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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 12:29

 

 

L’amour est politique. Les hétér@, ministres comme artistes, se fendent en quatre pour nous mettre en scène, actrices de nos vies, et nous faire éprouver par le fait que nous ne saurions décemment vouloir vivre autrement que ce qui s’est fait et refait depuis des siècles.

 

Un indice : si jamais le cauchemar social venait, par l’effet de quelque bienfaisante sorcellerie, à se dissiper, orphelines de l’aliénation, nous serions je pense capables de le reconstituer à peu près intégralement, diy, rien qu’à partir de la pratique assidue et consensuelle de cette forme-glu.

 

Oserions nous y manquer ? Nous sommes si désespérément bien élevées...

 

 


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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 16:49

 

Je sais pas qui se rappelle, aujourd’hui, des découpures de petites silhouettes humaines, plutôt neutres, c'est à dire masculines, auxquelles on s’amusait dans le temps, y a longtemps, quand vraiment on s’emmerdait ferme. Attachées irrémédiablement les unes aux autres par des extrémités disparues dans la fusion. Ce qui est une transposition assez exacte de la relation obligatoire et normative : elle mutile, et on s’y résigne souvent pasqu’on vit des vies de m, enfermées, angoissées. Autant m… à deux, trois, quelques, n’est-ce pas, l’important étant de bien garder les formes.

 

J’y ai pensé vivement en voyant, sur un journal local (même pas vers ça de chez moi, bien qu’on fasse difficilement plus local), la photo d’un de ces pochoirs que jusques aux moins populeuses « manifs pour tous » ont laissé, vous savez, la famille, sans mains sans pieds, fondus les uns dans les autres, l’idéal de la dépendance quoi.

 

Ce pochoir, sur un trottoir de sous-préfecture, avait cette particularité qu’à un endroit ça avait bavé. Voui. Grosse coulure éclature. Devinez où ?

 

La tête de la môman, éclatée, écrasée, volatilisée, comme dans la réalité quoi.

 

*

 

Je voudrais aussi, chiante comme pas deux, profiter de l’occasion pour demander, ingénument, où sont passés tous les jolis badges, vous savez (re !), ceux avec la famille la maison le monospace, qu’on arborait avec une joie féroce à tpglande il y a quoi, dix petites années. Avant qu’on s’avise que se réapproprier les formes d’hétérolande c’est super subversif et émancipatoire.

 

Même si la famille qui y est symbolisée est éminemment hétéro-hiérarchisée, il semble que nous soyons mal à l’aise devant la similarité de ce que nous en sommes à défendre ; et que porter ce badge est devenu du mauvais esprit.

 

C’est le seul, à peu près, que je trimballe encore.

 

On pourrait remplir je crois un beau cercueil de nos audaces, de nos volontés, de nos espoirs, avec ces badges désormais devenus un peu inopportuns, maintenant que nous en sommes à profamilier concurremment avec celleux qui veulent notre peau, histoire de leur être égales et de leur ressembler trait pour trait.

 

Y compris la tête éclatée : dans la famille, dans la relation, dans le milieu, il y en a toujours une, au minimum, qui aura la tête éclatée. D’expé.

 

 


 

 

 

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 08:37

 

 

Hé oui, on aurait presque tendance à les oublier tellement y sont partout, petits et grands. Ça fait un moment que je n’en avais pas causé. Nous on marche ni sur des œufs, ni sur des pois, on zigzague entre les boulets, on se tape les chevilles dedans.

 

Dernier en date, Ozon, le cinéaste aimé des gays misogynes et des libérés genre club échangiste miteux bien sombre. Passe encore qu’il nous ait sorti un film débile et caricatural sur le tapin, un de plus ; il faut bien croûter, n’est-ce pas ? et ce genre de truc se vend, particulièrement je pense à ceux qui se croient tellement attirants - mais quelle pitié, personne ne le reconnaît ! 

 

Mais comme c’est le festival, et qu’il faut assaisonner la pub de profondes sentences morales z’et culturelles, il a réussi à nous ressortir le très classique, au moins aussi vieux que les Lumières, cliché des nanas qui, naturellement, par leur constitution, aurions pour fantasme de tapiner, comme ça, rien que pour la chose, gratoche au besoin – ce qui est un non-sens, le tapin implique rétribution. On est juste à côté, bien entendu, du fameux fantasme de viol, si on te dit non tape la et entre, elle attend que ça, qui est l’équivalent en termes de « relation amoureuse », comme on dit.

 

Hurp…

 

Alors déjà c’est frappant (!) à quel point les mecs se considèrent tellement comme désirables et valeur en soi que leur obsession, finalement, c’est toujours de nous avoir, déjà, et de nous avoir pour rien, et qu’en plus on dise merci. J’ai déjà fait remarquer que c’était un des fonds récurrents de la pensée des mecs anti-tapin – comme des autres ! Du patriarcat, quoi, pour être lapidaire. Désir qui s’est universalisé dans l’idéal amoureux et sexuel, un des plus sûrs systèmes d’assujettissement qu’on ait inventé, et que nous sommes encore à essayer de nous imposer à toutes.

 

Mais ce qui m’épate encore plus, au-delà du répétitif « les femmes c’est comme ça, les hommes c’est comme ça » et les unes doivent passer sous les autres afin de devenir ce qu’elles sont, c’est la naturalisation des systèmes sociaux qui fait la crèche dans laquelle nous jouons les santons, bien prévisibles bien dociles.

 

Ben oui. Le tapin est un boulot. Ce qui pose immédiatement la très insistante analogie : les humains fantasment à mort de bosser. Tellement ça fait mouiller d’être commandé, humilié, exploité, stressé, mis en concurrence, tout ça pour gagner sa vie, jouissance ineffable du virement de fin de mois ou d’affaire conclue. Et si les choses se grippent, d’en revenir au travail forcé et gratuit, pendant qu’on y est. On y est, d’ailleurs, en ce moment même.

 

Le pire c’est que nous en sommes arrivées à une telle situation de dépossession, d’aliénation et de violence que, oui, effectivement, on en est à fantasmer, à désirer de bosser, pasqu’y a quasiment plus d’autres possibilités de survie, et aussi que c’est censé être ce qui nous fait exister, nous justifie à nos yeux et à ceux des autres, fait de nous des personnes utiles.

 

Comme le sexe. Tiens, j’ai dit bizarre, comme c’est étrange…

 

Évidemment on est censées rêver de bosser pour un bon salaire, dans de bonnes conditions, à quelque chose dont on arrive à s’imaginer que ça nous intéresse. De même que baiser super cool, sans dépendance et sans violence, en jouissant à fond et sans attraper de boutons.

 

Que, comme système social, et système d’échange et de concurrence, ce doive fatalement être pas du tout ça pour une très grande majorité, et à terme pour tout le monde, ce n’est, depuis deux ou trois siècles, qu’un mauvais moment à passer. La démocratie, la croissance et la safety consentimentielle vont nécessairement parvenir, par leur perfectionnement et leur absolutisation, à faire de ce charnier d’imperfection un paradis terrestre. C’est ce que nous racontent toutes les instances chargées de faire en sorte que ça tourne et qu’on n’en sorte sous aucun prétexte. Logique shadokienne : plus ça rate, plus c'est sûr que ça doit réussir. 

 

Et – pareil – que dès qu’il y a valeur d’échange et recherche de l’équivalence, tout est par essence marchandise, à commencer par nous-mêmes, oh ben non alors, ce serait trop déprimant. Oublions et prohibons. Tout le monde aux galères décentes. Et aux relations gratoches – voir plus haut.

 

Une fois de plus, c’est effarant comme il y a, au sujet de la crèche où nous devons santonner, consensus fondamental entre nozamies la glu et nozamis les boulets, les prohi et les pro-sexe par exemple. Les systèmes d’échange auxquels nous sommes contraintes sont incontournables, incriticables, naturels, il s’agit juste de les faire bien fonctionner, d’en traquer spectaculairement les mauvais aspects et les pires méchants – étant entendu que ce ne peut être le système lui-même qui soit à remettre en cause. Bosser, baiser, citoyenner, quel pied. Au moins cher possible cependant, sobriété santé – parce qu’on a bien compris que l’intérêt, le seul, le vrai, c’est celui de la boutique, de l’état, de la relation et de l’économie.

 

C’est pour ça que ce que dit Ozon est largement aussi bête que méchant. Et exprime à plusieurs niveaux les structures du patriarcat. Celui de la nature de sexe comme celui de la nature humaine et sociale. En affirmant, candidement, l’appétence pour les rapports de domination, on est à deux doigts de se flanquer dans le décor, de renverser tout le carton pâte qui fait le fond de la crèche, ce qu’évidemment aucune des protagonistes ne souhaite, ouh là là.

 

Quand Ozon éructe que « les nanas, ça rêve qu’à ça, et dans toutes les positions », j’entends en parallèle la clameur planétaire : « les gentes, ça rêve qu’à être salariées, utiles ». Je me méfie de la paléontologie des formes sociales, mais c’est tout de même à se demander ce qui a suivi quoi.

 

Bref, ben non, le boulot, la dépense de force non pas pour vivre mais pour gagner sa vie en y laissant l’essentiel, pour moi ça n’a rien d’excitant, que ce soit le tapin, la caisse enregistreuse, les couches-culottes ou les services de geston/répression. Je sais que ça l’est devenu pour un certain nombre, genre artisans consciencieux ou cadres workaholics. Ça fait plutôt froid dans le dos. Comme dit un vieux proverbe russe, « si on cogne suffisamment longtemps sur un lièvre, on peut lui apprendre à gratter les allumettes ». Et à aimer son sort.

J’ai eu l’occasion de remarquer que ça l’était beaucoup moins, devenu excitant, chez les nanas qui tiennent des emplois de m…, commerce ou aide à la personne, ces emplois honnêtes que voudraient généreusement nous offrir les prohi, lesquelles ne tiennent pas du tout à remettre en cause le travail et l’économie, encore moins la subordination qui va toujours avec.

L’aliénation, ce n’est pas de faire ni même de subir – c’est de se projeter dedans et de s’y retrouver comme soi-même.

 

Pour en revenir à notre ami le boulet, évidemment, là il l’a faite bien grosse, au milieu du parquet, on ne peut pas la manquer et c’est ce qu’il voulait, sûr de l’approbation plus ou moins discrète de ses congénères. C’est ça qui compte, en ce printemps des c…s. C’est là-dessus que capitalisent tous ceux qui sentent peut-être venir un retour aux fondamentaux de l’ordre des choses moderne, lesquels peuvent se résumer en peu de notions : la disponibilité enthousiaste, la précession des désirs, l’amour de la dépendance. Avec l’accès gratuit, pasque les caisses sont vides, mais qu’il reste hors de question de renverser la relation-valorisation et le repos du guerrier de pépé, qui est déjà au chômage, déclassé, le pauvre. Ozon, les mecs en général, les prohi et bien d’autres instances font dans la protection et la perpétuation d’hétérolande, à pas cher. On ne peut guère montrer plus nettement que là se tient, avec le rapport d’appropriation, ce qui maintient l’ordre des choses en place.

 

 


 

 

 

 

 

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 09:34

 

Elle est toute seule, la pauvre bergeronnette, toute seule de son espèce, arrivée sans doute l’autre jour en voletant derrière la remorque qui amenait au pré de tristes vaches laitières de réforme, vouées à l’abattoir à brève échéance, une fois qu’elles auront brouté un peu.

 

Il caille, dans ce sale pays où on n’a pas entendu un coucou du printemps – si tant est qu’on puisse parler de printemps ici. La neige est sur la montagne, pas loin. La bergeronnette, non seulement est seule, non seulement a froid, mais elle a rien à croûter. Y a pas un insecte dans l’air. Tous aux abris.

 

Elle pite donc dans l’eau, à sa manière de cane miniature qui se dandine et agite sa queue de haut en bas. Je la plains. On dirait mézigue, pareille, seule, malvenue, frigorifiée.

 

Comme quoi : ne suivez jamais les remorques !

 

 


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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 09:18

 

 

 

 en pensant à C, super-trans, morte ; et à d’autres, pareil.

 

 

 

Récemment, mais c’est évidemment pas la première fois, « on » m’a renvoyé dans la figure, par défaut, et aussi pour glisser d’un argument raté à un autre pourri, que je n’avais pas à me plaindre puisque j’étais en pleine forme. Ben tiens. Dépression grave suite à abus, calomnies, persécution et violences, conséquences matérielles et financières de cette dépression, maladie métabolique consécutive à tout ça, vieillissement précoce, isolement humain, politique et social à peu près total – comptez combien de gentes vous voyez par semaine. Tout va bien ! Comme les bio ne me voient pas, elles peuvent se brosser l’habituel portrait imaginaire de la super-trans, inoxydable, indestructible, à qui on peut faire n’importe quoi sans que ça doive tirer sérieusement à conséquence, de toute façon c’est pas vraiment sensible ces bestioles.

 

Et les une fois tous les dix huit mois qu’elles me voient, ben je suis en pleine forme, évidemment. Tu parles que je vais pas me la jouer plaintive, geignarde, comme le font justement les cheffes bio bien entourées, histoire qu’on ne leur demande jamais de compte. Elles ont bien raison : il faut toujours crier avant d’avoir mal ; sauf que plus vous descendez dans l’échelle de valeur sociale, moins vous avez le droit de le faire.

Déjà j’ai pas envie, en général, de trop geindre quand je suis en société – ne serait-ce que parce que ça me réjouit de voir du monde, c’est pas tous les dix jours que ça m’arrive. Et puis surtout quand on ne fait pas semblant qu’y a aucun problème, que la vie est belle, que le milieu est paradisiaque, de toute façon, nous les nanas trans, c’est la porte dans la gueule, direct. On n’a pas à être faibles ou abîmées, ou alors si on l’est poubelle, déchetterie, hop. Ça aussi j’ai expérimenté.

 

Après, hein – comme je dis toujours on n’a pas signé pour cocagne. On a voulu être femmes, on l’a eu, superlativement puisque jusques aux femmes bio – et bien souvent aussi nos camarades m-t’s - nous traitent, justement, selon le rapport d’assujettissement féminin. On doit être à la fois résistantes et dépendantes, être là quand on a besoin de nous et virer sans un pet dès qu’on n’a plus. On doit porter leurs petits et grands malheurs, et avaler tout rond les nôtres, gloup. Nous sommes toujours le problème, jamais la solution, et toujours au mauvais endroit, au mauvais moment – une performance ! Enfin nous sommes, quand plus utilisables, remisées dans la solitude, exactement comme le sont la plupart des femmes dans les sociétés straigth.

 

Ah c’est ce qu’on appelle un apprentissage, je dirais pas accéléré, mais radical, de la reproduction des formes sociales. De leur réappropriation. Et des rapports qui en découlent.

 

Une des ces formes, enfin son aboutissement, c’est le mythe de la trans qui n’a besoin de rien, que rien ne peut – c'est-à-dire ne doit - atteindre. Sans entretien quoi, pas humaine, pas sensible, rien. Mythe que nous sommes malheureusement obligées d’abonder nous-mêmes, parce qu’on sait bien que si on vient à couiner, à reprocher, à réclamer la moindre chose – « je vous l’avais bien dit, c’est des mecs ». Et ce, je souligne, chez les « inclusives », vous savez, celles qui vous causent du genre et de la construction toute la sainte journée. Mais qui n’y croient pas un pet. Moi non plus d’ailleurs, désormais ; en tous cas pas un instant au rôle de bouleversement que devait jouer cette notion, qui se révèle un nouvel outil fort efficace de reconduction de l’ordre des choses et des gentes.

 

Bref, darwinisme social et roublardise intégrée obligent, les nanas trans meurent souvent vite, au retour d’âge. On les voit plus, on se pose pas trop de question, et puis un jour au détour de je ne sais quelle échotterie on apprend qu’elles sont mortes. On sait souvent pas trop comment, tellement ça n’a pas d’importance.

 

Vite. Usées vite en tout cas. Notre rôle est de donner un peu de pep’s au mouvement, de produire pour lui un peu de cette légitimité dont par ailleurs nous ne bénéficierons, nous, jamais ; puis de disparaître. Zou. Encombrantes. Les bio ne nous apprécient qu’en image ou mortes. Comme du gibier quoi. Avec les mêmes fantasmes qui y collent, la liberté (on se demande bien laquelle mais bon -) qui fait envie mais eh, hein, tout de même c’est ni catholique ni social, donc crevées, justice est faite et l’ordre peut coexister avec le rêve trouble.

 

Nous faisons, avec quelques autres, les frais préliminaires de la straightisation massive, via les formes sociales intégratives et conservatrices revendiquées, pratiquées et pensées, des mouvements féministe et tpg. La normalité a gagné, il fallait bien qu’il y en ait qui en paient les arrhes – le solde, qui va suivre, ça sera à charge d’à peu près toutes, embarquées ou non dans ce ralliement ; serons nous encore là pour en sourire amèrement, de ce désastre politique et humain, là où pouvait se faire une brèche ? En tous cas, on ne tendra en ce cas ni main ni perche à celles qui nous ont pourries et tuées ; ni à celles qui les ont opportunément laissé faire ; on n’est pas abrahamiques. La « solidarité », c’est une belle arnaque de plus pour protéger la communauté d’intérêts des plus intégrées, éviter de critiquer les évidences qui la cimentent, et imposer silence sur les violences subies par les autres. Ni oubli, ni pardon !

 

 

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 19:01

 

 

Les gentes qui, au Bengale, cousent, sertissent nos t-shirts à pas cher pour rmistes et militantes (avec le pochoir diy super subversif !) vont voir leurs salaires augmentés après la série d’incendies et d’effondrements qui ont fait des milliers de morts.

 

L'ont bien mérité, allez - and the trade must go on.

 

Trop classe. Vivre séquestrées et épuisées, puis mourir écrasées ou brûlées vives pour un euro cinquante – allez, deux, et n’y revenez pas ! -  de plus par mois.

 

Quand est-ce qu’on renverse ce monde, ses droits, ses nécessités et ses désirs, au lieu de réclamer l’inclusion dans ses formes les plus daubées ?

 

 


 

 


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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 08:34

 

 

J’avoue, après réflexion et retour sur ce que j’ai vécu et subi à bio-féministlande, je ne m’associe pas à la chorale d’indignation vertueuse et inclusiviste envers les nanas qui se définissent ou se rassemblent comme Radfem®. Oh, c’est pas que je les apprécie, et encore moins réciproquement, vous vous en doutez. Mais déjà je n’ai pas du tout envie d’un monde où il sera prescrit de m’apprécier ou de me « reconnaître », encore moins de me respecter pour « ce que je suis », ou même pour un autre critère. C'est-à-dire où la haine sera contenue dans le privé – parce que je ne me fais aucune illusion à ce sujet : nous, f-trans, sommes objet de haines congruentes et convergentes, pour des raisons que j’irai jusques à qualifier de très bonnes, dans la – très large – mesure où ce monde entier est structuré sur la haine du féminin ou de ce qui est assigné tel. On n’est pas sorties de la cave de l’auberge, et c’est inutile de faire même comme si nous étions près du soupirail.

 

Par ailleurs, je ne vois absolument aucune raison que je puisse soutenir d’empêcher des nanas de se réunir en non-mixité, fusse cette non-mixité imprégnée de haine et de bêtise réductrice et acritique. Et comme si les pas radfem étaient politiquement tout en sucre – quand on en est à revendiquer comme émancipatoires le mariage, la famille et même au besoin la religion, il faudrait ptêtre faire un petit retour sur nozigues, hein ? Je suis juste de celles qui préfèrent que les choses soient claires : c’est une non-mixité f-bio. Mais faut le dire. Exactement comme pour  la plupart des non-mixités qui se proclament « inclusives » et ne le sont pas en fait.

 

Et d’autre part, ça me fait tristement marrer que cette opportune colère dirigée sur quelques naffreuses qui sont la bien pratique honte de la famille, permette une fois de plus de washer le mouvement féministe dans son ensemble, et surtout dans ses secteurs modernes, de toute violence anti f-trans. Parce que faut pas me, nous prendre pour des c…es. C’est aussi bien à ça que ça sert, de s’en prendre à ces nanas qui sont elles-mêmes minoritaires, depuis que le féminisme radical, qui ne se limite, ne leur en déplaise, pas à elles et à leurs fétichismes négatifs, est à peu près mort, au grand soulagement des intégrationnistes et revendicatrices de toutes places dans l’ordre des choses d’un patriarcat lui aussi washé de ses côtés contreproductifs.

 

Je peux même le dire très simplement. Je n’ai jamais été agressée ou maltraitée par une féministe radicale, et encore moins par plusieurs ; j’en ai rencontré quelques unes, des bien copieuses, antitrans et tout, dans ma life et on a même des fois causé. On était clairement des deux côtés de la barrière, la labrys à portée de main au cas où, mais on causait, et des fois j’ai ramené des ces causeries un bien meilleur souvenir que de l’hypocrite bouillie inclusive pleine de clous. On ne prétendait à rien, ni les unes ni l’autre.

Là où - compte non tenu des mecs autrefois - j’ai été violée, agressée, maltraitée, instrumentalisée, calomniée et même (rien laisser perdre, principe de l’équarrissoir !) escroquée, c’est dans le milieu féministe alterno-inclusif (à forte tendance institutionnalisante), précisément chez les lyonnaises. Et par des têtes de l’endroit. Pas par de méchantes radicales.

Là où j’ai, et où d’autres, avons subi la haine pas assumée qui se cherche et, si elle n'en trouve pas, invente ses prétextes, l’exotisation qui essaie quand même de se servir de nous, le dégoût et la peur de ce « trop féminin tout de même, pas clair », c’est pas chez les radicales, qui ont l’honnêteté élémentaire de pas nous la jouer, de dire que nous et elles c’est niet – et réciproquement. Nan, c’est chez celles qui se la jouent, justement, « on est toutes un peu trans », ou bien « on est inclusives », « meufs gouines trans la croisière s’amuse ».

 

Un des sales côtés de ce monde, qui se répète, c’est qu’on est quelquefois moins en danger avec des ennemies ouvertes qu’avec de prétendues amies qui vous pourrissent et vous méprisent. Parce qu’au fond, les deux pensent et sentent pareil. Juste elles n’en font pas la même chose.

 

La réalité crue, et dure, c’est que le programme intime de la majorité du féminisme actuel est identique à celui des Radfem. Conservatisme et intégration/exclusion. Comme le programme de la gauche gouvernementale devient identique à celui de la droite dure. Mais que les impératifs du commerce politique impliquent de ne pas le dire ouvertement, de juste le laisser sentir, et à celles qui sont démarchées, c'est-à-dire les bio. Par exemple, les unes ne croient pas plus à la notion de genre – laquelle nous a été effectivement d’un piètre usage pour changer quoi que ce soit -  que les autres, mais elles affectent de faire (mal) semblant, et profitent des a-côtés. Les f-t’s, en attendant leur disparition escomptée, jouent le rôle des juives ou des roms, exutoires, punching-balls et boîtes à fantasmes. C’est pour ça que nous sommes recrutées à inclusiv’lande. Et pour mettre aussi de la pommade sur la conscience malheureuse et torturées des bio qui font dans la compassion et le paternalisme. Mais qui ne se posent guère de questions oiseuses quand nous venons à disparaître. Il y a tellement de choses intéressantes à faire et qui gavent l’attention comme l’avidité ; « Wah trop radicool ! Une soirée post-porno queer mgt, dis donc, ah ça c’est libératoire et pas normé pour un kopeck. Ah c’est bête, on manque de diversité, il faudra qu’on se dégotte une nouvelle trans pour faire domina la prochaine fois ».

 

Pour en revenir au féminisme radical, il se trouve que j’en suis. Je n’ai, dans la ligne de la tradition un peu beaucoup oubliée qu’on ne demande pas la permission à celleux qui vous dominent, réclamé finalement de certificat à personne. D’autant que ce que je mets dessous ne correspond que très partiellement aux rêves hargneux mais surtout étroits des Radfem actuelles. Beaucoup plus à ce qu’appelait Solanas. Une révolution, quoi.

Ça ne m’embête pas plus que ça d’être seule, dans ce pays et pour le moment, dans l’intersection, comme è disent, de ce que je suis et de mon option politique : un monde de femmes, où on aura détruit les instances de pouvoir et de valorisation. L’époque n’est pas à l’audace.

Ce qui m’embête c’est d’une part que la vie est (de plus en plus) courte, et qu’on se fait piéger et charcler par des milieux qui sont pas mal structurés par la crapulerie, la lâcheté et le mensonge. Il faudrait, si j’ose dire, pas naître, parce qu’on ne naît rien, mais très tôt, dès l’adolescence, avoir accès comme on dit encore en novlangue à un bagage de savoirs (et re novlangue !) sur la question, histoire de ne pas passer des années à nous faire massacrer par des fermières de l’intégration qui nous font « petite petite petite », avec leur grand couteau derrière le dos, comme dans la fable de la Fontaine.

 

En ce qui concerne, encore une fois, les Radfem et assimilées, de mon point de vue elles butent dans la même impasse que les Delphy et bien d’autres, impasse critique qui n’est pas propre au féminisme, mais coince tout le mouvement révolutionnaire depuis longtemps : elles n’identifient le patriarcat qu’au regroupement d’intérêts universalisés de la classe des hommes ; ce que je crois exact en analyse descriptive mais n’épuiser pas le problème. Je suis de celles qui pensent que les systèmes de domination sont totaux, constitués de formes non perçues comme telles mais que nous vivons comme nous-mêmes, et que par conséquent démolir la domination ce n’est pas opérer une redistribution de ces formes et de leurs dividendes, mais s’en défaire. C'est-à-dire, en ce qui nous concerne ici, de se débarrasser des formes sociales valorisées en patriarcat. Pas se les réapproprier. Sans quoi nous reproduirons, même avec un autre encadrement, un monde sensiblement identique.  

Les conséquences sont de toute façon matérielles et immédiates, dans le choix entre la cogestion protestataire et la critique radicale ; dans un on se retrouve un jour ou l’autre assise à la même table que des flics, des procs, des managers et des ministres ; dans l’autre on est derrière la barricade ou dans le désert. Quand on essaie de faire les deux, on finit écartelée, ou folle.

Je crois de plus en plus fermement, avec l’expé, que les attitudes morales pourries sont pour beaucoup une conséquence de l’aplatissement, de la résignation, de l’opportunisme politiques et intellectuels qui caractérisent et notre époque, et nos milieux dans cette époque.

 

Pour dire, en fait, que je peux me sentir des fois une solidarité politique partielle avec ces nanas, les rad’s, qui sont je crois elles-mêmes divisées entre se servir des structures présentes et les détruire. Et que, contrairement à ce que voudrait l’idéologie présente de la convivialité et du respect, laquelle est la pierre tombale sous laquelle se passent précisément les violences et abus évoqués plus haut, je ne demande ni n’attends en aucune manière que cette éventuelle convergence se traduise en relation ni en inclusion.

De toute façon, elles sont très peu nombreuses, et je suis encore moins nombreuse. Je veux dire, même s’il y a un risque exterminatoire, ce qui est probable envers nous si elles prenaient le pouvoir, il n’est pas à l’ordre du jour. Ce qui est à l’ordre du jour, c’est le lent massacre dont les f-trans font l’objet chez les féministes raisonnables et opportunistes. Comme partout ailleurs à biolande.

 

Bref, je n’entre pas dans la chorale, dans aucune des chorales d’ailleurs. C’est que je chante faux. Hé, déjà, hein, vous savez bien ce qui se passe quand il y a une trans dans les chorales de meufs ; avec nos cordes vocales toutes détendues, amollies, c’est comme la louve qui se veut faire bergère (La Fontaine là encore). Wooouh. Pas possible. Ridicule même. Tout le monde fait comme si pas, mais en réalité ça passe pas, ça rigole in petto. Et des fois y a de quoi. Nous chantons faux, nous sommes des pas vraies de toute façon. Et d’ailleurs ça chante faux, dans la mesure où ce qui est chanté est souvent pas vrai non plus, prétexte, voile, cache-sexe au maintien des rapports de force et de naturalité en vigueur ! Laissons tomber les chorales. Laissons tomber les arnaques à la sororité, à la reconnaissance ou que sais-je. Laissons tomber l’alignement idéologique prudent. Ça ne sert à rien. Si nous devons être massacrées, ou conduites à l’extinction, à la fin, nous le serons. Nous nous abîmons déjà bien nous-mêmes, avec enthousiasme. Le tout est de n’y consentir ni d’y participer en aucune manière, et pour, je veux dire, garder un tant soit peu d’estime (et rerenovlangue), et pour garder aussi une liberté de pensée, cette liberté négative que j’ai déjà souvent évoquée, qui est peut-être une étape vers ce monde profondément différent, opposé, dont j’ai parlé plus haut.

 

(Peut-être que les succétrices de celles mêmes qui nous traitent comme des m… viendront alors dire merci sur nos tombes. Ce sera encore plus beau et plus obscène que leurs gueules de circonstance de cent pieds de long aux cérémonies du TDoR, entre deux saletés transphobes. On s’en fout. On les emmerde. Vivons.)

 


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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 09:11

 

« Si vous ne savez pas être libres, apprenez au moins à être malheureux ». Cette cynique déclaration, symptomatique d’un ancien régime que nous n’avons absolument pas quitté avec la modernité économiciste et démocrate, connaît toujours de nouvelles applications. Le "ne savez pas" est évidemment doublé, à l'interieur, d'un tout aussi définitif "si vous n'avez pas les moyens". 

 

Je vous avais déjà causé de l’arnaque au courage, ce courage bien commode dont on laisse l’usage – supposé le bon usage, hein, faites pas n’imp’ avec, ne vous révoltez pas - aux écrabouillées. Je vous avais causé des avisés conseils en économie familiale des caf, comment organiser la misère. Je ne vous avais je crois jamais parlé d’un autre truc qui me donne des boutons, que les psys agitent en hochet, et qu’ils nomment la résilience. En gros, la capacité à avaler les violences et les blessures, et que c’est très bien, prenez sur vous, comme ça vous resterez une citoyenne utile.

 

Récemment, encore « mieux », si toutefois il est encore pertinent de tenir un palmarès des ignominies de ce monde. La directrice du plan alimentaire mondial a usé de ce même terme de résilience en ce qui concerne l’affamement de contrées entières, pas rentables. Y faut que ces gentes arrivent à la boucler, sans évidemment remettre en cause de quelque manière que ce soit le commerce, qui est à l’origine de ces famines. Pasque sans le commerce, hein, ce serait pire que le moyen âge.

 

Ce qui est absolument admirable, au point de rendre folle d’ailleurs, c’est l’intrication opportune de logiques contradictoires : on nous injoncte, une fois qu’on nous a confisqué à peu près toute autonomie réelle, de nous démerder isolément, privativement, selon les lois quoi, tout en maintenant un système basé sur la circulation et la valorisation, qui met soigneusement hors de portée l’essentiel de la production, histoire d’éviter le crash de la valeur.

 

En termes crus, ça signifie : vous ne valez rien, crevez. Mais dignement, hein ? Et sans faire de barouf. Ou survivez, grâce à nos toujours nouvelles techniques de reconstruction positive, ça permettra de vous utiliser une fois de plus.

 

D’ailleurs, tout va bien : les prix des matières premières remontent. C’est vrai qu’avec cette fichue déflation… Bien sûr, les pauvres vont avoir encore un peu plus de mal à se nourrir. Mais les gros paysans et les entreprises agricoles vont dégager, comme on dit, plus de bénef’. Le miracle de la valeur, de l’échange et de l’argent, c’est qu’il faut toujours qu’il y ait quelqu’un qui crève. Mathématiquement. Même les physiocrates, avant Smith, avaient du se rendre à cette évidence : pour que « ça » tourne, il faut des broyés. C’est l’huile indispensable de toute économie.

 

De même, les rapports sociaux et relationnels vont se réintensifier. C’est l’printemps (enfin dans l’hémisphère nord). Les besoins vont fleurir. Ça va contraindre, violer, séquestrer, harceler, tuer dans tous les coins. Là aussi, hein, courage et résilience, bobonnes : ça fait tourner les services de sécurité, les tribunaux, les urgences, les psys, les services à la personne ! C'est que ça doit faire deux ou trois points de PIB tout ça, imaginez si ça venait à disparaître, flop, dans le désintéressement général et l'égaillement de vies pour elles-mêmes ? Pas question de déserter, de se soustraire, d'envoyer promener le cirque, sécateur dans la poche ventrale ; ce serait antisocial. Néfaste à la production d'amour et de plaisir, si nécessaires à reproduire l'ordre des choses - et à y consentir. Tout le monde au front ! 

 

On ne socialise, n’échange, ne valorise jamais assez ! C’est le vrai visage du bien commun : figures, vies détruites, poubelle, ou refagotées, histoire de pouvoir resservir.

 

Cauchemar autogéré !

 


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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 10:02

 

"Nous nous reproduisons par l'exemple"

 

 

 

Des fois, on se surprend, sans tout à fait pourtant que ce soit tellement inattendu. C’est ainsi que, zieutant une pub pour un bouquin québecois que je rangerais dans les éducatifs-apologétiques, comme quoi ce monde est (potentiellement) merveilleux et qu’il importe que toute une chacune y prenne place, je me suis surprise à quand même trouver sympathique cette approche. C’est un livre intitulé « Une fille comme les autres », qui narre les aventures quotidiennes d’une très jeune f-t’. Un modèle d’intégration.

 

Pourtant il y a en arrière plan bien des choses et des affirmations définitoires parmi celles qui me donnent de l’eczéma, comme le tristement fameux « on naît comme on est », qui se répand dans la pensée politique contemporaine comme une tache d’huile, ce qui d’ailleurs suppose la savoureuse résurrection de l’âme, laquelle n’est pas tombée, honte à dieu et à la cigogne, dans le corps approprié. Et puis la normalité, ce désir massif. L’intégrationnite. Je ne m’étends pas dessus une fois de plus.

 

M’enfin, n’empêche il y a quelque chose qui me soudoie dans ce bouquin et ses images. Et je me suis soudain dite un truc tout simple que j’aurais pu me dire depuis longtemps. Mais voilà, il fallait sans doute des années et des années pour y revenir. Lorsque j’ai transitionné, se battaient dans ma caboche deux options, deux visées, ou plutôt une visée et une conséquence. La visée, comme celle de quelques camarades qui depuis l’ont mise bien profond dans leur sac à dos avec plein de linge dessus, c’était de briser les logiques et fatalités en vigueur. La conséquence, c’était la suivante : ce monde ne changera pas ; je dois donc moi changer, vers ce qui me semble préférable. Le lien entre les deux était dans ce préférable. Il ne s’agissait pas de « me (re)trouver », comme dans la chanson de Danièle Messia, et comme j’ai dit je ne crois pas trop à la prédestination, mais d’aller vers. Même ce qui m’apparaissait alors comme une forme de résignation ne l’était pas tant que ça.

 

Et cela m’est revenu en parcourant le livre en question : j’ai transitionné, aussi, et même d’abord, pour en rajouter, pour ce que ce monde indécrottablement m, où le poids des choses et des intérêts sociaux finit obstinément par mener et ramener à se réclamer des formes viriles, par se les réapproprier et les déclarer neutres, utiles, efficaces, désirables quoi, ait en lui un poids de plus (je suis une grosse […], à tous points de vue) qui fasse pencher les choses vers le f. Renverse la marmite. Vers le ralliement aux formes asociales, improductives, irreproductives, grèvistes, paresseuses, faibles, négatrices. Je ne suis pas pour un sou partisane de l’aménagement du patriarcat ni de ce qui va comme par hasard toujours avec, du relationnisme safe, du commerce équitable, de la parité, et que sais-je encore. Je suis pour tout à fait autre chose, opposée, hors.

 

Et c’est tout étrange que je croie trouver une des fissures vers ce hors, ce hors qui pour moi se trouve dans l’assigné féminin, le féminisme, ce qui est consensuellement méprisé et utilisé en sous main, par le biais de ce gentil livre pour enfants, dont la déesse doit savoir à quel point l’auteure doit craindre ce hors, cette sortie en plein travers. Encore que, est-ce si sûr ? On nous veut et croit raisonnables ; nous sommes de plus en plus exaspérées. Et cette exaspération passe par des points de moindre résistance.

 

 


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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 15:18

 

 

(En passant par les Hommen).

 

Beh ouais, c’était déjà le titre d’une rubrique du bien droitier Famille Chrétienne, pour les femmes dont la merveilleuse place est bien entendu à la maison, à torgnoler les lardons et à laver les slips de pépé. Le concept, lui, doit venir des incroyablement efficaces cercles de silence citoyens, qui comme nous le savons toutes ont fait reculer d’effroi les gouvernements successifs, lesquels n’osent plus expulser un seul clandoche. Bref, du compost familiste hétéro et chrétien a jailli ce nouveau mouvement, qui me fait à peu près autant marrer, et avec autant d’amertume, que les poissons roses.

 

Ce qui est remarquable est que ces pro-famille ont pour but premier bis de combattre « toutes les violences faites aux enfants ». Chacun sait à quel point la famille hétéra (pléonasme !) est un hâvre de paix et de safety, et à quel point les nenfants y sont préservés par leurs deux géniteurs de toute atteinte. J’en ai mal au côlon de lire une contrevérité pareille.

 

En effet, il faut lire entre les lignes que la violence en question, ce ne sont pas les innombrables horreurs qui se passent en famille, ni même le cadre profondément mortifère d’icelle. Nan. C’est qu’il n’y ait pas un papa bien poilu et xy et une maman bien épilée et xx pour mener tout ça à bon port, port qui n’est autre que sa propre reproduction, et de celle de la société « qui va avec », comme on aime à dire aujourd’hui sans toutefois beaucoup se casser la tête sur le contenu et les implications.

 

Purée – mais quand est-ce qu’on descendra, à notre tour, dans la rue, les quelques centaines de vieilles ringardes résolument féministes, antisociales, antifamiliales, qui tenons que ce triste noyau fermé, le natalisme, les parents, les nenfants, la maison, le boulot, le monospace et le chien c’est la vérole ! Casser, si peu que ce soit, le consensus invraisemblable qui s’est congloméré ces derniers temps dans la promotion de ces puits de solitude.

 

Pour l’honneur, au moins, quoi !

 


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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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