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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 13:22

sophie-la-girafe

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 11:43

 

 

Il faut bien y consentir : il n'y a pas que de l'idéologie prédictrice dans les mathématiques sociales qui tient lieu de connaissance du monde aux militantes. Il y a aussi de la bonne vieille expérience, de celle qui tanne le cuir des fortes et expédie les moins fortes ad matres.

Ainsi, la loi qui veut que, dans une relation où il y a de la violence, celle ci réapparaitra plus vite, et identique, à chaque reprise de contact.

Je viens d'en faire l'expé.

 

J'ai une vieille amie, vaccinée et revaccinée, qui se tue à me dire depuis douze ans que je tiens et tiendrai obstinément la place de souffre-douleur dans tout collectif. Et tout particulièrement chez celles qu'elle appelle les chtarbées. Je vous laisse à deviner qui cette personne qui a traversé les cinquantes dernières années dénomme ainsi.

 

Tombée où je suis, je dois bien avouer qu'elle me semble avoir raison.

 

On est souffre-douleur à vie. J'ai commencé à l'école, bien avant que des militantEs me disent "petit petit petit..." (voir La Fontaine, Le chapon et le faucon).

Je vais vous raconter un épisode formateur de ma personalité, comme on dit chez les psys.

 

J'ai commencé ma scolarité en non-mixité féminine. Eh oui, j'étais le rejeton de la surveillante générale et à ce titre toléré jusqu'à la dixième dans son école non-mixte de filles.

Puis je fus versé à l'école de garçons, tout aussi non mixte, un peu plus haut. Et là commença l'enfer, le cauchemar où je suis toujours enfermée, à quarante cinq ans. Battue, méprisée, brimée, etc etc, autant par les élèves que par le corps enseignant, durant des années. Souffre-douleur de service. Comme s'il y avait écrit sur mon front "Battez moi, méprisez moi".

Durant des années, hors vacances, j'ai vécu la peur chaque jour d'y retourner, en sachant ce qui m'y attendait. Evidemment moins violent certains jours, où je bénéficiais de la grâce d'être oublié. Et plus violent d'autres.

 

En septième, l'instituteur, un nommé M.Georges, qu'il rôtisse en enfer pour l'éternité, se mit dans l'idée de m'endurcir. Il inventa pour cela toute une gamme de tourments qui me firent juste me haïr encore plus. Un jour, donc, il décida, dans la cour, de jeter la classe entière sur moi. Non mais réellement, pour me battre jusqu'à ce que je me défende.

Je passe sur le détail, qui d'ailleurs est flou à cette distance de trente cinq ans. Mais je me rappelle d'une chose, c'est que m'étant vaguement redressé, il enjoignit à un (!) autre élève de se ranger à mon côté.

Celui ci en fit mine, goguenard, puis recommença immédiatement à me battre avec les autres.

 

Ca doit être ma première expérience du copinage militant. On est avec toi, mais on va te maraver avec les autres, pasqu'autre chose ne serait sans doute pas convenable. Et qu'il faut que tu t'endurcisse, ma belle. C'est notre devoir envers toi. C'est pour ton bien, quoi.

Après, démerde-toi, bien entendu.

 

Eh bien voilà. Là, gisant sur le carrelage après une suite ininterrompue de deux ans de coups dans la gueule et sur le ventre, comme raconté dans une petite fable récente, je me suis encore jugée coupable de quelque chose et ait eu l'ingénuité de le faire savoir à une personne qui m'a pourtant maltraitée durant des années.

Celle ci a très gracieusement reçu mon cadeau, se l'est emballé pour s'en servir au besoin. Et en très peu de jours s'est mise à réutiliser son arme favorite pour me démolir. Quelque chose qui n'est pas très éloigné, moralement, des méthodes de M.Georges. Me mettre le pied sur la tête et délicatement appuyer.

Elle aussi, ça doit être pour mon bien, dans sa tête de petite cheffe charismatique, qu'elle m'a émiettée et humiliée avec constance. C'était facile. Ca l'est encore plus maintenant qu'après une vie de lutte défensive, seule, contre la honte et le dégoût, je suis à terre. Des fois qu'il en sorte quelque chose quand on appuie. Rien que pour rigoler. L'impression d'être une girafe pouic pouic en plastoc. On appuie, ça couine, c'est marrant, ça n'engage à rien.

Je comprends pourquoi j'ai toujours été émue par ces doudous abandonnées. A les recueillir. Ce sont elles mes vraies soeurs, de condition. Pas celles qui défilent ou qui tiennent boutique.

 

Moralité, ou conclusion : effectivement, ne vous remettez jamais dans les pattes de qui vous a déjà maltraitée. C'est sans espoir.

Mais ça fait mal au ventre. Parce que la charge de souffre-douleur implique que vous aimiez, évidemment, celleux qui vont vous faire du mal. Sans quoi il y manquerait quelque chose d'essentiel.

 

C'est la dure loi des mathématiques !

 

 

LPM

 


 

 

 

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 20:32

 

 

Vous avez mal quelque part? Tombez amoureux. L'amour calme la douleur et les scientifiques comprennent maintenant pourquoi: il stimule le système de récompense du cerveau, tout comme une drogue psychoactive, selon une nouvelle étude américaine.

 

Je suis peu coutumière de la littérature psychologique. C’est ainsi que, feuilletant par ordinateur la Libre Belgique, je tombe sur cet article : http://www.lalibre.be/societe/sciences-sante/article/617688/tomber-amoureux-un-remede-contre-la-douleur.html

 

Je feuillette la Libre Belgique ou le Soir de Bruxelles, pasque je m’emmerde, que j’angoisse, que je me trouve dans une précarité puante, et que ça me distrait quelques moments de lire les développements et anecdotes de la énième crise qui va presque faire éclater cet adorable pays, où je me dis des fois que je devrais émigrer. Dans les forêts du Luxembourg. Ou dans les ruines du Hayon. 

 

Mais voilà, je tombe là-dessus, et je lis dans l’exposé de chapeau le mot de récompense. Classe je me dis, y z’en sont encore à Pavlov. C’est vrai qu’à partir du moment où on croit dure comme fer que la raison est issue des sensations, vieille thèse élaborée au dix septième siècle et toujours portée inaltérablement en procession de nos jours (docte article dans Le Monde d'il y a quelques jours), on peut effectivement tout ramener à châtiment et récompense. Et magnifier notre intelligente autant qu’impitoyable société dans laquelle se rater sur le moindre calcul signifie désormais la sortie de jeu, l’exclusion sociale, le fossé.

 

C’est quand même remarquable à quel point les bases même du progressisme déroulent le tapis rouge à un monde de terreur tout à fait tranquille, sans soucis excessifs. Si on est par exemple assez nouille pour ne pas se précipiter d’emblée vers le « comportement », l’habitus qui va vous octroyer la « récompense », et qu’on se met inutilement des bâtons dans les roues, il est évidemment préférable, pour le bien général, qui comme chacun sait, chez les utilitaristes, correspond à la plus grande somme de plaisir amassée, que vous soyez éliminéE au plus vite. Vous faites baisser le taux de satisfaction, bélîtres !

 

Que, comme le soupçonnait le père de Lubac, ce genre de calcul et la civilisation basée dessus conduisissent avec plus ou moins de détour aux exterminations de masse, par le travail, la détention, la guerre ou la faim, où nous pataugeons joyeusement désormais, ma foi, c’est juste un mauvais moment à passer, et si possible pour d’autres.

 

Décidément j’adore la psychologie, l’idéologie du « désir et du plaisir », l’utilitarisme… Que du bonheur, depuis cinq siècles, vous trouvez pas ?

 

 


 

 

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 12:06

 

 

Bon, j’ai pas toute ma tête, c’est entendu. Mais le caroussel désormais bien rodé des procès pour infanticides continue. Cette semaine c’est en Savoie. On pourrait presque imaginer des "Grands Jours", comme sous l'Ancien Régime, des commissions judiciaires extraordinaires qui iraient de province en province condamner par fournées les monstres, comme autrefois les sorcières (n'oublions jamais que la grande Chasse aux sorcières, en France, fut le fait des autorités civiles, lesquelles adorent stipuler les valeurs morales - et non d'une "inquisition" qui avait disparu du pays sous Philippe le Bel...) (1)

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/10/18/ouverture-du-proces-d-une-mere-infanticide-en-savoie_1427559_3224.html

 

Bien rodé, en tous cas, tout autant que les procès en sorcellerie ou pour empoisonnement. Il n’y a plus la moindre hésitation dans le traitement journalistique, ni semble-t’il judiciaire. Déni de grossesse, papa savait rien, etc etc. Bien entendu ! Si ce n'était ça ce ne pourrait être que pire, alors... C’est à se dire que bientôt ou pourra mettre en place un « plaider coupable » spécifique. « Combien ? Un, trois, huit ? », allez, hop, tant d’années, vagues circonstances atténuantes, haïssez vous bien, mère infâme, pour le reste de vos jours. Á la suivante !

 

Non mais – on a quand même l’impression qu’on en est là, nan ? Et, comme je le disais déjà, s’organise désormais par derrière tout le contingent de surveillance indispensable. Onan fut frappé pour avoir « laissé tomber sa semence à terre ». Il n’en est guère autrement pour les nanas estourbisseuses de lardons.

 

Il y a perte. Le mot est lâché, comme une sale bestiole puante et malveillante. La perte est l’aspic, le basilic de notre admirable temps. Il ne faut jamais perdre ni se perdre. D’ailleurs, la trique est là, automatique. Comme me dit une vieille copine, il y a quarante ans on se laissait choir, on se relevait souvent. Á présent plus question, la perte est définitive. Et par conséquent ce n’est plus un accident ou même une aventure, c’est un crime. Tu as causé une perte : tu paieras jusqu’à la fin de tes jours, au-delà même de ce que tu peux payer d’ailleurs.

 

Non mais, vous trouvez pas que c’est un cauchemar, ce monde anti-perte, où il faut toujours s’étendre, gagner, au moins se préserver (la fameuse « logique d’assurances ») ; avoir donc, puisqu,à part une minorité on est je ne sais combien sur un gâteau fort réduit, toujours quelqu’unE à qui réclamer, dans ce jeu ignoble où il doit forcément y avoir des perdantEs.

Songez que, dans des procès en infanticide, on a mis en ligne de bataille comme partie civiles des enfants qui auraient été privéEs ( !!!!) de frèretsœeurs ! En fait on cherche partout la perte possible, parce que c’est un facteur d’enrichissement, de croissance, de cannibalisme légal et respecté !

 

Là encore, si on ne veut pas s’enfoncer toujours plus avant dans une épouvantable barbarie, il importerait de rétrograder au plus vite.

 

Sinon… Il y a toujours ces fameux congélateurs. J’avoue, je n’ai pas l’attirail nécessaire à engendrer, je ne vis pas avec mari et enfants, donc je ne suis pas outillée pour comprendre sans doute. Je suppose que beaucoup ont très logiquement choisi l’enterrement dans des lieux tranquilles, et je respire. Mais le congé… Bien sûr, on peut juste admettre, comme une vieille copine, fondatrice du Planning, pas effarouchée par ce qui aujourd’hui fait trembloter sur leurs strapontins les petites arrivistes gestionnaires, et dire dans un éclat de dire « Ben on va acheter des congélateurs… ». Mais je ne suis pas convaincue. Il y a quelque chose qui s’articule à l’angoisse de ce monde et qui m’inquiète.

Les corps conservés. Ça arrive. Je songe à touTEs ces saintEs en vitrine. Depuis des époques où on ne congelait guère, sous nos latitudes.

Je songe à Varlam Chalamov, ce très grand écrivain, qui conserva longtemps dans son frigo, en pleine époque soviétique, le corps de son chat qu’un voisin (qu’il rôtisse en enfer !) avait assassiné.

 

Mais j’ai du mal. J’avoue, pour moi il n’y a que l’enterrement. Et le retour à la poussière. Je tique même devant l’expéditif de l’incinération. Pour ma part je veux fermement être enterrée, dans un petit cimetière de campagne.

 

Enfin, je dévie…

 

Mais j’y reviens. Beh oui, pas progressiste pour un sou et même contre-révolutionnaire, mais plus on s’enfonce dans un monde dont le principe est « tu me dois quelque chose, forcément, et je bouffe conséquemment », plus ce monde sera barbare et cannibale. Échec plus qu’historique. Jeter par-dessus bord, s’il est encore temps et possible, la logique de revendication et d’accroissement. Je ne peux que me répéter – ce dont je n’ai pas tellement honte vu comme les revendicateurices se répètent elleux-mêmes.

 

Et cesser d’emmerder les nanas qui se débarrassent de leurs aliens !

 

 

 

(1) En fait, à ma connaissance, les "Grands Jours" provinciaux n'ont pas servi dans les procès en sorcellerie, instruits par des tribunaux ordinaires, avec quelquefois intervention directe de l'état, comme dans le cas de Loudun. Mais n'empêche, on ne peut se défendre d'imaginer quelque chose de ce genre !

 

 


 

 

 

 

 

 

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 11:48

 

 

Je vous le dis sincèrement : j’ai honte.

 

J'ai honte devant moi. D'avoir été aussi conne. En toute conscience.

 

J’ai honte, parce que j’ai quarante-cinq ans, et que cela fait au moins quinze ans, peut-être vingt, que je sais être séparée, que je sais ne pas être dans cette époque, cette époque d’opinion et d’intensité, que je sais n’en pas vouloir plus que je n’en suis voulue. Que je sais ne pas vouloir, par conséquent, être ensemble. Je ne suis pas séparatiste, écrivais-je déjà en 98, je ne veux pas créer de sociétés ; je suis séparée et c’est une donnée, un fait, pas un choix. Peut-être le savais-je déjà enfant, au milieu de la forêt, quand je ne rêvais que d’une vie où je pourrais fuir mes prétenduEs congénères.

Je me suis bien mal menée. Et laissée malmener, par une impitoyable conséquence.

Je me suis accrochée à la ridelle de la roulotte d’hamsterland, le petit cirque du cauchemar militant. Seule bien sûre mais emportée. Jusqu’à en crever ou presque, Jusqu’à me haïr. Jusqu'à me laisser utiliser aux plus basses oeuvres. Jusqu’à m’ignorer superbement. Jusqu’à me perdre enfin et en devenir folle, au sens clinique du terme, ce qui m’a fait fuir mon seul ermitage, détruire ma seule occasion de pouvoir vivre en émigrée dignement. Et j'ai honte aussi, car ce lieu eût pu être un radeau pour quelques autres étrangères à cette époque. J'ai ainsi ravagé non seulement ma vie mais un peu la leur, potentiellement. 


Comme si ce monde, ce temps, allaient laisser un choix, une autre chance. La bonne blague !


Il faudra donc touiller dans le fossé, pendant que défile la procession permanente.

 

Séparée. Comme le disait Jeanne Bloy, que je cite tant que je puis : « on n’est vraiment seulE que lorsqu’on est quittéE par le monde ». C’est quelque chose que l’on ne choisit que fort peu et qu’on porte, volens nolens, avec soi et à vie.

 

Séparée. Pas amalgamée, ni apariée, ni avariée, ni collectivée, ni isolée.

Retranchée.

 

Séparée. J’ai quand même fait ce que j’ai pu pour dire ce que pensais de la clownerie écrasante des relations et autres socialités. Mais l’assourdissement est tel, que je n’ai même plus su m’entendre moi-même, désorientée par le vacarme. « Tous ensemble », à deux, à trois, à mille et même seulEs, ce qui est un tour de force. Tous ensemble à réclamer – et moi-même avais fini par me mettre aussi à revendiquer.

 

Que je préfère le coassement des grenouilles !

 

Et zut ! Encore ratée la séparation. Et la vie qui est bientôt finie.

 

Prenez en de la graine, celles qui ne se sentent nulle part. Je fais l'épave pour signaler l'écueil.

Faut bien se sentir "utile" à quelque chose...

 

 


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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 10:39

Lien pour une interview de la mère Lalla (comment, vous connaissez pas Lalla ? Rrroooh mais vous êtes pas "in" vous). J'aime bien Lalla, elle a été toujours correcte avec moi, et des fois elle fait chier. Ce qui peut me plaire aussi, évidemment.

Après, ce qu'elle raconte dans l'interview, je vais dire, j'en suis souvent à mille lieues et en train d'essayer d'échapper à ce systême solaire. Toujours les mêmes sujets, les mêmes avis, les mêmes opinions. Une chose quand même, elle dit clairement, comme je crois l'avoir dit aussi, que LGBT c'est mort, puant et surtout mensonger (et transpédégouine aussi par conséquent, qui est la marque un peu plus reuch' de la chose, sur l'étalage, avec un autre emballage mais sorti de la même ligne de production).

 

http://www.minorites.org/index.php/2-la-revue/860-lalla-kowska-regnier-l-interview.html

 

Je ne dis donc même pas ce que je pense - dans la mesure où je pense encore - du magazine où ça paraît, qui est un des fleurons de la bonne presse actuelle et qui me fout la gerbe rien qu'à le feuilleter. Ni de celui qui fait l'interview.  Ma poche à fiel est crevée. J'ai été fort déprimée, d'ailleurs, hier, zonant au café-lecture de ma sous-préf', de voir sur une étagère une pile de Timult, un autre du même genre, et dont le feuilletage (on ne peut pas s'empêcher de se faire du mal) m'a bouffé le foie et un peu plus abêtie. On n'est plus en sécurité nulle part, ma bonne dame...

 

Décidément il n'y a plus d'autre alternative à une inadaptée chronique que de sortir de cette époque et de devenir contemplative. Encore en faut-il les moyens. La folie, autre "produit social" paraît-il, m'en a privée. Voie sans issue.

 

P

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 10:14

http://www.rue89.com/rue69/2010/10/12/luc-ferry-vous-etes-en-retard-dune-revolution-de-lamour-170646

 

Controverse, enfin assaut de certitudes empaillées, entre Luc Ferry (oui, Le Ferry, l'épouvantable, celui du "rappel à l'ordre") et un trouple "polyamoureux". Bref les représentants d'un aspect plus moderne, si on veut, de la religion relationnelle.

Ce qui est terrible, c'est que si Ferry est très, très bête, puant, sortant de vieilles vacheries de mec, ses contradicteurEs le sont au moins autant. Et qu'on se dit qu'à la fin, une fois que le bulldozer de l'éternel présent sera passé, c'est encore le Ferry qui va rester debout et narquois. Qui aura eu raison, au vieux sens de vaincre, d'écrabouiller.

 

C'est cela, le juste résultat de ce monde de concurrence, d'intelligence mécanique de la réussite. Les plus fortEs, celleux qui ont le mieux de réserve, qui sont le mieux assisEs, finissent fatalement par avoir raison des autres. Quelle que soit la stupidité, la méchanceté de leur position. Et sachant que prendre part au débat, c'est généralement déjà s'abêtir. Mais l'erreur, c'est de croire qu'autre chose que la victoire et la dévoration est en jeu. 

 

C'est ainsi aussi que nous avons péri dans l'alternative, qui a eu raison de pauvres folles comme moi, ou comme quelques autres que je ne  vais pas outer - mais à qui je pense très fort, mortes ou (sur)vivantes. Faibles et folles, nous nous sommes dressées quand même, au lieu de courir nous cacher, et nous sommes passées dessous.

 

Nous eûmes subi le même sort ailleurs. Avec peut-être un peu moins d'illusion.

 

La raison c'est la force. On n'a pas raison seule (ce ne serait ni drôle ni utile) ; on a raison d'autrui, avec tous les bénéfices de la dépouille consécutive. Directe ou indirecte, d'ailleurs, pour celleux qui ont les narines sensibles.

Ce n'est pas nouveau. Ni au hasard. Prédécoupé, le joli socle où les bonnes formes doivent s'insérer, et les mauvaises rebondir. Et tomber à terre.

 

Journal, 12 oct 10

 

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 10:05

La dégradation. En voilà un bon sujet ! (« Cache-toi, sujet », comme on se le proposait avec M il y a, oh, bien dix ans…). Dix ans durant lesquels la situation s’est considérablement dégradée, déjà. Elle en a fait des progrès. Au point que si déjà à l’époque il était difficile de distinguer sujet d’objet, c’est devenu à présent carrément suspect. 

 

Je me suis dégradée aussi, à vitesse croissante. Dégradation physique, morale, mentale et intellectuelle. Plus possible de penser quoi que soi ni de s’administrer raisonnablement.

Et les conséquences : dégradation personnelle et humaine. Je rejoins par le fait ce qui était déjà mon statut : semi-humaine.

Dégradation, amalgame. Ne plus avoir de distance disponible, et tout d’abord avec soi-même. Enfermement dans ce qu’on ne peut plus regarder. Identification totale. Et pas flatteuse.

Dégradation. Contrairement à la mutilation, principe intériorisé (hi hi !) qui afflige également tous les endroits, tous les organes, toute la vision. Et dont il est illusoire de penser, d’une part que quoi que ce soit en puisse être exempt, d’autre part que par quelque justice ou compensation il puisse rien sauver ou favoriser.

 

Dégradation. Ce qui effraie est sa vitesse, dans un monde d’intelligence vigilante et galopante, où il s’agit de ne rater aucun des virages ni des loopings du gymkhana. Alors, vous pensez, à contre sens…

 

Dans l'fossé !

 

Dégradation, la lèpre quoi. Mais voilà : plus de maladreries où l’on pouvait, du moins, « se raconter des histoires de lépreux ». Mobilisation pour un monde de plaisir ou rien ne doit se perdre. Ces endroits valent trop cher, sur le marché immobilier et relationnel actuel. Ils ont été rachetés par celleux qui avaient les moyens et en ont eu premiers le flair, pour s’en faire de confortables résidences secondaires.

 

La dégradation garde également son double sens, de désintégration, d’amoindrissement par émiettement, et de chute totale dans la hiérarchie. Cette chère hiérarchie qui nous suit partout comme notre ombre, et que nous nous sentirions à la fois désemparées et penaudes de désobliger. Chute dans. Tout au fond. Par hors, ce serait trop beau. Il n’y a pas de hors la hiérarchie. C’est une bonne vieille blague.

 

Et enfin, bien sûr, dégradation et folie. La dégradation mène-t’elle à la folie ou bien y est-elle conjointe ? En tous cas la folie est dégradante. Elle brise le vase, même quand on croyait l’y pouvoir tenir. Et comme je suis le vase, ben… J’aime autant vous dire que c’est pas drôle du tout. Et que celleux qui causent doctement de la « place de la folie » repasseront. C’est tout à fait sinistre de se rendre compte qu’on est mentalement malade, qu’on a des vers dans le citron. Depuis longtemps. Et qu’ils l’ont si bien mangé, le citron, qu’on s’en prend jusqu’à soi-même. On n’a pas envie d’y laisser la moindre place à ce concert de haines en tubes.

Plus que jamais en colère contre les « relativistes de la raison » et autres « alter ou antipsy ». La raison ne nous appartient pas, et c’est une chose horrible quand elle se retire.

Nous ne nous appartenons pas, c’est une vieille blague que j’avais déjà signalée dans les années 90. L’autopossession, bien sûr ! Pourquoi pas l’autoproduction aussi. Oh ben on s’y est jetéEs. Et les épaves commencent à flotter ici et là dans la zone industrieuse.

 

 

Dégradation, don quichottisme, déshumanisation, crise maniaque. Le joli chemin qui mène au cabanon ou à la concession provisoire.

Moi qui regardais narquoisement de côté les copines « bipolaires », comme on dit de nos jours, en me carrant bien large dans mon « unipolarité » teigneuse mais autonome, je suis bien punie.

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 10:42

 

…ne te protègera pas »

 

air connu

 

Ta parole non plus.

 

Bonne nuit !

 

 

 

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 16:08

Ce qui me fait peur et me désespère d’avance dans le devenir probable de la noyade morale du constructivisme actuel, c’est la contre-vague qui nous est évidemment promise, dont les prodromes ont déjà d’ailleurs commencé à sourdre, et qui bien évidemment est tout aussi stupide, quand ce n’est pas plus, et fréquemment très malveillante, pour ne pas dire puante.

Comment s’en étonner dans un présent monocorde, monolithique, où tout le monde court allègrement après les mêmes valeurs, les mêmes prétentions, dans une concurrence effrénée à leur réalisation (et bien sûr aussi à l’engrangement des profits que l’on en peut espérer) ?

Ben en tous cas ça fait froid dans le dos.

 

Je suis même pas sûre que je pense d’abord aux copieux pensums genre « Oser le féminisme » et autres Chiennes de garde. Ni aux décourageantes immondices républicaines, légalistes, masculinistes ou chauvines, etc. C’est du présent déjà passé qui s’agrippe. Non, je songe à une contre-vague beaucoup plus profonde, émotionnellement et idéologiquement ancrée, qui se présentera, une fois de plus, avec la force d’une évidence. La question n’est même pas de savoir pour moi si elle nous « ramènera ou pas » vers d’anciens rivages. Ce dont je suis sûre, d’ores et déjà, c’est qu’elle évitera les mêmes questions, et sanctuarisera les mêmes affirmations.

 

C’est quasiment, comment dire, mécanique, comme est mécanique la pensée progressiste, dont la foi est un lubrifiant. Je regardais ce matin l’annonce d’un énième colloque sur les « critiques de la domination », fait et assemblé de tous les mots magiques et poncifs répétés, aussi usés que nous, qui têtardent dans cet aquarium. Je vois la réalité des choses mise en coupe réglée pour entrer dans les moulins à parole – cette fameuse parole qui crée le monde. Mais j’imagine déjà la revanche, et elle va pas être belle.

 

Elle aura le même visage expropriateur, rien ne pourra être un fait, un acte ou une personne, non plus que dans le constructivisme présent. Tout sera une fois de plus fonction. Peut-être même inventera-t’on des manières encore plus efficaces pour fonctionnaliser tout ce qui ferait mine d’exister. De rentabiliser quoi.

 

J’ai écrit et dit bien des fois que je croyais qu’on ne pourrait se sortir de cette impasse encore plus élastique qu’une capote qu’en acceptant de revenir en arrière, de lâcher des acquis qui sont des daubes. Certes. Mais ce que je vois de plus en plus c’est que ça ne suffira pas, et surtout que ce qu’il faut lâcher comme acquis c’est tout d’abord une attitude générale qui perdure. Pas telle ou telle définition, mais notre révérence platventresque aux définitions agissantes.

 

Ce qui me fait peur, c’est qu’on ne sorte jamais de cette posture.

 

Dans laquelle on continuera juste à s’enfoncer, à s’amalgamer et à suriner les malcontentes au fond d’un cul de sac.  

 

 

LPM, de plus en plus émigrée dans ce monde, et qui est tout aussi effrayée évidemment de l'amorale brutalité générale qui sévit à peu près partout et à tous les étages. 

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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ni alliées, ni amies, ni copines, ni soeurs ; autonomies transses

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