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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 16:14


 

 

Le mensonge englue et empoisonne. Il altère durablement, comme on dit, toute la réalité. La complaisance envers lui n’en est pas moins immense et massivement partagée. Comme écrivait Léon Bloy, c’est une espèce d’oncle commun dont on espère toujours hériter quelque chose, fut-ce au vol, l’air de rien. Du moment que l’on n’est pas son objet, c'est l'aubaine. Le seul fait qu'il vous passe dessus mais vous épargne, par exemple, souvent vous ripoline et file une médaille. C’est pourquoi il y a toujours foule sur son passage, un peu comme à celui de la caravane du tour de france. Une fois qu’il est passé, les alentours sont pour de bon crades et puants. Mais on fait comme si pas. Au contraire, on attend fébrilement la prochaine. Qu'on en soit moralement pourries, ça, c'est très secondaire. 

L'important n'est-il pas de participer ?

 

 


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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 12:49


 

S'échapper.

 

« Il est vrai que je l’ai voulu et le veux encore, ainsi qu’il est licite à tout détenu ou tout prisonnier de s’évader ».

                                                                                                                                                       Jeanne d’Arc, lors de son procès.


(Qui, comme bien d'autres nanas de ce temps, qui risquaient pas moins que le bûcher, tenait tête à des prétoires de mecs. Marguerite Porete, Christine de Pisan...)

 

Comme quoi « Libérez touTEs les prisonnièrEs ! » et l’abolition de la prison ont de qui tenir !

 

Je ne partage pas les argumentaires prédestinatifs, sociologiques ou utilitaristes des abolitionnistes actuelLEs du pénal (genre abolition.prisons.free.fr), ni leur goût pour le serf-arbitre – me font penser à ces militantEs qui croient pertinent, pour nous "protéger" (!!), de répéter tristement que les sexualités ou les identités de genre seraient innées ou "pas un choix" !

Ce serait au contraire pour moi, comme peut-être pour Jeanne d’Arc, une question de liberté, de principe et de morale, aussi de conscience. Et d'horreur de vivre dans un monde où tout le monde fait assaut de ressentiment et de sadisme rationnalisés et humanistes. Ce sadisme très citoyen où c’est la machine, la bonne maman machine, qui écrase pour nous les vilains cafards. Et qu’on peut assister avec une joie décente, comme les éluEs en paradis se réjouissent du sort des damnéEs et de la justice de dieu (c’est dans un père de l’église, si si…)

 

Je dois dire que je ne ressens généralement qu’horreur et désolation lorsque, par exemple, je lis sur des sites lgbt l’intense satisfaction de celleux qui y écrivent quand on a réussi à faire condamner et expédier en taule des gentes, si peu sympathiques soient-ellils ; et les appels passionnés à récurer la terre de ceci ou de cela par ce moyen. Je me dis en outre que touTEs ces militantEs savent très bien le monde qu’ellils veulent, que ce n’est pas une méprise, que leur rêve, que notre rêve est au fond le même que celui de nos innombrables « ennemis politiques », c'est-à-dire une grosse majorité de la population, qui voudraient par exemple jeter d’autres à la mer, propos entendus expressis verbis ces derniers jours aussi… Morne logique de plus en plus partagée. Un monde sans mal, un monde propre. Ah, il est beau, le peuple. Vivent ses ennemiEs !

Un monde de chasse à courre et de « vigilance ». Voilà son, notre monde désiré.

Et, bien sûr, à terme, de guerre - fut-elle "légale" - de touTEs contre touTEs ; mais ça c'est le retentum, ce qui n'apparaît que quand on ne peut plus faire marche arrière, comme toutes les bonnes blagues de ce monde...

 

On n’a gagné, historiquement, qu’un enfer, à tout faire descendre sur terre… Á vouloir tout régler, tout évaluer à notre aune. C’était trop lourd, et ça s’est enfoncé, avec nous…

 

S'échapper. Un des plus beaux mots qui soit.

De cette hideuse époque, par exemple.

 

 

LGPP

 

 


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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 22:04


 

Mes bonnes ! Comme j'essaie de me distraire dans le fossé où je pourris, je viens d’apprendre incidemment que ce qui constitua la notion d'oecuménisme, appliquée pour la première fois en 325 lors du premier Concile de Nicée, ne fut pas tant la présence de dignitaires religieux de tout l’Empire, que, principalement… la reconnaissance générale et réciproque de l’excommunication d’unE hérétique. Jusqu’alors, ce genre de décision relevait des différents évêques et autres patriarches, et surtout n’était valable que dans le ressort de son diocèse.

 

Bref, une fois de plus si j’ose dire, apparaît le revers nécessaire de toute alliance, frater ou sororité, qui est l’anathème et l’exclusion. On sent même qu’elles ne pourraient exister sans, et que plus elles sont hégémoniques ou universelles, plus elles ont besoin d’excluEs et de mauditEs, ou encore de "pas assez humainEs" (mais on va les éduquer…) pour se manifester.

 

Pas mal, non ?

 

C’est à vous dégoûter d’être universaliste, c'est-à-dire de croire à la réalité des choses, et à la capacité de connaître cette réalité… Et ce qui suit me fait voir encore mieux en quelle mauvaise compagnie on se retrouve pour peu qu’on entende penser seule (les précédents, il faut  bien le dire, n’encombrent plus guère). Puisqu'universalisme est confondu de tous côtés, avec plus ou moins de mauvaise foi, avec volonté d'hégémonie, qui n'a rien à voir...

 

Car juste après, voilà que je tombe sur le billet de blog

 (http://blogs.tetu.com/nos_combats_lgbt/2011/03/08/pour-un-8-mars-solidaire-les-droits-humains-sont-universels/) pondu tout chaud pour le 8 mars par notre grande amie Le Doaré, présidente du centre lgbt de Paris et grande prohibitionniste devant l’éternelle, où elle assume expressis verbis, en plein milieu et volontairement très lourdement, qu’elle nous refuse le droit moral, on va dire, à nous donc putes et autres tds, de nous nommer travailleuses, et de nommer notre activité un travail. Purement et simplement. Elle aurait pu « contester », mais là c’est clair et net le refus.

Au reste, refuser n’est pas un mal en soi, loin de là. Je n'ai quasiment fait que ça toute ma vie... Mais là c’est un peu ennuyeux. C’est refuser à la place d’autrui. Ce qui peut encore se concevoir, mais pas uniquement pour mettre son pion sur la case de l’autre, tout de même ! Pasque là, c’est de cet ordre.

 

Ce qui n'est franchement pas de jeu, ni même bien honnête, pour user d'une notion en parfaite désuétude dans la politique utilitariste en vigueur...


On sait que j’ai peu de patience envers l’illusion autodéfinitoire multitudinaire « qui recrée le monde » ; mais là, c’est le prurit encore plus obstiné du ravalement et du déni de réalité et, à la limite, d’humanité pleine. Les pères conciliaires et autres adoraient nommer les hérétiques. Une hérésie n’existait même que pour autant qu’elle se traînait un nom choisi et imposé par l’orthodoxie.

Le Doaré fait visiblement partie des très nombreuXses gentes qui ne peuvent pas supporter de vivre sans définir qui est « vraiment humainE » et qui ne l’est pas. Pour moult raisons.

Les victimes ne sont jamais tout à fait humainEs, de plein exercice, tant qu’elles n’ont pas été sauvées. Voilà aussi un vieux truisme.

 

Enfin, petit clin d'oeil à mes camarades de la critique de la valeur, les citoyennes se font décidément une très haute, positive et belle idée du travail, que le tapin ne puisse pour elles y prétendre...

Je ne les suivrai pas en cela non plus.

 

Ces derniers jours, on a beaucoup causé ici et là de retour en grâce de l’universel. Je crois d’ailleurs que ce n’est pas faux. Et que ça me fait plaisir. Après, l’universel consiste aussi à se gruger un peu partout par les mêmes lanternes !

Mais que ce soit ainsi ravalé et biaisé pour conforter un ressentiment médiatisé, là ça me rage.

Je suis bien décidée, même morte, et tant que les vers auront encore quelque chose à bouffer, à ne pas laisser tranquillement des mères de notre église expédier les gentes touTEs vivantEs aux gémonies, parce que ça les gratte quelque part (voir et revoir : « Pro-sexe toi-même, ma bonne… »).

 

Allez, tiens, un concile, un concile ! Qu’on se foute une bonne fois sur la patate. Et un beau schisme après ! Ça au moins ça aurait de la classe.

Beh oui, que voulez-vous, je suis moyennâgeuse…

 

 

Plume, évoquée d'entre les mortes pour la circonstance.

 

 


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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 12:48

"Si j'avais ma tête, il me faudrait bien écrire un bout de testament"

L'abbé Tardif de Moidrey

 

 

 

On cause beaucoup de « s’indigner », en ce moment. Un vieux culbuto, de ceux qui pointent toujours vers le Bien, sur quelque surface qu’on les lance, en a même fait un opuscule éponyme, qui vaut bien en misère morale le tristement célèbre Matin brun, qui fut paraît-il l’ouvrage le plus vendu en son temps ! L’époque a les livres qu’elle mérite. Il est vrai que les deux nous resservent cet ultime tentative d’honorabilité tricolore, la « résistance », qui est un vrai paillasson à toutes grolles vu qu’il n’y a depuis longtemps plus rien d’autre de même vaguement utilisable dans l’histoire de ce sinistre pays… Mais faut vraiment pas exiger beaucoup pour se satisfaire de ce vieux baroud toujours rejoué de bérets moustachus.

 

S’indigner, qu’y disent.

 

Du temps que j’étais vivante, j’étais indignée, presque en permanence. On peut même inverser la chose : l’indignation a été mon ressort de vie. Enfin que je croyais : ce fut mon ressort d’anéantissement.  

 

Je n’étais jamais en repos, toujours ce ressort qui faisait tourner les rouages. D’aucunes en ont bien profité pour pas cher, au reste. Puisqu’elle est hors d’elle, pourquoi l’aider à se réintégrer, se disaient-elles sans doute.

 

Indignée.

 

Je me suis perdue dans l’indignation. Je croyais qu’on pouvait la mener paître ailleurs que dans les prés bien balisés. Erreur, c’est elle qui nous mène, et à travers elle les innombrables injonctions contemporaines. On croit être la bergère. Mon œil. On est menée par le bout du nez, par ses propres « idées », ces fameuses idées qui nous squattent, nous zombifient. L’indignation est un anneau d’esclavage autogéré. L’antithèse même d’une possibilité de liberté.

J’en ai toujours chié à cause de moi-même, en dernier recours, pour m’être laissée circonvenir par les passions sociales en vigueur. Au lieu d’être simplement un recours de contemplation, au milieu du silence des prés et des bois.

 

Mon vieux maître vivait ce luxe étonnant de « cheminer en avant ses pensées en exil, dans une grande colonne de silence ». J’ai, tout à rebours, mariné dans le vacarme des exclamations, et me suis rétamée en essayant de franchir le seuil pour en fuir, laissant toutes mes considérations s’échapper à jamais de mon cerveau vidé. Et mourir dans le caniveau, sans nourriture.

 

J’ai écrit mes textes les plus signifiant au moment même où j’étais attelée à me détruire matériellement et personnellement. C’est quand même quelque chose, et ça dépasse la coïncidence. C’est au moment je « déployait » le plus de clairvoyance que je me suis montrée la plus crétine. La clairvoyance était encore hors de moi, j’allais toujours dépendre des andouilles. Pendant que je m’accrochais moi-même au croc de la destruction.

Moralité : laissons les andouilles pendre. Prenons garde plutôt à nos abattis.  

 

L’indignation fait partie de ces anneaux passés dans le nez qui nous tirent, par la force même que nous leur prêtons, vers ce que nous ne sommes pas, inlassablement, qui nous font nous oublier, nous nier et nous haïr. C’est d’ailleurs un mystère. Il nous manque de plus en plus la capacité à être émues ou indignées par et pour nous. La pente est vers la fuite et l’attirance.

 

J’ai récemment évoqué les bonnes âmes convenablement chaussées, qui s’indignent soigneusement, comme le culbuto suscité, dans le sens de la pente et du vent. Il n’y a qu’à voir les amoncellements de copiés-collés qui caractérisent, illustrent ces engagements.

 

Cependant, conne suis-je, non seulement je m’indignais avec elles et à leur suite, mais je me rends compte, bien trop tard, que cet investissement dans l’indignation, indépendamment de toutes les bonnes ou mauvaises volontés, de toutes les lâchetés, de tous les conformismes et de toutes les inconsciences, ne peut qu’emprunter les mêmes routes ! Qui que l'on soit et quelque soin qu’on y mette. Il s’agit toujours de se détourner de soi, et des questions que l’on porte seule, selon le précepte fort en vigueur que moi est haïssable et coupable par essence.

Je n’ai jamais tant gueulé, ne suis jamais tant sortie de moi-même, que pour des causes rebattues ou carrément pourries, des baffes amplement méritées, des « stigmatisées » bien assises, des hyènes bien haineuses ! J’en rougis.

Jamais je n’ai, non plus qu’autrui autour de moi, été capable de parler en mon nom. Parce que l’indignation n’est autre que l’exercice de l’abandon de soi, au profit des valeurs disputées sur le marché de l’existence.

 

Nous sommes le premier objet qui mérite notre sollicitude. Et notre bienveillance, si l’on tient à ce que je réutilise ce terme. Cela exclut l’indignation qui nous éloigne, nous oppose, et finalement nous expulse de nous-mêmes.

L’égoïsme est condition, dans un monde de destruction permanente et avancée des âmes et des corps, et de notre salut, et conséquemment de celui d’autrui. Que nous sommes bien incapables d’aider si nous ne nous aidons pas nous-même.

On traite généralement autrui, en fin de compte, comme on se traite. Dans une période portée sur la méfiance, la haine et l’extermination de soi, on ne doit guère s’étonner des conséquences.

« Aime ton prochain comme toi-même ». Ce n’est pas une parole si en l’air que ça. Et on oublie toujours, avec soi, que la prémisse est donc de se préserver et de se reconnaître. Toutes choses fort peu portées par la déconstruction ambiante. Et encore moins, s’il est possible, par les tristes imbécilités de « l’estime de soi ». Ces maisons en papier que nous nous incitons à construire dans nos ruines, enlevées au premier souffle, et que nous nous épuisons à rebâtir.

 

S’oublier n’est d’aucun bien.

 

Qui potest capere, capiat.

 

 

 

J’écris ça en mémoire de moi ; mais aussi pour d’autres qui ne se sentiraient pas très bien dans le flux et le reflux des indignations. Sortez-vous de là avant d’être démolies ! Occupez vous de vos fesses. Je sais que ce n’est pas passionnant. Mais c’est la seule manière pour nous de vivre libres et dignes. L’indignation de ce temps saccage la dignité.

Tout le monde n'a pas à être une fonctionnaire du ressentiment, quoiqu’en affirment les militantes.

 

J’ai pris ce virage nécessaire trop tard et trop vite. Au tas ! Amputée de moi-même.

 

Pour ma part je n’attends plus que le sésame de la mort, que détiennent des gentes qui parlent beaucoup de dignité, justement, et qui entendent bien ne pas faciliter le passage. Politiques, pharmaciens, associations pour le « droit à mourir » (tu parles ! le « suicide égoïste » est bien sûr exclu, bref la vraie liberté de mourir)… Illustration de la déroute : on en est à mendier des lois, des vérificateurs, pasque plus rien n’est possible.

Des barbituriques au comptoir, nom de d… !

 

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 00:28

 

 

...sans cesse besoin de concepts et de mots nouveaux pour pouvoir toujours plus éviter de nous reconnaître. Se reconnaître est déprimant et nuisible idéologiquement. »

 

Bertholde Brechte

 

 


 

 

 

 

 

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 17:35

 

 

"On avait eu les minutes de l'amour, on attendait les minutes de la haine. On n'eut pas longtemps à attendre"

"Thank you Saddam, tract diffusé en janvier 91)

 

 

 

Tout le monde a l'air grimpéE sur les chaises à propos des révolutions, enfin disons des fins de dynasties en cours.

Je dois avouer, je suis un peu douchée depuis le précédent de 89. Je me rappelle encore mon cohabitant, que je n'avais pas encore réussi à décourager, un anar de la génération avant moi, entrant tout transporté dans ma chambre, en notre logis de courants d'air (que je regrette fort aujourd'hui dans mon garage). Il était tellement heureux de voir des stals virés qu'il en criait. La fuite de Ceausescu en hélico avait frappé son imagination. Bien vite, devant l'étrange chasse aux insaisissables "securitateae", les fosses communes introuvables, le règne d'Iliescu, les mineurs envoyés contre les étudiants avant d'être eux-même virés, l'armée en arbitre, on a oublié la liesse...

Autre flash back littéraire : l'annonce de la prise de la Bastille dans un salon parisien : tout le monde est sur les chaises, tout le monde crie.

Puis il y a eu la suite. Nettement plus morose. De la vertu coupante aux généraux en passant par la guerre de conquête, forcément, puisqu'il fallait exporter le bonheur, fut-ce à coups de bottes...

 

(Le bonheur semble ne plus pouvoir exister qu'à condition d'être exigé et imposé. "Sois mon frère/ma soeur ou je te tue" a été modernisé en "Sois heureuXse, jouis et fais jouir, sans quoi tu es unE ennemiE des peuples")

 

Je ne crois obstinément ni au "sens de l'histoire", ni aux "complots" et autres théories des "élites qui sauraient et seraient derrière tout". Mon oeil. Ces "élites" sont à aussi courte vue que les autres.  Et même un peu plus. Aussi incapables que stupides, la seule différence étant la taille du gourdin. Les prochaines élections et le profit immédiat. Pas le genre de chose qui vous rend capable d'imaginer un monde, fut-il de "contrôle". D'où des gaffes monumentales - et facilement meurtrières évidemment. 

Heureusement pourtant, d'une certaine manière, si j'ose dire ; je me sens rarement à l'aise avec les les gentes qui imaginent des mondes. Là encore, on a plutôt une sale expérience de la chose... Et si réellement les "dominantEs" avaient des plans diaboliques et efficaces, on serait encore plus dans la détresse, ce qui n'est pas peu dire. 

 

Je serais plus proche de l'interpétation des mes ancienNEs amiEs de la critique de la valeur : quand on est touTEs engluéEs, à quel titre que ce soit, dans un monde obsessif et répétitif, allez donc en sortir et ne pas le reproduire sans reprendre à des choses qu'à peu près personne n'a envie de contester... Le propre de la valeur, c'est d'être les personnes. 

 

Bref, là, en voyant des photos de chars enguirlandés et acclamés, je me suis souvenue de ce tract qui circula environ le temps du déclenchement de la seconde guerre du Golfe, début 91. Il fut longtemps affiché sur un mur de ma cagna, et il doit être actuellement dans une chemise que les rats dégustent. Je n'en ai donc pas le texte, que je vous aurais bien transmis, puisqu'on parle tant de transmission dans ce monde d'oubli opportun.

Il s'intitulait "Thank you Saddam", reprenait une hypothèse possible mais jamais confirmée sur les Etats-Unis poussant le "dirigeant arabe éclairé" à s'emparer du Koweit pour pouvoir tomber sur l'allié devenu encombrant.

 

Mais surtout il était prédictif et systématique. Il constatait des invariances. Comme la succession nécessaire, pévue par Orwell, des passions obligatoires : les minutes de l'amour... puis les minutes de la haine. Ah ces "émotions de masse", désormais disponibles sans aucun péril (encore que, ça dépend quel genre de péril) par le virtuel... Il faut res-sen-tir, mes petites loutres ! C'est fondamental pour la révolution, cf l'Insurrection qui vient et revient et trois petits tours et...

Le chaos minuté profite toujours aux invariances. Et l'armée, le pouvoir nu comme un sabre dégainé, en est une, une bonne vieille. Qu'elle soit d'ailleurs officielle ou clandestine.

 

Et aussi, donc, le retour des militaires, désormais garants de la croissance que mettent en péril les petits ou grands tyrans trop rigides (Franco, dont le dauphin Carrero Blanco fut expédié en l'air certes par l'ETA, mais sous le discret regard très favorables de pas mal de gouvernements), ou trop peu enclins à la redistribution, ce qui finit par coincer le dialogue social. Ce qui semble être le cas actuellement, si j'ai bien saisi dans mon état de schizophrénie larvaire.

Les militaires, sur le devant de la scène, paternels et opportuns. Et là aussi, ça en fait surgir des images et des souvenirs, depuis Napo et les lendemains du premier "meilleur des mondes". Les militaires qui nourrissent le peuple (sous la troisième république, en france, les sdf de l'époque faisaient la queue pour le rab de gamelles à la porte des casernes ; c'étaient les restaurants du coeur de l'époque. Vive l'armée ! Un peu moins quand elle tirait sur les grévistes (mais, dame, à l'époque les socialos n'avaient pas encore inventé la police anti-émeute).


Là encore, d'ailleurs, ça me rappelle les appels du pied des Chinois envers l'occident après Tien an Men : "On a rudement besoin d'une police anti-émeute, pasque nous, entre rien et les chars, ben on n'a rien". Aussi tôt dit aussitôt fait, quelques années après la république du peuple pouvait s'ennorgueillir de riot troops formées en Europe.

 

Et notre increvable cinquième république, oublie-t'on qu'elle vit le jour dans les mains crochues d'une menace de putsch militaire ?


Les militaires, tranformés on ne sait comment en ultimes papas-gâteaux de recours. Chavez partout. Non mais... De qui se moque-t'on ?

 

Bref, tout ça pour dire que ça rappelle bigrement bien des déconvenues. Et je ne parle pas des nôtres,  vu qu'en europe on a clos les foucades napoléonniennes et boulangistes avec Portugal et la Roumanie. mais de celles des gentes qui se font casser la figure, pour que demain la valeur, le marché, les inégalités, et la paix civile de course folle que l'on sait se juchent sur de nouvelles épaules. 

 

Bon, moi je crois que je suis sur la sortie, et que ce ne sera plus moi qui serai là pour entendre causer de la prochaine accélération des choses, dans quinze ou vingt ans, vers un monde fleuri et rentable. Mais bon dieu, quand vous voyez des tanks, même et surtout couverts de fleurs, dites vous qu'y va y avoir pas mal d'os dans la purée.

 

Tiens, d'ailleurs, il y a des nanas dans la rue, comme souvent plus audacieuses que les mecs - mais dans les chars ?

 

 

La vieille Plume

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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 23:22


 

« On ne peut naître, mais on peut mourir, innocente ».

Cristina Campo

 

Le jour d’après.

 

C’est ainsi qu’avait évoqué son état une personne que j’ai eu l’heur de connaître autrefois, dans un texte diffusé alors que je conserve précieusement. C’était après une belle séance d’écrabouillement en milieu militant, déconstructeur et proto-néoféministe queer (juste avant la grande réclosion de 95). Elle en avait gardé alors le tremblement qui nous habite, je devrais dire qui nous squatte, nous expulse après un cataclysme. J’ignore ce qu’elle est devenue. Je revois encore vaguement son visage, son expression. L’épouvante rétrospective. Des gentes si bien, si attentionnéEs, si gentilLes… Qui se transforment d’un coup en vampires et en hyènes, en rouleaux compresseurs, parce que tu n’as pas répondu conformément à leurs attentes.

Leurs, nos si précises attentes.

 

C’est dingue quand même ce qu’on peut être… bête, incapable d’apprendre. Ou trop oublieuse. 94. J’étais sur le point de rompre pour la première fois avec ce charmant milieu. Ce qui était arrivé à cette personne ne pouvait que me décider encore plus. Je ne pouvais que voir l’étendue de la mise au carré qui se préparait. Je l’ai vue, prospectivement. Je l’ai écrit, dans des textes dont pas mal sont aujourd’hui perdus (?), sur des affiches mêmes que j’allais placarder nuitamment. J’avais pris mes cliques et mes claques.

 

Je ne pouvais pas dire que je ne savais pas.

 

Bien plus tard, bien plus tard, après un nouveau tour de manège au milieu des couteaux, un long, trop long tour, je voulus célébrer le vendredi 13. Vendredi13 contre le mensonge, les prétextes et les violences acceptées en milieu militant. Sans me rendre compte que j’étais déjà enterrée, et que nous étions, que nous sommes déjà le jour d’après. Que j’ai rejoint définitivement cette personne et pas mal d’autres dans le dépotoir des épaves du présent qui chantonne et ricane. Et qu’il est pour toujours samedi 14.

 

Sur scène la danse continue. Le manège tourne. La musique joue. Les slogans volent. Les évidences martèlent-pilonnent. Il ne s’est rien passé. Sur scène il est toujours avant-hier, jeudi 12. On a encore une fois réussi à faire l’économie de la remise en cause, du vendredi 13. Et il n’y a pas de petites économies. Je vous renvoie là encore à l’article éponyme de l’Exégèse des lieux communs de Bloy. Vous comprendrez tout de suite.

Il n’y a pas de petites économies, donc tout est acceptable, pourvu qu’on les réalise. Voir « l’utilitarisme pour les nulLEs ».

 

Le temps est comme toujours du côté des vainqueurEs. Il les accompagne et les enveloppe, fut-ce circulairement, répétitivement. La répétition donne une puissance à nulle autre pareille.

 

Nous sommes de l’autre côté, à tous points de vue d’ailleurs. Expulsées de nous-mêmes, traumatisées, désocialisées, précarisées, excommuniées. Et hors du temps. Ce qui ne recouvre pas du tout quelqu’ataraxie bienheureuse. Non. Bien au contraire, hors du temps, celui-ci nous roule dessus de sa roue dentée. Hors du temps, c’est là que nous le subissons. Idiotes nous avons vécu, idiotes nous mourrons.

 

Jeudi 12 est le laborieux paradis terrestre. Samedi 14 est l’enfer.

 

Et vendredi 13 le jour peut-être à jamais inaccessible de la confrontation des vérités et des idées. Cette confrontation toujours ajournée au nom de la realpolitik, du progrès et du plaisir. Je n’ignore pas que bien des danseuses du 12 y prétendent. Sincèrement même, mais la sincérité n’a jamais rien garanti, si ce n’est quelquefois des formes inédites de cynisme.

 

La sincérité, en nos temps de certitudes, semble même un simple verso du mensonge, lui-même nié avec frénésie, au profit de la fameuse « parole » indépassable qui est la déesse de service actuelle. Tautologique et abrutissante.

 

Il n'y a personne vendredi 13. Cette journée est vide, dans les calendes actuelles.

 

On peut dire aussi qu'il n'y a personne samedi 14. En effet nous ne sommes plus des personnes, nous qui y sommes encaquées comme des sardines dans une boîte de néant.

 

Seules les détruites, les réellement détruites, peuplent, encombrent samedi 14. Et croyez que ce n’est en rien un privilège. Encore moins un point de départ. C’est l’arrivée qui ne connaît pas d’issue, pas même un treillis pour pourrir au travers.

 

Encore ratéEs !

 

 

 


 

 

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 14:08


 

 

Vérification : on est l’une, l’autre ou la troisième.

Je m’explique.

 

J’ai jamais été considérée comme baisable. Á l’exception de mes vieux clients qui n’avaient plus bien le choix, non plus que leurs lunettes, et qui ne pouvaient pas y mettre bien cher. P… de bas de gamme. N’en faut pour tous les goûts et pour toutes les bourses. Mais à peine p… Donc tout à fait désignée pour être m…, encore que je pusse point pondre.

 

Conséquence, en vieillissant, et malgré un passing peu travaillé – peut-être grâce à lui, en fait, chacune sachant que les m… et les mamies n’ont pas le temps de se ravaler la façade, faut courir après les mioches – malgré ou grâce donc, on me demande à répétition, dans les cas où la chose présenterait quelqu’intérêt, si je suis une m… Yes. Je me rappelle déjà il y a quelques années, dans un village de la grande mecque trièvoise, une vieille dame me demandant d’une voix éraillée « Vous êtes la maman d’une des filles ? ».

Vu le différentiel d’âge réel, et sans même parler du fait que je n’étais pas équipée, il eut quand même fallu que j’eusse enfanté diablement jeune.

J’avais mis la chose sur le compte de la vue basse de mon interlocutrice.

 

Mais là chose se reproduit régulièrement, avec des questionneurEs ingambes et à la vision correcte. Dernièrement, j’étais allée faire le pied de grue pour tromper mon désespoir à une manif occasionnée par la mise en centre de rétention d’un môme avec toute sa famille. On protestait devant l’école, bien sûr, et pas moins de deux journaleux sont venus avec espoir visible me demander si j’attendais mes enfants et qu’est-ce que je pensais de l’ignominie du fait.

 

Mais voilà. On ne peut pas tout être. Pas m…, plus vraiment p… (longue maladie)… 

Des fois on n’est même plus rien ; suis-je encore t… ?

Ça se discute.

 

 


 

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 19:04

 

 

Bienvenue chez les dingues - si, si, j'en suis aussi !

 

Je vous recommande tout d'abord, en hors d'oeuvre, la lecture de l'article "Plus on est de fous, plus on rit", de l'Exégèse des lieux communs, de mon vieux maître Léon Bloy. Déjà ça brise quelques illusions. Et puis ça vous fera connaître le bonhomme dont Verlaine disait qu'il était prêt à pousser "la raison jusqu'à la démence", pour parvenir à évoquer un monde pareil.

 

Voici, relayé par une collègue, les voeux, oui, les voeux de la mère Bonierbale, psychiatre assez renommée à transland et semble-t'il désormais une des têtes d'un machin assez incroyable, la Société Française d'Etude et de prise en charge du transsexualisme.

Une Société, dans notre langue, ça a depuis longtemps un double sens. Historiquement et encore dans les milieux savants, c'est une réunion choisie et affinitaire de gentes qui se penchent sur un truc. Mais, depuis le dix neuvième siècle de tant bienheureuse mémoire, c'est une organisation économique (et même une personne morale) visant à produire accessoirement des biens ou des services, et fondamentalement de la valeur.Pas nécessairement uniquement fiduciaire. La valeur sociale directe est aussi un objet de convoitise dans notre monde débridé.

(Il y a aussi la Société de Jésus, les jésuites quoi, qui ont encore d'autres buts et une joyeuse histoire).

 

Dans un certain nombre de cas, on commence à voir la possible confusion des deux, notamment dans le monde médical. Bingo. C'est ici apparemment le cas. Nos admirables praticienNEs obsédéEs par la transitude se sont amalgaméEs, dans le but apparemment de faire progresser le secteur, et de le verrouiller. D'où la Sofect, qui déjà a pris un acronyme qui fait penser à une usine d'engrais. Et qui prétend apparemment s'emparer de toute la chaîne de production nationale des trans. Rien de moins. Sélection, élimination, élevage, livraison, sans doute suivi après...

Ouais, quand j'y pense ça fait excessivement "agro-industrie".

Va falloir être antispéE même dans cette partie ; fait chier !

 

 

Chers amis
L'année 2010 a été marquée par la constitution de notre société et par le rassemblement de nos forces qui en a fait un interlocuteur incontournable*.
Souhaitons que 2011 voit une structuration encore plus élaborée de ces forces, mais d'ores et déjà notre société en elle même est devenue une interface de communication et de coordination qui n'avait jamais existé jusque là.
Nous allons donc continuer nos échanges et mettre en place un travail commun de recherches qui nous permettront d'acquérir une surface scientifique nationale**
Tres bons voeux pour la SoFECT et chacun de ses membres.
M Bonierbale
Présidente

 

Nan mais franchement. Je suis schizo, mais ce qui éclate dans ce triomphalisme, ça me paraît mégalo.  

Ce qui biche étrangement, c'est la discordance (la disphorie, hi hi) entre l'objet et le langage adopté. C'est là qu'on se dit qu'il y a un grain. En fait... C'est trop franc, trop direct, trop rapide. Dans ce genre de domaine on adopte ordinairement un langage ampoulé, circonvolutif. On fait dans le care. On cause des pauvres personnes misérables. On évite le tranché et surtout ce qui dévoile que l'intérêt principal de l'entreprise, c'est elle-même et celleux qui la mènent. Or là ça gicle à la figure. Il n'y a même rien d'autre. C'est assez soufflant quoi. On croit entendre une chanson de marche totalitaire ou lire une bd avec des savants fous aux buts complètement fumeux.

Plus de limites, c'est paradoxalement ce qui sort de partout de ces étranges voeux "entés sur des pavots", comme on avait pu dire de Chamfort enivré de son accession à l'académie. Paradoxalement, puisque la personne qui les émet autant que celles qui les reçoivent pensent de leur devoir de poser de nettes limites à nos ambivalences. Mais voilà, pris les unEs comme les autres dans la dynamique d'un monde qui ne veut justement plus d'aucune limite (et là encore je renvoie à un passage prophétique de l'Exégèse de lieux communs), eh bien elles se sont pas perçuEs qu'elles mêmes, ces excellentes personnes attelées à la tâche de produire du néo-humain, eh bien elles ne se sentent plus du tout. Elles bondissent et éructent. Elles parlent de conquêtes et d'hégémonie. Mégalomanie générale. On est touTEs dedans, bien que pas au même titre. Mais touTEs dedans, je vous en réponds.

 

Bref, que penser ? En tant que foldingue, j'ai ainsi de nombreuXses collègues. Sans doute. Mais tout de même.

 

Pour en revenir à Plus on est de fous, plus on rit, une fois que vous aurez lu Bloy ou pratiqué la chose, vous saurez pertinemment que rien n'échappe à la règle contemporaine du cannibalisme. Et qu'il n'y a nulle fratern ni sororité à éspérer non plus de ce côté-là.

 

Et que donc, on a beau être toutes deux cinglées, Bonierbale et moi, on va probablement pas sortir bras dessus bras dessous dans les baloches.

Quoi que - si un jour elle se fait aussi virer de sa société, ce qui est arrivé à de plus fûtéEs et à de mieux assisES, on pourra toujours évoquer avec bile nos souvenirs de guerre des deux côtés d'un picon bière.


La schizo et la mégalo, face à face dans les fossés d'une autoroute de néant. Salut Mireille !


 

LGPP

 

 

 

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 11:28


 

 

Il y a quelques temps, dans une librairie, mon attention fut attirée par un petit livre de poche, mis en exergue sur le comptoir, et dont l’auteure n’était autre que Mme de Lafayette, grande amie de ma chère Sévigné, qui fut une de ces Précieuses que la misogynie moderne, cartésienne, insulta tant. J’avance mon col de grue, il s’intitule « La princesse de Montpensier » Tiens. J’ai séché, comme bien d’autres, à l’école, sur la quand même aride Princesse de Clèves. Je ne connaissais pas d’autre ouvrage de madame.

 

Je m’enquiers, et la patronne de me reprendre, l’air presque choqué : « Mais, vous savez bien, le film ! ». Le film ? Non, je ne sais pas. Ni ne savais qu’il eût eu des films au XVIIème siècle, temps béni que je croyais jusque là avoir été préservé, comme tant d’autres, de la peste audiovisuelle.

 

Bref il fallut s’expliquer. Et j’appris que ce texte, jusque là plutôt oublié, était devenu célèbre parce qu’un film avait été fait d’après, et par une sommité du je ne sais plus combientième art. Et que ce film, oh quelle originalité, parlait d’histoires de cul (pardon, d’amour). Avec quelque peu de guerres et de massacres pour quand même que ça fasse pas trop dormir entre les scènes affriolantes. La Reine Margot revisité, quoi.

 

Je m’y perds, moi, dans les Montpensier, malgré que ce soit mon époque de prédilection. Le titre de cette terre de Basse-Auvergne a tellement valsé d’une tête à l’autre que les Montpensier sont légion.

Du coup j’ignore même qui fut exactement cette princesse, que l’on nous montre, semble-t’il (vous pensez bien que je vais pas aller voir le film !) tout à fait adonnée à une très « féminine » activité, celle d’aimer et de se faire baiser par des mecs. Bref de poticher abondamment.

 

Je dois avouer que mes héroïnes Montpensier, si sans doute elles ont eu « des histoires », se divertissaient à  bien autre chose. Á faire la guerre, par exemple, ou à refuser de se marier. Comme la Grande Mademoiselle, que je révère. Mais surtout comme ma préférée, une maudite de l’histoire de France, Catherine-Marie de Lorraine, Duchesse de Montpensier, qui prit la tête de la Ligue après l’assassinat de ses frères le duc et le cardinal à Blois, avant-veille de Noël 1588 (remember ! Yes, je suis Ligueuse, autant ne pas le cacher. Je porte l’écharpe noire). Son autre frère, le gros duc du Maine, était une nullité en organisation.

Catherine-Marie commanda pendant le premier siège de Paris, en 89. Henri III, exaspéré, avait promis à tous les vents de la terre de la faire décapiter en priorité lorsqu’il y entrerait. Las, un petit jacobin envoyé par madame sut en finir avec le monarque ; une lame dans le ventre, péritonite aigüe, exit Henri. Et la duchesse caracolant par tout Paris, annonçant la bonne nouvelle à la population survoltée. Et faisant des blagues sur sa tête « qui tout à l’heure ne tenait pas bien, mais ça va mieux à présent. »

Eh bien zut, comme par hasard, c’est pas sur elle qu’on a fait un film. Déjà, elle est dans la poubelle de l’histoire avec les méchantEs. Beh oui, mieux valait quand même le centralisme royal moderne, dont on put voir tous les bienfaits durant deux siècles, que l’obscurantisme qui contestait, au nom de questions piètrement morales et religieuses, l’absolu de ce pouvoir. N’est-ce pas ? Où irait-on, je vous le demande, si on pouvait mettre en cause l’autorité étatique et civile, pour de stupides questions de conscience ?

 

Eh oui – la Ligue, qui était bien sûr d’abord un complot pour changer de dynastie, c’est vrai, portait aussi une philosophie politique que le « sens de l’histoire » écrasa, pour le plus grand profit des peuples qui passèrent à la moulinette par la suite.

 

Eh non, c’est pas sur elle qu’on a fait un film. C’est sur la potiche, celle qui se consume à aimer, celle qui sert la « valeur-relation » au plus haut point (Catherine-Marie, elle, avait trop à faire pour célébrer ce culte).

 

Á part ça, hein, la culture contemporaine, les cultures en général du reste, n’ont pas grand’chose de sexiste, de misogyne, ni de relationniste. Nooooon….

 

 

LGPP

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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