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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 21:54

 

 

Ça piaille et caquette ferme à droite (mais aussi, en sourdine, dans la vieille gauche nationalo-réaque), où on brandit désormais carrément des thèses apocalyptiques au sujet du mariage pour tout le monde et autres facéties.

(http://yagg.com/2012/02/15/pour-jean-marc-nesme-le-mariage-et-ladoption-pour-les-homosexuel-l-es-est-%C2%ABune-ineptie-contre-nature%C2%BB/)

 

Le pire, c’est que je suis persuadée que celleux même qui disent ça, en rajoutent, n’y croient pas plus que ça. C’est juste de la retape électorale de circonstance en direction de la « france profonde », supposée bien mesquine et haineuse. Et qui l’est, mais d’abord pour sa tranquillité promiscuitaire et son bas de laine appauvri. Dans quelques années, un peu plus tôt plus tard, ce seront les mêmes qui discuteront mordicus de tel ou tel aménagement fiscal de lovelande et consofamiland pour touTEs.

 

Pasque le pire du pire, c’est précisément que nous ne leur donnions pas raison. Si seulement ! J’aimerais tellement qu’ellils disent vrai, que nous soyions un ferment de mise à la casse de cette société, de ses manies et de ses carcans. Un caillou irréductible qui casse les dents, allez, tiens, de l’hétéropatriarcat, de ses formes, ses sacrements et ses économies.

 

Bernique ! Nous avons pris, il y a belle lurette, le chemin de l’existence et de la reconnaissance, lequel mène vers l’intégration aux valeurs et au fonctionnement communs. Á la reproduction. Nous surenchérissons de normalité participative. Nous sommes bien sages, industrieuXses et fécondES. Un rêve louis-philippard, quoi. Enrichissons-nous, de tout ce qui fait valeur et ventre, voilà le consensus. Et la concurrence. Concourir...

 

C’est la pareille de ce vieux loup-garou mangé aux mites des classes qu’on dit dangereuses, lesquelles ne sont d’aucun danger pour les idéaux, les structures, les désirs de notre multitude, dans lesquels nous communions avidement, en réclamant le même et en nous marchant sur les pieds pour la distribution. Le danger n’est que rhétorique de notre fascination pour la déglingue qui gagne et la rédemption qui se fait nécessairement attendre.

 

Eh oui – être n’a jamais suffi à changer quoi que ce soit. Tout juste à contribuer et à confluer. On ne sort pas du cirque par la seule vertu de soi-même. Il s’y faut atteler.

 

Dommage tout de même. J’ai tendance, optimiste fossile, à croire qu’on aurait pu ne pas. Si on avait voulu.

 

Après on peut toujours essayer.

 


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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 11:50

 

 

 

La maudite n’est pas moins grégaire qu’une autre. Question de circonstances.

 

Mais voilà, ce n’est pas parce que vous appartenez à une famille que vous y êtes bienvenues.

 

Hé hé !

 

Neiraseule

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 11:33

 

La culbuto bleu blanc rouge n’a pas failli à sa réputation, en nous promettant, l’autre jour, une nouvelle flambée régressive contre l’avortement, histoire d’en allécher quelques de plus. Comme elle ne se sent pas vraiment d’y aller de front, comme les populares en Espagne, qui elleux sont au pouvoir, et de ramener le droit à des « situations exceptionnelles », elle touche au porte-monnaie, déité adorée sous nos latitudes. Déremboursement – comprenez, braves gentes, que vous n’aurez plus à payer pour les traînées.

 

Le souci, c’est que n'est pas anecdotique ; elle se base, comme beaucoup d'autres, sur l'opposition avortement (mal)/contraception (acceptable, enfin pour le moment). L’avortement est un « échec », par définition – et de l’échec à la culpabilisation, dans notre société de réussite (warf !), il n’y a pas loin. Quand on me parle de réussite, ce mot qui a perdu son complément pour s’absolutiser, je me mets à courir.

 
C'est hélas là une position encore très majoritairement répandue (l'avortement comme "mal (plus ou moins) nécessaire"), position qui bloque toute avancée (délais, dépénalisation réelle, etc.) et ouvre la porte aux restrictions comme aux régressions. On essaie de cacher le « mal » sous le droit, mais ça dépasse. Il reste malséant de dire tout cru que se débarrasser d’un alien qui va vous bouffer la vie soit un bien. Même le penser est assorti d’une recommandation de mea culpa.

Il y a encore peu de temps, au sénat, dans un débat sur l'autorisation donnée au sages-femmes de délivrer ou non l'ivg médicamenteuse (qui a finalement été votée... et retoquée par le conseil constitutionnel !), la présidente de la commission ad hoc, Mme Dini, centriste et plutôt "progressiste" (elle est membre de l'ADMD), proclamait, sans que personne ne la reprenne, "personne n'est ici favorable à quelque IVG que ce soit" – tout en défendant l'amendement ouvrant cette ivg aux sages-femmes

 (http://www.senat.fr/seances/s201107/s20110701/s20110701012.html).

Il y a réellement une approche un peu schizo de la chose qui imprègne toute la société, quelquefois jusques en milieu féministe. C’est même difficile de faire la part de la répugnance et de la réprobation réelle, et celle de l’autocensure : n’allons pas trop loin, on nous enlèverait tout. Alors que toute l’expérience humaine et historique montre bien que c’est précisément en faisant nôtres les préventions adverses qu’on se prépare à tout lâcher au besoin, ou à tout se voir arracher des mains.

 

Cette gêne retrouvée envers l’avortement coïncide, ce n’est pas forcément un hasard, avec une espèce d’investissement désespéré, au milieu du naufrage, dans une notion de vie abstraite, bonne en soi (alors même que nous avons renoncé à maîtriser nos vies concrètes), et de l’enfance. Cette enfance, baudruche sociale et émotionnelle remplie de supposée « innocence » et d’une espèce d’espoir qui relève plutôt de l’abdication de nous-mêmes. D’où un paradoxal « refuge », bien peu efficace, dans le couple et l’engendrement, de quelque manière que ce soit.

J’ai été soufflée, aussi, de lire récemment des éloges d’un produit culturel infiniment compassionnel, sur le destin d’un enfant moribond (mais hein, tout de même, c’est beau la vie !) – et que ces éloges sont venus tout autant de lgbts patentéEs que de catholiques intégristes. Il paraît difficile d’être des deux. Mais ce n’était pas la question ici : la communion se faisait précisément sur cet idéal de l’enfance comme recours au désespoir, et d’une vie réduite à elle-même, n’ayant à peu près plus rien de supportable, qui fait penser à la triste « vie nue » dont parle Agamben. Valeur à laquelle il faudrait désormais cantonner nos volontés.

Ce qui fait d’ailleurs tristement rigoler quand on pense aux arguments genre « la vie c’est génial, il faut la donner ». Voui. Ce serait éventuellement quelquefois fondé si nous avions précisément su nous octroyer des vies supportables. Mais dans le naufrage actuel, de misère, de dépossession et de contrainte, alors que personne pratiquement n’arrive même plus à maintenir l’intenable fiction abnégatrice que « nos zenfants vivront mieux que nous » (tu parles, actuellement c’est déjà la génération des trente quarante ans qui se réfugie, sans rien, chez les parents et grands-parents soixantenaires, dernierEs pensionnéEs), c’est au-delà du foutage de soi-même.

Mais que n’endurerait-on pas pour pouvoir arborer un nenfant, en talisman social (plus ou moins efficace d’ailleurs) ; pour disposer de quelqu’unE sur l@quelLE crier au supermarché ; pour être en mesure de le laisser cuire ou geler dans la voiture ; afin de trouver où investir ses projets et autres schizophrénies ? Et néanmoins marcher blanc si quelqu’individu non parent l’estourbit. Pour pouvoir familler, tellement ça a l’air classe.

 

On veut de la « vie » - même, surtout peut-être, réduite à la servitude et à la reproduction du même ; on veut des nenfants. Donc on se méfie de l’avortement. Pas bien. Négatif somme toute.

 

Plus de nenfants, moins d’avortements, pour ne pas avoir à nous regarder nous-mêmes. Et à risquer l’effroi.

 


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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 17:08

La france qui gagne :

« La population carcérale en France a atteint un nouveau record. Avec 65 699 détenus au 1er février 2012, elle enregistre une hausse de 6,4 % sur un an (61 771 au 1er février 2011), selon des chiffres officiels publiés vendredi 17 février par l'administration pénitentiaire. Le précédent record datait de décembre 2011 (65 262 détenus). »

Le Monde, 18 février

Tous les espoirs sont permis !

 


 

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 21:32

 

 

 

Ces derniers jours, je lisais avidement un livre comme je n’en avais pas lu depuis un bon moment, Nuit, de Hilsenrath. Qui relate la mort, parce qu’on ne peut pas parler décemment de vie, et que la plupart des personnages meurent effectivement, la mort donc dans une ville-mouroir de Transnistrie, en 42. Est-il utile de préciser que les gentes que l’on y fait mourir de faim, de maladie, de terreur, de tuerie et d’entretuerie sont juiFves ?

 

C’est un livre terrible, un récit dont l’auteur a subi le modèle réel ; ce n’est pas un livre glauque ; et cela même si il montre que lorsque la situation est abominable, eh bien nous nous mettons, le temps de crever, à sa hauteur.

 

Ce n’est pas une coïncidence ; la dernière fois que j’avais ressenti la même chose, c’est il y a des années déjà, en lisant Balut, d’Isroel Rabon, un magistral écrivain juif polonais, lequel mourut l’année même qui est décrite dans Nuit. Fusillé dans une fosse de la Shoah par balles. Rabon parlait du ghetto de son enfance, du shtetl dans l’empire Russe. Mais on y sent déjà l’extrême précarité qui constitue la vie de celleux qui n’ont pas droit de vivre.

 

Ces livres, au fond, sont d’une toute autre noirceur que ceux sur le goulag, dont je me repais également. Chalamov, Guinzbourg, Margolin relatent pourtant aussi une situation qui s’est emparée du destin de tout un peuple – et qui, pas plus que les ténébres de la Shoah, n’avait le moindre horizon autre que le soir, ou le lendemain au mieux. Et pourtant il y a autre chose, qui ajoute au désespoir. Et qui est sans doute lié au fait que, quand on est juiFve, on sait qu’on n’a pas le droit de vivre, dès le début, que ce n’est somme toute que sursis. Tandis que la plupart des goulaguienNEs, parmi lesquelLEs il y avait au reste maintes personnes juives, avaient autrefois non seulement vécu mais été autre chose, fondamentalement. Quelque chose et surtout quelqu’unE de fondéE à vivre et à exister. Même dans cette Russie où « on en chie comme un Russe ». Ellils avaient été ouvrièrEs, paysanNEs, cadres du Parti, militaires. Ellils étaient déchuEs.

 

Dans les témoignages de Levi, de Rabon, d’Hilsenrath, quelle qu’ait été la position sociale relative avant l’extermination, il y a la malédiction commune, la haine antisémite, ancienne et moderne. La haine structurale envers qui se voit attribuer l’inexplicable, le Mal insaisissable. Ça marche encore très bien de nos jours.

 

En tous cas je vous recommande les livres de touTEs ces auteurEs. Et de bien d’autres. Je n’aime pas, je l’ai déjà dit, la fascination de la déglingue, de la destruction, de l’abaissement, qui structure hélas une bonne part de la pensée militante, comme si la vérité et la lucidité jaillissaient du désastre et de l’écrasement. Si le cas était, cela ferait partie de la tradition humaine depuis des millénaires, tant ces situations ont été fréquentes et répétées. L’exotisation du pire. Et la politique du même. Je le disais encore à une vieille amie, laquelle, l’autre soir, me confiait sa perplexité que les misères actuelles n’entraînent pas plus de soulèvements : quand on va trop mal et qu’on est trop affaibliE, c’est là qu’on suit et qu’on ne se soulève plus ; on se contente d’essayer de dépouiller un peu plus faible que soi, pour survivre encore un peu. C’est le terrible motif des camps et des ghettos, ce pourrait être celui du naufrage du capitalisme. Cela n'a rien de fascinant, et on ne pourra en tirer aucune rédemption.

 

Mais ça enseigne, ça enseigne sur ce que nous pouvons parfaitement réaliser, sans préavis.

 

En plus, je vous parle de tout ça, parce que je viens de lire cet article dans le Monde. http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/02/14/un-lyceen-meurt-poignarde-par-un-camarade-pres-de-son-etablissement_1643405_3224.html

 

En pleine abondance, parce que quand même, et à Bourges, eh ben on se surine pour un vêtement. Tout comme dans le camp ; tout comme dans le ghetto ; tout comme dans la colonie ou le reparto. Pourtant il n’y a apparemment pas la moindre commune mesure. Ou alors, est-ce encore une confirmation par le fait que l’abondance et la misère, comme l’ont prédit quelques unEs, ont quelque chose à voir ? Sont deux faces de la même réalité, qui tendent en outre de plus en plus à se confondre ?

   

La propagande par le fait du désastre. La vie nue et l'état d'exception qui s'étendent, par nous, avec nous et en nous. Et l'extermination, forme ultime du travail, jusques à son autogestion. 

 

Ça donne le net sentiment que pendant qu’on danse et se pigne sur nos derniers acquis, le plancher part en miettes. Et qu’on va se retrouver direct dans la fosse, avec toutes nos petites histoires de préséances, notre monopoly sociétal, à se prendre à la gorge pour savoir qui coulera la première. Comme l’ont fait nos devanciérEs oubliéEs de toutes les abominations de l’histoire.

 

Peut-être même qu’on y est déjà.

 

 

 

La murène tectosage

 


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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 13:10

 

 

Le communiqué ad hoc de sos-homophobie, qui arrive encore à m'épater par son sur-réalisme

 

http://www.sos-homophobie.org/article/saint-valentin-les-couples-de-meme-sexe-ne-peuvent-toujours-pas-saimer-comme-les-autres

 

Cè vrai que faire en tout et pour tout comme les hétér@ c’est super top classe et réappropriateur ; lovelande et hétérolande pour tout le monde et pour toujours.

 

Et s’offrir en couples et en familles bien attachées des nounourses pour la sinvalentin un pas décisif dans l’émancipation humaine. Et même "de genre".

 

Oscours !

 

 


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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 16:42

 

 

Le besoin désespéré, obsessionnel et institutionnel de reconnaissance, d’identité, empêche et de reconnaître, et de connaître. Pour la raison qu’on passe de l’agir au réclamer. Qu’on désire recevoir et ne veut point donner. Qu’on perd la capacité d’indifférence, de prise sur soi.

 

Tout ce qui tourne au besoin prend d'ailleurs ce caractère.

 

Le besoin produit la misère, qui nous mange de ses petits vers.

 

Le besoin justifie empiètements et agressions, favorise stupidité et malveillance. 

 

Le besoin appelle la domination, qui valide et octroie.

 

Le besoin a expulsé la possibilité.

 

« je vous prie de croire que je n’ai pas besoin de ce dont je manque ».

 

 


 

 

 

 

                                                                                    

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 10:46

 

 

Décidément, à mesure que je m’enfonce dans ce qui ressemble à la vieillesse, laquelle en outre présente le risque de ne guère durer, l’isolement intellectuel augmente. C’est une situation ch..te, parce que c’est bien entendu fort difficile de savoir si cet isolement se fait par exigence, par opiniâtreté ou par abêtissement, calcification de la pensée. Il n’y a aucune raison que j’échappe à ce que je déplore, l’alignement plus ou moins tardif sur les facilités, les raccourcis, les vieilles lunes aigries. Bien d’autres y sont passéEs, bien d’autres y passeront. Des fois, on croit être restée droite dans ses bottes, et on a déjà glissé, tectoniquement, vers un populisme ou une facilité quelconque.

 

Mais là, il me semble que ce n’est pas encore moi qui ai bronché. Je cause de Iacub. Marcela. Je ne dirais pas qu’on était d’accord. Son acquiescement de longue date au monde de l’économie et de l’échange équivalent l’éloignait d’emblée de mes positions, et réciproquement surtout. Sans parler de ses fameux « acquis de la révolution sexuelle » (je me demande bien quand il y a eu une « révolution sexuelle » ! Et je me méfie des révolutions, vu ce dans quoi elles débouchent répétitivement). Mais par ailleurs elle en avait, des positions. Et aussi, je dirais même surtout, une ligne d’analyse, d’analyse générale, qui fait défaut à peu près partout actuellement. (Actuellement ? Euh… Est-ce que ça n’a pas toujours été une conception fort minoritaire et mal vue des innombrables qui veulent le bien à tout prix ?). Bref on n’était pas d’accord, mais, comment dire – on se sent moins seule quand on entend, selon l’image d’un auteur dont je ne me rappelle plus le nom, d’autres qui creusent dans la montagne. On ne les voit pas, mais on sait qu’elles sont là.

 

Là, je suis désolée, mais avec son décourageant pamphlet Une société de violeurs ?, on n’entend plus rien. Ou plutôt, le petit bruit du fer sur la pierre est remplacé par la participation à la rumeur énorme de l’évidentisme contemporain. Section relationniste. Et antiféministe de surcroît, dans ce cas, ce qui n’arrange absolument pas son cas à mes yeux. Être critique est une chose, je l’essaie ; s’abaisser à la simplification de l’anti-, et se limiter à renverser les hiérarchies et les charges, c’est vraiment trop facile, trop stérile, et trop d’autres l’ont fait avant.

 

N’empêche, ça fait un vide dans la mine. Zut.

 

Nan, mais voilà… C’est le problème de la « radicalité » et de ce qu’on met dessous, qu’on s’en réclame ou qu’on la décrive. L’autre jour je tapais sur les antinéolibérales version Sysiphe, lesquelles rechignent obstinément à remettre en cause les formes qui vont avec la domination, et y cherchent donc prioritairement des coupables, comme touTEs les militantEs. Et là, exactement diamétralement, on a le même schéma. Comme Iacub ne parvient pas à remettre en cause les formes de l’évidence, de la relation bénie au droit en passant par l’échange, lui-même basé sur la réduction de tout en valeur, eh ben patatras. Alors même qu’elle a tous les outils pour une critique systémique des contradictions d’une société qui pousse toujours plus à ce qu’elle prétend combattre, mais qu’elle y renonce, eh bien il ne lui reste plus comme échappatoire qu’à accuser un groupe social, politique en l’occurrence, plutôt que les idéaux qui lient tout le monde dans la course à l’abîme. La variété des interprétations, des réflexions, possibles, paraît monstrueusement limitée. Et elle l’est sans doute ; d’aucunes diront qu’elle l’est parce que c’est un fait social, et que nous sommes déterminées dans des positions peu nombreuses. J’aurais tendance à croire qu’elle l’est au contraire parce que précisément nous ne voulons pas remettre en cause la pauvreté des positions dans lesquelles nous nous campons.

 

J’ai moi-même été passablement déprimée par l’avalanche de stupidités qui a suivi les évènements sexo-people du printemps. Mais ce qui m’a excédé, c’est la communion de touTEs les parties dans l’invocation/dénonciation un peu schizo de papa état et de maman justice, qui étaient appeléEs de toutes parts à faire leur travail, et à mener à la baguette toute leur immense famille ! De s’occuper de nous-mêmes, pas un mot. De ce qui se passe réellement ou pas guère plus. On n’a entendu que protestations et réclamations de reconnaissance et de réparations. Réparation – nous sommes définitivement entréEs dans l’assimilation aux mécaniques et aux logiciels, et la spécificité humaine réduite à la possession de soi comme un bien. Possession mais pas volonté – les humainEs sont faillibles, retorses, ces garces, et l’erreur, comme la malintention, coûtent trop cher aux instances et aux assurances.

 

Bref, et alors qu’il y a de très bonnes raisons de critiquer l’idéal défendu par les institutionnalistes parce que justement elles sont institutionnalistes, Iacub, qui a du mal à s’en prendre à la notion de salut institutionnel, et qui comme bien d’autres ne voit qu’excès ou dérives là où il s’agit du fonctionnement normal, ne trouve donc plus qu’à s’en prendre à la malignité supposée de ces teignes féministes qui empêcheraient, elles et elles particulièrement, de vivre, et détourneraient l’admirable construction judiciaire, comme le désirable automatisme relationnel, lesquelles sont forcément hors de critique par elleux-même, conssubstantielles à l’humainE évoluéE ! Enfin, c’est du moins ce que je saisis de son factum.

La déesse sait si je suis opposée aux espoirs et projets de société des institutionnalistes, comme d’ailleurs des queer, des transpédégouines, des matérialistes, des déconstructionnistes et de bien d’autres, pêle-mêle. Mais je ne supporte pas qu’on réduise les prises de bec contemporaines à des complots ressentimenteux des unEs ou des autres, qui manipuleraient le pouvoir à l’exclusion d’autrui – ces vieilles daubes ont bien trop servi à des horreurs, et plus largement à éviter de se casser la nénette. Nous sommes touTEs mouilléEs. Que le ressentiment ait certainement un rôle dans toutes nos approches, du fait de la dépossession et de l’arrachement, est sans doute vrai, mais c’est à comprendre et non à dénoncer, et surtout à mettre spécifiquement sur le paletot de qui que ce soit. Nous partageons largement les tares du monde que nous faisons tourner. Il n’y a rien de plus facile que de s’en prendre à un groupe social ou idéologique sur le motif de ses mauvaises intentions. Et particulièrement à nous féministes, qui ne sommes, dans nos accords et nos désaccords, ni pires ni meilleures que nulLEs autres. On économise ainsi toute approche critique et on mobilise les bas instincts.

Il n’y a rien de plus pénible que d’être approuvée par des imbéciles. Encore faut-il essayer de l’éviter. Je ne voudrais pas trop être à la place de Iacub, qui a désormais une bonne part des masculinistes accrochés à sa remorque. J’en ai lu de fort réjouissantes, de leurs chroniques, avec en toile de fond une domination féminine encore bien plus stupide que la masculine à Bourdieu. Et hargneuse de surcroît. Enfin où toutes les féministes sont définitivement affublées du qualificatif de radicales, ce qui montre une évidente ignorance de l’histoire du mouvement. Des radicales, au sens strict, y’en a justement plus beaucoup, et elles ne sont pas forcément avec les institutionnalistes qui occupent actuellement une partie de la scène.

 

Game over donc. Dommage.

 

J’avais déjà été alarmée par la faiblesse de ses derniers articles dans Libé, notamment celui au sujet de l’effrayant film Polisse, un de plus où les fliques sont les sauveurEs du monde, mais spécifique cette fois aux violences sur les enfants, ces outres de (res)sentiment opportun, et où elle se limitait à des remontrances très bénignes. J’avais mis ça sur le compte d’une presse où on ne saurait déployer de la critique. Mais en fait non, je me leurrais. Elle aurait bien plus y déployer autant de critique que voulu. C’est la volition qui manque.

 

Du factum ci-dessus évoqué, je retiens un net appauvrissement des référents. Selon ma ligne de lecture, on en est  au relationnisme libéral le plus caractérisé, la nécessaire valorisation par le cul et le plaisir qui nous fait – qui nous fait quoi d’ailleurs ? HumainEs ? CitoyenNEs ? Ou quelque chose de plus encore dans la présence reconnue à ce monde, qui n’a pas bien de nom parce que justement il est sacré – que ce soit, je l’ai déjà fait remarquer, pour les pro-sexe comme pour celles qui pensent être leurs adversaires ?

La discussion antédiluvienne sur le consentement, ses formalités ou ses libertés – mais l’important est de consentir, de s’aligner sur la trépidance de la production relationnelle, tôt ou tard, vite ou lentement, de cette manière ou de cette autre. Pas une réflexion sur l’hypothèse que consentement signifie mise en présence de ce qui ne peut déjà être remis en cause. Oui ou non, okay, mais surtout pas merde, et encore moins bris de la machine.

Quant à la violence, comme notion et comme ensemble de réalités, qui se trouve tout de même au centre de ce dont on cause, j’avoue que je saisis pas son approche. Que la notion soit un épouvantail à paniques sociales, c’est une chose, que j’arrête guère de récriminer – et je n’aime pas les constructions victimaires (précisément parce que groupe victime implique groupe criminel à exterminer). Mais au lieu de bosser là-dessus (ce que j’avais déjà remarqué dans l’article sus évoqué), on se retrouve avec un mélange de négation partielle et de ré-assignation du mal, une fois de plus, aux féministes.

Que la brutalité comme la malveillance, sans parler de la rage meurtrière, directes ou médiatées, soient en recrudescence dans le fonctionnement social, ce pourrait tout de même être l’objet d’une analyse systémique, et pas d’une foire d’imputations retorses. Une fois de plus, on arrive à cette répugnance à supposer que la domination moderne puisse être agie par les formes mêmes dans lesquelles nous voulons nous reconnaître, et pour la réalisation desquelles nous nous concurrençons.

 

Mais pour mettre en doute que, dans la brutalité collective, instituée, cogérée, le surinvestissement et l’obsession relationnelle et sexuelle ne parraine pas tout un réseau d’injonctions, et n’entraîne pas un étonnant fourmillement de violences, ben je crois qu’y faut être sacrément optimiste. Cela dit, hein – cet optimisme est dans une large mesure partagé par le milieu féministe et « de genre », où l’on pense bien sincèrement qu’il suffira de se réapproprier tout ça pour, par la vertu de nos infaillibles identités opprimées, en produire un monde nouveau. On serait lucides pasqu’on a eu le dessous. Euh. Les expériences historiques de réappropriation des formes de la domination – mais perçues comme « neutres », « entre de mauvaises mains » quoi - ont toujours donné des catastrophes XXL.

 

On se retrouve obstinément coincées entre les gamelles du libéralisme le plus crasse, « laisser faire laisser aller », et de la culture du bien, du monde nettoyé, policé et parfait. Vous avez dit binaire ? Il n’y a sans doute rien à trouver entre, dans le marais. Si on veut – mais seulement si on veut – en sortir, ce qui d’ailleurs en soi pose question, c’est l’approche et les fins qu’il faut reconsidérer.

 

 

Plus je contemple les trajectoires de gentes très aviséEs, qui ont fini dans les conceptions les plus morbides, genre théories des complots, désignation de coupables par statut, falsification de l’histoire, négation du réel, etc., plus je me dis qu’on n’a effectivement, en l’état, pas un choix immense : soit la barbarie institutionnelle, soit la destruction de la réalité, soit la tâche critique… ou encore le retrait (mais est-il un endroit où les gentes bien intentionnéEs ne viendront pas nous chercher ?).

Peut-être que si on se disait qu’on peut connaître ce qui est, déjà… Que connaître ne disqualifie pas ce qu’on connaît, que ce n’est pas un paravent peint avec des monstres qui se cacheraient derrière…

 

 

Mais zut – pourquoi les gentes se rangent si facilement, à un moment donné (ce fameux moment donné sur lequel il y aurait tant à dire), dans les tranchées de la guéguerre de touTEs contre touTEs, où on se contente de viser une cible, de l’accabler de torts ?

C’est sûr que bien des féministes ont été injustes envers Iacub, en la taxant d’antiféminisme alors que ce n’était pas (encore ?) le cas. Ah mais c’est ça les catéchismes ; les critiques sont plus que potentiellement des infidèles. Quand on commence dans la carrière il faut le savoir. Hein, eh, si on se met à tout envoyer paître et à changer de camp binairement dès qu’on est excommuniée… Y en a bien d’autres qui l’ont été, et bien d’autres qui le seront. C’est trop facile et surtout ça ne mène nulle part. Personne ne peut vous dire ce que vous êtes, au-delà du raisonnable. On peut très bien être excommuniée et persévérer.

C’est tout de même étonnant, il y a comme un virus de l’affirmativité versus la critique, cette fichue critique négative – mais le plus terrible est que cette fièvre d’affirmation, quand elle frappe, conduit à défendre les aspects les moins défendables du présent, de quel côté que ce soit d’ailleurs. C’est comme si l’affirmativité libérait, in fine, le nihilisme qui croît en nous, avec sa capacité inépuisable à refuser la réalité de ce qui et de qui ne convient pas aux affirmations que nous faisons alors nôtres.

Á hamsterlande élargie, comme ailleurs, cela donne cette étrange contradiction que l’on magnifie un « débat » vide, déjà clos, où l’on refuse d’avoir des adversaires, cependant qu’on implore la puissance publique qui nous écrase de nous exaucer, et de ne faire du mal qu’à celleux que nous voyons comme des cafards. Charmant et dément.

Je songe à bien des gentes qui se sont démenéEs, qui ont apporté des choses, et qui ont pour finir sombré dans les plus mesquines, morbides et puantes obsessions de la modernité, en trouvant un coupable fantasmatique. Un peu comme si ça fatiguait tellement de ramer contre-courant, qu’au final on se jette dans les rapides. Mais ça n’excuse pas : il y en a bien aussi qui ne s’y sont pas laisséEs aller, merde ! Trop facile !

Quand on ne carbure plus qu’aux coupables, aux « criminelLEs », aux ennemiEs de l’ombre, c’est qu’on a basculé du mauvais côté. Je sais que cela se voit aussi chez nous – ce n’est pas une raison non plus pour s’y laisser aller : on doit toujours éviter de ressembler à ses adversaires, et d’user des mêmes ficelles.

 

Bon, c’est dommage. Quand je vois des gentes comme cela disparaître dans les brumes de la facilité, je songe à Guinzbourg, au camp d’Elguen, quand mourrait une de ses compagnes d’infortune. Je sais, c’est très exagéré comme comparaison. Mais la solitude, quand on n’adhère pas, est fort intense, dans notre ruche.

Circonstance aggravante : dans ces cas, c’est nous qui nous flinguons, moralement et intellectuellement, nous-mêmes.

 

Pour répondre à Iacub, je dirais que pour moi, oui, nous sommes dans un monde de brutalité intégrée, d’appropriation et d’objectivation généralisées, que nous en sommes touTEs happées, que ce n’est d’ailleurs pas nouveau, contrairement à ce que serinent les « antinéolibérales ». Qu’un de ses principaux aspects est massivement sexué ; la violence instituée, comme la production de même, c’est une affaire d’hommes. On n’y pourra rien avec les singeries citoyennes ou étatiques. Et encore moins, si faire se peut, en devenant toutes socialement des mecs ! – ce qui ramène au même, l’état étant qualitativement masculin. Cette « barbarie à masque humain » relève des mêmes logiques, est fille de la même histoire. On n’y pourra rien non plus en renaturalisant, en « réenchantant » comme disent certainEs, le triste, contraignant et dégoûtant présent, avec ses relations et ses séductions obligées (beurk !). D’ailleurs, se pose la question de « pourvoir à », qui entraîne celle de son objet, de ce fichu bien vers lequel on veut toujours se traîner, fut-ce par les pattes ou par les cheveux, et qui, comme toutes les fins, finit toujours par justifier n’importe quels « moyens ». Tout enfourner dans la gueule du « politique » ne donne pas un monde plus vivable que tout enterrer sous le bouclier du « privé ». Ces deux formes vivent l’une sur l’autre, comme travail et capital. On ne se débarrassera pas de l’une sans se débarrasser de l’autre.

Mais s’en prendre aux féministes, supposées « radicales » ou pas, quelles que soient les limites de ce qu’elles brassent, et surtout à ce qu’elles représentent, comme on s’en prend à toutes les figures de la domination limitée à tel ou tel groupe, à telle ou telle image (les spéculateurs, les parasites en tous genre, etc.) n’est qu’un retour dans la vieille impasse déjà surpeuplée de la facilité diabolisante. Ce sont les formes dont il nous faut nous défaire, pas des gentes.

 

 

 

murène tectosage

 

 

 


 

 

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 11:43

 

 

 

Je ne suis absolument pas une fan de Weber (Max). Cependant, je suis restée interloquée devant une citation de lui, faite par Taubes (Jacob), et dont je vous livre la fin :

 

« … l’ascèse a contribué à édifier le puissant cosmos de l’ordre économique moderne, qui […] détermine aujourd’hui, avec une force contraignante irrésistible, le style de vie de tous les individus qui naissent au sein de cette machinerie. Peut-être le déterminera-t’il jusqu’à ce que le dernier quintal de carburant fossile soit consumé ».

 

Et c’est la fin de la fin qui m’interroge. La thèse, hésitante d’ailleurs, de Weber, serait que la fatalité dans laquelle nous nous sommes enferméEs ne pourrait prendre fin que si nous restions à sec. Je passe d’ailleurs sur l’objet du « à sec », qui peut varier. C’est l’épuisement d’énergie à fricasser qui serait décisif. « L’œil était dans la pompe, et regardait Caïn » - ainsi que le résumait un pastiche paru dans un journal satirique, dans mon enfance, lors du premier choc pétrolier.

 

Encore une fois, je n’ai aucune opinion sur le réalisme ou pas d’une pareille interprétation. C’est sa logique même qui me tracasse. C’est un apocalyptisme soft, à mi chemin entre une approche où l’on penserait pouvoir reprendre le contrôle de nos vies, et le pessimisme absolu d’un Adorno, où nous serions condamnéEs à la barbarie. Tout dépendrait de l’épuisement d’un de ces moyens de la folie collective, moyens qui d’ailleurs sont depuis longtemps devenus des fins à eux-mêmes. Je regrette de ne pouvoir insérer ici le Pipe-line de Bassorah, poème des années 40 qui était affiché sur un de mes murs lorsque j’avais une maison, que je n’ai plus sous la main, et qui illustre parfaitement cette transformation des moyens en fins.

Nous dépendrions désormais intégralement d’un assèchement éventuel de quelque chose qui a pénétré nos vies jusques à les structurer. Aucune chance donc d’accélérer ni de retarder cette fin, encore moins de prendre des décisions. Et aucune perspective au-delà ; on peut supposer que nous serions « libéréEs », mais libéréEs dans un possible vide et un dénuement totaux. RéduitEs peut-être à presque rien. Non pas seulement en biens, mais peut-être aussi en expérience et en capacité de vie. On ne se pose jamais, lorsqu’on se gargarise de libération, la question cruciale de savoir ce qui va être libéré, en fin de compte. Ni comment. Autant dire que la mort libère (ce qui est d’ailleurs un leitmotiv découragé et décourageant fort commun et depuis fort longtemps).

 

Ça m’interloque aussi parce que, comme d’hab’, j’ai fait une analogie, dans ma petite caboche en morceaux. Je me suis demandée si on ne pouvait pas, de même manière, inférer que nos idéologies rédemptives, punitives, comptables et quelque peu malveillantes, ne pourront connaître de fin que lorsque leur « carburant », qui est aussi une « explication » (moyen) devenue nécessité indispensable (fin), serait épuisé ; à savoir les coupables et autres méchantEs dominantEs, dont chacunE sait que si « on » s’en débarrassait (« on » reste à coopter, sans cesse ni garantie), nous vivrions dans la cocagne d’un fonctionnement distributif qui se révèlerait sans problèmes, contradictions ni entraves. Tant il est vrai que pour ces approches déjà anciennes, ce sont les humainEs qui posent problème, avec leurs (nos) mauvaises intentions, et non pas les formes qu’ellils réalisent, qu’il importe de perfectionner, et d'épurer de leurs pesanteurs parasites.

 

En gros, on n’en sortirait que le jour où le, la dernièrE coupable aurait été consomméE. Enfin, « en sortir » est déjà un bien grand mot. Simplement, la machine s’arrêterait par manque définitif de matière. « On » serait sur le cul, étourdiEs de tant de vacarme soudain évaporé.

 

Problème : la dite matière, c’est nous ; potentiellement touTEs. Vu notre entrain à nous introniser mutuellement en méchantEs abominables à déconstruire, rééduquer ou supprimer, il y a de fortes chances que la machine que nous sommes ne s’arrête que quand il n’y aura plus personne. Ce qui constitue une aporie. Y aurait plus de « on ».

 

En quelque sorte, et comme le vieux barbu l’avait laissé entendre, nous nous serons dévoréEs, matériellement et moralement, pour réaliser un idéal qui précisément nous rend superfluEs. Et même gênantEs.

 

Enfin bref, tout ça n’a rien, mais rien, d’enthousiasmant. Je souhaite fermement que la thèse de Weber se révèle fausse. Et que nous soyions en mesure de rompre avec nos mécanismes obsessionnels de productivité et d’épuration du monde.

 

 

 

Murène tectosage

 

 


 

 

 

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 10:54

 

 

Sycophantes et fausses culs

 

 

« Dans la vie, vous avez trois sortes d’amies : celles qui vous aiment, celles qui ne soucient pas de vous, et celles qui vous haïssent ».

 

Il y en a une quatrième. Celles qui se servent de votre image sociale tout en vous surinant derrière le rideau.

 

Je dois dire, je préfère largement les biolesb, et les bio en général, qui professent ouvertement la haine des T, à celles qui nous assassinent, nous calomnient en coulisse, mais font leurs titres sur « quel scandale, une T discriminée ». Histoire de se faire bien voir et de montrer leur largeur d’esprit. Je viens de dauber sur l’étroitesse d’icelui, mais je vous prie de croire que son élargissement gonflable ne vaut pas mieux. Même pire, puisqu’il attire les proies potentielles, qu’on excrètera après en avoir tiré toute la substance politiquement et existentiellement négociable.

 

Après, hein, que voulez vous, c’est l’addition qui nous est présentée, d’avoir cru sur parole que nous étions « égales », alors que nous avons tout fait pour ne pas l’être, définitivement. Étrangères et inférieures.

J’en ai déjà causé dans divers textes qui figurent en haut des pages : Ah elles nous en ont fait.., Chimères et coquecigrues, Mtf et mal soumise.

 

Bienveillance, malveillance, ce qui nous empoisonne c’est la veillance. Le mieux, ce sont celles qui nous ignorent.

 

Ne veillez pas sur nous, les bio. Ni en « bien » ni en mal. On s’en tirera mille fois mieux sans vous. On n’a pas besoin de votre sollicitude tordue et souvent mensongère.

 

Ni oubli ni pardon.

 

 

Plume

 

 


 

 


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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ebranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée au backlash réac-libéral pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste novatrice, universaliste négative, apostate de l'intersectionnalisme, philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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