alliées, ni amies, ni copines, ni soeurs ; autonomies transses

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