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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 19:11

Qui ne rapporte pas ne peut compter sur personne.

 

loi sur la solidarité efficace et utile

 

 

 

A suivre

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 09:57

 

Lesbienne ; pas gouine. Même si lesbienne trans.


Désolée, mais d'expé, gouine aujourd'hui c'est beaucoup trop systématiquement hétéra qui relationnepassionnément et utilement, efficacement, avec tout ce qui traîne, meufs, trans, pédés, mecs profem...

Par hétéra, j'entends ratisser large : celles qui trouvent fondamental de « faire du sexe », qui se définissent et existent par leurs « relations ». Qui « font d'elles-mêmes ce qu'elles veulent » et point. Qui portent leur « fierté » en écharpes rainbow ou se barbouillent en rose fuschia. Pour moi, un monde centré sur le reniflage de cul et la réclamation tous azimuts pour maintenir son existence, sur la concurrence et l'émulation, c'est précisément le monde que d'aucunes appellent « hétéropatriarcal ».

Je ne parle même pas des « transpédégouines », cette hydre consensuelle - une hydre ne se marche jamais sur les pieds - et excommuniante de toutes celles qui dépassent ou s'enfoncent d'une tête.

C'est dommage – gouine eut peu, eut même je l'affirme du être quelque chose de classe. Mais nous gâchons obstinément tout avec notre avidité de ne rien vouloir abandonner, d'accumuler indéfiniment. Désormais, gouine est absorbée, résorbée dans la marmite de glu.

 

Donc lesbienne, résolument. Qui ne se définit pas par si, comment elle couche (même debout !) ni avec qui. Qui sait être seule. Qui sait qu'elle est seule. Qui affirme que nous sommes des personnes. Pas uniquement de commodes et négociables additions de mathématiques « politiques ». Non plus que des « orientations sexuelles », des « histoires sociales » ni même, ô blasphème là encore, des « identités de genre ». Bref, pas des zombies d'idées sur pattes.

Que nous ne sommes pas une case sur le rubik's cube de l'économie existentielle.

Que nous n'avons pas à l'être.

 

Lesbienne, répétitivement, qui n'a pas envie que tout son monde glisse dans un lieu commun aussi masculin que souvent cynique.

 

Lesbienne, qui ne se réapproprie pas. Ce que nous prétendons nous « réapproprier » nous avale.

Lesbienne, qui reçoit. Qui accepte de recevoir. Et donne.

Lesbienne, qui peut trouver que moins c'est mieux. Et que même si pas mieux c'est ainsi.

 

Lesbienne, toujours trop ou pas assez – pas assez surtout !

 

Lesbienne, qui ne converge pas.

 

Lesbienne, qui n'est pas une copine. Encore moins la copine de tout le monde fréquentable, et surtout pas de celles qui rapportent, évidemment...

Lesbienne, qui s'octroie ainsi la liberté suspecte d'être amie ou ennemie. Sans évaluation idéologique. Ou tout simplement d'ignorer.

 

Lesbienne, qui refuse de se ch... elle-même sur la tête aux moindres réquisitions du mille-pattes tpdg et déconstructeur. Et même à ses plus grandes.

 

Lesbienne, même si pour les lesbiennes je ne suis pas lesbienne, et ne puis être lesbienne. Je ne réclame aucune intégration. Lesbienne, c'est aussi être seule de son espèce. 

 

Encore une fois, presqu'impossible de se définir autrement que négativement dans un tel océan de pattex. Zut et rezut !

Emigrée de l'intérieur quoi.

 

Eh ben c'est gai.

 

 

 

La petite poule rousse

 

 

 

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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 18:43

 

 

« La raison est impersonnelle de sa nature. Ce n’est pas nous qui la faisons, et elle est si peu individuelle, que son caractère est précisément le contraire de l’individualité, savoir : l’universalité et la nécessité, puisque c’est à elle que nous devons la connaissance de vérités universelles et nécessaires, des principes auxquels nous ne pouvons pas ne pas obéir. La raison n’appartient pas plus à tel moi qu’à tel autre moi dans l’humanité ; elle n’appartient pas même à l’humanité. Par ses lois, elle la domine et la gouverne. Si la raison était personnelle, elle serait de nulle valeur et sans aucune autorité hors de l’individu. »

 

Cité in Blanc de St Bonnet, De l’affaiblissement de la raison

 

 

On ne saurait mieux dire. J'ai exulté en lisant ce passage, dans un vieux livre introuvable et téléchargé. Impression de retrouver de vieilles copines qu'on aurait, que j'aurais moi-même longtemps tenues enfermées ou éloignées.

Ce qui m’épate avec les alternoTEs et autre militantEs contemporainEs, c’est l’obstination, que j’ai moi-même défendue dans ma longue, trop longue période nominaliste, à affirmer que des choses sont politiquement et moralement exactes, et même que c’est un crime contre l’humanité ou la classe opprimée en vogue de les contester – et en même temps à défendre un point de vue complètement relativiste, d’où l’idée même d’universel, de chose qui existe en dehors des perceptions et de « histoires sociales », est bannie comme contre-révolutionnaire. On ne peut pas scier avec plus de constance la branche sur laquelle on s’asseoit.

 

Ainsi donc du terme devenu infiniment péjoratif d’universalisme, qui est censé désigner désormais une perception des choses imposée historiquement par des "multidominantEs". Soit. Ca peut me parler, comme on dit en novlangue. Mais ce qui m’irrite c’est qu’on appelle ça universalisme, du terme même qui désigne la capacité à reconnaître que des choses existent indépendamment de notre subjectivité. On devrait user ici du terme hégémonie, au besoin hégémonie d’une subjectivité ou d’une vision du monde, intériorisée éventuellement. Mais en aucun cas d’« universalisme », comme la pensée déconstructrice et son gourdin de bien-parler nous l’enseignent avec constance depuis quelques années. Avec leur petite copine l’exotisation à outrance qui a fini par avaler autant les exotiséEs que les exotisantEs (ce qui est d’ailleurs un excellent sujet de pensum pour l’étude des rapports de pouvoir réels : comment la culpabilité des unEs mais qui veulent quand même garder présence et profiter contamine tout le monde). Cf mon billet sur « s’occuper de ses fesses ».

 

C’est pourquoi je goûte infiniment cette citation tirée d’un ouvrage parfaitement contre-révolutionnaire, de la bonne cuvée post-révolution française et premier empire, et qui nous rappelle que des tas de choses échappent à notre bon ou mauvais vouloir. Et même que nous les recevons telles quelles. Gloups. Quelle honte n’est-ce pas ?

 

Enfin, à côté de l’universalité se tient la nécessité. Alors là aussi, je sais que ça va probablement aiguiser quelques ressentiments, mais oui, je crois qu’il existe une nécessité. Que tout n’est pas possible, que le principe de non-contradiction par exemple, ou bien les bases matérielles de ce très-bas monde, entraînent des choses inévitables. Qui s’imposent. Auxquelles donc, comme le dit notre bonhomme, « nous ne pouvons pas ne pas obéir ». Geste impossible.

 

Et enfin que tout ça n’est pas « individuel ». J’ai toujours été en guerre avec l’individu et ce qui se ramenait avec. Ça fait bougrement du bien d’apprendre qu’il existe des terres, des lieux, qui ne sont pas sous son égide.

 

Je dois avouer, je tends à mieux respirer, après des années d’intoxication idéologique, en échouant sur cette terre ferme, ainsi qu'une tortue géante qui débarrasserait sa gorge des sacs en plastiques avalés, comme des couleuvres, au gré des courants. C’est fou ce que ces quelques mots me suggèrent d’un seul coup de possible. Yes !

 

 

La petite murène, solidaire des tortues géantes étouffées

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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 08:42

 

Ne voulant pas en faire des « extraits », pratique de pic-vert qui vire facilement à l'abus, je vous signale simplement ce texte de Michèle Causse, laquelle vient de disparaître.

http://www.lestoilesroses.net/article-pourquoi-les-gays-ne-peuvent-ils-etre-les-allies-objectifs-des-lesbiennes-par-michele-causse-38619445.html

 

Je ne suis pas, et de loin, une de ses fans. Ce texte même, s'il me rappelle de bons souvenirs, continue la discussion vaine à mes yeux du primat des signes et de la langue, sanctifie après tant d'autres les arnaqueurEs de la sociologie « de genre », rabâche les catégories constructrices des « individus », et ainsi de suite. Enfin, la déception m'étreint une fois de plus quand je vois la critique lesbienne s'arrêter pile, en dérapage, au bord de ce qui commencerait à mettre vraiment en cause ce qui constitue à mon sens la base fondamentale de ce que nous appelons le patriarcat : la société basée sur la valorisation de la relation, donc la concurrence indéfiniment renouvelée de la course de toutes après toutes.

Pourtant l'éclaircie est là, et depuis longtemps, seulement personne, à part des isolées qui n'ont plus le choix, n'ose franchir les limites de la brume. Car on y parle de rapports entre personnes.

Et c'est là un des paradoxes qui me sidèrent depuis longtemps. La personne est là, au moins potentiellement, elle pèse déjà ou de nouveau dans la balance face à la sacro-sainte relation. Il ne faudrait qu'un fétu peut-être pour un reversement. Mais cela ne peut avoir lieu sans un autre renversement, qui est, sans réplique, de pouvoir enfin désaccoupler qui nous sommes et ces fichues relations qui nous sont imposées comme notre être et déterminent notre catégorie. Bref changer ce que veut dire lesbienne. Que ce devienne en soi et non dans le lien. Bref... ouh là je m'aventure, qu'enfin les femmes deviennent lesbiennes ou les lesbiennes femmes ? En tous cas que les voiles qui obscurcissent et les liens qui entravent soient déchirés. 

 

C'est une lesbienne trans, seule par destin comme par choix, qui dit cela. Michèle Causse, tout à fait à raison, m'ignore – sauf dans une des notes du texte, pleine de sens, sur l'inexorable et répétitive glissade vers le masculin de tous les idéaux féministes, de genre, queer, etc., où nous nous rencontrons quelque peu par delà l'irréductibilité de nos vies. Je la livre tout particulièrement à vos réflexions. Et à bien plus que vos réflexions. Je suis émue. 

 

Plume

 

PS : Mon petit côté bien-pensant, que j'aime aussi : je constate qu'après deux ou trois jours, les médias hétéro, c'est à dire généralistes, n'ont même pas mentionné la mort de Michèle Causse, qui fut pourtant une auteure un peu plus qu'anecdotique. Mais la mère Wittig a-t'elle eu mieux ? Je ne me rappelle pas.

 

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 09:49

 

Bon. Ayant vu et bu, si j'ose dire, un grand nombre des conséquences qu'entraine être trans dans les milieux lgt et féministes aujourd'hui, je crois n'avoir plus guère de réticences à en revenir à un avertissement gyropharesque orange : mixité trans-bio égale danger. Devinez pour qui ?

 

Je tiens à préciser ici qu'il ne s'agit pas du énième dépliage de la grande fresque des « rapports sociaux » entre méchants groupes opresseurs et conséquemment gentils (!) groupes opprimés.

Il faut quand même une sérieuse dose d'abrutissement militant pour s'imaginer qu'il est nécessaire de passer par cette moulinette mathématique pour simplement s'apercevoir de choses simples et énormes. Tristement humaines en quelque sorte. Les plus fortes et les plus vraies bouffent les autres, cannibalisme et malveillance.

 

Je commence même à croire que la « grille de lecture » « domination/privilège » sert pas mal à ne pas voirce qu'il n'est pas opportun de voir. Et à se partager les bons points sur les cadavres des invisibles.

 

Un aspect qui m'est ainsi très récemment apparu, c'est que les bio restent et que les trans passent.

 

Ainsi, un groupe de réflexion tpdg qui renaît vaguement de sa décomposition, formé à la base de personnes éminemment recommandable et bio (est-il besoin de le dire ?), va-t'il soigneusement épurer sa composante trans devenue indocile, imbuvable. Mais le plus beau est que dans le joli monde des « légitimités », il importe de disposer d'une diversité honnête. Donc on va aller pécho quelques néo-trans supposées encore dociles, intimidées par les grandes sœurs bio, pleines de révérences devant la vérité, pour remplacerles anciennes qui ne marchent plus à quatre pattes !

Et cela autant de fois qu'il semblera pertinent à la dynamique. Les bio restent, cinq, dix, quinze ans. Les trans sont usées, sucées, utilisées, et passent. Comme des intérimaires de la figuration politique, dont il importe de récupérer les dernières productions, mais qui ne doivent pas s'éterniser.

 

Ce qui d'ailleurs m'amène à cet autre aspect. Marcher à quatre pattes. Je l'ai fait évidemment quelques années, comme toutes les mtfs « élevées » par des nanas bio féministes. Dans ce cas, notre évident et insolvable complexe de ne pas être vraies se double d'une culpabilisation politique et sociale. Nous devons obéir, ramper, parler pas trop haut, pas prendre trop de place, acquiescer aux linéaments d'une bien-pensance qui nous tiendra toujours en brassière et en menace de délégitimation, d'opprobe. Mais enfin et surtout coller à quelque chose qui n'est pas nous.

Perdre des années, quoi, pour une cause perdue.

Nous ne sommes ni ne serons jamais des bio, ni physiquement, ni socialement, ni, comment dire, en nous-mêmes. Mais nous nous obstinons dans cette voie sans issue qu'est ce trouble rapport à la vérité sur pattes (encore un mille pattes, tiens), à laquelle nous voudrions tant ressembler. Dans laquelle nous nous liquéfions de nous fondre. Les gentes au beau langage appellent ça l'invisibilisation. Je crois que c'est même encore plus une des formes de ce cannibalisme qui caractérise notre temps et ses milieux politiques.

Il nous faut admettre cette irréductibilité que nous portons avec et en nous. Simulacres nous sommes, simulacres nous resterons, et les ajustements « meufs-gouines-trans » n'y ont rien changé.

 

Quant à se relever, après avoir longtemps quatrepatté, eh bien je ne connais d'expé qu'une occurence : le coup de pied dans le cul, qui peut déterminer chez nous un reste de... de quoi déjà ? Pas de fierté, non, pas envie de partager avec les identités ce vieux firchti tout cramé au fond de la gamelle. Encore une fois, sans doute, de reconnaissance, de se reconnaître brusquement soi-même, et de reconnaître autrui dans le même mouvement. Mouvement subi, j'insiste là dessus.

 

Alors voilà, en tous cas, coup de pied au cul ou rampement révérencieux, les trans passent. Ce qui démontre aisément que si les bio sont de vraies personnes (dans ce monde où par ailleurs il ne faut pas user de ce mot contre-révolutionnaire, juste user de ses « privilèges »), les trans sont une guirlande de petites silhouettes qu'on mâchonne et sur laquelle on passe de l'une à l'autre. Les trans ne sont pas des personnes. Ou bien, plus exactement, quand elles arrivent à devenir des personnes, elles deviennent infréquentables.

 

Mais voilà. L'autre écueil est de nous en plaindre. De donner dans l'immense panneau qui structure désormais tout le militantisme : je n'existe qu'à condition de pouvoir réclamer quelque chose à quelqu'unE, d'être « l'opprimée » d'une « dominante ». Double arnaque, déjà dans la réalité de la chose, quotidienne et triviale. Ce sera toujours un marché de dupes. Mais encore dans la logique : le monde comme comptabilité.

 

J'en conclus qu'il nous incombe, enfin à celles qui ont reçu leur confirmation à coups de pieds dans le cul et dans le ventre, de nous escargoter sans vergogne dans la séparation, avec si possible une autre logique que le cirque des "non-mixités" qui prévaut depuis quinze ans, et qui a amplement montré son inanité. Tout le monde s'y court après – cela seul peut donner un indice déjà sur ce que nous pourrions inaugurer...

 

 

Plume

 

 

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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 09:24

L’autre jour, dans la salle d’attente d’une permanence sociale de sous-prèf ‘, mon regard est attiré par une affiche genre rainbow délavé. Et je me rends compte avec effarement qu’il s’agit d’une pub pour un film qui va sortir en salles, et qui s’intitule de son unique objet, « bébés ». Urps. Comme s’il n’y en avait déjà pas assez dans la salle en question, désespoirs sur pattes pour leurs parents et pour elleux-mêmes. Époque affreuse où on en est réduit à pondre ses obsessions pour pouvoir les ressasser légitimement !

 

Bon, ce n’est pas que j’attende quoi que ce soit d’intéressant de la production cinématographique en général, laquelle ne fait que répéter à l’infini les passions les plus imbéciles, mais quand même.

 

Je vais sur mon site catholique préféré (Famille chrétienne), et je ne manque pas de trouver la chose référencée et encensée. C’est tout simplement un documentaire sur la « merveilleuse histoire » de quatre bébés. Dont un noir, mais un seul bien sûr, histoire de ne pas se faire accuser d’absence de diversité. Y en aurait-il eu vingt, je suppose qu’on aurait eu unE trisomique et peut-être même (mais alors ce n’eût plus été encensé par Famille chrétienne) unE rejetonNE de l’homoparentalité®.

 

Ben oui, c’est « merveilleux », ces cris sans fin, les nanas qui dorment pas pendant deux ans, les couches pleines de m…, la paranoïa permanente, les travailleuses sociales en embuscade, et finalement cette dépendance rampante qui ferait honte à un honnête poussin dans une basse-cour.

 

Bon, c’est comme ça, nous sommes faitEs ainsi, c’est notre condition. Mais quant à la célébrer, alors là…

 

On pourrait se retenir !

 

L’auteur de cette vomissure est un certain Alain Chabat, dont la célébrité d’histrion télévisuel est vaguement arrivée jusqu’à mes oreilles, ce qui est dire.

 

D’aucunes diront que c’est dans le cadre d’une incitation régressive à la maternité, à la famille et au pondoir. C’est bien possible après tout. Mais c’est surtout pitoyable d’en arriver à valoriser une telle misère – la misère reproductive. Et ses suites sinistres qui s’étendent désormais sur toute une vie, vu les conditions sociales qui dérapent et la hamstérisation consécutive des désormais éternels mômes.

Autrefois, la princesse Palatine pouvait écrire "un enfant de huit ans paraît un homme de trente". C'est actuellement l'inverse exact : nous sommes appeléEs, forcéEs et sermonnéEs à rester jeunes, disponibles,  immédiatEs et dépendantEs toute notre vie.

 

Là encore, je ne peux en revenir qu’à ce qu’écrivit définitivement Valérie Solanas. Au vu des conséquences, et de l'état du temps : mort à l’enfantement.

 

 

La petite poule rousse stérile

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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 08:15

 

Il faut bien le dire, un des poncifs que je trouve le plus souvent en feuilletant la petite presse alternote ou en déroulant des sites quelquefois sympathiques, outre la mâle revendication d'être maîtresses (et propriotes aussi) de nos vies – avec évidemment tout ce qui va avec la maîtrise et la propriété que nous ne saurions évidemment dépasser facilement, mais qu'il est peut-être périlleux de vouloir ainsi absolutiser - un de ces poncifs donc est de « rejeter les idées reçues ».

Ce qui implique donc, selon toute logique déductive, que si nous devons nous méfier de la réception des idées, il nous faut à tout prix nous les faire nous-mêmes. Ou bien renoncer à en avoir. Se faire une idée est en effet un leitmotiv fort prisé en un temps où tout gravite étroitement autour d'un soi bien gardé et ombrageux, et où la définition commune du féminisme s'est par exemple réduite à « faire de moi ce que je veux ». Ce qui nous mène très loin du marigot actuel, n'est-ce pas ?


Donc notre grand ennemi, le péril qui nous guette, est de recevoir une idée. Il est rigoureusement prescrit de se les constituer. Il n'est pas moins suavement recommandé qu'elles ressemblent quand même substantiellement à celles de nos copines, mais c'est sans doute un à-côté indigne d'être mentionné.


Se les constituer comment ? En vivant, je suppose. En échangeant. On pourrait dire en lisant mais cela sent déjà le risque de recevoir, d'attraper une idée comme on attrape la coqueluche. D'ailleurs on s'éprend facilement d'idées, elles sont donc notre coqueluche, indéniablement.


Mais même en échangeant, en écoutant, n'est-on donc pas exposée à recevoir ? Pas clair, pas clair. Pasque là entre en jeu une autre de nos propositions réitérées, qui est l'urgence d'une transmission. S'il y a quelque chose qui court dans le milieu comme une inquiétude jamais calmée, c'est bien cette demande de transmission. Suivie généralement par un mouvement tout à fait opposé, parce qu'il est dangereux de recevoir ! Il faudrait donc trouver un moyen que les choses, les expériences, les idées soient transmises sans être reçues, en tous cas pas telles quelles, mais soigneusement broyées et accommodées. Pour qu'on les puisse reconstruire. Ou quelque chose comme ça.


Bien entendu, se pose toujours en corollaire le rôle des idées dans notre mouvement et dans le monde d'aujourd'hui, où elles ont une nette propension à nous posséder, à faire de nous des zombies d'idées sur pattes. Peut-être est-ce pour cela que ce vieux concept historiquement bourgeois, opposé à la tradition, de réticence envers les idées reçues, nous l'avons fait nôtre. Un peu comme la « libre-pensée », dont on se demande bien ce qu'elle a de particulièrement libre. Ce serait un peu un contre-fétiche mis en paravent sur notre fétiche, qui est justement l'idée. Ce serait même la première question à se poser : le rapport aux idées. Actuellement ça relève d'un mix d'aplatissement devant et d'incarnation de ces idées en « nous ». Ce qui est plutôt inquiétant.


En réalité nous ne fourmillons que de ça, comme un cadavre de petits vers, d'idées parfaitement reçues, vérifiées et homologuées. Et que je ne vois pas pas très bien d'où elles seraient issues sinon de cette réception, à très peu près. Et c'est comme ça. Je crois que ça ne fait pas partie de ce que nous pouvons changer. Nous recevons, nolens volens, presque tout ce que nous colporterons nous-mêmes d'idées, de sentiments, de croyances au cours de notre vie. Essayer de nier ou de travestir cela nous mène juste à des contorsions et à des grimaces parfaitement stupides. Nous condamne à un mensonge ou à un semi-mensonge permanent, que nous n'arrivons à gérer qu'au prix effroyable de la négation de toute possibilité de vérité, et par conséquent en participant activement, avec celleux que nous prétendons combattre, à la destruction de la réalité. Sympa.

 

 

Plume








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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 08:12

 

Ça pourra paraître un peu scabreux à certaines, mais il semble que les dernières personnes qui en france octroient un poids significatif aux déclarations de Roselyne Bachelot, ministre de la santé, en matière de liberté des femmes par exemple, soient des catholiques bien ancréEs – ainsi que les docteurs musulmans, mais il semble qu'ils aient d'autres chats à fouetter ces temps-ci. C'est peut-être pour cela que je n'ai trouvé d'écho à son dernier laïus à l'assemblée nationale sur l'avortement, qui date d'un mois, que sur France-Catholique, dont la ligne est bien tradi. Il est vrai qu'on est beaucoup plus habituées à prendre au sérieux la mère Bachelot quand elle se tient, le visage fermé, au côtés d'unE quelconque directeurice d'agence régionale de santé qui annonce des coupes plus que sombres dans les capacités de soins sur sa région. Et que quand elle cause des droits des femmes, des homos, des trans, personne n'y prend plus garde tellement ses déclarations ont toujours relevé du foutage de gueule délibéré.

Cependant, cette déclaration, qui excite fort logiquement l'indignation de France-Catholique, a un petit quelque chose qui fait dresser l'oreille. C'est peut-être la première fois qu'unE ministre de la santé, dans ce pays, admet, fut-ce un peu du bout des lèvres et pleine de réserve, que l'avortement pourrait bien être comme on dit un acte pas toujours dramatique, qu'il ne serait désormais plus pour la doctrine officielle « nécessairement » (j'adore ce « nécessairement »...) un « échec de la contraception ». Je cite... le compte-rendu même de France-Catholique :


« Verbatim  : « L’avortement est aujourd’hui intégré dans une offre de soin globale, même si, il faut le reconnaître, il est encore, malheureusement, entaché d’une connotation négative. On le présente souvent comme un ‘mal nécessaire’ et je dois dire que je ne m’associe pas à cette vision dédaigneuse et culpabilisante. »

Roselyne Bachelot consi­dère d’ailleurs que la loi du 4 juillet 2001, votée par la gauche, a « utilement modernisé la loi Veil » et elle insiste  : « Je refuse tout discours culpabilisant, celui qui consiste à considérer nécessairement l’avortement comme le symptôme d’un échec ». Et c’est un vocabulaire explicite qu’elle revendique  : « J’utilise volontairement le mot ‘avortement’, car c’est celui qui a fondé notre combat, même si je sais qu’il est de bon ton de parler d’IVG. Moi, j’ose le mot ‘avortement’. » Alors que le lobby féministe tente d’accréditer l’idée selon laquelle avorter relève d’un « parcours du combattant », Roselyne Bachelot se veut rassurante  : « Nous avons une bonne offre d’IVG, les femmes ont accès à ce droit fondamen­tal. » Les statistiques de l’avortement le prouvent effectivement. Le ministre se félicite d’avoir « décidé d’augmenter les forfaits IVG à hauteur du coût réel, soit une augmentation de près de 50% en moyenne ». Roselyne Bachelot rappelle aussi qu’elle a « multiplié les structures autorisées à pratiquer les actes médicamenteux ». Effectivement elle a fait in­clure les centres de santé et de planification familiale parmi les prescripteurs de la pilule abortive RU486. Pour légitimer sa politique, Roselyne Bachelot affirme que « les grossesses non désirées sont avant tout une source de souffrances psychologique pour les femmes » et que « l’avortement est un outil qui permet à celles qui y recourent de répondre en partie à cette souffrance, même s’il ne résout pas, bien sûr, tous les problèmes ».

Quelle audace ! Aller jusqu'à nommer l'avortement, en 2010, mot qui était fort courant dans la bouche des politiques il y a quarante ans. Il est vrai pas tout à fait avec les mêmes intonations... Il était devenu en tous cas malséant. Y compris pour les militantes à strapontin. L'audace du jour est de reformuler ce mot long et quelque peu ardu à prononcer.

Et quant à arriver à dire tranquillement et doctement que tout va pour le mieux et que l'on peut facilement se faire avorter partout, sans problèmes de délais, d'hostilité et autres violences, là, il n'y a effectivement que des catholiques militantEs pour écouter ça... et surtout pour le croire !

Il est vrai que Bachelot ne semble pas avoir osé affirmer que « l'avortement est aujourd'hui dépénalisé en france » - ce qui se trouve encore assez couramment non seulement dans la littérature du ministère, mais encore dans des écrits « militants » qui reflètente l'autosatisfaction des gestionnaires de la chose...



LPM


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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 16:43

 

Allez, causons d'un peu autre chose que des malheurs du temps ou de la crapulerie du mille-pattes. Célébrons, même ! 


Je reçois, dans le taudis où je croupis en en attendant mon expulsion, par une suite de bévues consécutives au stress des chasses à courre sous-marines, une carte, représentant un panel des bestioles camarguaises - à la notable exception du moustique anophèle ! L'auteur en est un monsieur, d'après l'état-civil excipé, qui joue par le plus grand des hasards tout à fait habilement de la pince à exhumer. Il écrit en effet au rabat-joie, qui fut l'occupant de ce même taudis durant bien des années, et particulièrement pendant une période, 95-98, où il pondit bien des choses, qui sentiraient aujourd'hui peut-être le moisi si elles n'avaient pas presque toutes disparu jusques de mes propres archives. Il ne reste guère que les Maîtres-nageurs, qui est sur ce blog, dont j'ose encore m'enorgueillir. Le reste, qui orbitait autour de l'antispécisme, a sombré dans le néant. Je n'ai même plus assez de place mentale aujourd'hui pour savoir ce que je pourrais bien penser de cette doctrine et de son rôle. Je ne la rencontre plus qu'à l'état de fossile dans le végétarianisme systématique qui a gagné tout le milieu alterno, ainsi que dans les vestiges d'un antinaturalisme qui a tourné dans son tupperware depuis belle lurette.


Ça m'a donné tout de même l'impression d'un tombeau qu'on ouvrirait. Cela dit, je suis déjà morte quelques fois, ressuscitée je ne sais comment, et en ce moment même mes petites camarades féministes et alternotes jouent allègrement de la pelle pour me refaire un beau tumulus. Je suis réduite à jouer le lombric pour tenter de m'en sortir par en dessous.


Mais le monsieur me demande si j'écris encore. Et je suis immédiatement prise d'un doute fondamental : mais est-ce que j'ai jamais écrit ? Pasque, bon, c'est bien gentil, oui, j'ai aligné des phrases, imprimé quelques brochures, envoyé quelques articles, affiché nuitamment et surtout solitairement des affiches qui me firent un instant une légende locale, enfin fini par gnagnater sur internet, comme tout le monde. Mais je crois fermement que tout cela n'est pas écrire. Et que je ne suis en rien écrivainE.

Écrire – je ne saurais dire au juste ce que c'est, à partir de quand on écrit, mais assurément je pense que ce n'est pas que ranger des périodes. Déjà, il faut que ce soit moi qui écrive. Et déjà là, je sais que je suis littéralement hantée, et depuis près de vingt ans, par un maître défunt un demi-siècle avant ma naissance. Que mon « style », si on peut parler de style, mais aussi toute mon ordonnance intellectuelle dégouttent de ses livres. D'une lente et continue infusion en moi. Ce qui m'attriste quelquefois, bien que je n'aie pas honte de lui. Au contraire. Ce fut un des rares de son époque à se dresser, de manière motivée, contre les idéologies de l'accroissement qui nous gangrènent plus que jamais, et à défendre la pauvreté ! Alors hein ?

Alors voilà, je ne pense pas que j'écris, au sens où écrire serait, je vais user d'un gros mot, créer. Je ne suis d'ailleurs en aucune manière créatrice. Je n'y ai aucune vocation. Je resuce, je répète, je rappelle au besoin. Mais je ne crée pas et ce n'est pas mon monde. Je ne m'imagine même pas créer.

Par ailleurs je ne sais pas le moins du monde narrer ou raconter. Au point que quand il me vient d'imaginer, de coaguler en moi des personnages, des figures du temps présent, je ne sais qu'en faire. Je ne saurais les mettre en scène. Ainsi de Gélatine, la militante qui prend toutes les formes, et de son petit copain Gelflex. Ils restent à l'état de perceptions et d'intuitions. Mais rien de plus. Dommage d'ailleurs. On pourrait bien s'amuser avec ces marionnettes.

Ça doit être un peu ça ma vieille passion : essayer de peindre à la bombe orange BTP les fils avec lesquels nous nous faisons mouvoir et qui sont généralement invisibles. Nous sommes un peu nos propres marionnettes, via la dévotion aux idées, les enjeux relationnels et autres babioles ; cependant, derrière, reste une espèce de liberté, aux implications redoutables.

Comment raconter cela, seigneure ? Elly, oscours !


Je suis rien moins qu'une narratrice donc. Je suis une plumitive. Rien à voir pourtant avec mon surnom gagné en une toute autre occasion. Mais je ne vois pas d'autre mot pour définir une de ces innombrables qui frétillent du stylo ou du clavier – pasque nous sommes quand même une tapée dans ce cas là. Á scribouiller pour une Kause ou une autre. On a accumulé toutes le même fatras récitatif, et on le transmet. C'est souvent pas très drôle, fréquemment décourageant, et cependant il le faut.

On a appris à écrire – une des évolutions du dernier siècle et demi. Et on s'en sert. Et c'est fort bien. Non mais vraiment, j'aime vivre dans un monde d'écrit. Et ce n'est pas grave si on se répète beaucoup. Nous sommes si lentes à nous comprendre que c'est indispensable. Scribouillons, récrivons, copions, rageons, rongeons, arrangeons, comme les moniales médiévales (lesquelles, soit dit en passant, on fait un rude boulot en la matière).


Nous ne sommes pas des écrivaines, nous sommes des plumitives, et c'est très bien. Heureusement qu'on n'est pas des écrivaines, zut ! Quand on voit le vide abyssal qui souffle hors de la plupart des œuvres, les lieux communs, la propagande amoureuse, le larmoyement correct, les ricanements convenus, les épouvantables rangées de bouquins primés dans les magos et les préférences creuses des libraires, eh bien on préfère nettement scribouiller et plumitiver.

Et puis même, qu'on la préfère ou non c'est notre condition et notre destin : marteler, réciter, réagir. Réagir aussi. Je ne sais pas créer, je ne sais que voir, apprendre et clamer. Je ne peux pas plus m'en empêcher que, comme disait mon maître de sa propre propension à contempler, "les chevaux de faire du crottin".


C'est pourquoi, très sincèrement, j'agite mes nageoires inexistantes ou embryonnaires pour saluer toutes les brochureuses, les flyereuses, les blogueuses, les slameuses, les bien disantes, les mieux disantes et les médisantes, les catéchétiques et même les cachexiques en tous genre, comme moi, et je dis franchement : merci les plumitives ! Merci d'être là, celles que j'aime comme celles que j'aime pas. Et continuons.Olé !

 



Plume LPM (la petite murène ou la punaise des matelas, c'est selon...)



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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 09:14

Ah Limoges, l'autre côté du massif central, enfin hors de portée du zombiland idéologique rhônalpin. Combien la petite murène en rêve, d'émigrer, en parfaite contre-mouvementienne, dans ce Limousin et même au delà. 

Elle avait bien noté qu'il y avait en mai dernier une "fallope-fest", au programme copié-collé de toutes les ladyfest de notre époque soucieuse de marcher dans les clous. Bon.
Et voilà que, dans un coin d'une page google, se fissure une fois de plus le riant visage du féminisme bienveillant et unitaire, à propos justement du déroulé de cette fest.

http://teteshautesregardsdroits.wordpress.com/2010/05/19/colere-et-determination-sans-concession/#more-2537

(La petite murène recommande cet article (et ce site), au delà même de l'anecdote, parce qu'ils remettent en question de ces fameux "acquis" qu'elle croit elle même néfastes, ne serait-ce que par l'hégémonie de leur acceptation. La déesse sait si elle ne s'y trouve pas sur tout, encore heureux, et même si elle est purement et simplement niée par endroit, mais au moins c'est franc et net. Pour tout dire c'est passionant. Zeste zeste au consensus et à la paix de genre !)


Là encore rien de neuf. Celles qui ont été aux dernières ladyfest en france n'ont pu que voir, à moins qu'elles eussent déjà trop bu à cette heure, ou que comme la petite murène ce soient des couche-tôt, que ça frite assez facilement. Ce qui au fond serait un signe de santé, de "diversité" comme on dit aujourd'hui.

Mais c'est que ça frite à peu près toujours par rapport à ce qui serait "admissible par toutes". Ici trop de mecs, ici pas assez, ici des trans, ici pas, trop de cul visible, pas assez de cul-caché-mais-quand-même-visible, etc. etc. Des paroles qui fâchent, des paroles qui fâchent pas... Trop de bruit, trop de crusts, trop de...

Et que la "musique collective" est quand même réglée sur les plus puissantes du moment et les plus à la mode, soit les féministes modérément queer, plutôt jeunes et résolument (dé)constructivistes. 


Evidemment le document mis en lien ne permet pas de se faire une idée parfaite de l'affaire, mais quand même, quand on connaît un peu les grandes lignes apparaissent. Des lesbiennes radicales de la vieille branche, qui ont refusé de prendre opportunément le virage du cul et du corps comme valeur obligée.  Qui sont venues protester, et qui se sont faites sortir pasqu'il faut pas effaroucher toutes les nanas hétéras qu'on veut prendre au hameçon. Ce qui ne peut que les rendre sympathiques à la petite murène, qu'elles doivent tout autant détester en tant que trans et donc simulacre de femme. Ce qui certifie la gratuité de sa remarque.

En tous cas, elle préfère largement ces inactuelles qui sont restées claires dans leurs affections et leurs détestations au boudin bienveillant actuel qui est bien plus excluant et axé sur la puissance sociale et relationnelle, sans que ce soit jamais reconnu.


Ouais ben que dire... La petite murène ne va pas forcément s'ingérer à donner des conseils. Le propos des rads est qu'elles n'ont plus de place dans ce féminisme là. Et ça semble parfaitement exact. D'ailleurs les vieilles lesbiennes n'ont jamais eu une place bien assurée, même il y a quarante ans, les archives en font foi. Trop raides, pas assez coulantes, et puis elles disent clairement qu'elles aiment pas les hommes. Comment la petite murène pourrait-elle les désavouer ? Mais évidemment ça fait tache dans notre époque d'affection universelle, où il n'y a plus que la trique sécuritaire qui  parvient plus ou moins bien à mettre des distances entre les gentes ?

 

Alors voilà, difficile de ne pas se réjouir que les vieilles fractures, remplies cent fois de pattex sororitaire et au fond desquelles on croyait avoir enfoin enterré celles qui déparent, se rouvrent. Obstinément.

 

Et la petite murène pose la question : pourquoi ne pas acter que de plus en plus de nanas, qui en plus ont souvent payé de leur personne, n'ont pas, n'ont plus de place dans ce qui est aujourd'hui le féminisme ? Et pourquoi pas alors le déserter ? Que ce soit d'initiative ou à coups de pieds au derrière du reste ? On s'y fait tellement maltraiter qu'il n'y a peut-être plus grand chose à perdre à abandonner le badge ?

Et pourquoi pas aussi abandonner l'illusion de la "convergence", que nous devions aller toutes vers le même but et nous retrouver au même endroit, base de toutes les arnaques exotisantes ?


En tous cas vivent les lesbiennes radicales limousines. Bon dieu ça donne vraiment envie d'émigrer là-bas. Même en se grillant d'avance !


LPM

 

PS : tiens, d'ailleurs, en songeant au précédent post, là aussi on pourrait dire qu'hétérolande s'est lâchée... Là où on ne l'attendait pas. Bon, on n'en est pas encore à la barre de fer. Mais méfions-nous, les mouvements militants sont tellement propices à l'illusion de porter l'avenir du monde sur son badge qu'on peut en arriver à des extrémités assez vite. Rien de plus facile que de déclarer l'autre ennemie du peuple ou de l'humanité... Avec ce que ça autorise ipso facto...

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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