Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 16:24

 

 

« Êtes-vous l'ami d'un homme de la cour, d'un homme de qualité, comme on dit, et souhaitez-vous de lui inspirer le plus vif attachement dont le cœur humain soit susceptible ? Ne vous bornez pas à lui prodiguer les soins de la plus tendre amitié, à le soulager de ses maux, à le consoler dans ses peines, à lui consacrer tous vos moments, à lui sauver dans l'occasion la vie ou l'honneur ; ne perdez point votre temps à ces bagatelles. Faites plus, faites mieux : faites sa généalogie. »

Chamfort, Produits de la civilisation perfectionnée, 224



Cet aphorisme fut écrit vers la fin de ce que nous appelons avec condescendance l'Ancien régime, vous savez, cette époque où l'on était pleinEs de préjugés réactionnaires sur ce qu'étaient les gentes...


Deux siècles et demi plus tard, on a bouclé la boucle. Il n'y a plus de cour, il y a des milieux idéologiques, où on est aussi tatillonne sur les origines et les identités que les prédécétrices. Et où la reine est l'idée.


Voulez vous plaire à une de vos copines militante ? Trouvez-lui, reconnaissez-lui la légitimité de quelque oppression enregistrée, quelques disgrâce qui rapporte un bon point existentiel et politique ; une bisaïeule arménienne, un cousin prol, un bourrelet mal placé, un soupçon de transitude, que sais-je, zut ! un nouveau nom avec un k dedans, au pis aller. Emerveillement collectif garanti devant les tiroirs de la légitimité qui se déverrouillent !

Aidez-la à le faire valoir ! Elle en pantèlera de joie et, de reconnaissance à son tour, vous sautera au cou.


Ne vous amusez par contre surtout pas à la soutenir dans l'adversité, à être sa servante, sa soldate, sa banque ! Elle vous trahirait, vous calomnierait et vous exterminerait, comme le font tous les petits tyrans. Et toutes les autres applaudiraient autour.


Sommes-nous près de la fin du fétichisme "politique" contemporain ? Rien ne permet de le conjecturer.

Repost 0
Published by
24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 15:53

C'était du temps, qui me paraît déjà bien lointain, où j'étais dans mon vieux Planning de bouseuses, en Haute-Loire, un vrai Planning quoi, actif sans idéologie constructiviste à toutes les charnières ni enjeux de pouvoir bien considérables. Sans grande hypocrisie non plus, et où l'essentiel de la détestation s'exerçait envers celles du département voisin. Les Cantaloues (je déteste le Cantal, moi aussi). Rien à voir avec celui des gestionnaires du Rhône, avec ses gélatines sur pattes (vous savez ? Gélatine, la militante qui prend toutes les formes selon opportunité !) et ses hyènes arrivistes. Et où pour mon malheur me conduisit mon obéissance imbécile de petite soldate bien-pensante aux ordres des néo-essentialistes « indigènes ».

Bref, un mercredi soir, à une « mensuelle », arriva une nana que j'estimais beaucoup, ouvrière agricole. Et qui nous salua d'un « Eh ben, là j'ai castré des veaux toute la journée ». Je crois qu'elle a dit des veaux, mais je me demande aujourd'hui si ce n'étaient pas des porcs. Je ne sais plus. Nous sommes là-bas une région d'élevage bovin plutôt que porcin. Enfin bon. L'éclat de rire fut évidemment général et généreux. Mais je crois qu'on passa vite à autre chose. Trop vite sans doute.


J'ai pensé à ça hier en voyant, sur le site du Monde, un article sur les paysannes. Les exploitantes agricoles ou, comme on disait jusqu'il y a peu, les « épouses d'exploitants agricoles ». Et cet article parlait justement de castration. Chacune sait que j'adore la castration. Pas seulement le petit slogan vociféré dans les « marches de nuit » par des tas qui s'en garderaient bien en réalité et dont les trois quarts vont après rejoindre leur copain tout à fait encore « outillé », à tous points de vue d'ailleurs. Mais réellement la remise en cause de l'entrepénétration universelle et obligatoire pour se reconnaître dans une glace. Du cul comme valeur et « libération ». Et de la pattex relationnelle qui va avec et gicle de tous côtés. Au point que nous ressemblons à une espèce de groupe géant statufié qui bougerait encore juste un peu. Une bonne militante lesbienne bio d'envergure régionale, comme pas mal d'autres « libératrice » décidée et fort insistante, pour rester polie, notamment des r.... et des t.... disponibles, ne s'y était d'ailleurs pas trompée, qui m'avait décerné à répétition ce beau titre de castratrice, au cours d'une nuit gueulative où je refusai de me ranger à ses vues bien pratiques (« c'est pour la cause » - oui ma belle, et surtout pour ton cul, mental et physique).

Eh ben oui, si être castratrice c'est combattre ton monde d'angoisse, de concurrence, d'envahissement et d'abus, pas de problème. Et d'ailleurs, où serait le problème ?

Tiens, au fait, ça me fait quand même marrer – on fait remarquer, à très juste titre et quotidiennement vérifiable, que la cohorte des mecs a une paire des testicules à la place du cerveau. Fort bien – mais je me demande des fois, dans notre lumineux milieu, qu'est-ce au juste qu'ont mes petites camarades pro-sexe entre les deux oreilles?.. Quel monde !


Mais revenons à nos exploitantes agricoles. L'article, enfin ce qu'il décrit, vaut son pesant d'ensilage. Notamment quand il est écrit noir sur blanc que les femmes sont, non seulement le repos du guerrier, mais tout simplement sa valeur et son existence sociale, point. Je trouve quand même tout à fait extraordinaire que le rapprochement soit à cette occasion fait aussi simplement et ouvertement entre patriarcat et relationnisme ! Et je vais même à l'occasion faire un pas que je n'avais jamais fait, jamais osé faire : le relationnisme crée aussi le patriarcat, en quelque sorte. Ou les deux sont au moins conssubstantiels. Auraient du mal à vivre l'un sans l'autre. Je veux dire que si pour exister il faut vivre dans la pattex, bien sûr, c'est pire si on est une nana avec un mec. Mais le principe existe dans n'importe quelle relation qui est là pour tenter de remplir la valeur, ce qui est somme toute le cas de toutes les relations aujourd'hui, comme toutes les transactions ou presque n'existent que par et pour un cadre monétaire et économique. Bref, les LGBT comme les autres, quoi, qui ont d'ailleurs porté cette valeur relationnelle à un point encore plus crucial, puisque la totalité de leur identité y appartient. Ellils font vivre le patriarcat. On se dit des fois que le patriarcat, il pourrait même exister sans les mecs, sans la classe mec : les éléments essentiels y seraient quand même. Ce qui explique d'ailleurs la douce joie dans les relations entre nanas, bio ou trans... La dévotion à une valeur crée nécessairement hiérarchie, violence et contrainte. Point.

 

Donc voilà, ces nanas jouent désormais en même temps un rôle castrateur, si, si. Elles chient dans la colle, même avec la meilleure volonté du monde de se retenir. Donc, si je comprends bien, dissolvant de cette même relation qu'elles nourrissent (qu'est-ce que les femmes ne nourrissent pas, je vous le demande ?!). C'est qu'elles amènent désormais autre chose que leur gueule au bal des célibataires, puis à la mairie, puis autre chose que le repas à table aux mecs qui ont bossé dur, autre chose que la trayeuse à la stabulation, autre chose que leur cul au lit. Par exemple elles amènent un (maigre) salaire d'ADMR. Eh bien vous ne me croirez pas, mais si, c'est castrateur. Pourtant c'est encore quelque chose qu'elles amènent ! Pas qu'elles prennent. Elles ne prennent toujours rien, et à peine leur retraite, vu qu'il faut toujours s'occuper du bonhomme et des enfants ! La seule manière de « prendre » dans ce monde c'est de tout abandonner et de s'enfuir... C'est là qu'on voit combien on verse vite dans la castration, au sein d'une société en érection perpétuelle de baudruches de dildos, de clitos, de tous autres accessoires interchangeables. Parce qu'on ne peut guère plus parler que de baudruches, quand on parle de ce qui est pris dans le phénomène valeur, qui a remplacé une réalité dont on ne sait même plus très bien ce qu'elle pourrait être (d'ailleurs le contructivisme la nie opportunément). Ça semble quand même un vieux trop humain, mais alors pas sympathique du tout, que cette hypervalorisation du cul et de la colle. Qui est devenue tellement exacerbée depuis quelques temps qu'on ne peut pas faire le moindre petit pas en dehors de la cohue en rut sous peine d'être déjà une non-valeur bonne à crever, d'une part, et castratrice d'autre part si on a l'outrecuidance d'ouvrir sa gueule et se se refuser aux mains baladeuses et non-payantes ! Et de ne pas en dire du bien.

Je rigolais bien fort à part moi l'autre jour en lisant sur Yagg un « dialogue » entre notre Wendy nationale et une Peggy Sastre soi-disant défenseuse des « asexuelLEs ». Ça dégoulinait de respect, d'admiration réciproque et de bons sentiments. Le carnaval de la diversité quoi. Quatre pages pour tourner autour de tous les pots un peu fragiles et surtout ne rien remettre en cause des adulations contemporaines. Parler d'anti-sexe ?! Ah non alors, ce serait pas respectueux. Les pro-sexe affirment le droit régalien de libérer tout le monde (ou presque...) avec leur enthousiasme, au nom du « progrès humain » je suppose, mais prétendre la réciproque, même les cathos ne l'osent plus, ce n'est ni démocrate ni respectueux. Purée, ce respect, cette fosse commune, combien aura-t'elle avalé de gentes ? Ah en tout cas la Peggy elle sait qu'elle a son billet désormais pour rentrer dans le corral communautaire. N'a pas pissé dans la soupière, c'est très bien ! Zut, je prefère encore le verbiage récitatif pro-sexe à Wendy, il est moins hypocrite ! Je m'entendrai toujours mieux avec elle ; faut le faire !

 

Eh bien ouais, je trouve que le sort de ces bouseuses parfaitement à des années-lumière de la vie intense et trépidante des militantes (qui cependant ne dédaignent pas de se répandre dans quelques campagnes périurbaines pour tâter du jambon), eh bien que leur sort est incroyablement emblématique de ce dans quoi nous pataugeons toutes. Leur sort et la vision qu'on en a, puisque la vision est part essentielle du fonctionnement valeur ; comme on vous voit on vous traitera. Je fais cette concession non négligeable aux constructivistes, d'autant que ce n'est pas elleux qui l'ont inventé. Et alors, je vais vous dire, être traitée comme castratrice, que ce soit par les mecs ou par les nanas ou même par les autres, dans un monde patriarcal et relationniste, ben vous pouvez numéroter vos abattis. Vous n'existez pas et, si vous avez le toupet de quand même être là, je vous dis pas les horreurs qui vont vous tomber sur la gueule. Mais c'est un honneur, et l'honneur coûte très cher dans notre époque de rampement généralisé et de malveillance obligatoire. Nous sommes donc les unes et les autres castratrices. Chacune à notre manière et en notre place, en notre condition devrais-je dire peut-être. Les paysannes et les comme moi, bouseuses de la vie intense des bonnes féministes alternotes ou autres. Tant qu'on est quelque part on coupe quelque chose à quelqu'unE, même dans notre agonie. Il faudrait pouvoir exterminer notre race, mais il est à prévoir qu'il y en aura toujours, quelles que soient les opérations de dératisation sociale que l'on mènera.

En tous cas, la situation des nanas à la campagne, eh bien elle s'améliore pas, déjà vu l'appauvrissement de pas mal de paysans (au profit d'autres, ah ben oui, c'est pas perdu). Mais aussi parce qu'elles sont plus que jamais le cul entre deux chaises. Et quand je songe que la seule alternative qu'on leur propose actuellement c'est l'appauvrissement urbain ordinaire ou la chaise à gode des alternotes, ben beuh... je trouve que le monde est triste, voilà... Triste et confisqué.

N'empêche ! Vivent les castratrices, les vraies, celles qui ne sont pas en syndicat d'accumulation existentielle, qui ont des vies de merde, qui coupent tout à commencer par l'envie. Et qui sont une des rares vraies contre-forces de ce monde !

 

 

Plume

Repost 0
Published by
13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 08:45

J’ignore si ce genre de « délit » existe toujours de fait, à part dans sa version « grand méchant – crime contre l’humanité » ou quelque chose comme ça. Je suppose qu’on aurait ainsi pu poursuivre avec ce gourdin, à une époque où la « loi de 1920 » était encore en vigueur, toutes celles qui soutenaient et réclamaient la légalisation de l’avortement. Peut-être même l’a-t-on fait ?

Au paradis judiciaire, qui fait tant triper contre toute raison les militantEs qui ne rêvent que de puissance et de passer du bon côté du gourdin, il n’y a plus d’ennemiE, il n’y a que des criminelLEs. RayéEs de la carte. Illégitimes absoluEs. C’est à peu près ce qu’on a « gagné » à passer du vilain obscurantisme qui ne connaissait que les hérétiques et les possédées aux lumineuses idéologies du progrès et de la domination.

Le crime d’infanticide, donc, n’a pas de nom dans ce pays. Il se cache sous quelque chose comme « l’homicide sur mineurE de moins de quinze ans » ou le « défaut de soin ayant entraîné la mort » sur la même.

 

Ce n’est pas pour autant que le gourdin est suspendu, bien au contraire. Puisque le 8 juin dernier, aux assises de l’Allier, une nommée Valérie Gally a pris quinze ans ferme. Pour avoir laissé mourir à la naissance deux lardons, bref appliqué un avortement post partum. Comme quelques unes, elle les avait conservé, hélas pour elle. Que dire ? Chalamov avait bien gardé son chat mort, assassiné par son voisin, dans son frigo. Toutes les prétentions vaselineuses de ce monde hypocrite et rempli de psys ne nous épargnerons jamais les déchirements.

 

Quinze ans ferme ! Même la proc a été un peu soufflée, qui avait réclamé « seulement » dix ans, et qui a fait appel. Sept ou huit ans réels et sûrs au moins donc, dans une prison où les autres nanas lui feront la vie que les mecs font aux violeurs réels ou supposés. Vive la justice populaire. Parce que c’est un jury, un jury de braves gentes, de celleux donc qui ne se sont jamais fait pincer, tout simplement, qui a ainsi déchargé sur elle sa haine et sa peur d’esclaves. Les bonNEs citoyenNEs implacables, ce fameux « courage civil » que définissait déjà Léon Bloy par « la détermination indomptable à taper sur les faibles et les désarméEs ». Que l’on retrouve dans tous les replis de la société comme de la prétendue « contre-société ».

Je sais pas si vous lisez les comptes-rendus d’audience dans les journaux, mais la justice républicaine aime que l’on rampe devant elle, que l’on se fasse dessus de terreur et de remords, que l’on répète docilement les imprécations des juges et des procs. Les croquants du moyen-âge s’abaissaient moins devant leur seigneur que les « mis en examen » devant cette justice vermineuse où tout doit pouvoir être tarifé et "réparé". C’est que nous sommes à l’âge des assurances, de la safety et du care.

Valérie Gally a rampé, comme les autres, s’est bien qualifiée de monstre, et à répétition. Mais voilà, le jury aime bien de temps en temps prendre au mot, pour terroriser. Monstre ? Okay. Crève ! La fille de paysans de service, dont son premier mari déclarait à la barre « ne l’avoir jamais vraiment connue » (ben heureusement ! C’est quoi ce rêve hégémonique de transpercer l’autre de tous ses yeux, ce cauchemar mitonné chez Meetic ?!).

 

C’est bien simple, là-dessus, tout le monde ferme sa gueule. Tout le monde a la chiasse. Se réfugie, quand il ne condamne pas, dans un bien commode « refus de jugement » qui équivaut évidemment aussi et surtout à un refus d’approbation. Je me rappelle de la lâcheté sur la question, comme sur bien d’autres (les délais d’avortement !), d’ex-commensales du Planning Familial, cadres tremblotantes et gélatineuses ou jeunes arrivistes aux dents qui rayent le lino. Seule une très ancienne, une fondatrice quoi, qui avait refusé de glisser dans la gestion, me disait avec entrain « Allez, on va acheter des congélateurs ! ». Mais c’est sûr que ce n’est pas en soutenant les nanas qui avortent tardivement qu’on va recevoir des strapontins ministériels ni même des adhésions dans ce pays lardonolâtre. Personne ne réclame donc franchement la disparition de l’avortement du code de la santé, ni la fin de la surveillance (un flic derrière chaque nana enceinte, cette fiction de 70 sera bientôt réalisée). Au contraire.

 

L’infanticide à la naissance, avortement tardif, file donc généralement la foire. Moralement tout au moins. C’est un des crimes à la mode dont on ne s’éloigne jamais assez. Comme de celles qui s’y font pincer, et qui paient pour toutes. Et pour toute la chape de honte et de malveillance qui pèse sur les nanas, toujours soupçonnées d’être de mauvaises mères.

C’est que ça remue, ce truc. Ça nous emmène, de fait et de force, bien plus loin que la mièvre déclaration sur la « libre-disposition de son corps » (et de soi-même tout court !). Ce rêve de petites portions in-dépendantes et régulées. Comme le dit si bien un des seuls livres honnêtes sur la question (Réflexions sur un tabou), la réalité c’est que des lardons apparaissent dans des ventres, que ces ventres sont des ventres de femmes, et que c’est toujours à elles de régler l’affaire d’une manière ou d’une autre. Et que les lardons, désolée mais c’est pas un cadeau. Enfin, autre aspect de cette réalité si commodément oubliée par le constructivisme en vogue, c’est qu’on naît toujours de quelqu’une, eh oui. Avec toute la merde que ça représente. Que personne n’y peut rien et que c’est indépassable.

Et ça nous fout aussi le nez dans cet insurmontable caca, dont nous avons depuis quelques siècles fait la valeur centrale de nos vies, concurremment avec l’argent, de l’emberlificotage relationnel, amoureux et évidemment sexuel (puisque sans cul rien ne serait réellement valorisé). Et qu’on ne me dise pas même que ça se limite à l’hétérosexualité (même si ça aide puissamment, évidemment).

Enfin que ce rêve d’in-dépendance et d’autopropriété ne peut, comme tous les rêves qui coûtent cher, que faire que les unEs le vivent sur le cauchemar des autres. Eh oui, pour qu’il y ait de joyeuXses « partenaires » responsables, il faut des tas de vies de merde. C’est comme dans l’économie, sans pauvres pas de riches. Et ce n’est pas non plus le meccano politique de la « domination » qu’il suffirait de démonter et remonter avec les bonnes clés à douille !

 

La fiction légitimiste de « chacunE son corps, chacunE sa vie », bien digne d’une époque où elle orne et adevise les pubs de toutes les entreprises de service, ne marche pas. Que ce soit le papa, la maman, les deux mamans, le lardon… Y en a toujours une qui est carna. Et qui doit prendre sur elle de supprimer l’autre, ou de se laisser bouffer. Devinez laquelle ? La moins puissante des nanas, point.

 

En attendant… En attendant rien du tout. On ne voit d’aucun côté, pas plus « subversif » qu’autre, d’issue à ce monde d’hypocrisie permanente et par ailleurs de collage généralisé, évidemment majoritairement hétéro. Pas d’issue à un monde de lardons et de lardonolâtrie, d’amour, de pattex, de cul et de couplite, où c’est si facile d’en faire… et où, comme le dit le livre sus mentionné, c’est toujours aux nanas de régler la question d’une manière ou d’une autre, que ce soit par l’avortement précoce ou tardif, ou bien une vie entière finalement de sujétion, qui commence par les couches et les braillements et finit par les violences des jeunes gaillards sur leurs mères. Et même qu’on ne me dise pas qu’hors de l’hétérocoincoin tout va bien. Ce ne sont pas les mines abruties de l’apgl et les soi-disant « relations égalitaires lesbiennes » qui vont me faire croire que là il n’y a nulle contrainte. La bonne blague.

 

Cela dit, il est quand même probable que si l’avortement devenait réellement un truc plus simple, hors des pattes des toubibs et des juges, l’affaire se ferait en général plus simplement. Mais en général seulement. Il y aura toujours des impossibilités ou autres. Et gardons nous d’encenser l’un pour diaboliser l’autre, de dire « libéralisons l’avortement pour éteindre l’infanticide », comme on dit encore « libéralisons la contraception pour éteindre l’avortement » !

 

J’ose encore une fois dire ici que je suis persuadée qu’il existe, par force, une espèce de « solidarité universelle », qui n’a rien d’intentionnel ni de bienveillant, et qui veut que les unes payent pour les autres, que celles qui existent peu se voient encore arracher le peu qu’elles vivent pour que celles qui « vivent intensément » intensent encore plus. Et que les idéologues du « plaisir et du désir » défendent et mitonnent un système tout aussi cannibale que leurs adversaires. Cela dit, je ne crois nullement à un quelconque avenir radieux. Nous aurons toujours les mêmes limites et les même tortures.

 

Mais n’empêche. Apologie de crime. Je trouve fondamental que les nanas puissent se débarrasser, y compris post partum, de leurs lardons. Et je reste obstinément pour cette autodétermination à l’avortement, sans délais ni tutelle. De tout coeur !

 

 

Plume

 

(Qui aurait bien aimé être avortée, fut-ce tardivement. De même que Madame de Sévigné qui regrettait de n'être pas morte entre les bras de sa nourrice !)

 

 

Repost 0
Published by
9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 15:31

Il y a des choses qu'on ne fait bien, ou qu'on n'ose faire, qu'en nombre, et en sachant bien à qui ou à quoi on les fait.

Plus on est nombreuses, plus on y joue de rôles et mieux ça vaut.

Parce que ce qui est bien, c'est qu'il y a en définitive une milliasse de manières de le faire. Et qu'il y a donc place pour chacune. Les unes par exemple en émiettant soigneusement et en expropriant de soi-même, d'autres en mentant et calomniant bravement ; d'autres encore en se défilant avec des rictus assez comiques. Certaines mêmes en jouant les copines pour mieux piétiner ce qui est inabordable. Pour tous les goûts - pour toutes les bourses, selon un vieux précepte pute.

C'est même assez magnifique et, pour tout dire, impressionnant, comme cela se réalise, se met en scène, sans même besoin que l'on se consulte. Chacune n'a qu'à suivre sa pente en somme. Personne ne risque de déranger la cérémonie. Car c'en est une.

C'est même là que vous pouvez distinguer, à moins que ce ne soient elles qui se distinguent, ; les vraies copines, les "t...philes ! Elles restent un peu en arrière de la procession, pas trop loin quand même, pour prendre des nouvelles et accessoirement bien s'assurer que vous ne vous en relèverez pas - car cela remettrait en cause le rite et d'ailleurs toute la religion ! Elles trainent quelquefois avec elles quelques t... plus ou moins enchaînées par l'enchantement et la crainte, qui seront sans doute sacrifiées un peu plus loin, ainsi que dans l'abominable pérégrination qui clôt le Spartacus de Koestler. Lequel a aussi écrit le Zéro et l'infini, qui renseigne fort sur les procédures à l'oeuvre dans certains milieux.

 

Le mode sacrificatoire, puisqu'on est une merde et même une sous-merde, est le piétinement. C'est tout à fait in et pol-cor actuellement. Ca aide paraît-il à conserver sa structure au monde. Il y a de la magie partout et en toutes époques. Et ça sert à éviter que les guenilles se croient de braves torchons, ce qui serait le début de la fin.

 

On ne peut donc vraiment pas nommer cette chose, ce quoi, qu'on rencontre étalée sur le chemin comme on rencontre un inconvénient. La nommer serait l'évoquer, lui rendre forme. Ce qui n'est pas concevable. Ni convenable. Elle doit rester, puisqu'elle avait le tort d'être inabordable dans ce monde de frôlements, invisible et surtout inaudible. Incompréhensible à jamais. On marche donc dedans. Forme pédestre de cannibalisme dont nos contemporainEs sont friandEs.

 

Le plus drôle est qu'un certain nombre de t... survivent à ce traitement. Encore qu'on peut se demander ce qui survit, puisque c'est informe et surtout en creux. Peut-être que, dans ce monde très et, disent certaines, trop plein, constituons-nous alors des espèces d'endroits de stockage gratuits pour la bonne conscience d'un grand nombre. Qui sait la place que nous représentons alors réellement ? C'est fou ce qu'on est utiles en fin de compte. Il suffit de nous marcher dedans ; et c'est une manière ingénieuse de nous ranger, ainsi donc que leurs consciences, pour celles qui ont de l'ordre.

Repost 0
Published by
4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 08:28

Vous vous rappelez peut-être l'article où je causais avec effarement de l'engouement universel pour les relations, tel qu'il existe des pèlerinages de célibataires. Non pas bien sûr pour remercier la déesse de ne pas être à la colle, mais au contraire pour se gicler de la pattex dessus et ne plus se quitter - ah ben voui, quod deux junxit, homo non separet ! Chez les cathos c'est pour la vie. Même les prêtres n'y résistent pas !

Eh bien il existe aussi des pèlerinages de mères de famille. Des pélerinages non-mixtes quoi. Voici comment les présente mon site catho préféré, Famille Chrétienne : (http://www.famillechretienne.fr/agir/pelerinages/les-meres-de-famille-en-pelerinage_t11_s68_d51363.html)

 

Elles sont de plus en plus nombreuses à se retrouver entre mères, pour marcher et prier. Que ce soit le temps d’une journée ou pendant trois jours, ces pèlerinages permettent de se ressourcer, de confier à Dieu sa vie, son couple, ses enfants, ses joies et ses fardeaux. Il en existe sans doute dans votre région.

 

Près de 1 000 femmes sont attendues pour le pèlerinage national à Cotignac.

Ca ferait une ladyfest quelque peu mahousse, nan ?

 

Bon, eh, évidemment, la petite murène, qui est et restera quand même un peu indécrottablement pol-cor, quelque peu féministe et par ailleurs gouine, ne peut que rêver de l'adaptation en actes, enfin, de l'affiche qui orne les murs de tous les squats qui se respectent ("je pars avec Simone"). Les nanas, débarrassées et de leurs maris et de leurs lardons, qui restent ensemble ! Evidemment on peut imaginer des furtives qui se mettent en couple et désertent, bon - mais on peut aussi imaginer mieux.

Rêvons un peu, imaginons une horde de catholiques hystériques, intolérantes et intolérables, en rupture de ban et de famille, ayant échangé définitivement couches, casseroles et caressouilles contre la redoutable gloire de Marie (ridebo in die ultimo), par exemple, qui refusent d'achever le pèlerinage et se répandent par monts et par vaux ?! Il y a déjà bien des évêques luthériennes lesbiennes. Mais là ce serait autrement apocalyptique. Et, effectivement, comme le dit le texte ci-dessus : que dieu s'occupe de notre vie, de notre couple, de nos enfants et de nos fardeaux. On les lui confie. Nous avons bien autre chose à faire !!

 

 

En vérité, en vérité, je vous le dis, ce serait bien marrant que l'éventrement de ce monde vienne d'où on ne l'attend pas !

 

Mais les choses trop belles n'arrivent jamais...

 

LPM

Repost 0
Published by
4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 07:42

« Déclarer qu’on est pauvre, secret de pétrifier. Méduse devait être pauvre ».

Léon Bloy

 

 

 

Bon, c’est plus trop ça les articles un peu de fond, je confesse, j’en commence beaucoup mais n’en finis pas un. Ce n’est pas excessivement facile de composer sur un radeau. Pasque là la petite murène est un peu sur son radeau sous-marin, seule, sans plus de trou confortablement sableux où se nicher. Et elle a pour de bon sa tête de méduse. Ça c’est de la performance.

Vous savez, Méduse, celle qui transformait en pierre touTEs celleux qui croisaient son regard ?

C’est d’ailleurs drôle. Dans la classique appropriation qui est devenu un must militant, quelques unes on récupéré les Gorgones, comme groupe générique, ainsi que les Furies. Fort bien. Mais les spécificités personnelles ont été opportunément oubliées. Notamment celles de Méduse. Méduse n’a pas le choix de son seul « pouvoir », si tant est que c’en soit encore un. Elle ne peut pas se permettre elle-même de converser, ni même de regarder dans les yeux, si elle ne veut tuer l’interlocutrice. La « distance » (euphémisme !) frise l’absolu. Elle est trop loin dans l’inexistence pour ne pas être un danger public.

Méduse, enfin, ne recèle pas d’utilité. Bien qu’elle ait été bien des fois utilisée et même singulièrement abusée. Mais elle n’est pas un de ces puits d’utilité existentielle que se doivent d’être les humainEs. On ne peut l’utiliser qu’extérieurement. Commes les putes (tiens c'est drôle elle en est une aussi...)

Tout le monde se détourne donc sur son passage.

 

Il y a déjà quinze ans, celle qui n’était pas encore une vraie murène avait déjà résumé ces constats dans divers textes, souvent affichés (beh oui y avait pas internet). La pauvreté, la vraie, monétaire ou sociale, pétrifie. Elle représente un danger pour la prospérité commune, elle est d’ailleurs une anomalie minoritaire en voie d’extinction. On ne dit pas comment l’extinction, un peu de pudeur quoi !

Mais tout le monde est d’accord, entrepreneuses ou alternotes, la pauvreté, la privation, le renoncement (ouh !) c’est pas bien, il faut l’abondance et l’intensité. On ne dit pas là non plus comment, ni surtout ce qui peut venir avec, mais il les faut ! Toute autre opinion est un blasphème.

C’est pourquoi les Méduse qui passent (il y en a d’autres, mais elles ne peuvent se parler : elles se pétrifieraient mutuellement !) sont comme un mauvais rêve. On secoue la tête et on regarde ailleurs, on fourre son nez bien avant dans la riante fripe des identités, des activités et de la sociabilité.

Méduse est pauvre également de choses à dire ; elle se répète inlassablement. Elle marmonne, sur son radeau.

Méduse n’est pas Cassandre. C’est déjà pris, d’une part, et d’autre part elle ne prétend pas à ces altitudes. Méduse vit dans la flotte, de même que les autres Méduse. Au milieu de tout le monde – et nulle part en même temps.

« C’est bien triste mais on n’y peut rien ». Quand même époustouflant que tel soit, in fine, le résumé de ce qu’arrivent à balbutier celles qui se proposent de bouleverser le monde (pardon, de le déconstruire).

 

 

 

La petite murène médusifiée

 

Repost 0
Published by
2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 21:27

Vous connaissez les trollEs ? Allons, mais si vous en connaissez, vous connaissez déjà la petite murène qui est au fond une espèce un peu singulière mais tenace de trolle aquatique. Il y a sur Bellaciao, site tout à fait propice aux trollitudes par sa grande mansuétude modératrice, un charmant petit article pratique sur les trollEs : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article98725

 

Bon, là elle élargit peut-être méchamment la notion de trollE mais c’est un peu le sentiment premier qui lui est venu à lire, par hasard l’autre jour, un article sur Rebellyon (www.rebellyon.info) à propos du queer, par une de ses contemptrices locales ordinaires. Disons que ce n’est même pas exactement le contenu, qui se tient, mais c’est de le mettre là, avec la visible intention d'obtenir quelque grabuge. Le propre des trollEs est de professer à l’endroit le plus propice une opinion dont ellils savent qu’elle va provoquer indignation et couinements divers. Il y a des gentes qui passent leur vie à ça. Comme j’ai dit plus haut la petite murène est une sorte de trolle, finalement, à part que derrière son obstination il y a des questions tout aussi obstinément éludées qu’elle vous sert et ressert. Il n'empêche, l'autre jour elle lisait elle ne sait plus quoi - ah, si, des avis de Paula Dumont, qui fait régulièrement savoir à toutes les listes sa dernière parution sur sa dure vie de lesbienne, et surtout sur les contrefaçons qu'il convient de savoir écarter (camionneuses, trans, et tutte quante). La petite murène se disait à part elle, "non mais elle est insupportable". Et instantanément quelque chose comme de la sympathie a jailli en elle pour cette insupportable. La petite murène est inentendable et même inabordable. Alors elle ne peut que, des fois, avoir un petit mouvement pour les autres qui finalement sont dans des cas voisins...

Z'imaginez, la petite murène et Paula Dumont, la photo (déjà que ça avait failli avec le cardinal Barbarin, tiens il faudra en recauser de cette historique rencontre entre la LGP lyonnaise et son éminence...)

 

La petite murène se perd... Ca doit être la nostalgie de l'émigration...

 

En tous cas la petite murène a quelque peu succombé à la lecture de la controverse évoquée au début. C’était un assaut de récitation, d’évidences assénées, de troisième personne sans réplique. Les choses elles sont comme ça la science (humaine bien sûr) nous le dit, point. Au début elle croyait encore pouvoir quand même un peu se trouver du côté des pro-queer, pour au moins quelques détails, face à la hargne de la contradictrice. Mais à la fin elle finissait par trouver de vagues vérités chez elle plutôt (« on ne peut pas se dégenrer seulE ») – bref les mots zet performances sont une vaste arnaque quand on les prend comme outils. Oui, effectivement, le langage signifie quelque chose, s’il ne change que peu : les déroulés d’affirmation étendent à l’infini un monde effrayant, sans issue.

Ce qui est terrible c’est que ça paraît être de la théologie du genre, au départ, ce qui peut être passionnant, mais ce n'arrive finalement à être que du catéchisme, de la répétition, des mantras pour se rassurer, d’un côté comme de l’autre. C'est même pas que ce qui est dit soit faux ou bête ou quoi que ce soit, nan, au contraire, c'est souvent pas mal, du côté pro-queer. La petite murène se retrouve dans la contestation. Mais elle ne s'y retrouve plus quand ça devient de l'affirmation et une nouvelle directive. C'est comment et peut-être aussi pourquoi c'est dit, dans le monde où nous sommes en plus. De l’affirmation sans doute – le doute, comme toujours, est contre-révolutionnaire. La petite murène n’hésite plus à dire que si la révolution qui reste c’est ça, oui, elle est contre-révolutionnaire, et pas qu’un peu. C'est pour ça qu'elle est une émigrée, définitivement et profondément, dans ce monde.

Ça rend triste, au fond. De se dire que chez ses amies comme chez ses ennemies, pasque quand même, bon – le rouleau compresseur de la révérence envers les idéologies, la connaissance, les certitudes, a aplati tout le monde. Que ce qui était quand même possible est confisqué, mis en microgranules dans les gélules des valeurs, quelles que soient ces valeurs du reste, que ce soit la rigueur ou la jouissance. Valeur égale expropriation.

 

Bon, n’empêche donc la petite murène causait des trollEs, des infatigables trollEs, et en voilà justement qui débarquent pile au même moment. Après la Barbe, qui s’était tout-exprès déplacée un jour au George V pour apprendre aux lyonnaises à militer, voilà le XXL d'un féminisme quelque peu… dire réac ça voudrait dire que ce qui est étiqueté comme « réac » est toujours mauvais, ce que la petite murène ne pense plus forcément quand elle voit les progressistes. Mais disons alors d'un féminisme… copieux, comme disait une vieille amie qui use volontiers de ce mot pour rester décente. « Osez le féminisme », donc, qui s’implante. Yahou ! (www.osezlefeminisme.fr).

Bon, en fait encore une fois, la petite murène s’en fiche un peu de ce qui est affirmé, allégué, prétendu. Un peu, pas tant que ça non plus. Même si les queeritudes l’exaspèrent aussi. Mais c’est de tous les côtés la forme, justement. C’est une fois de plus la voix de la vérité et des « acquis », le grignotage de la réclamation perpétuelle ; c’est ça qui fait peur, de s’enfoncer toujours plus avant dans ce monde malveillant.

En tous cas les alterno-féministes de Lyon et environs, comme on dit, vont avoir de la trolle à moudre ! Tous les sujets qui fâchent, tous les faux-débats possible et imaginables, du travail du sexe à la burqa en passant par peut-être même la parité, vont pouvoir rouler comme des petits cailloux sous les dents.

Encore heureux qu’on soit toutes (la petite murène l’espère et rentre dans le rang) d’accord sur l’avortement.. Enfin pas si sûr, puisque jusques dans les plannings il y a d’étranges réticences et arguties (sur l'allongement des délais et jusqu'où, par exemple, sans même bien sûr parler de l'avortement à la naissance...).

La bien-pensance n’est plus ce qu’elle aurait du être, et ne sera jamais ce que rêvent ses amoureuXses. On sera décidément jamais contentes, mal ou bien pensantes ; ça aussi ça nous - rassemble ? Euh... Disons qu'on est toutes alors dans la même soupière aux cailloux

Bon appétit !

 

La petite murène en émigration

 

 

Repost 0
Published by
27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 08:37

Nan mais c’est vrai qu’il y a des fois que le cynisme est un tantinet plus cynique, et ce tantinet est la goutte qui… Ce qui d’ailleurs indique la masse et le volume déjà pris par les couleuvres que nous avons du avaler (là je cause en tant que travailleuse du sexe).

 

Bref, à Lyon, les « arrêtés anti-putes » sont déjà une vieille tradition. Je suppose que ce n’est pas qu’à Lyon d’ailleurs. La cible préférée ce sont les nanas qui bossent en camionnette. PV et fourrière à répétition, avec de petites gâteries en sus dans l’application, bien odieuses. De toute façon le but est de les faire disparaître, et les édiles s’appuient sur les deux piliers pourris que sont l’opinion publique (« vous couchez avec nous, vous votez contre nous… »), et le sacro-saint principe que le sexe payant c’est le mal absolu, la négation de la « dignité », etc etc. Non mais c’est pas une blague, c’est un principe de droit qui est au dessus de toutes les lois de détails, une référence à un absolu, quoi.

 

Bon, donc, l’autre lundi, rebelote, re-arrêté qui interdit les camionnettes quasiment dans tout Gerland (une partie du septième arrondissement, où les nanas se sont repliées après leur éviction des quartiers derrière Perrache il y a quelques années). Alors, déjà, ce qui est drôle, si on veut, dans ces arrêtés, c’est qu’ils n’osent jamais dire ce qu’ils visent. Jamais vous lirez un arrêté de ce genre où le mot « prostitution » sera écrit noir sur blanc. Tellement il faut pas que ça existe de toute façon. Nan. C’est marqué « les camionnettes servant à une activité », point. Mais évidemment, comme le disait il y a quelques mois le préfet du Rhône devant une foule en rut de haine hypocrite qu’il avait lui-même convoquée et chauffée, « les policiers savent bien faire la différence entre une voiture de plombier et une de prostituée ». Ah ben ça… C’est marrant, ça fait penser à la loi sur la burqua officiellement motivée par des « raisons de sécurité »…

 

Mais en plus, là, personne avait été avertie ! Les flics débarquent, y a un arrêté, hop fourrière. Et le gonze qui a signé cet arrêté, eh ben c’est mon cher ami Touraine (Jean-Louis, pas confondre avec Marisol), député PS et adjoint au maire.

 

Alors Touraine, je l’adore. Il a un coup inimitable pour, à chaque fois qu’on le voit et qu’on lui indique une iniquité énorme qu’on lui a déjà signalée trois fois les trois années précédentes, te regarder avec des yeux pleins de commisération et pour proférer, d'un ton lui aussi impossible à rendre : « Non ! Qu’est-ce que vous m’apprenez là ! ». Il est génial dans sa capacité de faire comme s’il avait oublié.

 

Rapport à la politique antipute et monsieur propre de la ville de Lyon, il n’y a que quelques mois qu’il protestait ne jamais vouloir signer de son nom virginal de tels arrêtés. Évidemment, comme disait Clémenceau, « les promesses n’engagent que ceux qui les croient ». Là c’est sa signature qui est au bas de la feuille.

 

Bon, on aurait tort de s’en étonner. Bien sûr.

 

Une autre fois, il m’affirmait aussi qu’il ne serait en rien dans les sombres projets de criminalisation des clients à la suédoise, que fourbit le « think tank » soi-disant féministe du PS (sont pas les seuls à y songer mais ce sont les seuls à pouvoir arriver au gouvernement). Et même que ce projet n’existait pas. Tu parles Charles ! Rien que cette négation indique très certainement qu’il existe, et qu’il a le nez dedans. Je l’avais admonesté, lui rappelant que c’était déjà un désastre dans les pays du nord (hypocrisie multipliée, retour en force du proxénétisme, violences sur les travailleuses du sexe…), et qu’à l’échelle d’un pays de soixante dix millions d’habitants ce serait un carnage (un de plus il est vrai).

 

Mais bon, les batteries se dévoilent désormais, avec les évocations aubriennes de la « société du care », qui sera visiblement surtout une société de la malveillance institutionnelle renforcée et de l’enfermement des plus faibles (les autres auront toujours les moyens d’y échapper) dans les rets d’un « bien-être » obligatoire dont les premiers aspects prévisibles fichent des frissons dans le dos. La petite murène vous prépare d’ailleurs un papier là-dessus. Mais nul doute que le haro sur le sexe payant (et consécutivement la bénédiction infinie sur le sexe bénévole, qui comme chacune sait est un océan de félicité et de douceur…) sera une des premières mesures. En outre ça aura l’avantage de pas coûter cher. Les flics sont déjà là, grâce à la droite, et les putes interdites pourront toujours s’inscrire au rsa. Et devenir « aides à la personne » (y a trop de caissières !).

 

En attendant, la « société du care » commence à la fourrière municipale. On a les incubateurs qu’on mérite.

 

 

 

La petite murène

 

Repost 0
Published by
20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 08:41

Rions z'un peu.

On aurait tort de s'en priver. Les mecs militants sont un réservoir inépuisable de cocasserie. On a eu beau écrire et réécrire des "manuels contre les chefFEs", tenir des assises de l'antisexisme, ils sont toujours là avec la même bonne foi désarmante : que ferais-je sans moi ?

La petite murène, qui même s'étant soigneusement écartée des voies de communications de la bien-pensance et des calomnies diverses qui sont quotidiennement au menu du militantisme, continue cependant à recevoir des annonces aussi variées que celle du dernier livre de Paula Dumont (plût au ciel que ce le soit pour de bon !), ou encore celles des guéguerres internes aux antinucléaires. Jusque là rien d'extravagant, un petit clic et puis s'en vont.

Mais là, ce matin, elle a fait les deux yeux ronds en lisant la profession de foi, y a pas d'autre mot, d'un quelconque antinuc dont elle ignore la personnalité. Mais qui en rajoute tellement dans "le mec militant qui prend toute la place" que c'en devient comique. Jugez-en :

 

 1 ­ Je fais appel

 2 ­ Je me bats actuellement pour contribuer à faire sortir XXXL de sa crise de croissance, peut-être salutaire d¹ailleurs... 

3 Je scénarise un rassemblement national à BURE : BURE 2345 ( BURE en

 l¹an 2045 : la CRIIRAD vient de détecter la présence de HA-VL dans l¹eau du

 robinet ) Le tournage d¹une fiction avec 10 000 figurants-militants - Eh

 oui, il faut que les élus et les riverains comprennent, in situ !

 4 ­ Je serai candidat aux prochaines cantonales ( le plaisir de réunir et

 d¹informer les S.ois dans les 21 salles de mairie, dont on m¹accuse

 d¹avoir déclaré vouloir y mettre le feu ! )

 5 ­ Je serai candidat aux législatives

 6 ­ Si S, ex porte-parole de XXXL, refuse de

 se  présenter aux présidentielles de 2012, je serai candidat.

 

 

Ca c'est envoyé. Tu reçois un truc pareil, tu as envie de le faire connaître à toute la petite planète...

Je, je, je et encore je. On a du mal à imaginer quelque chose d'éclatant qu'il ne ne propose pas de faire ou de superviser. Peut-être de se faire élire pape - il est vrai que là il y a de fait un cursus à suivre (même si, la petite murène vous le rappelle, n'importe quel mec catholique baptisé est censé pouvoir être élu - pas les nanas ! La petite murène pétitionne avec entrain pour l'ordination des femmes !).

Bon, on a connu et on en connaîtra des panerées de ce genre d'olibrius multifonctions. Depuis qu'ils ont appris à laver la vaisselle très démonstrativement, les mecs sont absolument partout et même on ne peut plus avoir un endroit de tranquillité relative. Mais vraiment, ce genre de proclamation au petit déjeuner réveille instantanément les glandes politiquement correctes de la petite murène. Si elle n'est plus féministe elle n'en est pas moins misandre. L'andre c'est ça, c'est ce genre de déclamation aussi sincère et emportée qu'une déclaration d'amour. Les deux doivent avoir d'ailleurs à peu près le même soubassement et des fonctions voisines. On n'est qu'à condition d'en faire une démonstration plus ou moins éclatante dans les valeurs registrées. Pour les unEs c'est frayer dans un kissinge, pour les autres c'est annoncer qu'on va se présenter aux élections. Ce monde fourmille de raccourcis effrayants.

 

 

La petite murène

 

 

PS : je continue à recevoir les proclamations de ce personnage, qui est étrangement centré sur lui-même. On a l'impression que toute la lutte antinucléaire tient en lui et dans son espèce de martyre ; ça rappelle singulièrement le kidnapping de l'affaire Dreyfus par Zola, qui s'y identifia au point d'en évincer ceux qui l'avaient lancée, comme Bernard Lazare. Le Zolisme doit être une maladie militante franchouillonne...

Repost 0
Published by
19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 07:46

J’ai eu la curiosité d’aller voir sur internet les pages de Google à propos de Valérie Solanas. J’y ai vite été prise d’un frisson d’horreur, à lire d’abord les imbécilités militantes et sirupeuses ; ensuite les immondices qui lui sont versés sur la tête, plus de vingt ans après sa mort. Á commencer évidemment par ceux des mecs antiféministes, que j’aimerais volontiers étriper et laisser gigoter dans leurs intestins.

Mais aussi, plus doucereusement, la négation de ce qu’elle a dit par beaucoup de nanas…

 

Valérie Solanas semble avoir été reniée par tout le monde et, chose affreuse, aussi par elle-même. Ce qui est incontestablement le summum de l’expropriation, et montre aux solitaires, aux isolées qui ont ouvert leur gueule jusqu’où le mépris et la haine de celles qui sont ensemble vont pouvoir les traîner et les disperser. Il y a ainsi des personnes, en nombre, qui ne pourront jamais être chez elles, au sens le plus profond du terme, perpétuellement pourchassées par celles (et ceux !!) qui tiennent à être chez les autres ; là aussi à tous les sens du terme…

 

Et ça fiche la gerbe qu’elle soit désormais revendiquée par ce monde de copines, lesquelles abandonnent et assassinent toutes celles qui gênent leur ronron organique. Après avoir bien joué avec. Mais ne négligent pas de récupérer post-mortem le petit piment de provoc qui manque à leur fadasse ragoût. Enfin… de provoc, pas sur n’importe quoi non plus. Il y a ce qu’on veut voir et ce qu’on ne veut pas voir. Ce qui tire ou pas à conséquences, quoi.

 

Elle a été traduite, on en a fait des explications de texte, pour la réduire aux truismes de la militance contemporaine. On en a fait « une femme en colère », par exemple. Parmi d’autres et sans aspérités. C’est bien pratique, l’encombrante fantôme se voit ainsi contrainte par l’efficace nécromancie des mort-vivantes à marcher dans le rang, derrière la banderole. Au milieu de paroles depuis longtemps aussi vides que de vieilles coquilles d’escargot.

 

Ce qui est terrible, c’est à quel point visiblement elle a été et restera inconnue et incomprise. Surtout dans un pareil monde de « désir et de plaisir ». Moi la première ai juste voulu voir pendant assez longtemps dans Scum une simple charge et décharge, géniale mais entièrement compréhensible, classable dans le féminisme radical orthodoxe où je baignais. Il m’a fallu, chose étrange mais sans doute symptomatique, près de vingt ans, et alors même que c’était là ma cible première, pour me rendre compte qu’elle y avait aussi écrit des lignes définitives à propos du sexe et des relations. Et que ces lignes démolissent la révérence que les différentes parts de la société présente ont pour ces valeurs travesties en activités ! Fichent en l’air tout le discours et toute la pratique qui sont portés aux nues à ce sujet.

On ne voit pas les choses énormes qui nous dominent et nous enserrent de partout. Ni les paroles qui parviennent à se porter à leur dimension.

 

Parce que ce qui est donc assez effrayant, c’est que toute la nuée néo-féministe en dit du bien… mais en « oubliant », en masquant tellement des pans essentiels de ce qu’elle disait et probablement vivait – qu’elle en est mutilée post-mortem. Expropriée comme on peut être virée de soi quand autrui parle, vit en votre place, sous votre image, en vous faisant taire, en vous arrachant la langue. J’ai bien connu ça avec des nanas transphiles qui se la roucoulent douce aujourd’hui sur quelques cadavres et pas mal d’exsangues.

 

Valérie Solanas était par exemple, en quelque sorte, en néo-langage, une travailleuse du sexe anti-sexe. La seule fois que j’ai sorti cet assemblage, les interlocutrices en sont restées la mâchoire inférieure pendante, prêtes à baver d’incompréhension inquiète. Les plus cultivées n’imaginaient sans doute ça que chez des anciennes découragées ou des avalées par le Mouvement du Nid. Pensez donc, refuser et déprécier le plus beau cadeau que nous ait fait le ciel : jouir sans entraves, nous identifier sur comment on s’y livre, nous renifler le cul à la chaîne ! Et bâtir la société idéale là-dessus. Blasphème.

 

Valérie Solanas fut une des très rares vraies blasphématrices contemporaines, une des rarissimes qui osèrent s’en prendre à ce qui est réellement vécu comme sacré par à peu près tout le monde aujourd’hui. Ce qui ne pouvait que lui valoir l’excommunication universelle, ou pire le travestissement quand il paraissait intéressant de se l’adjoindre en tant qu’image subversive (ce mot me fait vomir).

La question n’est d’ailleurs pas qu’elle ait été ou non blasphématrice pour la chose elle-même. Blasphémer ou croire blasphémer est un jeu de société pour personnes bien nées depuis plusieurs siècles. Valérie Solanas a blasphémé par nécessité, parce qu’elle avait quelque chose à dire, qui est terrible dans sa présence et dans ses conséquences. Elle n’a pas blasphémé pour s’amuser. Elle n’a pas fait nombre dans les centres lgbt ni les kissinges. Elle l’a payé non seulement de sa vie mais peut-être aussi de son rapport à elle-même, dont on dit qu’il fut anéanti, par la haine et le ridicule qui lui collèrent aux os et adhèrent encore à sa décomposition sans aucun doute…

 

Je ne rédige pas un hommage à Valérie Solanas. Je songe en tremblant à son destin horrible, au destin épouvantable de bien d’autres femmes qui finirent souvent leur vie internées, pendant des dizaines d’années quelquefois, sans aucun espoir. Je songe en tremblant à ce destin qui pourrait assez facilement être le mien, lequel en a en tous cas pris nettement le chemin. Détruites et trahies souvent par les gentes mêmes à qui elles avaient livré leur confiance. Et qui fréquemment, ou leurs héritièrEs, engraissent paisiblement sur ce qu’elles leur ont volé, en le dénaturant qui plus est.

Au fond, même hors de l’HP, Solanas fut internée hors de l’humanité durant à peu près toute sa vie. Nombreuses sont sans doute celles qui errent et croupissent ainsi dans le no woman’s land invisible que leur ont tricoté leurs sœurs, avec la complicité et la bénédiction du reste de la population.

 

Il n’y a aucun hommage à rendre à un destin pareil, ce serait obscène, et donner raison aux saloperies roublardes qui font encore aujourd’hui leur petite monnaie sociale et relationnelle avec ses osselets. Il n’y a hélas aucune vengeance possible à en tirer non plus. Même à coups de ceintures explosives. La défiguration ne se peut jamais rattraper. Il n’y a qu’à espérer que ça et là, dans le silence, des personnes lisent et comprennent un peu.

 

Un peu. Nous ne pourrons jamais comprendre tout à fait ce qu’elle affirmait. Mais nous pouvons quand même en saisir quelques lignes. Un refus fondamental au moment même où la fameuse « révolution du désir », vieille farce qui n’a pas fini de faire baver, s’extirpait du chenil moraliste déjà tombé en ruines, et où la glorieuse schizophrénie succédait sans grand effort à la névrose démonétisée. Elle fut une des très rares à comprendre instantanément que cette « révolution » était en fait l’accélération décisive et l’accès à l’hégémonie de ce qui couvait depuis quelques siècles. Et le chemin d’un asservissement sans précédent à l’intensité, à la concurrence et au devoir d’être.

 

Nous nous annexons les unes les autres. Nous sommes incapables de  nous reconnaître, de nous traiter autrement que comme fonctions et utilités. Moi-même vois bien qu’ici je tends à attraper moi aussi un bout de son squelette. Tout ça est à faire tourner la tête d’épouvante.

J’ai toujours détesté les discours sur la folie, notamment les discours dithyrambiques ou faussement bénins, genre à la Artaud par exemple, ou plus récemment à l’alternote antipsy. La folie est quelque chose d’abominable, le signe et la conséquence mêmes de cette expropriation, de l’impossibilité de rentrer dans soi parce que d’autres s’y sont installéEs. Je fuis moi-même la folie depuis des années, je m’accroche désespérément à tout ce que je peux de moi-même, de tout ce qui n’a pas été détruit par le mensonge, le mépris et la « bienveillance ». Il en reste souvent moins qu’on le croit soi-même.

Je crois profondément que nous devons combattre la folie et ne pas la laisser nous dévorer en la « tolérant », quoiqu’en disent les bien-pensantEs qui ne le sont pas, elles, folles, je vous en réponds. Qui dirigent même très bien leur barque. Et font leur profit de la destruction d’autrui – ne rien laisser perdre.

 

Je ne peux rien dire à une morte. Il y a de longues années, dans un texte dont tous les exemplaires ont disparu, j’avais du conclure la même chose envers une autre victime de l’axe du bien militant, que j’avais connue. Et qui elle aussi en mourut très bien, très seule et abandonnée. Sans laisser la moindre mémoire. Et il y en a eu quelques unes depuis. Quand on me sort le slogan selon lequel le féminisme n’a jamais tué personne, je ricane doucement. Il en a tué bien moins que d’autres. Encore heureux ! Mais il a tué surtout de celles qui firent confiance à sa jactance et qui étaient désarmées. Comme tous les ismes ; ce n’est pas une question d’intentions, elles sont toujours bonnes. Mais dans un monde d’acquis que nous ne voulons pas détricoter, peur de perdre (même si nous sommes très fortes sur la « déconstruction »…), ces bonnes intentions pavent l’enfer, on ne le redira jamais assez.

 

Valérie Solanas ne semble pas avoir beaucoup parlé de la confiance, si ce n’est pour rappeler le terrible abandon affectif des femmes aux hommes – mais aussi les dégâts en général de cet affectif qui finit toujours au cul et à l’angoisse d’exister par lui. Elle a laissé l’éventualité qu’une reconnaissance fût possible, si justement nous arrivions à nous débarrasser, outre des mecs, et peut-être encore plus urgemment, de la sexualité et des relations qui vont avec elle. On a envie précisément là de lui faire confiance, même si on doute. Que si on parvenait à passer par-dessus ce dantesque lacis d’entredévoration, nous pourrions enfin nous regarder sans nous blesser.

Mais ça ne craint pas de se faire entre gentes d’aujourd’hui.

 

Rêvons un peu…

 

La petite murène

Repost 0
Published by

La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
  • Contact

ni alliées, ni amies, ni copines, ni soeurs ; autonomies transses

.

Recherche

Épines