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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 09:34

 

Elle est toute seule, la pauvre bergeronnette, toute seule de son espèce, arrivée sans doute l’autre jour en voletant derrière la remorque qui amenait au pré de tristes vaches laitières de réforme, vouées à l’abattoir à brève échéance, une fois qu’elles auront brouté un peu.

 

Il caille, dans ce sale pays où on n’a pas entendu un coucou du printemps – si tant est qu’on puisse parler de printemps ici. La neige est sur la montagne, pas loin. La bergeronnette, non seulement est seule, non seulement a froid, mais elle a rien à croûter. Y a pas un insecte dans l’air. Tous aux abris.

 

Elle pite donc dans l’eau, à sa manière de cane miniature qui se dandine et agite sa queue de haut en bas. Je la plains. On dirait mézigue, pareille, seule, malvenue, frigorifiée.

 

Comme quoi : ne suivez jamais les remorques !

 

 


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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 09:18

 

 

 

 en pensant à C, super-trans, morte ; et à d’autres, pareil.

 

 

 

Récemment, mais c’est évidemment pas la première fois, « on » m’a renvoyé dans la figure, par défaut, et aussi pour glisser d’un argument raté à un autre pourri, que je n’avais pas à me plaindre puisque j’étais en pleine forme. Ben tiens. Dépression grave suite à abus, calomnies, persécution et violences, conséquences matérielles et financières de cette dépression, maladie métabolique consécutive à tout ça, vieillissement précoce, isolement humain, politique et social à peu près total – comptez combien de gentes vous voyez par semaine. Tout va bien ! Comme les bio ne me voient pas, elles peuvent se brosser l’habituel portrait imaginaire de la super-trans, inoxydable, indestructible, à qui on peut faire n’importe quoi sans que ça doive tirer sérieusement à conséquence, de toute façon c’est pas vraiment sensible ces bestioles.

 

Et les une fois tous les dix huit mois qu’elles me voient, ben je suis en pleine forme, évidemment. Tu parles que je vais pas me la jouer plaintive, geignarde, comme le font justement les cheffes bio bien entourées, histoire qu’on ne leur demande jamais de compte. Elles ont bien raison : il faut toujours crier avant d’avoir mal ; sauf que plus vous descendez dans l’échelle de valeur sociale, moins vous avez le droit de le faire.

Déjà j’ai pas envie, en général, de trop geindre quand je suis en société – ne serait-ce que parce que ça me réjouit de voir du monde, c’est pas tous les dix jours que ça m’arrive. Et puis surtout quand on ne fait pas semblant qu’y a aucun problème, que la vie est belle, que le milieu est paradisiaque, de toute façon, nous les nanas trans, c’est la porte dans la gueule, direct. On n’a pas à être faibles ou abîmées, ou alors si on l’est poubelle, déchetterie, hop. Ça aussi j’ai expérimenté.

 

Après, hein – comme je dis toujours on n’a pas signé pour cocagne. On a voulu être femmes, on l’a eu, superlativement puisque jusques aux femmes bio – et bien souvent aussi nos camarades m-t’s - nous traitent, justement, selon le rapport d’assujettissement féminin. On doit être à la fois résistantes et dépendantes, être là quand on a besoin de nous et virer sans un pet dès qu’on n’a plus. On doit porter leurs petits et grands malheurs, et avaler tout rond les nôtres, gloup. Nous sommes toujours le problème, jamais la solution, et toujours au mauvais endroit, au mauvais moment – une performance ! Enfin nous sommes, quand plus utilisables, remisées dans la solitude, exactement comme le sont la plupart des femmes dans les sociétés straigth.

 

Ah c’est ce qu’on appelle un apprentissage, je dirais pas accéléré, mais radical, de la reproduction des formes sociales. De leur réappropriation. Et des rapports qui en découlent.

 

Une des ces formes, enfin son aboutissement, c’est le mythe de la trans qui n’a besoin de rien, que rien ne peut – c'est-à-dire ne doit - atteindre. Sans entretien quoi, pas humaine, pas sensible, rien. Mythe que nous sommes malheureusement obligées d’abonder nous-mêmes, parce qu’on sait bien que si on vient à couiner, à reprocher, à réclamer la moindre chose – « je vous l’avais bien dit, c’est des mecs ». Et ce, je souligne, chez les « inclusives », vous savez, celles qui vous causent du genre et de la construction toute la sainte journée. Mais qui n’y croient pas un pet. Moi non plus d’ailleurs, désormais ; en tous cas pas un instant au rôle de bouleversement que devait jouer cette notion, qui se révèle un nouvel outil fort efficace de reconduction de l’ordre des choses et des gentes.

 

Bref, darwinisme social et roublardise intégrée obligent, les nanas trans meurent souvent vite, au retour d’âge. On les voit plus, on se pose pas trop de question, et puis un jour au détour de je ne sais quelle échotterie on apprend qu’elles sont mortes. On sait souvent pas trop comment, tellement ça n’a pas d’importance.

 

Vite. Usées vite en tout cas. Notre rôle est de donner un peu de pep’s au mouvement, de produire pour lui un peu de cette légitimité dont par ailleurs nous ne bénéficierons, nous, jamais ; puis de disparaître. Zou. Encombrantes. Les bio ne nous apprécient qu’en image ou mortes. Comme du gibier quoi. Avec les mêmes fantasmes qui y collent, la liberté (on se demande bien laquelle mais bon -) qui fait envie mais eh, hein, tout de même c’est ni catholique ni social, donc crevées, justice est faite et l’ordre peut coexister avec le rêve trouble.

 

Nous faisons, avec quelques autres, les frais préliminaires de la straightisation massive, via les formes sociales intégratives et conservatrices revendiquées, pratiquées et pensées, des mouvements féministe et tpg. La normalité a gagné, il fallait bien qu’il y en ait qui en paient les arrhes – le solde, qui va suivre, ça sera à charge d’à peu près toutes, embarquées ou non dans ce ralliement ; serons nous encore là pour en sourire amèrement, de ce désastre politique et humain, là où pouvait se faire une brèche ? En tous cas, on ne tendra en ce cas ni main ni perche à celles qui nous ont pourries et tuées ; ni à celles qui les ont opportunément laissé faire ; on n’est pas abrahamiques. La « solidarité », c’est une belle arnaque de plus pour protéger la communauté d’intérêts des plus intégrées, éviter de critiquer les évidences qui la cimentent, et imposer silence sur les violences subies par les autres. Ni oubli, ni pardon !

 

 

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 19:01

 

 

Les gentes qui, au Bengale, cousent, sertissent nos t-shirts à pas cher pour rmistes et militantes (avec le pochoir diy super subversif !) vont voir leurs salaires augmentés après la série d’incendies et d’effondrements qui ont fait des milliers de morts.

 

L'ont bien mérité, allez - and the trade must go on.

 

Trop classe. Vivre séquestrées et épuisées, puis mourir écrasées ou brûlées vives pour un euro cinquante – allez, deux, et n’y revenez pas ! -  de plus par mois.

 

Quand est-ce qu’on renverse ce monde, ses droits, ses nécessités et ses désirs, au lieu de réclamer l’inclusion dans ses formes les plus daubées ?

 

 


 

 


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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 08:34

 

 

J’avoue, après réflexion et retour sur ce que j’ai vécu et subi à bio-féministlande, je ne m’associe pas à la chorale d’indignation vertueuse et inclusiviste envers les nanas qui se définissent ou se rassemblent comme Radfem®. Oh, c’est pas que je les apprécie, et encore moins réciproquement, vous vous en doutez. Mais déjà je n’ai pas du tout envie d’un monde où il sera prescrit de m’apprécier ou de me « reconnaître », encore moins de me respecter pour « ce que je suis », ou même pour un autre critère. C'est-à-dire où la haine sera contenue dans le privé – parce que je ne me fais aucune illusion à ce sujet : nous, f-trans, sommes objet de haines congruentes et convergentes, pour des raisons que j’irai jusques à qualifier de très bonnes, dans la – très large – mesure où ce monde entier est structuré sur la haine du féminin ou de ce qui est assigné tel. On n’est pas sorties de la cave de l’auberge, et c’est inutile de faire même comme si nous étions près du soupirail.

 

Par ailleurs, je ne vois absolument aucune raison que je puisse soutenir d’empêcher des nanas de se réunir en non-mixité, fusse cette non-mixité imprégnée de haine et de bêtise réductrice et acritique. Et comme si les pas radfem étaient politiquement tout en sucre – quand on en est à revendiquer comme émancipatoires le mariage, la famille et même au besoin la religion, il faudrait ptêtre faire un petit retour sur nozigues, hein ? Je suis juste de celles qui préfèrent que les choses soient claires : c’est une non-mixité f-bio. Mais faut le dire. Exactement comme pour  la plupart des non-mixités qui se proclament « inclusives » et ne le sont pas en fait.

 

Et d’autre part, ça me fait tristement marrer que cette opportune colère dirigée sur quelques naffreuses qui sont la bien pratique honte de la famille, permette une fois de plus de washer le mouvement féministe dans son ensemble, et surtout dans ses secteurs modernes, de toute violence anti f-trans. Parce que faut pas me, nous prendre pour des c…es. C’est aussi bien à ça que ça sert, de s’en prendre à ces nanas qui sont elles-mêmes minoritaires, depuis que le féminisme radical, qui ne se limite, ne leur en déplaise, pas à elles et à leurs fétichismes négatifs, est à peu près mort, au grand soulagement des intégrationnistes et revendicatrices de toutes places dans l’ordre des choses d’un patriarcat lui aussi washé de ses côtés contreproductifs.

 

Je peux même le dire très simplement. Je n’ai jamais été agressée ou maltraitée par une féministe radicale, et encore moins par plusieurs ; j’en ai rencontré quelques unes, des bien copieuses, antitrans et tout, dans ma life et on a même des fois causé. On était clairement des deux côtés de la barrière, la labrys à portée de main au cas où, mais on causait, et des fois j’ai ramené des ces causeries un bien meilleur souvenir que de l’hypocrite bouillie inclusive pleine de clous. On ne prétendait à rien, ni les unes ni l’autre.

Là où - compte non tenu des mecs autrefois - j’ai été violée, agressée, maltraitée, instrumentalisée, calomniée et même (rien laisser perdre, principe de l’équarrissoir !) escroquée, c’est dans le milieu féministe alterno-inclusif (à forte tendance institutionnalisante), précisément chez les lyonnaises. Et par des têtes de l’endroit. Pas par de méchantes radicales.

Là où j’ai, et où d’autres, avons subi la haine pas assumée qui se cherche et, si elle n'en trouve pas, invente ses prétextes, l’exotisation qui essaie quand même de se servir de nous, le dégoût et la peur de ce « trop féminin tout de même, pas clair », c’est pas chez les radicales, qui ont l’honnêteté élémentaire de pas nous la jouer, de dire que nous et elles c’est niet – et réciproquement. Nan, c’est chez celles qui se la jouent, justement, « on est toutes un peu trans », ou bien « on est inclusives », « meufs gouines trans la croisière s’amuse ».

 

Un des sales côtés de ce monde, qui se répète, c’est qu’on est quelquefois moins en danger avec des ennemies ouvertes qu’avec de prétendues amies qui vous pourrissent et vous méprisent. Parce qu’au fond, les deux pensent et sentent pareil. Juste elles n’en font pas la même chose.

 

La réalité crue, et dure, c’est que le programme intime de la majorité du féminisme actuel est identique à celui des Radfem. Conservatisme et intégration/exclusion. Comme le programme de la gauche gouvernementale devient identique à celui de la droite dure. Mais que les impératifs du commerce politique impliquent de ne pas le dire ouvertement, de juste le laisser sentir, et à celles qui sont démarchées, c'est-à-dire les bio. Par exemple, les unes ne croient pas plus à la notion de genre – laquelle nous a été effectivement d’un piètre usage pour changer quoi que ce soit -  que les autres, mais elles affectent de faire (mal) semblant, et profitent des a-côtés. Les f-t’s, en attendant leur disparition escomptée, jouent le rôle des juives ou des roms, exutoires, punching-balls et boîtes à fantasmes. C’est pour ça que nous sommes recrutées à inclusiv’lande. Et pour mettre aussi de la pommade sur la conscience malheureuse et torturées des bio qui font dans la compassion et le paternalisme. Mais qui ne se posent guère de questions oiseuses quand nous venons à disparaître. Il y a tellement de choses intéressantes à faire et qui gavent l’attention comme l’avidité ; « Wah trop radicool ! Une soirée post-porno queer mgt, dis donc, ah ça c’est libératoire et pas normé pour un kopeck. Ah c’est bête, on manque de diversité, il faudra qu’on se dégotte une nouvelle trans pour faire domina la prochaine fois ».

 

Pour en revenir au féminisme radical, il se trouve que j’en suis. Je n’ai, dans la ligne de la tradition un peu beaucoup oubliée qu’on ne demande pas la permission à celleux qui vous dominent, réclamé finalement de certificat à personne. D’autant que ce que je mets dessous ne correspond que très partiellement aux rêves hargneux mais surtout étroits des Radfem actuelles. Beaucoup plus à ce qu’appelait Solanas. Une révolution, quoi.

Ça ne m’embête pas plus que ça d’être seule, dans ce pays et pour le moment, dans l’intersection, comme è disent, de ce que je suis et de mon option politique : un monde de femmes, où on aura détruit les instances de pouvoir et de valorisation. L’époque n’est pas à l’audace.

Ce qui m’embête c’est d’une part que la vie est (de plus en plus) courte, et qu’on se fait piéger et charcler par des milieux qui sont pas mal structurés par la crapulerie, la lâcheté et le mensonge. Il faudrait, si j’ose dire, pas naître, parce qu’on ne naît rien, mais très tôt, dès l’adolescence, avoir accès comme on dit encore en novlangue à un bagage de savoirs (et re novlangue !) sur la question, histoire de ne pas passer des années à nous faire massacrer par des fermières de l’intégration qui nous font « petite petite petite », avec leur grand couteau derrière le dos, comme dans la fable de la Fontaine.

 

En ce qui concerne, encore une fois, les Radfem et assimilées, de mon point de vue elles butent dans la même impasse que les Delphy et bien d’autres, impasse critique qui n’est pas propre au féminisme, mais coince tout le mouvement révolutionnaire depuis longtemps : elles n’identifient le patriarcat qu’au regroupement d’intérêts universalisés de la classe des hommes ; ce que je crois exact en analyse descriptive mais n’épuiser pas le problème. Je suis de celles qui pensent que les systèmes de domination sont totaux, constitués de formes non perçues comme telles mais que nous vivons comme nous-mêmes, et que par conséquent démolir la domination ce n’est pas opérer une redistribution de ces formes et de leurs dividendes, mais s’en défaire. C'est-à-dire, en ce qui nous concerne ici, de se débarrasser des formes sociales valorisées en patriarcat. Pas se les réapproprier. Sans quoi nous reproduirons, même avec un autre encadrement, un monde sensiblement identique.  

Les conséquences sont de toute façon matérielles et immédiates, dans le choix entre la cogestion protestataire et la critique radicale ; dans un on se retrouve un jour ou l’autre assise à la même table que des flics, des procs, des managers et des ministres ; dans l’autre on est derrière la barricade ou dans le désert. Quand on essaie de faire les deux, on finit écartelée, ou folle.

Je crois de plus en plus fermement, avec l’expé, que les attitudes morales pourries sont pour beaucoup une conséquence de l’aplatissement, de la résignation, de l’opportunisme politiques et intellectuels qui caractérisent et notre époque, et nos milieux dans cette époque.

 

Pour dire, en fait, que je peux me sentir des fois une solidarité politique partielle avec ces nanas, les rad’s, qui sont je crois elles-mêmes divisées entre se servir des structures présentes et les détruire. Et que, contrairement à ce que voudrait l’idéologie présente de la convivialité et du respect, laquelle est la pierre tombale sous laquelle se passent précisément les violences et abus évoqués plus haut, je ne demande ni n’attends en aucune manière que cette éventuelle convergence se traduise en relation ni en inclusion.

De toute façon, elles sont très peu nombreuses, et je suis encore moins nombreuse. Je veux dire, même s’il y a un risque exterminatoire, ce qui est probable envers nous si elles prenaient le pouvoir, il n’est pas à l’ordre du jour. Ce qui est à l’ordre du jour, c’est le lent massacre dont les f-trans font l’objet chez les féministes raisonnables et opportunistes. Comme partout ailleurs à biolande.

 

Bref, je n’entre pas dans la chorale, dans aucune des chorales d’ailleurs. C’est que je chante faux. Hé, déjà, hein, vous savez bien ce qui se passe quand il y a une trans dans les chorales de meufs ; avec nos cordes vocales toutes détendues, amollies, c’est comme la louve qui se veut faire bergère (La Fontaine là encore). Wooouh. Pas possible. Ridicule même. Tout le monde fait comme si pas, mais en réalité ça passe pas, ça rigole in petto. Et des fois y a de quoi. Nous chantons faux, nous sommes des pas vraies de toute façon. Et d’ailleurs ça chante faux, dans la mesure où ce qui est chanté est souvent pas vrai non plus, prétexte, voile, cache-sexe au maintien des rapports de force et de naturalité en vigueur ! Laissons tomber les chorales. Laissons tomber les arnaques à la sororité, à la reconnaissance ou que sais-je. Laissons tomber l’alignement idéologique prudent. Ça ne sert à rien. Si nous devons être massacrées, ou conduites à l’extinction, à la fin, nous le serons. Nous nous abîmons déjà bien nous-mêmes, avec enthousiasme. Le tout est de n’y consentir ni d’y participer en aucune manière, et pour, je veux dire, garder un tant soit peu d’estime (et rerenovlangue), et pour garder aussi une liberté de pensée, cette liberté négative que j’ai déjà souvent évoquée, qui est peut-être une étape vers ce monde profondément différent, opposé, dont j’ai parlé plus haut.

 

(Peut-être que les succétrices de celles mêmes qui nous traitent comme des m… viendront alors dire merci sur nos tombes. Ce sera encore plus beau et plus obscène que leurs gueules de circonstance de cent pieds de long aux cérémonies du TDoR, entre deux saletés transphobes. On s’en fout. On les emmerde. Vivons.)

 


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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 09:11

 

« Si vous ne savez pas être libres, apprenez au moins à être malheureux ». Cette cynique déclaration, symptomatique d’un ancien régime que nous n’avons absolument pas quitté avec la modernité économiciste et démocrate, connaît toujours de nouvelles applications. Le "ne savez pas" est évidemment doublé, à l'interieur, d'un tout aussi définitif "si vous n'avez pas les moyens". 

 

Je vous avais déjà causé de l’arnaque au courage, ce courage bien commode dont on laisse l’usage – supposé le bon usage, hein, faites pas n’imp’ avec, ne vous révoltez pas - aux écrabouillées. Je vous avais causé des avisés conseils en économie familiale des caf, comment organiser la misère. Je ne vous avais je crois jamais parlé d’un autre truc qui me donne des boutons, que les psys agitent en hochet, et qu’ils nomment la résilience. En gros, la capacité à avaler les violences et les blessures, et que c’est très bien, prenez sur vous, comme ça vous resterez une citoyenne utile.

 

Récemment, encore « mieux », si toutefois il est encore pertinent de tenir un palmarès des ignominies de ce monde. La directrice du plan alimentaire mondial a usé de ce même terme de résilience en ce qui concerne l’affamement de contrées entières, pas rentables. Y faut que ces gentes arrivent à la boucler, sans évidemment remettre en cause de quelque manière que ce soit le commerce, qui est à l’origine de ces famines. Pasque sans le commerce, hein, ce serait pire que le moyen âge.

 

Ce qui est absolument admirable, au point de rendre folle d’ailleurs, c’est l’intrication opportune de logiques contradictoires : on nous injoncte, une fois qu’on nous a confisqué à peu près toute autonomie réelle, de nous démerder isolément, privativement, selon les lois quoi, tout en maintenant un système basé sur la circulation et la valorisation, qui met soigneusement hors de portée l’essentiel de la production, histoire d’éviter le crash de la valeur.

 

En termes crus, ça signifie : vous ne valez rien, crevez. Mais dignement, hein ? Et sans faire de barouf. Ou survivez, grâce à nos toujours nouvelles techniques de reconstruction positive, ça permettra de vous utiliser une fois de plus.

 

D’ailleurs, tout va bien : les prix des matières premières remontent. C’est vrai qu’avec cette fichue déflation… Bien sûr, les pauvres vont avoir encore un peu plus de mal à se nourrir. Mais les gros paysans et les entreprises agricoles vont dégager, comme on dit, plus de bénef’. Le miracle de la valeur, de l’échange et de l’argent, c’est qu’il faut toujours qu’il y ait quelqu’un qui crève. Mathématiquement. Même les physiocrates, avant Smith, avaient du se rendre à cette évidence : pour que « ça » tourne, il faut des broyés. C’est l’huile indispensable de toute économie.

 

De même, les rapports sociaux et relationnels vont se réintensifier. C’est l’printemps (enfin dans l’hémisphère nord). Les besoins vont fleurir. Ça va contraindre, violer, séquestrer, harceler, tuer dans tous les coins. Là aussi, hein, courage et résilience, bobonnes : ça fait tourner les services de sécurité, les tribunaux, les urgences, les psys, les services à la personne ! C'est que ça doit faire deux ou trois points de PIB tout ça, imaginez si ça venait à disparaître, flop, dans le désintéressement général et l'égaillement de vies pour elles-mêmes ? Pas question de déserter, de se soustraire, d'envoyer promener le cirque, sécateur dans la poche ventrale ; ce serait antisocial. Néfaste à la production d'amour et de plaisir, si nécessaires à reproduire l'ordre des choses - et à y consentir. Tout le monde au front ! 

 

On ne socialise, n’échange, ne valorise jamais assez ! C’est le vrai visage du bien commun : figures, vies détruites, poubelle, ou refagotées, histoire de pouvoir resservir.

 

Cauchemar autogéré !

 


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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 10:02

 

"Nous nous reproduisons par l'exemple"

 

 

 

Des fois, on se surprend, sans tout à fait pourtant que ce soit tellement inattendu. C’est ainsi que, zieutant une pub pour un bouquin québecois que je rangerais dans les éducatifs-apologétiques, comme quoi ce monde est (potentiellement) merveilleux et qu’il importe que toute une chacune y prenne place, je me suis surprise à quand même trouver sympathique cette approche. C’est un livre intitulé « Une fille comme les autres », qui narre les aventures quotidiennes d’une très jeune f-t’. Un modèle d’intégration.

 

Pourtant il y a en arrière plan bien des choses et des affirmations définitoires parmi celles qui me donnent de l’eczéma, comme le tristement fameux « on naît comme on est », qui se répand dans la pensée politique contemporaine comme une tache d’huile, ce qui d’ailleurs suppose la savoureuse résurrection de l’âme, laquelle n’est pas tombée, honte à dieu et à la cigogne, dans le corps approprié. Et puis la normalité, ce désir massif. L’intégrationnite. Je ne m’étends pas dessus une fois de plus.

 

M’enfin, n’empêche il y a quelque chose qui me soudoie dans ce bouquin et ses images. Et je me suis soudain dite un truc tout simple que j’aurais pu me dire depuis longtemps. Mais voilà, il fallait sans doute des années et des années pour y revenir. Lorsque j’ai transitionné, se battaient dans ma caboche deux options, deux visées, ou plutôt une visée et une conséquence. La visée, comme celle de quelques camarades qui depuis l’ont mise bien profond dans leur sac à dos avec plein de linge dessus, c’était de briser les logiques et fatalités en vigueur. La conséquence, c’était la suivante : ce monde ne changera pas ; je dois donc moi changer, vers ce qui me semble préférable. Le lien entre les deux était dans ce préférable. Il ne s’agissait pas de « me (re)trouver », comme dans la chanson de Danièle Messia, et comme j’ai dit je ne crois pas trop à la prédestination, mais d’aller vers. Même ce qui m’apparaissait alors comme une forme de résignation ne l’était pas tant que ça.

 

Et cela m’est revenu en parcourant le livre en question : j’ai transitionné, aussi, et même d’abord, pour en rajouter, pour ce que ce monde indécrottablement m, où le poids des choses et des intérêts sociaux finit obstinément par mener et ramener à se réclamer des formes viriles, par se les réapproprier et les déclarer neutres, utiles, efficaces, désirables quoi, ait en lui un poids de plus (je suis une grosse […], à tous points de vue) qui fasse pencher les choses vers le f. Renverse la marmite. Vers le ralliement aux formes asociales, improductives, irreproductives, grèvistes, paresseuses, faibles, négatrices. Je ne suis pas pour un sou partisane de l’aménagement du patriarcat ni de ce qui va comme par hasard toujours avec, du relationnisme safe, du commerce équitable, de la parité, et que sais-je encore. Je suis pour tout à fait autre chose, opposée, hors.

 

Et c’est tout étrange que je croie trouver une des fissures vers ce hors, ce hors qui pour moi se trouve dans l’assigné féminin, le féminisme, ce qui est consensuellement méprisé et utilisé en sous main, par le biais de ce gentil livre pour enfants, dont la déesse doit savoir à quel point l’auteure doit craindre ce hors, cette sortie en plein travers. Encore que, est-ce si sûr ? On nous veut et croit raisonnables ; nous sommes de plus en plus exaspérées. Et cette exaspération passe par des points de moindre résistance.

 

 


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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 15:18

 

 

(En passant par les Hommen).

 

Beh ouais, c’était déjà le titre d’une rubrique du bien droitier Famille Chrétienne, pour les femmes dont la merveilleuse place est bien entendu à la maison, à torgnoler les lardons et à laver les slips de pépé. Le concept, lui, doit venir des incroyablement efficaces cercles de silence citoyens, qui comme nous le savons toutes ont fait reculer d’effroi les gouvernements successifs, lesquels n’osent plus expulser un seul clandoche. Bref, du compost familiste hétéro et chrétien a jailli ce nouveau mouvement, qui me fait à peu près autant marrer, et avec autant d’amertume, que les poissons roses.

 

Ce qui est remarquable est que ces pro-famille ont pour but premier bis de combattre « toutes les violences faites aux enfants ». Chacun sait à quel point la famille hétéra (pléonasme !) est un hâvre de paix et de safety, et à quel point les nenfants y sont préservés par leurs deux géniteurs de toute atteinte. J’en ai mal au côlon de lire une contrevérité pareille.

 

En effet, il faut lire entre les lignes que la violence en question, ce ne sont pas les innombrables horreurs qui se passent en famille, ni même le cadre profondément mortifère d’icelle. Nan. C’est qu’il n’y ait pas un papa bien poilu et xy et une maman bien épilée et xx pour mener tout ça à bon port, port qui n’est autre que sa propre reproduction, et de celle de la société « qui va avec », comme on aime à dire aujourd’hui sans toutefois beaucoup se casser la tête sur le contenu et les implications.

 

Purée – mais quand est-ce qu’on descendra, à notre tour, dans la rue, les quelques centaines de vieilles ringardes résolument féministes, antisociales, antifamiliales, qui tenons que ce triste noyau fermé, le natalisme, les parents, les nenfants, la maison, le boulot, le monospace et le chien c’est la vérole ! Casser, si peu que ce soit, le consensus invraisemblable qui s’est congloméré ces derniers temps dans la promotion de ces puits de solitude.

 

Pour l’honneur, au moins, quoi !

 


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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 12:33

 

 

 

 

Vous avez sûrement remarqué. Depuis quelques années, maintenant, un nouvel élément de code, disons de manière de dire une chose sans la dire trop nettement, est apparue dans notre sympathique petit monde. L’astérisque. Accolée à « femmes ». Á hommes pas, enfin j’ai pas encore vu ; on ne se définit pas volontiers comme hommes chez nous et c’est très bien ainsi.

 

L’astérisque, on va faire vite, hein, ça veut dire trans. Quand il n’y a pas d’astérisque après femme c’est bio uniquement. Quand il y a astérisque les f-t’s sont tolérées.

 

Au début, l’astérisque appelait une note, qui expliquait, en général « toute personne qui se définit comme ». Nouzautes sommes des femmes qui doivent être expliquées. Et même encore plus souvent qui doivent s’expliquer, pour rester dans l’euphémisme.

 

Mais j’ai vu plusieurs fois, récemment, des astérisques sans note. L’astérisque juste, qui indique en elle-même quel genre de femmes vous risquer de trouver. L’astérisque, en quelque sorte, sous-entend « à tes risques ». Pasque pour parler franc nous sommes un risque, nous sommes toujours un risque, un gros risque commercial que le mouvement féministe inclusif a eu la générosité de prendre, des fois.

 

Alors, hein, qu’on la ramène pas en plus quand on se sert de nous, qu’on nous exploite ou qu’on nous maltraite. On a été déjà bien gentilles de nous laisser entrer dans un coin. Comme je l’ai fait remarquer récemment, après l’avoir remarqué dans la vie durant des années, le genre, chez nous, c’est pour la galerie et les interviews. C’est pas ça qui compte en vrai. D’où, entre autres, l’astérisque. Warning.

 

Les mots sont importants, comme s’est intitulée une de nos entreprises d’attribution du malheur social. Tu parles, je ne te le fais pas dire. Ils sont tellement importants, visibles pour tout dire, qu’il a fallu désormais se réfugier dans les signes typographiques pour signifier une alarme, quelque chose qui doit absolument être vue et tout aussi absolument peu explicitée.

 

Et comme d’hab, qu’avons-nous fait, nouzautes ? Ben on se l’est réappropriée. Non contentes de la subir, ben tiens, autogestion, on va se l’infliger nous-mêmes, comme ça ça passe du côté acceptable du politique, et ça évite en même temps de secouer de fond en comble l’ordre militant et identifiant, pasque faut pas rigoler, si on perd nos relations chez les nanas bio on est mal.

 

Le désir consensuel d’être intégrées au jeu des vraies grandes personnes, au monde tel qu’il est quoi, nous conduit, comme il conduit n’importe qui d’ailleurs et de n’importe quel statut pourri, à tous les consentements.

 

Donc on arbore l’astérisque qui nous a été imposée avec fierté et résolution. On a sauvé l’honneur et la socialité ensemble. Enfin des morceaux ; on n’a pas tout perdu quoi. Sursis. Je crois qu’on appelle ça une combinaison gagnante/gagnante. C’est très à la mode. Ça veut dire que quand tu es locataire, ou salariée, ou surnuméraire, ou je sais pas quoi mais de subordonnée et pas vraiment légitime, eh ben tu as cependant intérêt à ce que l’ordre des choses qui te fait telle roule et tourne à fond, pasqu’alors tu as quand même un carambar à la fin. Ou bien juste on ne t’extermine pas, on ne t’exclut pas totalement. Tu n’y perds pas tout, et même de toute façon au départ tu n’étais qu’une crotte, donc quelque part, hein, tu y gagnes ! L’important, l’essentiel, en société, c’est de ne pas perdre. Quitte à admettre d’être une crotte, puante et suspecte, mais une crotte gagnante.

 

L’astérisque est une matérialisation du marché gagnante/gagnante entre bio et t’s.

 


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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 11:09

 

« Les efFRONTé-e-s considèrent qu’on ne peut pas accéder aux corps des femmes par la voie marchande. »

Titre d’un article programmatique d’une tentative de copié collé d’OLF par des gentes que je présume du FG. Illustrée par l’inénarrable slogan « les vrais zommes n’achètent pas les femmes ». C’est vrai. Ils se doivent de les avoir gratuitement. Et même qu’elles leur disent s’il te plaît et merci. Sinon c’est la honte. Même pas cap’s de se faire une meuf, dis donc. Obligés de faire payer leur lourdeur et leur besogne, leur présence quoi. Trop nuls.

Ce qui est des fois effarant, c’est de voir ce que défendent, positivement, les prohi. C'est-à-dire l’entièreté de l’ordre relationniste et hétérosexualiste, affiné et raffiné en cave. Pour elleux, la gratuité est une valeur ajoutée – ce qu’elle est effectivement depuis toujours dans cet ordre qui fonde lui-même une valeur, la relation. Relation toujours binaire dans son principe. Et qui ne peut donc pas interférer avec une autre valeur, aussi universelle soit-elle. L’universalité ne se partage pas, dans ce monde là. Bref, il est bien que les hommes baisent des femmes, couplent, provignent avec, et il est super bien que ce soit par leur prestance et leur attirance et leur virilité (berk !).

En tous cas les choses sont claires : la vraie vie – et on ne précise même pas « pour un homme », qui c’est le sujet à patriarcalande ? – c’est d’accéder au corps des femmes. Et même plus généralement à leur vie entière, histoire de se la sucer. Ce qui est bien plus gratifiant et économique quand on le fait gratoche ! Et bien plus rentable pasqu’on a accès, comme y disent, à toute la nana, 24/24, 365/365, pas à une heure ou deux et quelques exercices ou un peu de support psy (beaucoup de clients causent bien plus qu’ils ne baisent).

On se demande bien d’ailleurs comment il pourrait bien en être autrement sans injonction et intériorisation de la normalité sexualisante. Les mecs croient-ils que leur lourdinguerie a une prestance qui stimule le désir ? Ben mon ‘ieux. Si on n’était pas coincées dans un système où la relation conditionne la reconnaissance, et où on nous fait croire que baiser, enfanter, se faire coller c’est se réaliser, je pense que les pauvres, y se la taperaient dans un coin s’ils entendent l’avoir gratoche. Comme disait Solanas, on a bien mieux et plus urgent à faire que se taper la glu de conjoints, et mêmes de conjointes. La vie n’est pas dans la dépendance instituée et naturalisée, dans les sujets sociaux à deux têtes et à quatre pattes (ou plus encore).

La sexualité, avec son cache-sexe l’affectivité, ataviquement hétéro-nome dans sa structure même et sa pseudo-naturalité, fait partie constitutive de l’ordre qui est aussi celui de la valeur et du pépéarcat. Soit on s’en accomode, soit on le combat, mais c’est d’une hypocrisie sans limites, qui plus est au détriment de quelques qui y survivent précisément sans y consentir, que de prétendre l’aménager, et encore plus qu’il puisse être inoffensif !

Les non-bénévoles que nous sommes, avons été et, ne déplaise aux prohi, serons, tant du moins que sexualité et relation seront une norme de réalisation sociale et existentielle, que nous soyons putes, entretenuEs, vampires ou sangsues, bousillent cet ordre, le dévalorisent, rappellent finalement que tout ce cirque autour de l’amour, du plaisir, du couple, etc. n’est qu’un système d’échange social et économique, de formatage du sujet, d’aliénation quoi, comme un autre. Et que chercher à le sacraliser, dans la droite ligne des religions et des sociétés, ne sert qu’à empêcher la critique de s’exercer dessus, et à maintenir l’intérêt supérieur des mecs et d’hétérolande.

Soit on accepte la logique d’échange et de marchandise, soit on la refuse. C’est comme la radioactivité, à partir du moment où elle existe, elle est totale et partout, c’est sa raison d’être et c’est inévitable. Et sa partenaire la gratuité bénévole et arnaqueuse, comme par hasard dévolue au versant non-valorisateur de ce monde, c'est-à-dire au féminin, avec elle, indissolublement. Prétendre opposer l’une à l’autre, c’est comme opposer le travail au capital : ça commence à la croyance acritique et ça se termine dans les marais du foutage de gueule. Ce monde ne se vend pas au détail, soit on l’endosse, soit on le renverse. Mais la position des institutionnalistes prohibitionnistes et sécuritaires, qui pensent, comme toutes les citoyennistes, que l’on peut apprivoiser la logique de la valeur, la faire tourner « pour nous » en s’en préservant, est et a toujours été intenable et intenue.

Vénales, pointilleuses, antisexuelles, employées du care, nous sommes les non-bénévoles, celles à qui on ne la fait pas, celles qu’on ne peut avoir gratuitement et encore moins par la grâce du charme masculin (!!!). Nous sommes les inabordables et les inannexables. Nous sommes bien forcées de croire que l’amour existe – hélas ! : nous en voyons les conséquences et dégâts sur les femmes. Avec la sexualité, et ses sous-produits reconnaissance, plaisir, désir, il est à la base de la structure d’injonctions intériorisées du patriarcat. Et la gratuité est un des aspects de la vénalité générale ; c’est quand c’est gratuit que c’est soi le produit ! Et qu’on y croit ! Nous ne sommes ni gratuites, ni bénévoles. Nous ne croyons pas à la naturalité de la sexualité et de l’amour.

Aliénation pour (auto)exploitation, c'est-à-dire travail, en attendant d’en sortir, nous préférons la seconde limitée dans le temps et l’espace et dont on peut envisager de se désengluer, qu’on peut encore objectiver et qui ne nous avale pas totalement, ne nous modèle pas sujette consentante. Nous préférons donc le rapport commercial à la relation, en attendant l’abolition des deux. Et non leur hypocrite repeinture sous les auspices de l’ordre civique et économique.

Pas d’accès à nouzautes autre que précisé, minuté et tarifé, tant que l’argent, le travail, l’état, la famille, l’amour, la sexualité ne seront pas de mauvais souvenirs ! Et qu’on ne parlera plus d’accéder comme d’une évidence, d’une nature ou d’un droit. Nous ne sommes pas bénévoles, que ce soit pour le cul ou pour tout le reste du soin de pépé et des lardons, des zâmes et des corps. 

La pute antisexe, antiboulot et antilove

 

 


 

 

 

 

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 09:34

 

 

La lâcheté collective est encore pire, et plus destructrice, que la violence opportuniste des crapules qui savent pouvoir en profiter. Une cause semble en être, et ce bien plus qu’une conséquence, notre aplatissement intellectuel et critique, notre résignation intégrative (évidemment non dénuée de roublardise).

 

D’ailleurs, l’intégration et la reconnaissance, c’est comme toutes les valeurs : tant qu’il y en aura, il n’y en aura jamais assez pour tout le monde. 

 

Á la pioche, si nous ne voulons pas être quelques unes à en manger.

 

 


 

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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