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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 08:28

Vous vous rappelez peut-être l'article où je causais avec effarement de l'engouement universel pour les relations, tel qu'il existe des pèlerinages de célibataires. Non pas bien sûr pour remercier la déesse de ne pas être à la colle, mais au contraire pour se gicler de la pattex dessus et ne plus se quitter - ah ben voui, quod deux junxit, homo non separet ! Chez les cathos c'est pour la vie. Même les prêtres n'y résistent pas !

Eh bien il existe aussi des pèlerinages de mères de famille. Des pélerinages non-mixtes quoi. Voici comment les présente mon site catho préféré, Famille Chrétienne : (http://www.famillechretienne.fr/agir/pelerinages/les-meres-de-famille-en-pelerinage_t11_s68_d51363.html)

 

Elles sont de plus en plus nombreuses à se retrouver entre mères, pour marcher et prier. Que ce soit le temps d’une journée ou pendant trois jours, ces pèlerinages permettent de se ressourcer, de confier à Dieu sa vie, son couple, ses enfants, ses joies et ses fardeaux. Il en existe sans doute dans votre région.

 

Près de 1 000 femmes sont attendues pour le pèlerinage national à Cotignac.

Ca ferait une ladyfest quelque peu mahousse, nan ?

 

Bon, eh, évidemment, la petite murène, qui est et restera quand même un peu indécrottablement pol-cor, quelque peu féministe et par ailleurs gouine, ne peut que rêver de l'adaptation en actes, enfin, de l'affiche qui orne les murs de tous les squats qui se respectent ("je pars avec Simone"). Les nanas, débarrassées et de leurs maris et de leurs lardons, qui restent ensemble ! Evidemment on peut imaginer des furtives qui se mettent en couple et désertent, bon - mais on peut aussi imaginer mieux.

Rêvons un peu, imaginons une horde de catholiques hystériques, intolérantes et intolérables, en rupture de ban et de famille, ayant échangé définitivement couches, casseroles et caressouilles contre la redoutable gloire de Marie (ridebo in die ultimo), par exemple, qui refusent d'achever le pèlerinage et se répandent par monts et par vaux ?! Il y a déjà bien des évêques luthériennes lesbiennes. Mais là ce serait autrement apocalyptique. Et, effectivement, comme le dit le texte ci-dessus : que dieu s'occupe de notre vie, de notre couple, de nos enfants et de nos fardeaux. On les lui confie. Nous avons bien autre chose à faire !!

 

 

En vérité, en vérité, je vous le dis, ce serait bien marrant que l'éventrement de ce monde vienne d'où on ne l'attend pas !

 

Mais les choses trop belles n'arrivent jamais...

 

LPM

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 07:42

« Déclarer qu’on est pauvre, secret de pétrifier. Méduse devait être pauvre ».

Léon Bloy

 

 

 

Bon, c’est plus trop ça les articles un peu de fond, je confesse, j’en commence beaucoup mais n’en finis pas un. Ce n’est pas excessivement facile de composer sur un radeau. Pasque là la petite murène est un peu sur son radeau sous-marin, seule, sans plus de trou confortablement sableux où se nicher. Et elle a pour de bon sa tête de méduse. Ça c’est de la performance.

Vous savez, Méduse, celle qui transformait en pierre touTEs celleux qui croisaient son regard ?

C’est d’ailleurs drôle. Dans la classique appropriation qui est devenu un must militant, quelques unes on récupéré les Gorgones, comme groupe générique, ainsi que les Furies. Fort bien. Mais les spécificités personnelles ont été opportunément oubliées. Notamment celles de Méduse. Méduse n’a pas le choix de son seul « pouvoir », si tant est que c’en soit encore un. Elle ne peut pas se permettre elle-même de converser, ni même de regarder dans les yeux, si elle ne veut tuer l’interlocutrice. La « distance » (euphémisme !) frise l’absolu. Elle est trop loin dans l’inexistence pour ne pas être un danger public.

Méduse, enfin, ne recèle pas d’utilité. Bien qu’elle ait été bien des fois utilisée et même singulièrement abusée. Mais elle n’est pas un de ces puits d’utilité existentielle que se doivent d’être les humainEs. On ne peut l’utiliser qu’extérieurement. Commes les putes (tiens c'est drôle elle en est une aussi...)

Tout le monde se détourne donc sur son passage.

 

Il y a déjà quinze ans, celle qui n’était pas encore une vraie murène avait déjà résumé ces constats dans divers textes, souvent affichés (beh oui y avait pas internet). La pauvreté, la vraie, monétaire ou sociale, pétrifie. Elle représente un danger pour la prospérité commune, elle est d’ailleurs une anomalie minoritaire en voie d’extinction. On ne dit pas comment l’extinction, un peu de pudeur quoi !

Mais tout le monde est d’accord, entrepreneuses ou alternotes, la pauvreté, la privation, le renoncement (ouh !) c’est pas bien, il faut l’abondance et l’intensité. On ne dit pas là non plus comment, ni surtout ce qui peut venir avec, mais il les faut ! Toute autre opinion est un blasphème.

C’est pourquoi les Méduse qui passent (il y en a d’autres, mais elles ne peuvent se parler : elles se pétrifieraient mutuellement !) sont comme un mauvais rêve. On secoue la tête et on regarde ailleurs, on fourre son nez bien avant dans la riante fripe des identités, des activités et de la sociabilité.

Méduse est pauvre également de choses à dire ; elle se répète inlassablement. Elle marmonne, sur son radeau.

Méduse n’est pas Cassandre. C’est déjà pris, d’une part, et d’autre part elle ne prétend pas à ces altitudes. Méduse vit dans la flotte, de même que les autres Méduse. Au milieu de tout le monde – et nulle part en même temps.

« C’est bien triste mais on n’y peut rien ». Quand même époustouflant que tel soit, in fine, le résumé de ce qu’arrivent à balbutier celles qui se proposent de bouleverser le monde (pardon, de le déconstruire).

 

 

 

La petite murène médusifiée

 

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 21:27

Vous connaissez les trollEs ? Allons, mais si vous en connaissez, vous connaissez déjà la petite murène qui est au fond une espèce un peu singulière mais tenace de trolle aquatique. Il y a sur Bellaciao, site tout à fait propice aux trollitudes par sa grande mansuétude modératrice, un charmant petit article pratique sur les trollEs : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article98725

 

Bon, là elle élargit peut-être méchamment la notion de trollE mais c’est un peu le sentiment premier qui lui est venu à lire, par hasard l’autre jour, un article sur Rebellyon (www.rebellyon.info) à propos du queer, par une de ses contemptrices locales ordinaires. Disons que ce n’est même pas exactement le contenu, qui se tient, mais c’est de le mettre là, avec la visible intention d'obtenir quelque grabuge. Le propre des trollEs est de professer à l’endroit le plus propice une opinion dont ellils savent qu’elle va provoquer indignation et couinements divers. Il y a des gentes qui passent leur vie à ça. Comme j’ai dit plus haut la petite murène est une sorte de trolle, finalement, à part que derrière son obstination il y a des questions tout aussi obstinément éludées qu’elle vous sert et ressert. Il n'empêche, l'autre jour elle lisait elle ne sait plus quoi - ah, si, des avis de Paula Dumont, qui fait régulièrement savoir à toutes les listes sa dernière parution sur sa dure vie de lesbienne, et surtout sur les contrefaçons qu'il convient de savoir écarter (camionneuses, trans, et tutte quante). La petite murène se disait à part elle, "non mais elle est insupportable". Et instantanément quelque chose comme de la sympathie a jailli en elle pour cette insupportable. La petite murène est inentendable et même inabordable. Alors elle ne peut que, des fois, avoir un petit mouvement pour les autres qui finalement sont dans des cas voisins...

Z'imaginez, la petite murène et Paula Dumont, la photo (déjà que ça avait failli avec le cardinal Barbarin, tiens il faudra en recauser de cette historique rencontre entre la LGP lyonnaise et son éminence...)

 

La petite murène se perd... Ca doit être la nostalgie de l'émigration...

 

En tous cas la petite murène a quelque peu succombé à la lecture de la controverse évoquée au début. C’était un assaut de récitation, d’évidences assénées, de troisième personne sans réplique. Les choses elles sont comme ça la science (humaine bien sûr) nous le dit, point. Au début elle croyait encore pouvoir quand même un peu se trouver du côté des pro-queer, pour au moins quelques détails, face à la hargne de la contradictrice. Mais à la fin elle finissait par trouver de vagues vérités chez elle plutôt (« on ne peut pas se dégenrer seulE ») – bref les mots zet performances sont une vaste arnaque quand on les prend comme outils. Oui, effectivement, le langage signifie quelque chose, s’il ne change que peu : les déroulés d’affirmation étendent à l’infini un monde effrayant, sans issue.

Ce qui est terrible c’est que ça paraît être de la théologie du genre, au départ, ce qui peut être passionnant, mais ce n'arrive finalement à être que du catéchisme, de la répétition, des mantras pour se rassurer, d’un côté comme de l’autre. C'est même pas que ce qui est dit soit faux ou bête ou quoi que ce soit, nan, au contraire, c'est souvent pas mal, du côté pro-queer. La petite murène se retrouve dans la contestation. Mais elle ne s'y retrouve plus quand ça devient de l'affirmation et une nouvelle directive. C'est comment et peut-être aussi pourquoi c'est dit, dans le monde où nous sommes en plus. De l’affirmation sans doute – le doute, comme toujours, est contre-révolutionnaire. La petite murène n’hésite plus à dire que si la révolution qui reste c’est ça, oui, elle est contre-révolutionnaire, et pas qu’un peu. C'est pour ça qu'elle est une émigrée, définitivement et profondément, dans ce monde.

Ça rend triste, au fond. De se dire que chez ses amies comme chez ses ennemies, pasque quand même, bon – le rouleau compresseur de la révérence envers les idéologies, la connaissance, les certitudes, a aplati tout le monde. Que ce qui était quand même possible est confisqué, mis en microgranules dans les gélules des valeurs, quelles que soient ces valeurs du reste, que ce soit la rigueur ou la jouissance. Valeur égale expropriation.

 

Bon, n’empêche donc la petite murène causait des trollEs, des infatigables trollEs, et en voilà justement qui débarquent pile au même moment. Après la Barbe, qui s’était tout-exprès déplacée un jour au George V pour apprendre aux lyonnaises à militer, voilà le XXL d'un féminisme quelque peu… dire réac ça voudrait dire que ce qui est étiqueté comme « réac » est toujours mauvais, ce que la petite murène ne pense plus forcément quand elle voit les progressistes. Mais disons alors d'un féminisme… copieux, comme disait une vieille amie qui use volontiers de ce mot pour rester décente. « Osez le féminisme », donc, qui s’implante. Yahou ! (www.osezlefeminisme.fr).

Bon, en fait encore une fois, la petite murène s’en fiche un peu de ce qui est affirmé, allégué, prétendu. Un peu, pas tant que ça non plus. Même si les queeritudes l’exaspèrent aussi. Mais c’est de tous les côtés la forme, justement. C’est une fois de plus la voix de la vérité et des « acquis », le grignotage de la réclamation perpétuelle ; c’est ça qui fait peur, de s’enfoncer toujours plus avant dans ce monde malveillant.

En tous cas les alterno-féministes de Lyon et environs, comme on dit, vont avoir de la trolle à moudre ! Tous les sujets qui fâchent, tous les faux-débats possible et imaginables, du travail du sexe à la burqa en passant par peut-être même la parité, vont pouvoir rouler comme des petits cailloux sous les dents.

Encore heureux qu’on soit toutes (la petite murène l’espère et rentre dans le rang) d’accord sur l’avortement.. Enfin pas si sûr, puisque jusques dans les plannings il y a d’étranges réticences et arguties (sur l'allongement des délais et jusqu'où, par exemple, sans même bien sûr parler de l'avortement à la naissance...).

La bien-pensance n’est plus ce qu’elle aurait du être, et ne sera jamais ce que rêvent ses amoureuXses. On sera décidément jamais contentes, mal ou bien pensantes ; ça aussi ça nous - rassemble ? Euh... Disons qu'on est toutes alors dans la même soupière aux cailloux

Bon appétit !

 

La petite murène en émigration

 

 

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 08:37

Nan mais c’est vrai qu’il y a des fois que le cynisme est un tantinet plus cynique, et ce tantinet est la goutte qui… Ce qui d’ailleurs indique la masse et le volume déjà pris par les couleuvres que nous avons du avaler (là je cause en tant que travailleuse du sexe).

 

Bref, à Lyon, les « arrêtés anti-putes » sont déjà une vieille tradition. Je suppose que ce n’est pas qu’à Lyon d’ailleurs. La cible préférée ce sont les nanas qui bossent en camionnette. PV et fourrière à répétition, avec de petites gâteries en sus dans l’application, bien odieuses. De toute façon le but est de les faire disparaître, et les édiles s’appuient sur les deux piliers pourris que sont l’opinion publique (« vous couchez avec nous, vous votez contre nous… »), et le sacro-saint principe que le sexe payant c’est le mal absolu, la négation de la « dignité », etc etc. Non mais c’est pas une blague, c’est un principe de droit qui est au dessus de toutes les lois de détails, une référence à un absolu, quoi.

 

Bon, donc, l’autre lundi, rebelote, re-arrêté qui interdit les camionnettes quasiment dans tout Gerland (une partie du septième arrondissement, où les nanas se sont repliées après leur éviction des quartiers derrière Perrache il y a quelques années). Alors, déjà, ce qui est drôle, si on veut, dans ces arrêtés, c’est qu’ils n’osent jamais dire ce qu’ils visent. Jamais vous lirez un arrêté de ce genre où le mot « prostitution » sera écrit noir sur blanc. Tellement il faut pas que ça existe de toute façon. Nan. C’est marqué « les camionnettes servant à une activité », point. Mais évidemment, comme le disait il y a quelques mois le préfet du Rhône devant une foule en rut de haine hypocrite qu’il avait lui-même convoquée et chauffée, « les policiers savent bien faire la différence entre une voiture de plombier et une de prostituée ». Ah ben ça… C’est marrant, ça fait penser à la loi sur la burqua officiellement motivée par des « raisons de sécurité »…

 

Mais en plus, là, personne avait été avertie ! Les flics débarquent, y a un arrêté, hop fourrière. Et le gonze qui a signé cet arrêté, eh ben c’est mon cher ami Touraine (Jean-Louis, pas confondre avec Marisol), député PS et adjoint au maire.

 

Alors Touraine, je l’adore. Il a un coup inimitable pour, à chaque fois qu’on le voit et qu’on lui indique une iniquité énorme qu’on lui a déjà signalée trois fois les trois années précédentes, te regarder avec des yeux pleins de commisération et pour proférer, d'un ton lui aussi impossible à rendre : « Non ! Qu’est-ce que vous m’apprenez là ! ». Il est génial dans sa capacité de faire comme s’il avait oublié.

 

Rapport à la politique antipute et monsieur propre de la ville de Lyon, il n’y a que quelques mois qu’il protestait ne jamais vouloir signer de son nom virginal de tels arrêtés. Évidemment, comme disait Clémenceau, « les promesses n’engagent que ceux qui les croient ». Là c’est sa signature qui est au bas de la feuille.

 

Bon, on aurait tort de s’en étonner. Bien sûr.

 

Une autre fois, il m’affirmait aussi qu’il ne serait en rien dans les sombres projets de criminalisation des clients à la suédoise, que fourbit le « think tank » soi-disant féministe du PS (sont pas les seuls à y songer mais ce sont les seuls à pouvoir arriver au gouvernement). Et même que ce projet n’existait pas. Tu parles Charles ! Rien que cette négation indique très certainement qu’il existe, et qu’il a le nez dedans. Je l’avais admonesté, lui rappelant que c’était déjà un désastre dans les pays du nord (hypocrisie multipliée, retour en force du proxénétisme, violences sur les travailleuses du sexe…), et qu’à l’échelle d’un pays de soixante dix millions d’habitants ce serait un carnage (un de plus il est vrai).

 

Mais bon, les batteries se dévoilent désormais, avec les évocations aubriennes de la « société du care », qui sera visiblement surtout une société de la malveillance institutionnelle renforcée et de l’enfermement des plus faibles (les autres auront toujours les moyens d’y échapper) dans les rets d’un « bien-être » obligatoire dont les premiers aspects prévisibles fichent des frissons dans le dos. La petite murène vous prépare d’ailleurs un papier là-dessus. Mais nul doute que le haro sur le sexe payant (et consécutivement la bénédiction infinie sur le sexe bénévole, qui comme chacune sait est un océan de félicité et de douceur…) sera une des premières mesures. En outre ça aura l’avantage de pas coûter cher. Les flics sont déjà là, grâce à la droite, et les putes interdites pourront toujours s’inscrire au rsa. Et devenir « aides à la personne » (y a trop de caissières !).

 

En attendant, la « société du care » commence à la fourrière municipale. On a les incubateurs qu’on mérite.

 

 

 

La petite murène

 

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 08:41

Rions z'un peu.

On aurait tort de s'en priver. Les mecs militants sont un réservoir inépuisable de cocasserie. On a eu beau écrire et réécrire des "manuels contre les chefFEs", tenir des assises de l'antisexisme, ils sont toujours là avec la même bonne foi désarmante : que ferais-je sans moi ?

La petite murène, qui même s'étant soigneusement écartée des voies de communications de la bien-pensance et des calomnies diverses qui sont quotidiennement au menu du militantisme, continue cependant à recevoir des annonces aussi variées que celle du dernier livre de Paula Dumont (plût au ciel que ce le soit pour de bon !), ou encore celles des guéguerres internes aux antinucléaires. Jusque là rien d'extravagant, un petit clic et puis s'en vont.

Mais là, ce matin, elle a fait les deux yeux ronds en lisant la profession de foi, y a pas d'autre mot, d'un quelconque antinuc dont elle ignore la personnalité. Mais qui en rajoute tellement dans "le mec militant qui prend toute la place" que c'en devient comique. Jugez-en :

 

 1 ­ Je fais appel

 2 ­ Je me bats actuellement pour contribuer à faire sortir XXXL de sa crise de croissance, peut-être salutaire d¹ailleurs... 

3 Je scénarise un rassemblement national à BURE : BURE 2345 ( BURE en

 l¹an 2045 : la CRIIRAD vient de détecter la présence de HA-VL dans l¹eau du

 robinet ) Le tournage d¹une fiction avec 10 000 figurants-militants - Eh

 oui, il faut que les élus et les riverains comprennent, in situ !

 4 ­ Je serai candidat aux prochaines cantonales ( le plaisir de réunir et

 d¹informer les S.ois dans les 21 salles de mairie, dont on m¹accuse

 d¹avoir déclaré vouloir y mettre le feu ! )

 5 ­ Je serai candidat aux législatives

 6 ­ Si S, ex porte-parole de XXXL, refuse de

 se  présenter aux présidentielles de 2012, je serai candidat.

 

 

Ca c'est envoyé. Tu reçois un truc pareil, tu as envie de le faire connaître à toute la petite planète...

Je, je, je et encore je. On a du mal à imaginer quelque chose d'éclatant qu'il ne ne propose pas de faire ou de superviser. Peut-être de se faire élire pape - il est vrai que là il y a de fait un cursus à suivre (même si, la petite murène vous le rappelle, n'importe quel mec catholique baptisé est censé pouvoir être élu - pas les nanas ! La petite murène pétitionne avec entrain pour l'ordination des femmes !).

Bon, on a connu et on en connaîtra des panerées de ce genre d'olibrius multifonctions. Depuis qu'ils ont appris à laver la vaisselle très démonstrativement, les mecs sont absolument partout et même on ne peut plus avoir un endroit de tranquillité relative. Mais vraiment, ce genre de proclamation au petit déjeuner réveille instantanément les glandes politiquement correctes de la petite murène. Si elle n'est plus féministe elle n'en est pas moins misandre. L'andre c'est ça, c'est ce genre de déclamation aussi sincère et emportée qu'une déclaration d'amour. Les deux doivent avoir d'ailleurs à peu près le même soubassement et des fonctions voisines. On n'est qu'à condition d'en faire une démonstration plus ou moins éclatante dans les valeurs registrées. Pour les unEs c'est frayer dans un kissinge, pour les autres c'est annoncer qu'on va se présenter aux élections. Ce monde fourmille de raccourcis effrayants.

 

 

La petite murène

 

 

PS : je continue à recevoir les proclamations de ce personnage, qui est étrangement centré sur lui-même. On a l'impression que toute la lutte antinucléaire tient en lui et dans son espèce de martyre ; ça rappelle singulièrement le kidnapping de l'affaire Dreyfus par Zola, qui s'y identifia au point d'en évincer ceux qui l'avaient lancée, comme Bernard Lazare. Le Zolisme doit être une maladie militante franchouillonne...

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 07:46

J’ai eu la curiosité d’aller voir sur internet les pages de Google à propos de Valérie Solanas. J’y ai vite été prise d’un frisson d’horreur, à lire d’abord les imbécilités militantes et sirupeuses ; ensuite les immondices qui lui sont versés sur la tête, plus de vingt ans après sa mort. Á commencer évidemment par ceux des mecs antiféministes, que j’aimerais volontiers étriper et laisser gigoter dans leurs intestins.

Mais aussi, plus doucereusement, la négation de ce qu’elle a dit par beaucoup de nanas…

 

Valérie Solanas semble avoir été reniée par tout le monde et, chose affreuse, aussi par elle-même. Ce qui est incontestablement le summum de l’expropriation, et montre aux solitaires, aux isolées qui ont ouvert leur gueule jusqu’où le mépris et la haine de celles qui sont ensemble vont pouvoir les traîner et les disperser. Il y a ainsi des personnes, en nombre, qui ne pourront jamais être chez elles, au sens le plus profond du terme, perpétuellement pourchassées par celles (et ceux !!) qui tiennent à être chez les autres ; là aussi à tous les sens du terme…

 

Et ça fiche la gerbe qu’elle soit désormais revendiquée par ce monde de copines, lesquelles abandonnent et assassinent toutes celles qui gênent leur ronron organique. Après avoir bien joué avec. Mais ne négligent pas de récupérer post-mortem le petit piment de provoc qui manque à leur fadasse ragoût. Enfin… de provoc, pas sur n’importe quoi non plus. Il y a ce qu’on veut voir et ce qu’on ne veut pas voir. Ce qui tire ou pas à conséquences, quoi.

 

Elle a été traduite, on en a fait des explications de texte, pour la réduire aux truismes de la militance contemporaine. On en a fait « une femme en colère », par exemple. Parmi d’autres et sans aspérités. C’est bien pratique, l’encombrante fantôme se voit ainsi contrainte par l’efficace nécromancie des mort-vivantes à marcher dans le rang, derrière la banderole. Au milieu de paroles depuis longtemps aussi vides que de vieilles coquilles d’escargot.

 

Ce qui est terrible, c’est à quel point visiblement elle a été et restera inconnue et incomprise. Surtout dans un pareil monde de « désir et de plaisir ». Moi la première ai juste voulu voir pendant assez longtemps dans Scum une simple charge et décharge, géniale mais entièrement compréhensible, classable dans le féminisme radical orthodoxe où je baignais. Il m’a fallu, chose étrange mais sans doute symptomatique, près de vingt ans, et alors même que c’était là ma cible première, pour me rendre compte qu’elle y avait aussi écrit des lignes définitives à propos du sexe et des relations. Et que ces lignes démolissent la révérence que les différentes parts de la société présente ont pour ces valeurs travesties en activités ! Fichent en l’air tout le discours et toute la pratique qui sont portés aux nues à ce sujet.

On ne voit pas les choses énormes qui nous dominent et nous enserrent de partout. Ni les paroles qui parviennent à se porter à leur dimension.

 

Parce que ce qui est donc assez effrayant, c’est que toute la nuée néo-féministe en dit du bien… mais en « oubliant », en masquant tellement des pans essentiels de ce qu’elle disait et probablement vivait – qu’elle en est mutilée post-mortem. Expropriée comme on peut être virée de soi quand autrui parle, vit en votre place, sous votre image, en vous faisant taire, en vous arrachant la langue. J’ai bien connu ça avec des nanas transphiles qui se la roucoulent douce aujourd’hui sur quelques cadavres et pas mal d’exsangues.

 

Valérie Solanas était par exemple, en quelque sorte, en néo-langage, une travailleuse du sexe anti-sexe. La seule fois que j’ai sorti cet assemblage, les interlocutrices en sont restées la mâchoire inférieure pendante, prêtes à baver d’incompréhension inquiète. Les plus cultivées n’imaginaient sans doute ça que chez des anciennes découragées ou des avalées par le Mouvement du Nid. Pensez donc, refuser et déprécier le plus beau cadeau que nous ait fait le ciel : jouir sans entraves, nous identifier sur comment on s’y livre, nous renifler le cul à la chaîne ! Et bâtir la société idéale là-dessus. Blasphème.

 

Valérie Solanas fut une des très rares vraies blasphématrices contemporaines, une des rarissimes qui osèrent s’en prendre à ce qui est réellement vécu comme sacré par à peu près tout le monde aujourd’hui. Ce qui ne pouvait que lui valoir l’excommunication universelle, ou pire le travestissement quand il paraissait intéressant de se l’adjoindre en tant qu’image subversive (ce mot me fait vomir).

La question n’est d’ailleurs pas qu’elle ait été ou non blasphématrice pour la chose elle-même. Blasphémer ou croire blasphémer est un jeu de société pour personnes bien nées depuis plusieurs siècles. Valérie Solanas a blasphémé par nécessité, parce qu’elle avait quelque chose à dire, qui est terrible dans sa présence et dans ses conséquences. Elle n’a pas blasphémé pour s’amuser. Elle n’a pas fait nombre dans les centres lgbt ni les kissinges. Elle l’a payé non seulement de sa vie mais peut-être aussi de son rapport à elle-même, dont on dit qu’il fut anéanti, par la haine et le ridicule qui lui collèrent aux os et adhèrent encore à sa décomposition sans aucun doute…

 

Je ne rédige pas un hommage à Valérie Solanas. Je songe en tremblant à son destin horrible, au destin épouvantable de bien d’autres femmes qui finirent souvent leur vie internées, pendant des dizaines d’années quelquefois, sans aucun espoir. Je songe en tremblant à ce destin qui pourrait assez facilement être le mien, lequel en a en tous cas pris nettement le chemin. Détruites et trahies souvent par les gentes mêmes à qui elles avaient livré leur confiance. Et qui fréquemment, ou leurs héritièrEs, engraissent paisiblement sur ce qu’elles leur ont volé, en le dénaturant qui plus est.

Au fond, même hors de l’HP, Solanas fut internée hors de l’humanité durant à peu près toute sa vie. Nombreuses sont sans doute celles qui errent et croupissent ainsi dans le no woman’s land invisible que leur ont tricoté leurs sœurs, avec la complicité et la bénédiction du reste de la population.

 

Il n’y a aucun hommage à rendre à un destin pareil, ce serait obscène, et donner raison aux saloperies roublardes qui font encore aujourd’hui leur petite monnaie sociale et relationnelle avec ses osselets. Il n’y a hélas aucune vengeance possible à en tirer non plus. Même à coups de ceintures explosives. La défiguration ne se peut jamais rattraper. Il n’y a qu’à espérer que ça et là, dans le silence, des personnes lisent et comprennent un peu.

 

Un peu. Nous ne pourrons jamais comprendre tout à fait ce qu’elle affirmait. Mais nous pouvons quand même en saisir quelques lignes. Un refus fondamental au moment même où la fameuse « révolution du désir », vieille farce qui n’a pas fini de faire baver, s’extirpait du chenil moraliste déjà tombé en ruines, et où la glorieuse schizophrénie succédait sans grand effort à la névrose démonétisée. Elle fut une des très rares à comprendre instantanément que cette « révolution » était en fait l’accélération décisive et l’accès à l’hégémonie de ce qui couvait depuis quelques siècles. Et le chemin d’un asservissement sans précédent à l’intensité, à la concurrence et au devoir d’être.

 

Nous nous annexons les unes les autres. Nous sommes incapables de  nous reconnaître, de nous traiter autrement que comme fonctions et utilités. Moi-même vois bien qu’ici je tends à attraper moi aussi un bout de son squelette. Tout ça est à faire tourner la tête d’épouvante.

J’ai toujours détesté les discours sur la folie, notamment les discours dithyrambiques ou faussement bénins, genre à la Artaud par exemple, ou plus récemment à l’alternote antipsy. La folie est quelque chose d’abominable, le signe et la conséquence mêmes de cette expropriation, de l’impossibilité de rentrer dans soi parce que d’autres s’y sont installéEs. Je fuis moi-même la folie depuis des années, je m’accroche désespérément à tout ce que je peux de moi-même, de tout ce qui n’a pas été détruit par le mensonge, le mépris et la « bienveillance ». Il en reste souvent moins qu’on le croit soi-même.

Je crois profondément que nous devons combattre la folie et ne pas la laisser nous dévorer en la « tolérant », quoiqu’en disent les bien-pensantEs qui ne le sont pas, elles, folles, je vous en réponds. Qui dirigent même très bien leur barque. Et font leur profit de la destruction d’autrui – ne rien laisser perdre.

 

Je ne peux rien dire à une morte. Il y a de longues années, dans un texte dont tous les exemplaires ont disparu, j’avais du conclure la même chose envers une autre victime de l’axe du bien militant, que j’avais connue. Et qui elle aussi en mourut très bien, très seule et abandonnée. Sans laisser la moindre mémoire. Et il y en a eu quelques unes depuis. Quand on me sort le slogan selon lequel le féminisme n’a jamais tué personne, je ricane doucement. Il en a tué bien moins que d’autres. Encore heureux ! Mais il a tué surtout de celles qui firent confiance à sa jactance et qui étaient désarmées. Comme tous les ismes ; ce n’est pas une question d’intentions, elles sont toujours bonnes. Mais dans un monde d’acquis que nous ne voulons pas détricoter, peur de perdre (même si nous sommes très fortes sur la « déconstruction »…), ces bonnes intentions pavent l’enfer, on ne le redira jamais assez.

 

Valérie Solanas ne semble pas avoir beaucoup parlé de la confiance, si ce n’est pour rappeler le terrible abandon affectif des femmes aux hommes – mais aussi les dégâts en général de cet affectif qui finit toujours au cul et à l’angoisse d’exister par lui. Elle a laissé l’éventualité qu’une reconnaissance fût possible, si justement nous arrivions à nous débarrasser, outre des mecs, et peut-être encore plus urgemment, de la sexualité et des relations qui vont avec elle. On a envie précisément là de lui faire confiance, même si on doute. Que si on parvenait à passer par-dessus ce dantesque lacis d’entredévoration, nous pourrions enfin nous regarder sans nous blesser.

Mais ça ne craint pas de se faire entre gentes d’aujourd’hui.

 

Rêvons un peu…

 

La petite murène

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 13:39

Beh oui, déjà c'était gratiné, mielleux, faux et sournois les autres années, mais alors là ça devient carrément cynique et immonde. Il n'y a plus de limite.

 

 

PARIS (Reuters) - La France a annoncé lundi son intention de demander à l'Organisation mondiale de la santé de retirer le transsexualisme de la liste des maladies mentales, comme l'OMS l'avait fait pour l'homosexualité en 1990.

Les ministères de la Santé et des Affaires étrangères ont écrit un message en ce sens à l'occasion de la Journée internationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie.

"La lutte contre les violations des droits de l'Homme fondées sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre est l'un des axes de la politique de la France en matière de droits de l'Homme", écrivent-ils.

Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, et Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports, "ont décidé de travailler ensemble pour porter cette question devant l'Organisation mondiale de la Santé", ajoute-t-on.

Le Comité Idaho (International day against homophobia and trans), coordinateur de la Journée de lutte contre l'homophobie, salue dans un communiqué une "annonce historique, qui invite le monde entier à changer son regard sur la transidentité".

 

 

Décidément - le foutage de gueule est un sport aussi couru que la calomnie en ce qui concerne les trans. Mais il y a des fois où on reste bouche bée devant l'ampleur de la saloperie et de l'impudence. Ainsi "la france", qui n'est même pas capable d'accéder aux demandes les plus pressantes (changement d'état-civil, etc.), ni même de reconnaître que les trans sont discriminées, va faire sa petite retape à l'international.

Je dirais bien encore une fois "à gerber", mais à force de gerber on a mal au ventre.

Et le Tin, pape de l'IDAHO, lequel, comme bien d'autres associatifVEs ou instutionnelLEs, s'est annexé les histoires et les personnes trans pour se faire mousser, qui se trémousse ! Lui que la petite murène a encore entendu il y a un an fantasmer devant un public nombreux - et complaisant - sur les "trans de Stonewall" qui "se battaient à coups de talons aiguilles" !! Beh oui, c'est bien connu que les mtf n'ont pas de cerveau et sont incapables de se saisir d'un barre à mine...

On hésite entre la rage et le désespoir. Et pour finir on lance sa malédiction sur tous ces infâmes personnages, sans grande illusion que ça leur cause grand'mal, mais qui sait...

Bouffon(es) !

 

 

PS : exactement à la même heure (!!!), on apprend (communiqué de Trans-Aides) que le ministère de la justice vient de faire nettement opposition, précisément, à toute évolution des possibilités de changement d'état-civil. Ce qui est magnifique avec ces clowns cyniques, c'est qu'ils peuvent se permettre ça tranquillement, ouvertement, sans aucun risque de discrédit. Même les "assoces communautaires", comme on dit en novlangue, continuent à faire la queue pour causer à leurs sous-fifres.

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 11:41

La petite murène louche de temps en temps avec agacement sur le énième feuilleton des audacieuses françaises séquestrées par des états ou mouvements barbares et mal intentionnés, qui n’ont rien compris à leur désir de connaître. C’est pas nouveau. Quand elle était enfant il y avait déjà Françoise Claustre dans les sables du Ténéré. Plus tard il y eut la mère Aubenas qui y a gagné semble-t’il une espèce de magistère surjournalistique à parler avec autorité de tout et de rien. Et là on vient d’avoir droit à l’affaire Reiss. En attendant la prochaine qui ne tardera pas, puisqu’il s’agit de la reproduction d’une attitude sociale et de ses diverses conséquences.

Ce qui relie quand même ces mésaventures, ne vous en déplaise, c’est le principe d’exotisme. Là bas si j’y suis. Ou si s’y trouve quelque vérité dont je puisse m’arrondir. Aller se flanquer au milieu des plus excitantes émeutes, des guérillas les plus pathétiques, des civilisations et gouvernements sur lesquelles la controverse est le plus à la mode. Parce que bien sûr, ce n’est pas dans nos tristes fesses que se situe l’intérêt, la valeur et la promotion sociale chez les siennes. C’est chez le Turc ou l’Algonquin, vieille et moisie passion française et probablement un peu rousseauiste. Principale variante il est vrai : il fut un temps où on partait sans désir de retour, où on « prenait le turban » par exemple, où on s’établissait et adieu. Ça concernait peu de gentes, et fréquemment des qui s’étaient mis en position de n’avoir guère plus le choix. Ce n’est plus le cas, pas même des bobos écolos qui ont paraît-il bâti un cauchemar nommé Auroville dans les Indes orientales, pour y vivre leur fantasme purificateur au contact (ce fameux contact, ce mot dit tout…) de la civilisation indienne (mais surtout pas de la misère et de la pollution galopantes). Á gerber.

Mais l’autre version, contemporaine, c’est le tourisme militant. Lequel a, comme le militantisme en général, fusionné avec l’universitaire. On part avec quelques grades et une recommandation académique. Et en frétillant de désir de s’immerger. Et on s’immerge tellement dans la vraie vie qui bouge qu’on finit en prison, avec quelques grappes de penduEs qui se balancent aux alentours. On est quand même préservée de la pendaison, en général, quand on n’a pas eu l’idée lumineuse d’aller se ressourcer par exemple chez ceux que les médias nomment les talibans. Mais on ne sait pas quand et comment on pourra en sortir.

Bon, la petite murène n’a pas envie de faire dans la satire. Elle déteste le Canard Enchaîné et autres saloperies évidentistes du même tonneau. Ce qu’elle veut dire par là, c’est que ces affaires qui font couler bien de l’encre et du télex sont la petite corne de l’énorme iceberg de l’exotisation. De ce souci dévorant d’aller se chercher chez les autres. Si possible des autres bien autres, tellement on a appris à se détester et à se mépriser, à s’ennuyer avec soi. Et aussi appris que l’ennui c’est mal, ça participe de la frustration et là, c’est l’enfer, l’enfer de la honte. Nous sommes dans une société de la fierté, notamment dans les mouvements alterno-universitaires. Il faut pouvoir se gonfler comme des grenouilles, gonfler et resplendir de réalisation, d’expérience, de savoir. Toujours plus. Toujours plus loin. Toujours plus autre. Puisque le rêve, plus ou moins avoué selon les personnes et les idéologies, c’est de se faire autre. La petite murène en a connu qui s’affublaient de noms arabes et cherchaient à ne coucher qu’avec des « racisées », par exemple, pour faire bonne figure dans notre pays islamophobe et contenter leur masochisme envahissant. Ah c’est que ça vous change la moelle des os de vous appeler avec un K dans le nom (ah non, pas Karine, ça c’est nul !) et de vous promener au bras d’une personne bien typée, comme on dit. Mais il est vrai qu’aller serrer la paluche à des guérillères Kurdes ou faire sa thèse à Téhéran, là aussi ça vous pose en vous-même, ce vous-même qui justement ne peut prendre de valeur qu’en se remplissant de ces autres, de leur image correctement lissée, et en s’éloignant de notre triste destinée pâlote, à jamais répudiée (à part l’héritage des parents quand il y en a, évidemment). Les renégatEs du dix-septième, par exemple, acceptaient d’être des mortEs civilEs dans leur pays d’origine. RayéEs des cadres. Á l’époque des avions, d’internet et des identités multiples, on a fait fi de ces limitations. On n’a plus à choisir, dieu merci. On collectionne et accumule.

Identités multiples et multipliées, du reste. Ce que les alternotes et compagnie cherchent dans les collectifs, c’est déjà à dépasser cette triste enveloppe qui nous fait irrémédiablement unes. Uniques au mauvais sens du terme, limitées, pauvres quoi. Et du coup, une des magies de l’exotisation, c’est de brancher nos tristes personnes enfermées dans leur peau sur des peuples entiers, des destinées époustouflantes. Encore mieux que le mille-pattes collectif blanchouillon, hein ? Étrange évolution du rapport de la fameuse individualité occidentale et chrétienne (ah ah !) au fourmillement enrichissant des autres. On peut difficilement se montrer plus cynique dans la reconduction du vieux rapport raciste et colonisateur…

La petite murène vous dit ça – elle y a trempé aussi, elle a pataugé dans cet enthousiasme fétide. Elle se rappelle, ça c’est en plus le summum du tourisme militant bien-pensant, une « mission civile » en Palestine, par exemple. Et plus tard d’avoir suivi avec entrain une de ces « néo-K » chez les « indigènes ». D’y avoir battu sa coulpe en chœur et répété avec componction des aberrations essentialistes qui ne se distinguaient que pour avoir été inversées. D’avoir joué la petite Delphy quoi. Ah elle en est pas fière d’avoir participé à ces faux débats d’abruties. D’avoir fait taire le doute. Marché en cadence. Obéi. Elle en a été récompensée par les plus ignobles saloperies. Elle dirait somme toute « bien fait », bien fait pour avoir été aussi bête, si justement ce « bien fait » ne participait pas encore de tout ce cirque « là bas si j’y suis ». Et de la déresponsabilisation généralisée. Elle n’est pas là bas, elle n’est pas ailleurs. Sa pauvreté est sa pauvreté mais sa haine est aussi sa haine, on en verra peut-être les effets quelque jour.

Bref voilà. Les sentiments et réflexion qui l’agitent à lire les articles sur les péripéties de cette universitaire manifestante. Mais surtout sur la passion sociale qui anime tout ce qui dans ce pays ne se veut pas ou plus « bourge » ou « norméE ». Normée ou exotisme. Binarité de cauchemar. Est-ce que les Chartreux y échappent ? Comment échapper, oui, à cette alternative de plus en plus tyrannique, à cette confiscation du possible par des attitudes et positions de plus en plus rigides, répétitives et misérables pour ne pas paraître pauvres ? Mesquine ou envahissante, le beau menu…

On a l’impression d’une fuite éperdue devant l’éventualité de se reconnaître (et d’ainsi pouvoir reconnaître autrui autrement que comme une fonction sociale et un appât existentiel). Fuite considérablement facilitée par des moyens techniques (véhicules, télécommunications) que Jeanne Bloy, encore elle, décrivait dès 1900 comme une accumulation de possibilités de se débiner, justement. De se débiner physiquement mais aussi moralement et existentiellement !

Il va de soi que la case prison au beau milieu de cette débauche de mouvement ne peut apparaître que comme un scandale. Immobilité et réclusion ! Hé oui, l’exotisme a ses risques, puisque c’est ainsi que l’on nomme les fatalités logiques en cette époque d’assurances et de tribunaux. On passe sous un bulldozer blindé, on se prend une rafale d’arme automatique (auquel cas on passe martyre, car il ne faut rien laisser perdre) ; ou bien on stagne dans une geôle. Le traitement de l’affaire est d’ailleurs un peu compliqué, notamment dans les deux premiers cas. On ne peut, ici, trop le dénoncer comme un scandale, parce que ce serait oublier que les gentes qui vivent là bas subissent ça tous les jours, anonymement. Et que c’est pour le progrès de l’humanité. D’où la voie moyenne du « martyre », pas trop célébré non plus. La rage exotique a ses pudeurs. De toute manière il n’y a plus personne à sauver.

Dans le cas de l’emprisonnement, c’est une autre affaire. Encore une fois, la petite murène se fiche de la cuisine qui se joue en pareil cas et des divers enjeux. Ce qui lui fait souci c’est ce qui mène à ça et le monde idéologique qui va avec. D’ailleurs, il n’est pas même indispensable d’aller sous une autre latitude pour faire l’expérience : comme signalé plus haut, il y a de nombreuses opportunités dans ce pays même. Y compris de se retrouver en prison, mutilée ou morte. De se retrouver martyre ou scandale médiatique en étant sortie de soi, en ayant revêtu quelque défroque idéalisée. C’est encore arrivé il n’y a pas très longtemps. Et les comédies jouées autour ont dépassé tout ce qu’on avait vu depuis longtemps en stupidité bienveillante.

Tout pour ne pas se retrouver seule avec soi, avec son histoire, sans valeur ajoutée. On a la désagréable impression que c’est devenu (mais depuis quand ?) l’unique enjeu réel de ce qu’on pourrait appeler rébellion, sous nos latitudes…

 

Dans ses Prisons, la très grande Marguerite de Navarre pose en troisième et suprême lieu de détention, dont il se faut évader, la science, l’obsession de la transformation de soi par l’accumulation de connaissance, de certitudes et de découvertes. Je crois que c’est une des très rares qui aient eu conscience de cela dans notre histoire de plus en plus positiviste. C’est en nous et dans notre propre pauvreté que nous avons à chercher. Elle est sans fond.

 

La petite murène

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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 08:32

Relation, amour, hétérogrouinke, et même enfantement (mal ô ventre !). Voilà le beau programme qui apparaît en bandeau dans une pub animée quand vous regardez le Monde sur internet. Une pub pour une sorte de banque. Évidemment c’est la millionième et il y en aura encore un million. Mais ça fait gerber ; ça agresse, comme on dit en novlangue. Après, eh, y a qu’à pas aller sur internet si on veut éviter les pubs ignobles. Incontestablement. Et ne pas marcher trop dans les rues des villes aussi. Plus lire, plus regarder les films. Crever quoi.

Beh oui, ce n’est pas parce qu’on se fait assassiner chez les féministes, quand on n’est pas dans la ligne de ce qu’il faut penser et être, qu’on en devient béatement satisfaite de respirer le nuage patriarcal et relationniste. On souligne bien relationniste, parce que, chose étonnante, toutes les belles « doctrines du ressenti », que ce soient celles de la famille hétéra ou de ses diverses copies relationnelles « déviantes » (on allait écrire « copines », hé hé) passent par cet énorme tuyau aspirant : la célébration des relations, la dénonciation de la solitude. C’est ce qui apparaît en plein ou en filigrane dans toutes les pubs (au sens large du terme ; une pub ne sert pas forcément qu’à vendre monétairement un objet ou un service. Tout ce qui incite au bien est une pub).

Or il s’agit, quand on y fait un peu gaffe, d’un véritable bombardement. Une part énorme des messages dont nous ruisselons comme de crachats n’a au fond pour seul argument que « être ensemble c’est bien, être seule c’est mal ». Avec évidemment tous les sous-entendus d’une époque où se renifler le cul est considéré comme le mode d’épanouissement inévitable et suprême (« le plaisir – sexuel évidemment – c’est bien ; la frustration c’est mal »). Et bien entendu, les nanas forcées à séduire, squelettiques et cadavériques, et les mecs à la fois suaves et maîtres du jeu. C’est fou à quel point, depuis quelques années, les rôles dans la pub et dans la culture en général sont redevenus cyniques et outranciers. Et à quel point ça passe, sans doute parce c’est ce qui est demandé…

Bref, pub patriarcale, incontestablement ; ça fiche mal au ventre, physiquement, de se prendre ça dans le caisson. Mais aussi pub relationniste, et c’est probable que les deux sont liés, depuis des temps sans doute immémoriaux. C’est pourquoi ça ne fait pas moins mal au ventre, finalement, de subir les Têtu ou les publications « subversives » qui toutes subordonnent la valeur à un type ou à un autre de relation (et c’est d’ailleurs fort peu varié, par force, finalement ; en gros ce qui est censé changer est le nombre de personnes avec qui on baise…).

Cercle vicieux. Bien évidemment, si c’est ce genre de message qui revient toujours, c’est qu’il est réclamé avec avidité. De même qu’un film ou un bouquin sans histoire d’amour, sous une forme quelconque, va ennuyer et désorienter une bonne partie du peuple. C’est malheureux mais on a ce qu’on demande, somme toute.  

C’est terrible parce que, superficiellement, ça finit par donner une espèce de vernis de fausse lucidité à des déclarations en elles-mêmes pitoyables, mais qui, dans leur énoncé, contiennent à un moment une suite dont la pertinence formelle saute aux yeux (de qui n’est pas dans le cirque). Ainsi du triste histrion qui, à la honte même de bien des catholiques, occupe actuellement la Chaire de St Pierre, et qui vient de gratifier les ouailles portugaises de considérations vite fait sur le gaz au sujet de la « société du désir et du plaisir », qui engendre les propres « nuisances » qu’elle prétend par ailleurs combattre (violences, pressions à la performance, concurrence acharnée à la « réalisation »…).

C’est terrible parce que formellement il a raison, le bougre, dans ce qu’il dit là. Enfin… dans une certaine mesure vu qu’avant cette société la continence et le respect ne semblent pas voir été plus suivis comme voies de comportement possible...

On ne peut échapper alors au vertige qu’en se rappelant que, l’idéologie du plaisir étant historiquement conssubstantielle au libéralisme, on la retrouve… jusque dans cette église qui court après les dernières franges de la modernité pour se faire bienvenir. Il n’est que de lire par exemple les hilarants articles « familiaux » de Famille Chrétienne, organe clérical fort peu « réformateur », sur l’épanouissement personnel, sexuel ou ce genre de choses (dans le couple hétéro et prolifique bien entendu – mais cette imposition de cadre est elle plus impertinente, incohérente en elle-même que la « non-monogamie safe » des alternotes ?). Eh oui, que ce soit le collectif x, notre amie du centre lgbt Le Doaré ou Benoît XVI, tous dans ce même bateau.

Bon, évidemment point trop n’en faut. Anathématiser la terre entière en aplanissant et en niant la réalité des plus vieilles oppositions est aussi se fourvoyer définitivement. Benoît XVI n’est ni Le Doaré ni les alternotes de l’axe du Bien. Et encore moins le contenu de la pub pour Axa. Et réciproquement. Heureusement. On tombe facilement dans l’illusion que tout ce qui est ailleurs est même, par principe ou par volonté. Ça simplifie le monde à outrance et ça s’autonourrit. Il est bien plaisant pourtant de grossir les choses qu’on voudrait faire voir et que le regard fuit. Mais il ne faut pas se mettre à y croire, et encore moins à le savoir, pasque là on est foutue.

N’empêche, le fil rouge de la valorisation implicite ou explicite des « relations z’et sexualités » comme valeur fondamentale se retrouve bien un peu partout quand on mâche les différents sandwichs.

Et on est pris du vertige évoqué plus haut quand tout cela apparaît concentré dans les deux frimousses sur fond de pièce de monnaie qui se rejoignent (!) dans la pub en question.

 

 

La petite murène

 

 

PS : évidemment les militantes revendicatrices vont sortir du chapeau la "lutte contre les pubs sexistes". Ce qui se tient et est bien agréable (bling crash !). Mais aussi revient toujours à externaliser le mal et à réclamer (donc à se mettre en dépendance et à attendre d'autrui, fut-ce sous la pression).

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 13:31

http://www.starwizz.com/decouvrez-barbie-transsexuelle-lors-dune-exposition-en-espagne-41468

 

Je me disais, on va faire dans le léger - mais en ces sales temps le léger est incroyablement lourd.

 

Voilà ce qu'un artisteux, probablement à haut niveau de prétention militante et philanthropique, nous chie dans une expo en Espagne, une barbie trans.

 

Je dois avouer, quand j'ai vu la chose annoncée, j'ai d'abord tressailli d'espoir. Une barbie mtf, avec notre sale gueule à mâchoire un peu large, nos grands pieds zet nos grandes paluches, notre lârge front... Notre "illégitimité" sur pattes quoi, la vraie, qu'on montre partout, dans le bus, etc. Qu'on rabote à coups de rabot électrique dans toutes les cliniques esthétiques. Voilà qui allait bousculer un peu, ou simplement introduire réflexion sur les limites inhérentes à ce monde.

 

Ben non, pupuce a juste pris une barbie honnêtement anorexique, un peu bronzée pour faire antira, tout à fait ce que ne sont même pas les nanas bio, quoi, et il lui a simplement - collé une bite. Awalà ! Vous avez une trans. D'ailleurs, effectivement, dans les fantasmes de ce genre de gentes une trans c'est une femme à bite, point. Opérée elle vaut d'ailleurs plus rien, avec ses problèmes urinaires, n'est-ce pas ? Allait pas lui mettre la tête de Ken (ce qui pourtant aurait été bien moins stupide).

Et de manière plus générale, c'est évident que dans un monde complètement obsédé par la baise, le sexe et la génitalité, c'est la bite qui fait la trans et rien d'autre. Nos "histoire sociales", comme on dit en novlangue, se résument - à tout point de vue ! - à ce qu'on a entre les jambes. Le reste on préfère même oublier.

 

Tout ça est à gerber.

 

 

PS : allez, la citation de la décade :

« On voit bien, à la façon dont Il nous a traitées, que Dieu est un homme.  »

                                                                                      Mme de Tencin

 

 

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ebranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée au backlash réac-libéral pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste novatrice, universaliste négative, apostate de l'intersectionnalisme, philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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