Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 11:34

 

 

Nous n’en sommes plus à cela près, n’est-ce pas ? V’n’allez pas hurler si la négative murène vous fait la pub… d’une vidéo faite par des attacites, sur des personnes d’hailleurs (gare à l’exotisation, que faisons nous de nos fesses ?), et dont elle a trouvé la recension chez les braves léninistes de Bellaciao ? Et puis même, elle a ses boules quiès.

 

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article126208

 

C’est un docu sur la mobilisation de nanas contre le micro-crédit. Vous savez, cet arrosage miniature et bienfaisant de l’économie sur les plus pauvres et les déjà superfluEs, afin de les aider à s’auto-exploiter et de les introduire dans le monde merveilleux de la dette, des fois que la valorisation pourrait en tirer quelques bribes. Pas des fois, même, elle les en tire, ces bribes et ces tripes ; ce n’est pas vraiment qu’un tour de phrase que de dire que la richesse se récolte d’abord chez les pauvres. Tenez, hé, où sont, et par qui, triés, valorisés, les déchets empoisonnés des équipements qui nous permettent une vie si épanouie et branchée ? Mais sur des décharges géantes en Afrique, par les habitantEs des bidonvilles voisins, qui en survivent vaguement avant d’en crever rapidement. Et tourne le recyclage et le durable. La fameuse « Île aux fleurs », où l’on nous montre de joyeuXses drilles escaladant une montagne de légumes pourris imprégnés de pesticides, semble effectivement un relatif eden, devant ces amoncellements géants de métaux à la fois précieux et mortels (mais les métaux précieux ont toujours été mortels, d’une manière ou d’une autre, c’est le secret de la valeur et de l’économie). Sûre qu’on va leur flanquer des micro-crédits pour qu’ellils meurent un peu plus rentables.

 

Enfin bref, on parle donc là encore d’une arnaque, et cette arnaque est un module de la grande arnaque de l’enrichissement et du développement… de la misère, des besoins, de la concurrence et de la dépendance. Et ce sont des nanas qui cassent le morceau, renversent la micro-marmite et refusent le néo-asservissement. Ce n’est pas nécessairement un hasard. Les femmes se trouvent, si l’on en croit l’interprétation selon laquelle valeur et production reconnues sont domaine masculin, dans une situation paradoxale : elles doivent à la fois incarner l’autre, vous savez, le continent sombre, le gratuit, le bénévole, le corvéable à merci, et en même temps la logique économique qui s’assèche ne peut plus se permettre de laisser qui que ce soit hors du grand pressoir. Du coup les femmes subiront les deux, l’exploitation gratuite et l’exploitation payante. Ce n’est d’ailleurs pas nouveau comme constat. Ce qui l’est, peut-être un peu plus, c’est de refuser la logique d’intégration dans la machine. De dire qu’on n’a rien à gagner à y entrer, fut-ce paritairement, mais plutôt à la fuir et à la démonter.

 

Enfin voilà, si cela vous dit…

 

On est quelques unes, encore bien rares, à causer de féminisme réellement anti-sexe et anti-relation (http://pink.reveries.info/post/2012/03/10/Anti-sexe) – c'est-à-dire critique de ces formes de réalisation sociale et existentielle ; on commence aussi à causer de féminisme anti-économie, anti-travail et anti-intégration à ce monde (sans pour autant tomber dans l’escarcelle essentialiste). Et pas de ce ressentiment tronqué qui s’imagine que l’anticapitalisme et l’antipatriarcat se résument à l’extermination soft de quelques spéculateurs et putes, afin de mériter le ticket d’entrée au douteux paradis de la distribution et du guichet égalitaire, avec un toujours papa état superficiellement démasculiné, relooké, autogéré et forcément bienveillant !

Ce n’est pas anodin : « je t’aimeuh » et « je travaille, moi », sont les deux centres de production de la dépossession, les représentations pilières de ce que nous nous devons d’être, les deux faces de la monnaie de singe du présent, avec laquelle nous nous achetons nous-mêmes nos vies. Tout est subordonné à l'une ou l'autre de ces baudruches cannibales.

Anti-sexe et anti-travail, la démolition des valeurs-relation et –économie, ont partie liée. La petite murène espère que les deux désertions iront de pair, pour en finir avec ce monde avant qu’il en finisse avec nous ! Si toutefois il n’est pas déjà trop tard.

 

 


Repost 0
Published by
15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 10:37

 

 

La bague au doigt, la chaîne au pied et le joug dans la tête.

 

http://tv.yagg.com/2012/03/14/loperation-bagues-aux-doigts-de-sos-homophobie-en-video/

 

Il n'est plus même temps de s'ahurir ; mais décidément, il n’y a pas un colifichet du folklore de la dépendance, de la relation valorisante obligatoire et conséquemment de l'hétéropatriarcat que nous répudierons. Bien au contraire, nous en endosserons tous les éléments, garde-robe de Barbie, tunique de Nessus qui nous y réduira. Et on aura l’air bien c…es, quand à coup de réclamation et d’intégration nous les aurons parfaitement reproduites et perpétuées, ces sympathiques formes de la survie au pays planétaire de l'angoisse et du besoin. Avec les mêmes effets, lesquels commencent déjà à se manifester. Chercherons-nous alors à nouveau des coupables et autres méchantEs qui nous aurons "égarées" ? Commencerons nous à zieuter de plus près nos idéaux gluants ? Ou sera-t'il de toute façon trop tard pour une émancipation, dans le désastre humain et matériel qui se profile ? 

 

Un vieil écrivain du début de la modernité remarquait sagacement que la première chose que l’on voyait en arrivant en france, c’était toujours le bicorne d’un gendarme ou d’un gabelou.

 

Á présent que nous nous sommes toutes faites les gendarmes du présent, démocratie aux cent yeux oblige, il nous convient d’en porter le couvre-chef, fut ce moralement.

 

Identité, amour, travail, voilà le tricorne qu’on va porter jusques au bout de la tentative de sauvetage de ce sinistre monde.

 

Yahou !

 

 


 

Repost 0
Published by
12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 11:08

 

 

Il arrive qu’on se torde l’esprit, de même qu’on se tord la cheville en mettant le pied dans une ornière. C’est un peu ce qui m’est arrivée l’autre soir. Poussée par la solitude et l’ennui, j’avais été remettre mon nez à lgteubélande, précisément à son « antenne » dans la métropole régionale. Vous savez, ces «centres » qui éclosent, petit à petit, plus ou moins facilement. Ah, les « centres » - il y aurait beaucoup à dire déjà sur la reductio ad centra, la guirlande desquels me fait penser un peu à une collection de trous noirs qui se nourriraient de la provende des corps et des âmes des « gentes concernées », afin de produire je ne sais quelle luminescence douteuse dans la pénombre des grands fonds de l’époque. Beh oui, centre, pour moi, c’est du même acabit, de la même logique qu’usine, que prison, qu’hôpital, que tous ces pièges à insectes sociales auxquels nous finissons presque toujours par nous laisser prendre, et qui nous avalent, nous digèrent, pour excréter de l’enthousiaste présent.

 

Et voilà donc que je me mets en route, sur notre Méridienne gratuite, et atterrit à deux pas de l’endroit. Ce soir là, c’était T au menu. Vous l’aurez deviné.

 

Je me suis affalée dans un coin, sur un pouf rouge, contemplant avec inquiétude déjà les présentEs, dont je connaissais certaines. La T de référence vaquait bruyamment, les pédés s’agitaient, les biogouines, dont la présence me rassérénait à priori, se terraient dans un coin pour éviter la contamination, tout en faisant visiblement tourner la baraque. Rien déjà donc que de très attendu. Je me demandais déjà ce que j’étais venue faire, tout en sachant très bien la réponse : je suis dans la débine, je me laisse aller, je vais traîner. C’est triste et pitoyable.

 

Je passe sur les détails de la soirée. J’étais coincée. Coincée entre le vide sidéral des lgbts et des T en particulier (ici, on ne pouvait même pas parler de queer), et le ressentiment des radicales. J’étais coincée, j’avais remis le pied, pardon l’esprit, dans mes racines humaines et intellectuelles contradictoires. Dans l’ambivalence qui me tue. Je me suis sentie comme une balle de caoutchouc, renvoyée des unes aux autres. Il ne faut jamais jouer quand on est une baballe, il faut se terrer derrière une armoire. M’étant perdue de vue, de conscience, je me suis même laissée aller à bafouiller quelque chose d’informe, ce dont je suis remplie de honte.

 

Je n’étais pas nulle part ; plût à la déesse que je l’eus été ! Au contraire, j’étais éparpillée partout. Même dans le vide des T qui couinaient sur leur triste destin discriminé, ou dans celui de la réalisatrice d’un film dont tout le monde, une minute après la fin, avait fermement oublié les propos, résolument révolutionnaires. Il y avait mes morceaux de formée par les féministes et lesbiennes radicales, et même matérialistes, qui traînaient par terre, à la fois exaspérés par l’irénisme des « intervenantEs », la f-T à grande gueule et le m-T balbutiant, leur discours des individues à la libérale, et par la critique tronquée du monde et du patriarcat réduite à la malveillance des méchants des radiques, dont cependant je me sentais plus proche parce qu’agacée aussi. Et parce qu’il y a les mêmes choses qui nous sautent au visage. J’en suis restée malade.

 

Je nous suis toutes vues tourner dans nos cercles, dans nos cages à hamster d’explications faciles et de plaintes adressées à la divinité démocrate, et ça avait quelque chose de dantesque, de dantesque ridicule, l’enfer, mais l’enfer de hamsterlande. L’enfer de l’élevage humain. De notre élevage autogéré. De notre élevage pour produire la chair à identités, à citoyennetés, à toutes ces valeurs de la bourse diffuse des éconocroques en déroute. Où nous jouons consciemment, délibérément, attentionément nos rôles, toutes contentes de ce, sans supposer un instant qu’ils nous traînent dans l’abîme. Que nous nous traînons par nos propres rognons au désastre commun, à travers même nos inimitiés prévisibles. C’est à devenir platement cinglées, comme d’ailleurs l’essentiel de la population. Et nous n’y manquons pas.

 

Je me suis tordu l’esprit dans le nid de poule de nos soifs d’exister, de nos faims de grignoter les biscuits de la reconnaissance. Parce que je ne viens pas d’une, mais de plusieurs d’entre elles, et que je rampe en même temps à moitié au dehors. Sur la bande de roulement.

 

Scouitch !

 

 


Repost 0
Published by
8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 10:13

 

On a pensé des fois à nous en de singulières circonstances. Ainsi de ce message radiodiffusé, envoyé par les insurgéEs de Kronstadt, la veille du 8 mars 1921, alors que l’armée rouge venait de commencer son attaque sur la ville :

 

« Aujourd’hui est un jour férié universel, la Journée des femmes ouvrières. Au milieu du tonnerre des canons, nous envoyons de Kronstadt nos vœux fraternels aux femmes ouvrières de l’univers. Puissiez-vous bientôt vous libérer de toute forme de violence et d’oppression. Longue vie aux femmes ouvrières révolutionnaires ! Longue vie à la Révolution sociale dans le monde entier ! »

 

Cela dit, et comme on va le voir, des fois il vaut mieux qu’on vous oublie, plutôt que de vous assigner un destin, fut-il de porter les espoirs de touTEs les avides et autres éspérantEs. L'émancipation commence quand on cesse de mettre ses rêves sur le dos d'autrui.

 

Je m’étrangle tranquillement ce matin en lisant les innombrables inepties publiées dans les journaux. Ah, ça, comme on dit avec les amies d’ici, y a pas de quoi être marsiennes ! Ainsi de cet épouvantable article paru dans la Libre Belgique, dont je vous extrais ce passage :

 

« Papa travaille. Maman travaille. Il est de plus en plus difficile de se passer d’un salaire pour se consacrer aux enfants uniquement. Pourtant, il faut se résoudre à faire des choix : la crèche ou le retour à la case "maison". Si le dernier cas est choisi, c’est souvent la mère qui décide de faire un trait sur ses engagements professionnels pendant un certain temps. La punition ne se fait pas attendre : pas de salaire, une carrière stoppée avec tout au bout une pension qui se réduit comme une peau de chagrin et qui, le jour venu, deviendra peut-être une cause de précarité.

Que se passerait-t-il si les femmes, pour ces raisons, refusaient la maternité ? Cette question n’est pas rhétorique et le danger d’une dégradation au niveau démographique aux conséquences dramatiques doit être considéré.

[...]

On risquerait d’avoir à terme des taux de fécondité dans le monde qui chutent et ce, en dépit de l’envie bien naturelle des femmes d’avoir des enfants. Quand viendront donc de vraies "compensations" pour celles qui veulent "materner" à temps plein ou à temps partiel ? Pourquoi doivent-elles dépendre financièrement de leur compagnon ? Pourquoi sont-elles "punies" à la retraite ? Parce qu’elles ne disent rien ? Parce que leur voix est trop faible pour être entendue ? Parce qu’il y a tant d’autres problèmes plus importants que celui-là ? Parce que c’est un poncif et que cela peut encore attendre ? »


Ah c’est splendide, ahurissant ! La guerre et le travail sont décidément leur réciproque continuation par les si fameux "autres moyens" ! Mais y a une évidence qui, elle, ne bouge pas d'un poil : la raison d’être des nanas (bio, mais qui sait ce qui va arriver dans quelques années, si l’inflation de moyens se poursuit ? Va-t’on, les T, nous mobiliser aussi ? Le désir qui envahit déjà les M-T va-t-il se jeter sur nous ? Argh !), la raison d’être donc des nanas est de pondre. Et leur raison de bipèdes de bosser ; c'est même juste en cela qu'il y a "égalité". Point. La baise/maternage et l’usine/bureau, voilà l’horizon du Titanic humain, côté F, et les deux seuls pôles entre lesquels il est loisible de s’équilibrer. L'avenir ? Mais des crèches, un raz de marée de crèches pour que la ponte continue et enfle, des crèches pour tous les petits jésus et pour les vierges Marie bénévoles, désirantes, productives, rentables ; au secours !

Un peu plus de taf, un peu moins de ponte, ou l’inverse, ou les deux, à fond, à mort ?

Si on ne veut ni enfant ni boulot (ni mec), ah là c’est l’asocialité sucrée de crime contre l’économie, laquelle a tellement besoin de futurEs consommateurices et de futurEs exploitéEs. L’idéal étant de fondre les deux en un.


Notre vieille Valérie (reviens !!) avait, on peut le dire, traité le problème en quelques phrases : qu’est-ce qu’on en a à foutre de relationner, de baiser, et surtout qu’est-ce qu’on en a à foutre des « générations futures » ?! Clac. Ciseaux encore plus radicaux que ceux que nous agitons bien souvent sans grande conviction. Nous n’oserions tailler que dans les images et les fantasmes, elle taillait dans le vif, la bougre. Elle parlait de nous, et non pas des autres. Quand refuserons nous, justement, ce fichu idéal de reproduction, et ce non moins fichu idéal de la colle ? Histoire de vagabonder quelque peu.


C’est là que l’on voit les limites de la critique tronquée : elle nous ramène toujours au même, par les courbes les plus ondoyantes. Les nanas de l’imaginaire révolutionnaires étaient et sont toujours résolument des « travailleuses », intégrées dans le monde ô combien masculin de la production sacrée. Il ne leur en était déjà loisible de sortir que pour reproduire la valeur, d’une autre manière, sous forme de lardons ; je songe aux chambres froides du Palais de la Maternité de Petrograd, décrites par Babel (Isaac).


Et qu’est-ce qui unifie ces, somme toutes, deux aspects du travail que sont la reproduction de la valeur, et celle des reproducteurices elleux-mêmes ? Mais le droit, cette rhétorique de la possession, de la dépossession et de l’objectivation, bien sûr.


Les bras ne m’en sont donc même pas tombés lorsque j’ai lu cette recension judiciaire 


http://avocats.fr/space/caroline.mecary/content/les-affres-de-la-separation-pour-les-enfants-d-un-couple-d-homosexuelles---tgi-senlis-fevrier-2012_8B9E9CBC-B28C-4E96-9567-85AA88DCAB8F


Aussi ridicules que les hétér@, décidément nous sommes. Jusques dans la succession des détails, la mesquinerie et les vies qu’on pourrit à soi-même et aux autres.


Quand est-ce qu’on envoie bouler la relation obligatoire, le couple, la famille, les lardons, le boulot, et le pouvoir qui vit là-dessus à nos dépens ? Quand est-ce qu’on se débarrasse de cette subsistance qui nous fait psychopathes, à la fois serviles et cannibales ?


Ou bien est-ce que nous singerons encore quelques siècles (optimiste !) les formes du patriarcat ?

 

Bref, méfions nous autant du 1er mai que du 8 mars, et désertons autant les maternités, les garderies, que les usines et les cuisines, sans parler des prétoires. Nos émancipations, la prise de nos vies, c'est pas là qu'elle se trouvent ; ça se saurait. 

 

Et que les rêveurs d'un monde plein comme un oeuf nous oublient - à moins qu'on ne le leur fasse radicalement oublier ?

 

 


 

 

 

 

Repost 0
Published by
5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 21:14

 

 

La petite murène, plus tectosage que jamais, profite d'un moment d'égarement pour vous présenter son estimable cousine, l'anguille de Melun, laquelle, de tradition, crie avant qu'on l'écorche et en a bien raison !

 

On ne le dira jamais assez : crions avant d'avoir mal !

 

 

anguille

Repost 0
Published by
3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 12:27

 

 

...la matinée à chercher des papiers justificatifs pour qu’on me laisse me voler mon temps tranquillement. En fait, travailler pour vivre est encore plus stupide que vivre. »

 

Alejandra Pizarnik

 

 

Ce qui n'est pas peu dire, vu ce à quoi nous consentons comme vivre.

 


Repost 0
Published by
26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 10:55

 

sur le site d’Alison Bechdel, l’auteure de Lesbiennes à suivre, qui est parmi les meilleures bd lesbs. Dommage, en français, la seule édition, qui a presque vingt ans (que nous sommes vieilles, j’y crois pas…) est épuisée.

 

http://dykestowatchoutfor.com

 

J’ai été dans « biographies », il y a des personnages nouvelles, en plus de celles que je connaissais. Une ado T, la fille des deux qui se marièrent, et quelques autres.

 

Eh ben vous voyez, j’ai beau être critique, négative, incrédule, revêche, ringarde et renégate, j’ai beau trouver que c’est ultra bien pensant et que les identités qui ont passé le baccalauréat social s’ajoutent « naturellement » en cumul, eh bien zut, non seulement j’adore Bechdel et Lesbiennes à suivre, mais encore, en songeant, je finis toujours par me dire que je préférerais qu’on soit que des nanas. Et qu’on ne glisse pas irrémédiablement, répétitivement, vers des valeurs masculines, « réappropriées » ou pas. Un monde F. Je pense pas que par miracle et vertu on se trouverait libérées du Mal, et même pas des formes sociales à l’œuvre à travers nous. On continuerait sans aucun doute à patouiller et à se faire, à nous-mêmes comme aux autres, les pires crasses. Mais ça serait tout de même plus vivable, je crois.  

 

Après je serais pas mieux sociable, et je grognerais toujours seule dans mon coin, babosse et hargneuse, ça ne ferait pas un pli. Mais j’aurais par devers moi un chouïa plus de sympathie pour ma planète humaine.

 

D’ailleurs, tiens, voilà que d’autres me remettent en mémoire, justement, le test de Bechdel. Oh, bien sûr, c’est un constat que nous avons bien souvent fait entre gouines, que nous nous occupons cerveau et langage avec les mecs. Mais je suis contente que ce test lui soit attribué ; et, tenez vous bien contente de faire de la pub, pour une fois, envers OLF, sur le site duquel j’ai trouvé cet article.

http://www.osezlefeminisme.fr/article/cinema-representations-des-femmes-le-test-de-bechdel

 

Eh oui, je suis une vieille grognasse aux manières surannées, et donc je suis toujours joyeuse, figurez vous, de pouvoir signaler quelque chose que j’aime de la part de gentes avec qui je suis brouillée à mort, et dont je combats souvent les conceptions. Ça rappelle que, si on veut absolument causer de légitimité, eh bien nous sommes légitimes, réelles, existantes, faillibles, toutes autant les unes que les autres. Qu’on s’apprécie ou pas.

 

Et quant aux mecs, ben oui, nous nous disions toujours avec un mélange de tristesse, d’agacement et de malice que plus on y a affaire, plus on en cause. Pour tout dire, un peu soûlées par les hétéra qui viennent pleurer dans notre giron l’invivabilité de meclande, et y retournent allègrement une fois consolées. N’y ayons point affaire, ou le moins possible ! Et surtout pas bénévolement.

 

Rien de tel que la mauvaise volonté pour refroidir les ardeurs.

 

 


Repost 0
Published by
21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 21:54

 

 

Ça piaille et caquette ferme à droite (mais aussi, en sourdine, dans la vieille gauche nationalo-réaque), où on brandit désormais carrément des thèses apocalyptiques au sujet du mariage pour tout le monde et autres facéties.

(http://yagg.com/2012/02/15/pour-jean-marc-nesme-le-mariage-et-ladoption-pour-les-homosexuel-l-es-est-%C2%ABune-ineptie-contre-nature%C2%BB/)

 

Le pire, c’est que je suis persuadée que celleux même qui disent ça, en rajoutent, n’y croient pas plus que ça. C’est juste de la retape électorale de circonstance en direction de la « france profonde », supposée bien mesquine et haineuse. Et qui l’est, mais d’abord pour sa tranquillité promiscuitaire et son bas de laine appauvri. Dans quelques années, un peu plus tôt plus tard, ce seront les mêmes qui discuteront mordicus de tel ou tel aménagement fiscal de lovelande et consofamiland pour touTEs.

 

Pasque le pire du pire, c’est précisément que nous ne leur donnions pas raison. Si seulement ! J’aimerais tellement qu’ellils disent vrai, que nous soyions un ferment de mise à la casse de cette société, de ses manies et de ses carcans. Un caillou irréductible qui casse les dents, allez, tiens, de l’hétéropatriarcat, de ses formes, ses sacrements et ses économies.

 

Bernique ! Nous avons pris, il y a belle lurette, le chemin de l’existence et de la reconnaissance, lequel mène vers l’intégration aux valeurs et au fonctionnement communs. Á la reproduction. Nous surenchérissons de normalité participative. Nous sommes bien sages, industrieuXses et fécondES. Un rêve louis-philippard, quoi. Enrichissons-nous, de tout ce qui fait valeur et ventre, voilà le consensus. Et la concurrence. Concourir...

 

C’est la pareille de ce vieux loup-garou mangé aux mites des classes qu’on dit dangereuses, lesquelles ne sont d’aucun danger pour les idéaux, les structures, les désirs de notre multitude, dans lesquels nous communions avidement, en réclamant le même et en nous marchant sur les pieds pour la distribution. Le danger n’est que rhétorique de notre fascination pour la déglingue qui gagne et la rédemption qui se fait nécessairement attendre.

 

Eh oui – être n’a jamais suffi à changer quoi que ce soit. Tout juste à contribuer et à confluer. On ne sort pas du cirque par la seule vertu de soi-même. Il s’y faut atteler.

 

Dommage tout de même. J’ai tendance, optimiste fossile, à croire qu’on aurait pu ne pas. Si on avait voulu.

 

Après on peut toujours essayer.

 


Repost 0
Published by
20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 11:50

 

 

 

La maudite n’est pas moins grégaire qu’une autre. Question de circonstances.

 

Mais voilà, ce n’est pas parce que vous appartenez à une famille que vous y êtes bienvenues.

 

Hé hé !

 

Neiraseule

Repost 0
Published by
20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 11:33

 

La culbuto bleu blanc rouge n’a pas failli à sa réputation, en nous promettant, l’autre jour, une nouvelle flambée régressive contre l’avortement, histoire d’en allécher quelques de plus. Comme elle ne se sent pas vraiment d’y aller de front, comme les populares en Espagne, qui elleux sont au pouvoir, et de ramener le droit à des « situations exceptionnelles », elle touche au porte-monnaie, déité adorée sous nos latitudes. Déremboursement – comprenez, braves gentes, que vous n’aurez plus à payer pour les traînées.

 

Le souci, c’est que n'est pas anecdotique ; elle se base, comme beaucoup d'autres, sur l'opposition avortement (mal)/contraception (acceptable, enfin pour le moment). L’avortement est un « échec », par définition – et de l’échec à la culpabilisation, dans notre société de réussite (warf !), il n’y a pas loin. Quand on me parle de réussite, ce mot qui a perdu son complément pour s’absolutiser, je me mets à courir.

 
C'est hélas là une position encore très majoritairement répandue (l'avortement comme "mal (plus ou moins) nécessaire"), position qui bloque toute avancée (délais, dépénalisation réelle, etc.) et ouvre la porte aux restrictions comme aux régressions. On essaie de cacher le « mal » sous le droit, mais ça dépasse. Il reste malséant de dire tout cru que se débarrasser d’un alien qui va vous bouffer la vie soit un bien. Même le penser est assorti d’une recommandation de mea culpa.

Il y a encore peu de temps, au sénat, dans un débat sur l'autorisation donnée au sages-femmes de délivrer ou non l'ivg médicamenteuse (qui a finalement été votée... et retoquée par le conseil constitutionnel !), la présidente de la commission ad hoc, Mme Dini, centriste et plutôt "progressiste" (elle est membre de l'ADMD), proclamait, sans que personne ne la reprenne, "personne n'est ici favorable à quelque IVG que ce soit" – tout en défendant l'amendement ouvrant cette ivg aux sages-femmes

 (http://www.senat.fr/seances/s201107/s20110701/s20110701012.html).

Il y a réellement une approche un peu schizo de la chose qui imprègne toute la société, quelquefois jusques en milieu féministe. C’est même difficile de faire la part de la répugnance et de la réprobation réelle, et celle de l’autocensure : n’allons pas trop loin, on nous enlèverait tout. Alors que toute l’expérience humaine et historique montre bien que c’est précisément en faisant nôtres les préventions adverses qu’on se prépare à tout lâcher au besoin, ou à tout se voir arracher des mains.

 

Cette gêne retrouvée envers l’avortement coïncide, ce n’est pas forcément un hasard, avec une espèce d’investissement désespéré, au milieu du naufrage, dans une notion de vie abstraite, bonne en soi (alors même que nous avons renoncé à maîtriser nos vies concrètes), et de l’enfance. Cette enfance, baudruche sociale et émotionnelle remplie de supposée « innocence » et d’une espèce d’espoir qui relève plutôt de l’abdication de nous-mêmes. D’où un paradoxal « refuge », bien peu efficace, dans le couple et l’engendrement, de quelque manière que ce soit.

J’ai été soufflée, aussi, de lire récemment des éloges d’un produit culturel infiniment compassionnel, sur le destin d’un enfant moribond (mais hein, tout de même, c’est beau la vie !) – et que ces éloges sont venus tout autant de lgbts patentéEs que de catholiques intégristes. Il paraît difficile d’être des deux. Mais ce n’était pas la question ici : la communion se faisait précisément sur cet idéal de l’enfance comme recours au désespoir, et d’une vie réduite à elle-même, n’ayant à peu près plus rien de supportable, qui fait penser à la triste « vie nue » dont parle Agamben. Valeur à laquelle il faudrait désormais cantonner nos volontés.

Ce qui fait d’ailleurs tristement rigoler quand on pense aux arguments genre « la vie c’est génial, il faut la donner ». Voui. Ce serait éventuellement quelquefois fondé si nous avions précisément su nous octroyer des vies supportables. Mais dans le naufrage actuel, de misère, de dépossession et de contrainte, alors que personne pratiquement n’arrive même plus à maintenir l’intenable fiction abnégatrice que « nos zenfants vivront mieux que nous » (tu parles, actuellement c’est déjà la génération des trente quarante ans qui se réfugie, sans rien, chez les parents et grands-parents soixantenaires, dernierEs pensionnéEs), c’est au-delà du foutage de soi-même.

Mais que n’endurerait-on pas pour pouvoir arborer un nenfant, en talisman social (plus ou moins efficace d’ailleurs) ; pour disposer de quelqu’unE sur l@quelLE crier au supermarché ; pour être en mesure de le laisser cuire ou geler dans la voiture ; afin de trouver où investir ses projets et autres schizophrénies ? Et néanmoins marcher blanc si quelqu’individu non parent l’estourbit. Pour pouvoir familler, tellement ça a l’air classe.

 

On veut de la « vie » - même, surtout peut-être, réduite à la servitude et à la reproduction du même ; on veut des nenfants. Donc on se méfie de l’avortement. Pas bien. Négatif somme toute.

 

Plus de nenfants, moins d’avortements, pour ne pas avoir à nous regarder nous-mêmes. Et à risquer l’effroi.

 


Repost 0
Published by

La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
  • Contact

ni alliées, ni amies, ni copines, ni soeurs ; autonomies transses

.

Recherche

Dans Les Orties