Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 08:37

Nan mais c’est vrai qu’il y a des fois que le cynisme est un tantinet plus cynique, et ce tantinet est la goutte qui… Ce qui d’ailleurs indique la masse et le volume déjà pris par les couleuvres que nous avons du avaler (là je cause en tant que travailleuse du sexe).

 

Bref, à Lyon, les « arrêtés anti-putes » sont déjà une vieille tradition. Je suppose que ce n’est pas qu’à Lyon d’ailleurs. La cible préférée ce sont les nanas qui bossent en camionnette. PV et fourrière à répétition, avec de petites gâteries en sus dans l’application, bien odieuses. De toute façon le but est de les faire disparaître, et les édiles s’appuient sur les deux piliers pourris que sont l’opinion publique (« vous couchez avec nous, vous votez contre nous… »), et le sacro-saint principe que le sexe payant c’est le mal absolu, la négation de la « dignité », etc etc. Non mais c’est pas une blague, c’est un principe de droit qui est au dessus de toutes les lois de détails, une référence à un absolu, quoi.

 

Bon, donc, l’autre lundi, rebelote, re-arrêté qui interdit les camionnettes quasiment dans tout Gerland (une partie du septième arrondissement, où les nanas se sont repliées après leur éviction des quartiers derrière Perrache il y a quelques années). Alors, déjà, ce qui est drôle, si on veut, dans ces arrêtés, c’est qu’ils n’osent jamais dire ce qu’ils visent. Jamais vous lirez un arrêté de ce genre où le mot « prostitution » sera écrit noir sur blanc. Tellement il faut pas que ça existe de toute façon. Nan. C’est marqué « les camionnettes servant à une activité », point. Mais évidemment, comme le disait il y a quelques mois le préfet du Rhône devant une foule en rut de haine hypocrite qu’il avait lui-même convoquée et chauffée, « les policiers savent bien faire la différence entre une voiture de plombier et une de prostituée ». Ah ben ça… C’est marrant, ça fait penser à la loi sur la burqua officiellement motivée par des « raisons de sécurité »…

 

Mais en plus, là, personne avait été avertie ! Les flics débarquent, y a un arrêté, hop fourrière. Et le gonze qui a signé cet arrêté, eh ben c’est mon cher ami Touraine (Jean-Louis, pas confondre avec Marisol), député PS et adjoint au maire.

 

Alors Touraine, je l’adore. Il a un coup inimitable pour, à chaque fois qu’on le voit et qu’on lui indique une iniquité énorme qu’on lui a déjà signalée trois fois les trois années précédentes, te regarder avec des yeux pleins de commisération et pour proférer, d'un ton lui aussi impossible à rendre : « Non ! Qu’est-ce que vous m’apprenez là ! ». Il est génial dans sa capacité de faire comme s’il avait oublié.

 

Rapport à la politique antipute et monsieur propre de la ville de Lyon, il n’y a que quelques mois qu’il protestait ne jamais vouloir signer de son nom virginal de tels arrêtés. Évidemment, comme disait Clémenceau, « les promesses n’engagent que ceux qui les croient ». Là c’est sa signature qui est au bas de la feuille.

 

Bon, on aurait tort de s’en étonner. Bien sûr.

 

Une autre fois, il m’affirmait aussi qu’il ne serait en rien dans les sombres projets de criminalisation des clients à la suédoise, que fourbit le « think tank » soi-disant féministe du PS (sont pas les seuls à y songer mais ce sont les seuls à pouvoir arriver au gouvernement). Et même que ce projet n’existait pas. Tu parles Charles ! Rien que cette négation indique très certainement qu’il existe, et qu’il a le nez dedans. Je l’avais admonesté, lui rappelant que c’était déjà un désastre dans les pays du nord (hypocrisie multipliée, retour en force du proxénétisme, violences sur les travailleuses du sexe…), et qu’à l’échelle d’un pays de soixante dix millions d’habitants ce serait un carnage (un de plus il est vrai).

 

Mais bon, les batteries se dévoilent désormais, avec les évocations aubriennes de la « société du care », qui sera visiblement surtout une société de la malveillance institutionnelle renforcée et de l’enfermement des plus faibles (les autres auront toujours les moyens d’y échapper) dans les rets d’un « bien-être » obligatoire dont les premiers aspects prévisibles fichent des frissons dans le dos. La petite murène vous prépare d’ailleurs un papier là-dessus. Mais nul doute que le haro sur le sexe payant (et consécutivement la bénédiction infinie sur le sexe bénévole, qui comme chacune sait est un océan de félicité et de douceur…) sera une des premières mesures. En outre ça aura l’avantage de pas coûter cher. Les flics sont déjà là, grâce à la droite, et les putes interdites pourront toujours s’inscrire au rsa. Et devenir « aides à la personne » (y a trop de caissières !).

 

En attendant, la « société du care » commence à la fourrière municipale. On a les incubateurs qu’on mérite.

 

 

 

La petite murène

 

Repost 0
Published by
20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 08:41

Rions z'un peu.

On aurait tort de s'en priver. Les mecs militants sont un réservoir inépuisable de cocasserie. On a eu beau écrire et réécrire des "manuels contre les chefFEs", tenir des assises de l'antisexisme, ils sont toujours là avec la même bonne foi désarmante : que ferais-je sans moi ?

La petite murène, qui même s'étant soigneusement écartée des voies de communications de la bien-pensance et des calomnies diverses qui sont quotidiennement au menu du militantisme, continue cependant à recevoir des annonces aussi variées que celle du dernier livre de Paula Dumont (plût au ciel que ce le soit pour de bon !), ou encore celles des guéguerres internes aux antinucléaires. Jusque là rien d'extravagant, un petit clic et puis s'en vont.

Mais là, ce matin, elle a fait les deux yeux ronds en lisant la profession de foi, y a pas d'autre mot, d'un quelconque antinuc dont elle ignore la personnalité. Mais qui en rajoute tellement dans "le mec militant qui prend toute la place" que c'en devient comique. Jugez-en :

 

 1 ­ Je fais appel

 2 ­ Je me bats actuellement pour contribuer à faire sortir XXXL de sa crise de croissance, peut-être salutaire d¹ailleurs... 

3 Je scénarise un rassemblement national à BURE : BURE 2345 ( BURE en

 l¹an 2045 : la CRIIRAD vient de détecter la présence de HA-VL dans l¹eau du

 robinet ) Le tournage d¹une fiction avec 10 000 figurants-militants - Eh

 oui, il faut que les élus et les riverains comprennent, in situ !

 4 ­ Je serai candidat aux prochaines cantonales ( le plaisir de réunir et

 d¹informer les S.ois dans les 21 salles de mairie, dont on m¹accuse

 d¹avoir déclaré vouloir y mettre le feu ! )

 5 ­ Je serai candidat aux législatives

 6 ­ Si S, ex porte-parole de XXXL, refuse de

 se  présenter aux présidentielles de 2012, je serai candidat.

 

 

Ca c'est envoyé. Tu reçois un truc pareil, tu as envie de le faire connaître à toute la petite planète...

Je, je, je et encore je. On a du mal à imaginer quelque chose d'éclatant qu'il ne ne propose pas de faire ou de superviser. Peut-être de se faire élire pape - il est vrai que là il y a de fait un cursus à suivre (même si, la petite murène vous le rappelle, n'importe quel mec catholique baptisé est censé pouvoir être élu - pas les nanas ! La petite murène pétitionne avec entrain pour l'ordination des femmes !).

Bon, on a connu et on en connaîtra des panerées de ce genre d'olibrius multifonctions. Depuis qu'ils ont appris à laver la vaisselle très démonstrativement, les mecs sont absolument partout et même on ne peut plus avoir un endroit de tranquillité relative. Mais vraiment, ce genre de proclamation au petit déjeuner réveille instantanément les glandes politiquement correctes de la petite murène. Si elle n'est plus féministe elle n'en est pas moins misandre. L'andre c'est ça, c'est ce genre de déclamation aussi sincère et emportée qu'une déclaration d'amour. Les deux doivent avoir d'ailleurs à peu près le même soubassement et des fonctions voisines. On n'est qu'à condition d'en faire une démonstration plus ou moins éclatante dans les valeurs registrées. Pour les unEs c'est frayer dans un kissinge, pour les autres c'est annoncer qu'on va se présenter aux élections. Ce monde fourmille de raccourcis effrayants.

 

 

La petite murène

 

 

PS : je continue à recevoir les proclamations de ce personnage, qui est étrangement centré sur lui-même. On a l'impression que toute la lutte antinucléaire tient en lui et dans son espèce de martyre ; ça rappelle singulièrement le kidnapping de l'affaire Dreyfus par Zola, qui s'y identifia au point d'en évincer ceux qui l'avaient lancée, comme Bernard Lazare. Le Zolisme doit être une maladie militante franchouillonne...

Repost 0
Published by
19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 07:46

J’ai eu la curiosité d’aller voir sur internet les pages de Google à propos de Valérie Solanas. J’y ai vite été prise d’un frisson d’horreur, à lire d’abord les imbécilités militantes et sirupeuses ; ensuite les immondices qui lui sont versés sur la tête, plus de vingt ans après sa mort. Á commencer évidemment par ceux des mecs antiféministes, que j’aimerais volontiers étriper et laisser gigoter dans leurs intestins.

Mais aussi, plus doucereusement, la négation de ce qu’elle a dit par beaucoup de nanas…

 

Valérie Solanas semble avoir été reniée par tout le monde et, chose affreuse, aussi par elle-même. Ce qui est incontestablement le summum de l’expropriation, et montre aux solitaires, aux isolées qui ont ouvert leur gueule jusqu’où le mépris et la haine de celles qui sont ensemble vont pouvoir les traîner et les disperser. Il y a ainsi des personnes, en nombre, qui ne pourront jamais être chez elles, au sens le plus profond du terme, perpétuellement pourchassées par celles (et ceux !!) qui tiennent à être chez les autres ; là aussi à tous les sens du terme…

 

Et ça fiche la gerbe qu’elle soit désormais revendiquée par ce monde de copines, lesquelles abandonnent et assassinent toutes celles qui gênent leur ronron organique. Après avoir bien joué avec. Mais ne négligent pas de récupérer post-mortem le petit piment de provoc qui manque à leur fadasse ragoût. Enfin… de provoc, pas sur n’importe quoi non plus. Il y a ce qu’on veut voir et ce qu’on ne veut pas voir. Ce qui tire ou pas à conséquences, quoi.

 

Elle a été traduite, on en a fait des explications de texte, pour la réduire aux truismes de la militance contemporaine. On en a fait « une femme en colère », par exemple. Parmi d’autres et sans aspérités. C’est bien pratique, l’encombrante fantôme se voit ainsi contrainte par l’efficace nécromancie des mort-vivantes à marcher dans le rang, derrière la banderole. Au milieu de paroles depuis longtemps aussi vides que de vieilles coquilles d’escargot.

 

Ce qui est terrible, c’est à quel point visiblement elle a été et restera inconnue et incomprise. Surtout dans un pareil monde de « désir et de plaisir ». Moi la première ai juste voulu voir pendant assez longtemps dans Scum une simple charge et décharge, géniale mais entièrement compréhensible, classable dans le féminisme radical orthodoxe où je baignais. Il m’a fallu, chose étrange mais sans doute symptomatique, près de vingt ans, et alors même que c’était là ma cible première, pour me rendre compte qu’elle y avait aussi écrit des lignes définitives à propos du sexe et des relations. Et que ces lignes démolissent la révérence que les différentes parts de la société présente ont pour ces valeurs travesties en activités ! Fichent en l’air tout le discours et toute la pratique qui sont portés aux nues à ce sujet.

On ne voit pas les choses énormes qui nous dominent et nous enserrent de partout. Ni les paroles qui parviennent à se porter à leur dimension.

 

Parce que ce qui est donc assez effrayant, c’est que toute la nuée néo-féministe en dit du bien… mais en « oubliant », en masquant tellement des pans essentiels de ce qu’elle disait et probablement vivait – qu’elle en est mutilée post-mortem. Expropriée comme on peut être virée de soi quand autrui parle, vit en votre place, sous votre image, en vous faisant taire, en vous arrachant la langue. J’ai bien connu ça avec des nanas transphiles qui se la roucoulent douce aujourd’hui sur quelques cadavres et pas mal d’exsangues.

 

Valérie Solanas était par exemple, en quelque sorte, en néo-langage, une travailleuse du sexe anti-sexe. La seule fois que j’ai sorti cet assemblage, les interlocutrices en sont restées la mâchoire inférieure pendante, prêtes à baver d’incompréhension inquiète. Les plus cultivées n’imaginaient sans doute ça que chez des anciennes découragées ou des avalées par le Mouvement du Nid. Pensez donc, refuser et déprécier le plus beau cadeau que nous ait fait le ciel : jouir sans entraves, nous identifier sur comment on s’y livre, nous renifler le cul à la chaîne ! Et bâtir la société idéale là-dessus. Blasphème.

 

Valérie Solanas fut une des très rares vraies blasphématrices contemporaines, une des rarissimes qui osèrent s’en prendre à ce qui est réellement vécu comme sacré par à peu près tout le monde aujourd’hui. Ce qui ne pouvait que lui valoir l’excommunication universelle, ou pire le travestissement quand il paraissait intéressant de se l’adjoindre en tant qu’image subversive (ce mot me fait vomir).

La question n’est d’ailleurs pas qu’elle ait été ou non blasphématrice pour la chose elle-même. Blasphémer ou croire blasphémer est un jeu de société pour personnes bien nées depuis plusieurs siècles. Valérie Solanas a blasphémé par nécessité, parce qu’elle avait quelque chose à dire, qui est terrible dans sa présence et dans ses conséquences. Elle n’a pas blasphémé pour s’amuser. Elle n’a pas fait nombre dans les centres lgbt ni les kissinges. Elle l’a payé non seulement de sa vie mais peut-être aussi de son rapport à elle-même, dont on dit qu’il fut anéanti, par la haine et le ridicule qui lui collèrent aux os et adhèrent encore à sa décomposition sans aucun doute…

 

Je ne rédige pas un hommage à Valérie Solanas. Je songe en tremblant à son destin horrible, au destin épouvantable de bien d’autres femmes qui finirent souvent leur vie internées, pendant des dizaines d’années quelquefois, sans aucun espoir. Je songe en tremblant à ce destin qui pourrait assez facilement être le mien, lequel en a en tous cas pris nettement le chemin. Détruites et trahies souvent par les gentes mêmes à qui elles avaient livré leur confiance. Et qui fréquemment, ou leurs héritièrEs, engraissent paisiblement sur ce qu’elles leur ont volé, en le dénaturant qui plus est.

Au fond, même hors de l’HP, Solanas fut internée hors de l’humanité durant à peu près toute sa vie. Nombreuses sont sans doute celles qui errent et croupissent ainsi dans le no woman’s land invisible que leur ont tricoté leurs sœurs, avec la complicité et la bénédiction du reste de la population.

 

Il n’y a aucun hommage à rendre à un destin pareil, ce serait obscène, et donner raison aux saloperies roublardes qui font encore aujourd’hui leur petite monnaie sociale et relationnelle avec ses osselets. Il n’y a hélas aucune vengeance possible à en tirer non plus. Même à coups de ceintures explosives. La défiguration ne se peut jamais rattraper. Il n’y a qu’à espérer que ça et là, dans le silence, des personnes lisent et comprennent un peu.

 

Un peu. Nous ne pourrons jamais comprendre tout à fait ce qu’elle affirmait. Mais nous pouvons quand même en saisir quelques lignes. Un refus fondamental au moment même où la fameuse « révolution du désir », vieille farce qui n’a pas fini de faire baver, s’extirpait du chenil moraliste déjà tombé en ruines, et où la glorieuse schizophrénie succédait sans grand effort à la névrose démonétisée. Elle fut une des très rares à comprendre instantanément que cette « révolution » était en fait l’accélération décisive et l’accès à l’hégémonie de ce qui couvait depuis quelques siècles. Et le chemin d’un asservissement sans précédent à l’intensité, à la concurrence et au devoir d’être.

 

Nous nous annexons les unes les autres. Nous sommes incapables de  nous reconnaître, de nous traiter autrement que comme fonctions et utilités. Moi-même vois bien qu’ici je tends à attraper moi aussi un bout de son squelette. Tout ça est à faire tourner la tête d’épouvante.

J’ai toujours détesté les discours sur la folie, notamment les discours dithyrambiques ou faussement bénins, genre à la Artaud par exemple, ou plus récemment à l’alternote antipsy. La folie est quelque chose d’abominable, le signe et la conséquence mêmes de cette expropriation, de l’impossibilité de rentrer dans soi parce que d’autres s’y sont installéEs. Je fuis moi-même la folie depuis des années, je m’accroche désespérément à tout ce que je peux de moi-même, de tout ce qui n’a pas été détruit par le mensonge, le mépris et la « bienveillance ». Il en reste souvent moins qu’on le croit soi-même.

Je crois profondément que nous devons combattre la folie et ne pas la laisser nous dévorer en la « tolérant », quoiqu’en disent les bien-pensantEs qui ne le sont pas, elles, folles, je vous en réponds. Qui dirigent même très bien leur barque. Et font leur profit de la destruction d’autrui – ne rien laisser perdre.

 

Je ne peux rien dire à une morte. Il y a de longues années, dans un texte dont tous les exemplaires ont disparu, j’avais du conclure la même chose envers une autre victime de l’axe du bien militant, que j’avais connue. Et qui elle aussi en mourut très bien, très seule et abandonnée. Sans laisser la moindre mémoire. Et il y en a eu quelques unes depuis. Quand on me sort le slogan selon lequel le féminisme n’a jamais tué personne, je ricane doucement. Il en a tué bien moins que d’autres. Encore heureux ! Mais il a tué surtout de celles qui firent confiance à sa jactance et qui étaient désarmées. Comme tous les ismes ; ce n’est pas une question d’intentions, elles sont toujours bonnes. Mais dans un monde d’acquis que nous ne voulons pas détricoter, peur de perdre (même si nous sommes très fortes sur la « déconstruction »…), ces bonnes intentions pavent l’enfer, on ne le redira jamais assez.

 

Valérie Solanas ne semble pas avoir beaucoup parlé de la confiance, si ce n’est pour rappeler le terrible abandon affectif des femmes aux hommes – mais aussi les dégâts en général de cet affectif qui finit toujours au cul et à l’angoisse d’exister par lui. Elle a laissé l’éventualité qu’une reconnaissance fût possible, si justement nous arrivions à nous débarrasser, outre des mecs, et peut-être encore plus urgemment, de la sexualité et des relations qui vont avec elle. On a envie précisément là de lui faire confiance, même si on doute. Que si on parvenait à passer par-dessus ce dantesque lacis d’entredévoration, nous pourrions enfin nous regarder sans nous blesser.

Mais ça ne craint pas de se faire entre gentes d’aujourd’hui.

 

Rêvons un peu…

 

La petite murène

Repost 0
Published by
17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 13:39

Beh oui, déjà c'était gratiné, mielleux, faux et sournois les autres années, mais alors là ça devient carrément cynique et immonde. Il n'y a plus de limite.

 

 

PARIS (Reuters) - La France a annoncé lundi son intention de demander à l'Organisation mondiale de la santé de retirer le transsexualisme de la liste des maladies mentales, comme l'OMS l'avait fait pour l'homosexualité en 1990.

Les ministères de la Santé et des Affaires étrangères ont écrit un message en ce sens à l'occasion de la Journée internationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie.

"La lutte contre les violations des droits de l'Homme fondées sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre est l'un des axes de la politique de la France en matière de droits de l'Homme", écrivent-ils.

Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, et Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports, "ont décidé de travailler ensemble pour porter cette question devant l'Organisation mondiale de la Santé", ajoute-t-on.

Le Comité Idaho (International day against homophobia and trans), coordinateur de la Journée de lutte contre l'homophobie, salue dans un communiqué une "annonce historique, qui invite le monde entier à changer son regard sur la transidentité".

 

 

Décidément - le foutage de gueule est un sport aussi couru que la calomnie en ce qui concerne les trans. Mais il y a des fois où on reste bouche bée devant l'ampleur de la saloperie et de l'impudence. Ainsi "la france", qui n'est même pas capable d'accéder aux demandes les plus pressantes (changement d'état-civil, etc.), ni même de reconnaître que les trans sont discriminées, va faire sa petite retape à l'international.

Je dirais bien encore une fois "à gerber", mais à force de gerber on a mal au ventre.

Et le Tin, pape de l'IDAHO, lequel, comme bien d'autres associatifVEs ou instutionnelLEs, s'est annexé les histoires et les personnes trans pour se faire mousser, qui se trémousse ! Lui que la petite murène a encore entendu il y a un an fantasmer devant un public nombreux - et complaisant - sur les "trans de Stonewall" qui "se battaient à coups de talons aiguilles" !! Beh oui, c'est bien connu que les mtf n'ont pas de cerveau et sont incapables de se saisir d'un barre à mine...

On hésite entre la rage et le désespoir. Et pour finir on lance sa malédiction sur tous ces infâmes personnages, sans grande illusion que ça leur cause grand'mal, mais qui sait...

Bouffon(es) !

 

 

PS : exactement à la même heure (!!!), on apprend (communiqué de Trans-Aides) que le ministère de la justice vient de faire nettement opposition, précisément, à toute évolution des possibilités de changement d'état-civil. Ce qui est magnifique avec ces clowns cyniques, c'est qu'ils peuvent se permettre ça tranquillement, ouvertement, sans aucun risque de discrédit. Même les "assoces communautaires", comme on dit en novlangue, continuent à faire la queue pour causer à leurs sous-fifres.

Repost 0
Published by
16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 11:41

La petite murène louche de temps en temps avec agacement sur le énième feuilleton des audacieuses françaises séquestrées par des états ou mouvements barbares et mal intentionnés, qui n’ont rien compris à leur désir de connaître. C’est pas nouveau. Quand elle était enfant il y avait déjà Françoise Claustre dans les sables du Ténéré. Plus tard il y eut la mère Aubenas qui y a gagné semble-t’il une espèce de magistère surjournalistique à parler avec autorité de tout et de rien. Et là on vient d’avoir droit à l’affaire Reiss. En attendant la prochaine qui ne tardera pas, puisqu’il s’agit de la reproduction d’une attitude sociale et de ses diverses conséquences.

Ce qui relie quand même ces mésaventures, ne vous en déplaise, c’est le principe d’exotisme. Là bas si j’y suis. Ou si s’y trouve quelque vérité dont je puisse m’arrondir. Aller se flanquer au milieu des plus excitantes émeutes, des guérillas les plus pathétiques, des civilisations et gouvernements sur lesquelles la controverse est le plus à la mode. Parce que bien sûr, ce n’est pas dans nos tristes fesses que se situe l’intérêt, la valeur et la promotion sociale chez les siennes. C’est chez le Turc ou l’Algonquin, vieille et moisie passion française et probablement un peu rousseauiste. Principale variante il est vrai : il fut un temps où on partait sans désir de retour, où on « prenait le turban » par exemple, où on s’établissait et adieu. Ça concernait peu de gentes, et fréquemment des qui s’étaient mis en position de n’avoir guère plus le choix. Ce n’est plus le cas, pas même des bobos écolos qui ont paraît-il bâti un cauchemar nommé Auroville dans les Indes orientales, pour y vivre leur fantasme purificateur au contact (ce fameux contact, ce mot dit tout…) de la civilisation indienne (mais surtout pas de la misère et de la pollution galopantes). Á gerber.

Mais l’autre version, contemporaine, c’est le tourisme militant. Lequel a, comme le militantisme en général, fusionné avec l’universitaire. On part avec quelques grades et une recommandation académique. Et en frétillant de désir de s’immerger. Et on s’immerge tellement dans la vraie vie qui bouge qu’on finit en prison, avec quelques grappes de penduEs qui se balancent aux alentours. On est quand même préservée de la pendaison, en général, quand on n’a pas eu l’idée lumineuse d’aller se ressourcer par exemple chez ceux que les médias nomment les talibans. Mais on ne sait pas quand et comment on pourra en sortir.

Bon, la petite murène n’a pas envie de faire dans la satire. Elle déteste le Canard Enchaîné et autres saloperies évidentistes du même tonneau. Ce qu’elle veut dire par là, c’est que ces affaires qui font couler bien de l’encre et du télex sont la petite corne de l’énorme iceberg de l’exotisation. De ce souci dévorant d’aller se chercher chez les autres. Si possible des autres bien autres, tellement on a appris à se détester et à se mépriser, à s’ennuyer avec soi. Et aussi appris que l’ennui c’est mal, ça participe de la frustration et là, c’est l’enfer, l’enfer de la honte. Nous sommes dans une société de la fierté, notamment dans les mouvements alterno-universitaires. Il faut pouvoir se gonfler comme des grenouilles, gonfler et resplendir de réalisation, d’expérience, de savoir. Toujours plus. Toujours plus loin. Toujours plus autre. Puisque le rêve, plus ou moins avoué selon les personnes et les idéologies, c’est de se faire autre. La petite murène en a connu qui s’affublaient de noms arabes et cherchaient à ne coucher qu’avec des « racisées », par exemple, pour faire bonne figure dans notre pays islamophobe et contenter leur masochisme envahissant. Ah c’est que ça vous change la moelle des os de vous appeler avec un K dans le nom (ah non, pas Karine, ça c’est nul !) et de vous promener au bras d’une personne bien typée, comme on dit. Mais il est vrai qu’aller serrer la paluche à des guérillères Kurdes ou faire sa thèse à Téhéran, là aussi ça vous pose en vous-même, ce vous-même qui justement ne peut prendre de valeur qu’en se remplissant de ces autres, de leur image correctement lissée, et en s’éloignant de notre triste destinée pâlote, à jamais répudiée (à part l’héritage des parents quand il y en a, évidemment). Les renégatEs du dix-septième, par exemple, acceptaient d’être des mortEs civilEs dans leur pays d’origine. RayéEs des cadres. Á l’époque des avions, d’internet et des identités multiples, on a fait fi de ces limitations. On n’a plus à choisir, dieu merci. On collectionne et accumule.

Identités multiples et multipliées, du reste. Ce que les alternotes et compagnie cherchent dans les collectifs, c’est déjà à dépasser cette triste enveloppe qui nous fait irrémédiablement unes. Uniques au mauvais sens du terme, limitées, pauvres quoi. Et du coup, une des magies de l’exotisation, c’est de brancher nos tristes personnes enfermées dans leur peau sur des peuples entiers, des destinées époustouflantes. Encore mieux que le mille-pattes collectif blanchouillon, hein ? Étrange évolution du rapport de la fameuse individualité occidentale et chrétienne (ah ah !) au fourmillement enrichissant des autres. On peut difficilement se montrer plus cynique dans la reconduction du vieux rapport raciste et colonisateur…

La petite murène vous dit ça – elle y a trempé aussi, elle a pataugé dans cet enthousiasme fétide. Elle se rappelle, ça c’est en plus le summum du tourisme militant bien-pensant, une « mission civile » en Palestine, par exemple. Et plus tard d’avoir suivi avec entrain une de ces « néo-K » chez les « indigènes ». D’y avoir battu sa coulpe en chœur et répété avec componction des aberrations essentialistes qui ne se distinguaient que pour avoir été inversées. D’avoir joué la petite Delphy quoi. Ah elle en est pas fière d’avoir participé à ces faux débats d’abruties. D’avoir fait taire le doute. Marché en cadence. Obéi. Elle en a été récompensée par les plus ignobles saloperies. Elle dirait somme toute « bien fait », bien fait pour avoir été aussi bête, si justement ce « bien fait » ne participait pas encore de tout ce cirque « là bas si j’y suis ». Et de la déresponsabilisation généralisée. Elle n’est pas là bas, elle n’est pas ailleurs. Sa pauvreté est sa pauvreté mais sa haine est aussi sa haine, on en verra peut-être les effets quelque jour.

Bref voilà. Les sentiments et réflexion qui l’agitent à lire les articles sur les péripéties de cette universitaire manifestante. Mais surtout sur la passion sociale qui anime tout ce qui dans ce pays ne se veut pas ou plus « bourge » ou « norméE ». Normée ou exotisme. Binarité de cauchemar. Est-ce que les Chartreux y échappent ? Comment échapper, oui, à cette alternative de plus en plus tyrannique, à cette confiscation du possible par des attitudes et positions de plus en plus rigides, répétitives et misérables pour ne pas paraître pauvres ? Mesquine ou envahissante, le beau menu…

On a l’impression d’une fuite éperdue devant l’éventualité de se reconnaître (et d’ainsi pouvoir reconnaître autrui autrement que comme une fonction sociale et un appât existentiel). Fuite considérablement facilitée par des moyens techniques (véhicules, télécommunications) que Jeanne Bloy, encore elle, décrivait dès 1900 comme une accumulation de possibilités de se débiner, justement. De se débiner physiquement mais aussi moralement et existentiellement !

Il va de soi que la case prison au beau milieu de cette débauche de mouvement ne peut apparaître que comme un scandale. Immobilité et réclusion ! Hé oui, l’exotisme a ses risques, puisque c’est ainsi que l’on nomme les fatalités logiques en cette époque d’assurances et de tribunaux. On passe sous un bulldozer blindé, on se prend une rafale d’arme automatique (auquel cas on passe martyre, car il ne faut rien laisser perdre) ; ou bien on stagne dans une geôle. Le traitement de l’affaire est d’ailleurs un peu compliqué, notamment dans les deux premiers cas. On ne peut, ici, trop le dénoncer comme un scandale, parce que ce serait oublier que les gentes qui vivent là bas subissent ça tous les jours, anonymement. Et que c’est pour le progrès de l’humanité. D’où la voie moyenne du « martyre », pas trop célébré non plus. La rage exotique a ses pudeurs. De toute manière il n’y a plus personne à sauver.

Dans le cas de l’emprisonnement, c’est une autre affaire. Encore une fois, la petite murène se fiche de la cuisine qui se joue en pareil cas et des divers enjeux. Ce qui lui fait souci c’est ce qui mène à ça et le monde idéologique qui va avec. D’ailleurs, il n’est pas même indispensable d’aller sous une autre latitude pour faire l’expérience : comme signalé plus haut, il y a de nombreuses opportunités dans ce pays même. Y compris de se retrouver en prison, mutilée ou morte. De se retrouver martyre ou scandale médiatique en étant sortie de soi, en ayant revêtu quelque défroque idéalisée. C’est encore arrivé il n’y a pas très longtemps. Et les comédies jouées autour ont dépassé tout ce qu’on avait vu depuis longtemps en stupidité bienveillante.

Tout pour ne pas se retrouver seule avec soi, avec son histoire, sans valeur ajoutée. On a la désagréable impression que c’est devenu (mais depuis quand ?) l’unique enjeu réel de ce qu’on pourrait appeler rébellion, sous nos latitudes…

 

Dans ses Prisons, la très grande Marguerite de Navarre pose en troisième et suprême lieu de détention, dont il se faut évader, la science, l’obsession de la transformation de soi par l’accumulation de connaissance, de certitudes et de découvertes. Je crois que c’est une des très rares qui aient eu conscience de cela dans notre histoire de plus en plus positiviste. C’est en nous et dans notre propre pauvreté que nous avons à chercher. Elle est sans fond.

 

La petite murène

Repost 0
Published by
15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 08:32

Relation, amour, hétérogrouinke, et même enfantement (mal ô ventre !). Voilà le beau programme qui apparaît en bandeau dans une pub animée quand vous regardez le Monde sur internet. Une pub pour une sorte de banque. Évidemment c’est la millionième et il y en aura encore un million. Mais ça fait gerber ; ça agresse, comme on dit en novlangue. Après, eh, y a qu’à pas aller sur internet si on veut éviter les pubs ignobles. Incontestablement. Et ne pas marcher trop dans les rues des villes aussi. Plus lire, plus regarder les films. Crever quoi.

Beh oui, ce n’est pas parce qu’on se fait assassiner chez les féministes, quand on n’est pas dans la ligne de ce qu’il faut penser et être, qu’on en devient béatement satisfaite de respirer le nuage patriarcal et relationniste. On souligne bien relationniste, parce que, chose étonnante, toutes les belles « doctrines du ressenti », que ce soient celles de la famille hétéra ou de ses diverses copies relationnelles « déviantes » (on allait écrire « copines », hé hé) passent par cet énorme tuyau aspirant : la célébration des relations, la dénonciation de la solitude. C’est ce qui apparaît en plein ou en filigrane dans toutes les pubs (au sens large du terme ; une pub ne sert pas forcément qu’à vendre monétairement un objet ou un service. Tout ce qui incite au bien est une pub).

Or il s’agit, quand on y fait un peu gaffe, d’un véritable bombardement. Une part énorme des messages dont nous ruisselons comme de crachats n’a au fond pour seul argument que « être ensemble c’est bien, être seule c’est mal ». Avec évidemment tous les sous-entendus d’une époque où se renifler le cul est considéré comme le mode d’épanouissement inévitable et suprême (« le plaisir – sexuel évidemment – c’est bien ; la frustration c’est mal »). Et bien entendu, les nanas forcées à séduire, squelettiques et cadavériques, et les mecs à la fois suaves et maîtres du jeu. C’est fou à quel point, depuis quelques années, les rôles dans la pub et dans la culture en général sont redevenus cyniques et outranciers. Et à quel point ça passe, sans doute parce c’est ce qui est demandé…

Bref, pub patriarcale, incontestablement ; ça fiche mal au ventre, physiquement, de se prendre ça dans le caisson. Mais aussi pub relationniste, et c’est probable que les deux sont liés, depuis des temps sans doute immémoriaux. C’est pourquoi ça ne fait pas moins mal au ventre, finalement, de subir les Têtu ou les publications « subversives » qui toutes subordonnent la valeur à un type ou à un autre de relation (et c’est d’ailleurs fort peu varié, par force, finalement ; en gros ce qui est censé changer est le nombre de personnes avec qui on baise…).

Cercle vicieux. Bien évidemment, si c’est ce genre de message qui revient toujours, c’est qu’il est réclamé avec avidité. De même qu’un film ou un bouquin sans histoire d’amour, sous une forme quelconque, va ennuyer et désorienter une bonne partie du peuple. C’est malheureux mais on a ce qu’on demande, somme toute.  

C’est terrible parce que, superficiellement, ça finit par donner une espèce de vernis de fausse lucidité à des déclarations en elles-mêmes pitoyables, mais qui, dans leur énoncé, contiennent à un moment une suite dont la pertinence formelle saute aux yeux (de qui n’est pas dans le cirque). Ainsi du triste histrion qui, à la honte même de bien des catholiques, occupe actuellement la Chaire de St Pierre, et qui vient de gratifier les ouailles portugaises de considérations vite fait sur le gaz au sujet de la « société du désir et du plaisir », qui engendre les propres « nuisances » qu’elle prétend par ailleurs combattre (violences, pressions à la performance, concurrence acharnée à la « réalisation »…).

C’est terrible parce que formellement il a raison, le bougre, dans ce qu’il dit là. Enfin… dans une certaine mesure vu qu’avant cette société la continence et le respect ne semblent pas voir été plus suivis comme voies de comportement possible...

On ne peut échapper alors au vertige qu’en se rappelant que, l’idéologie du plaisir étant historiquement conssubstantielle au libéralisme, on la retrouve… jusque dans cette église qui court après les dernières franges de la modernité pour se faire bienvenir. Il n’est que de lire par exemple les hilarants articles « familiaux » de Famille Chrétienne, organe clérical fort peu « réformateur », sur l’épanouissement personnel, sexuel ou ce genre de choses (dans le couple hétéro et prolifique bien entendu – mais cette imposition de cadre est elle plus impertinente, incohérente en elle-même que la « non-monogamie safe » des alternotes ?). Eh oui, que ce soit le collectif x, notre amie du centre lgbt Le Doaré ou Benoît XVI, tous dans ce même bateau.

Bon, évidemment point trop n’en faut. Anathématiser la terre entière en aplanissant et en niant la réalité des plus vieilles oppositions est aussi se fourvoyer définitivement. Benoît XVI n’est ni Le Doaré ni les alternotes de l’axe du Bien. Et encore moins le contenu de la pub pour Axa. Et réciproquement. Heureusement. On tombe facilement dans l’illusion que tout ce qui est ailleurs est même, par principe ou par volonté. Ça simplifie le monde à outrance et ça s’autonourrit. Il est bien plaisant pourtant de grossir les choses qu’on voudrait faire voir et que le regard fuit. Mais il ne faut pas se mettre à y croire, et encore moins à le savoir, pasque là on est foutue.

N’empêche, le fil rouge de la valorisation implicite ou explicite des « relations z’et sexualités » comme valeur fondamentale se retrouve bien un peu partout quand on mâche les différents sandwichs.

Et on est pris du vertige évoqué plus haut quand tout cela apparaît concentré dans les deux frimousses sur fond de pièce de monnaie qui se rejoignent (!) dans la pub en question.

 

 

La petite murène

 

 

PS : évidemment les militantes revendicatrices vont sortir du chapeau la "lutte contre les pubs sexistes". Ce qui se tient et est bien agréable (bling crash !). Mais aussi revient toujours à externaliser le mal et à réclamer (donc à se mettre en dépendance et à attendre d'autrui, fut-ce sous la pression).

Repost 0
Published by
7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 13:31

http://www.starwizz.com/decouvrez-barbie-transsexuelle-lors-dune-exposition-en-espagne-41468

 

Je me disais, on va faire dans le léger - mais en ces sales temps le léger est incroyablement lourd.

 

Voilà ce qu'un artisteux, probablement à haut niveau de prétention militante et philanthropique, nous chie dans une expo en Espagne, une barbie trans.

 

Je dois avouer, quand j'ai vu la chose annoncée, j'ai d'abord tressailli d'espoir. Une barbie mtf, avec notre sale gueule à mâchoire un peu large, nos grands pieds zet nos grandes paluches, notre lârge front... Notre "illégitimité" sur pattes quoi, la vraie, qu'on montre partout, dans le bus, etc. Qu'on rabote à coups de rabot électrique dans toutes les cliniques esthétiques. Voilà qui allait bousculer un peu, ou simplement introduire réflexion sur les limites inhérentes à ce monde.

 

Ben non, pupuce a juste pris une barbie honnêtement anorexique, un peu bronzée pour faire antira, tout à fait ce que ne sont même pas les nanas bio, quoi, et il lui a simplement - collé une bite. Awalà ! Vous avez une trans. D'ailleurs, effectivement, dans les fantasmes de ce genre de gentes une trans c'est une femme à bite, point. Opérée elle vaut d'ailleurs plus rien, avec ses problèmes urinaires, n'est-ce pas ? Allait pas lui mettre la tête de Ken (ce qui pourtant aurait été bien moins stupide).

Et de manière plus générale, c'est évident que dans un monde complètement obsédé par la baise, le sexe et la génitalité, c'est la bite qui fait la trans et rien d'autre. Nos "histoire sociales", comme on dit en novlangue, se résument - à tout point de vue ! - à ce qu'on a entre les jambes. Le reste on préfère même oublier.

 

Tout ça est à gerber.

 

 

PS : allez, la citation de la décade :

« On voit bien, à la façon dont Il nous a traitées, que Dieu est un homme.  »

                                                                                      Mme de Tencin

 

 

Repost 0
Published by
28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 13:00

On raconte que, lors de la guerre entreprise contre le Mexique, Henry David Thoreau, ayant refusé d’acquitter ses contributions pour n’y pas contribuer, fut emprisonné. Et qu’un de ses amis l’ayant et lui ayant demandé « mais pourquoi êtes-vous là », il lui aurait répondu « pourquoi n’y êtes vous pas ». On fait de cette scène un mythe fondateur de la désobéissance civile.

« Pourquoi êtes vous-là ? » - la question semble un tantinet stupide… mais la réponse, ou plus exactement la répartie, est tout à fait redoutable, elle fonde le puits de roublardise sincère dans lequel nous nous jetons les unes les autres à la file, et où celles qui ont le dessous périssent empoisonnées. Car le liquide qui y croupit est vénéneux.

 

Á partir du moment où elle n’est plus un acte délibéré, c'est-à-dire de volonté et de nécessité, mais un acte incité, la désertion ou la désobéissance deviennent des oxymores et des absurdités d’une logique comparable à celle de tous les ismes. Et avec les même conséquences de grégarité, de bien-pensance, de peur et surtout de travestissement des enjeux.

 

Le « Pourquoi n’y êtes vous pas ? » d’un Thoreau figure une racine de cette aberration, qui manque au principe de s’occuper de ses fesses. Le souci qui en sourd est celui de se répandre. Il m’a hanté bien des années, comme il hante et possède, au même titre que les fameuses idées, toutes les militantes et autres bienfaitrices de l’humanité. Répandre une interrogation. Le piège. Si on cherche à répandre, on ajoute comme condition à la présence de cette interrogation sa multiplication en idées sur pattes. On a d’ores et déjà sauté à pieds joints dans la mare. On commence dès lors à offrir une reconnaissance, et même la reconnaissance, en échange de l’identification, de l’acquiescement. On est en plein dans le marché de dupes (relativement il est vrai ; tout le monde est trompé, se trompe réciproquement, mais celles qui en pâtissent sont une minorité). Mais il est patent que, dupes ou pas dupes, le marché, la bourse et la fripe commencent là.

 

Le « Pourquoi n’y êtes vous pas ? », qui recèle implicitement autant et plus de reconnaissance qu’il exige d’obligation et d’abdication, représente ici la main tendue qu’on rencontre souvent avec l’urbanité bien-intentionnée sur le chemin de la vie, et qu’il faut surtout bien se garder de saisir ! Elle colle après indéfectiblement, comme la tunique de Nessus, instille petit à petit son venin, et on est amenée à s’amputer, quelquefois fort haut, pour s’en libérer. Quand il en est encore temps.

 

Il faut en outre y faire bien gaffe. En effet, la main tendue, au-delà du cas banal de l’attrait propre à l’appât social de la reconnaissance égalitaire (« viens donc avec nous), peut être aussi présentée comme « en détresse » ; à aider (viens donc pour nous mais le pour se surajoute en réalité à l’avec). C’est d’ailleurs un des principaux travestissements de l’affaire. On se sent un devoir moral de générosité, de vouloir s’identifier à, même si ce n’est pas encore le jeu de la redevabilité mathématico-politique (qui arrive généralement un peu après, quand on est déjà coincée par l’arnaque à la pseudo-reconnaissance. Au fond, ce qui gît toujours derrière c’est « viens avec nous, tu seras comme nous » - puisque la grande malédiction contemporaine paraît d’être ce qu’on est, et le premier désir d’être quelqu’une d’autre ! C’est là le tordu de la promesse à travers la demande. La main vous suggère de venir là où est sa porteuse, ou du moins plus près, de changer de place dans le monde, quoi. Sous le beau parapluie du principe d’identification, mais aussi de solidarité. Solidarité – une des autres piques de la grande arnaque. Solidaires, soudées, déplacées. Evidemment nous rêvons avec obstination d’être déplacées, que ce soit en princesses, en lesbiennes, en squatteuses, en soumises, que sais-je encore… Ces bons vieux rêves collectifs qui tournent vite au cauchemar.

La main vous demande le déplacement, mais aussi d’articuler un acte de foi. C’est là où vous êtes prise : vous l’avez dit. Que ce soit à la première personne (engagement) ou à la troisième (énonciation d’une « vérité nouvelle » ou d’un « fait social »). Ça vous mène beaucoup plus profond que vous pensez, et en même temps beaucoup moins loin. Dans la vase du marigot. Cette parole vous lie. On vous jette une nouvelle peau sur les épaules. Gare !

 

La main tendue est une arnaque à la reconnaissance, une parmi tant d’autres devrais-je dire… C’est aussi une arnaque à l’utilité. C’est un grand crime en notre siècle que d’être ou de se sentir inutile. D’autant qu’on l’assimile désormais tout à fait abusivement, selon la doctrine selon laquelle tout le monde doit à tout le monde, à être à charge d’autrui. Nous sommes en un temps farci d’utilitarisme, où l’on parle répétitivement de l’intérêt comme de la plus tangible réalité, empilable et amassable, alors qu’il s’agit encore une fois d’un obtus paquet abstrait, un autre de ces travestissements de la réalité. Et c’est précisément ce principe d’utilité qui, après les torsions convenables, cimente le vivre sur dos les unes des autres, le revendiquer et le réclamer sans interruption comme condition essentielle de l’existence individuelle comme collective. Être inutile, si toutefois cela se peut, serait plutôt y échapper…

L’attrape à l’utilité est ancienne, aussi ancienne que ce que d’aucuns appellent à tort ou à raison la modernité. On en voit en tous cas poindre les principes et obligations dès le seizième siècle, et petit à petit grignoter les archaïsmes. Je crois toutefois qu’elle a fait un nouveau saut de grenouille, dans notre époque, lorsque utilitarisme, notion d’intérêt comme comptabilité du réel, et plus récemment sans doute le care et ce genre de choses ont été posés, explicitement, comme conditions au (« plus grand ») bonheur (« possible ») que l’on doit évidemment rechercher et même imposer (puisque le préambule de la constitution américaine même, concentré du XVIIIème siècle, le disait déjà). Le terrain était bien ameubli. J’ai moi-même fait partie d’un des petits groupes, les antispés, qui ont véhiculé ce fléau dans leurs brouettes. Je n’en suis pas autrement fière, vous vous en doutez.

 

La question n’est évidemment pas de savoir s’il faudrait être utile ou inutile. Elle est biaisée dès le savoir et dès le il faudrait. Et enfin, de voir les résultats de cette course à l’utilité et de cette comptabilité des intérêts, bref de cette entredévoration, il y a de quoi nourrir des doutes sur l’ensemble de cette logique.

Le il faut, en tous cas, est tout entier dans la main tendue. Là commence une des suites mathématiques de l’implicite. L’attitude envers les choses, et tout ce qui est tapi derrière le paravent.

 

Une des grandes promesses de la « subversion » ou autres alternatives serait justement de ne plus être tout à fait de ce monde. Tout en y étant. Tout bénef si j’ose dire. Je tiens donc que c’est une tromperie. La désertion ne s’incite ni ne se décrète, d’une part, et on ne peut pas prétendre à quitter ce monde en y restant. Parce qu’il y a aussi cette torsion, qui ramène à ce qu’on serait, ne voudrait pas être ou deviendrait. Eh ben je suis persuadée finalement qu’on ne devient rien, fondamentalement. On peut juste se déplacer un peu. Se retirer. On ne déserte pas vers une main tendue. On part seule devant – ou derrière soi.

Repost 0
Published by
15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 09:37

Pour ne plus devenir prisonnière des bonnes intentions, de la militance, du féminisme, de l’antiracisme, de la « déconstruction » et autres cages à bons points et faux débats.

 

Déjà vous aurez remarqué que j’écris prisonnière au singulier. Beh oui – parce que je crois désormais, après une trop longue expérience (mais j’ai la tête lente et l’auto-estime émiettée), que la première cage sur ce chemin est le pluriel. La terreur de rester seule. De ne pas se voir agrégée. De devoir prendre parti et choisir sans garantie collective.

Bien sûr, si j’écris, c’est pour d’autres – et tout d’abord dans l’espoir que ça servira à ce que quelques unes échappent à ces papiers tue-mouches qui pendent en travers de tous les carrefours de la sociabilité militante.

 

On a pris, depuis bien deux siècles, et un peu partout, notamment en france, le pli obligatoire de partir des idées, forcément productrices de réalité et dispensatrices du bien commun.

J’ai toujours eu tendance, depuis l’enfance, et dans une vie qui n’a jamais été drôle, voire un tantinet cauchemardesque, de partir des conséquences et des résultats pour juger des prédicats et des systèmes. J’ai laissé trop souvent contrarier cette pente par la loyauté aux dogmes qu’on me proposait en m’alléchant par leur rigueur morale. Quand on est une vieille chrétienne on ne se refait pas, hélas…

C’est d’autant plus étonnant, parce que ces résultats, les comportements engendrés quoi, ouvrent pourtant toutes grandes d’impressionnantes fenêtres sur les motifs immédiats et réels, les enjeux quoi, de la course, de la bousculade même, pour se trouver au bon endroit, au bon moment, avec le bon badge et la bonne idée. J’ai déjà dit ailleurs qu’un des caractères majeurs de l’idéologie, et peut être un de ses buts, est le travestissement des enjeux. C’est d’ailleurs pas moi qui l’ai découvert, je vous prie de me croire…

 

Mais bon, on a tellement pris aussi cette sale habitude de tout justifier, d’alléguer le bonheur futur jusques devant des charniers et des camps, bref de « casser des œufs » - si possible autres que soi – pour en confectionner la fameuse omelette de félicité, que même l’évidence n’émeut plus personne, bien au contraire.

 

On arrive même à se mentir, et donc à mentir à autrui - disons, dans une certaine mesure (oui, je ne crois plus à la sincérité béate ni rageuse de mes ex-camarades), et à devenir une bonne et efficace paveuse de l’enfer des bonnes intentions.

C’est ça aussi : j’ai toujours refusé de croire que les gentes étaient des imbéciles. Elles m’ont toujours au contraire impressionnée. C’est probablement dans mes périodes d’adhésion maximale à leurs idées que je les ai le plus prises pour des connes, relativement – de croire justement à leur sincérité. Quant à moi, je me vois comme une jobarde incurable, particulièrement peu intelligente, ce qui m’a désignée toute ma vie pour être abusée et dupée à répétition, mais aussi, finalement, qui me sauve à la fin et m’ôte de cette entreprise obstinée de vessies et lanternes. Tout simplement parce que je ne suis pas assez maligne pour suivre, pour triturer la réalité à la même vitesse que les bonnes militantes, ni pour prévoir les changements de cap et retourner ma veste assez vite. Je crois enfin trop facilement à ce qu’on m’affirme ou me jure. J’en reste au mot et ne sais pas lire entre les lignes.

Je suis une intellectuelle, je n’en ai d’ailleurs absolument pas honte, mais une intellectuelle par accumulation, sans étincelles. Une intellectuelle pas douée. C’est pour ça qu’à quarante cinq ans j’en suis juste à me dépêtrer de ce dont bien d’autres se sont dégagées à trente.

Je suis pauvre d’esprit. Et ça me va très bien. Je juge et jugerai ainsi désormais strictement au ras des pâquerettes, c'est-à-dire des conséquences et des faits.

 

C’est pour cela que je vais causer de ce que j’annonce au départ, ces idéologies qui tiennent une grande part dans un certain monde politique et moral contemporain, qu’il soit institutionnel ou alternatif – d’un point de vue qu’on pourra juger subjectif, parce qu’il ne sera pas systématique. Je vais parler des effets que j’en ai vus. Et remonter un peu, mais depuis ces effets. Je suis en effet intimement convaincue de ce principe de plouque : qu’aux fruits on connaît l’arbre.

 

Le plus drôle est que j’avais déjà mené cette enquête, avec la même méthode, il y a quinze ans, en m’extirpant de l’antispécisme. Où j’avais somme toute identifié des buts et des passions, des dissimulations et des mensonges à peu près semblables, dans ce petit troupeau, à ce que j’ai vu en grand dans les dernières années, depuis 2000 disons, dans le féminisme « déconstructeur », l’antiracisme et ce qui tourne assez largement autour, bref les obsédants faux débats qui dévalent de partout comme des cascades en période de crue. Faux débats parce que les buts immédiats des grandes démonstrations et professions de foi ne sont pas ceux qui sont prétendus. Mais aussi parce que, de ce fait, l’auto-arnaque est générale, parce qu’il faut bien se structurer et s’appuyer sur une cohérence interne, et qu’on assiste à d’hallucinantes reconstructions, tout aussi tordues que, si on veut, l’excipement par un gouvernement de raisons de « sécurité » (passion qu’il partage avec les alternotes qui l’appellent « safety) pour promulguer une loi essentiellement raciste et surtout stupide.

C'est-à-dire – et je sais que c’est redoutable parce que ce sont quelquefois les arguments aussi d’autres idéologues, celleux de la réaction – que les objets mis en avant sont dans les faits des prétextes à un tout autre jeu.

Mais justement : parmi les principes désastreux de ce genre d’approche, il y a celui de ne pas dire quelque chose quand ça pourrait ressembler, de près ou de loin, à la critique des méchants criminels ennemis de l’humanité. La vraie raison à mon sens n’étant pas de ne pas « faire objectivement leur jeu » ou pas, mais juste de se préserver soi de l’accusation qui tue…

 

Par exemple, dans l’antiracisme « déconstructeur » en milieu « de genre », j’ai assisté principalement à la surenchère de nanas « blanches » hypocrites et avides, terrorisées par la simple idée de ce qu’elles sont, courant après les « racisées » pour s’en faire bienvenir dans une grimace de soumission (un peu comme les mecs proféministes après les nanas), ainsi que pour coucher avec puisque c’est la sanction sociale suprême d’une société obsédée par la sexualité comme valeur fondatrice. Et au revers, courant à reculons vers elles, des « racisées » paranoïaques, abusives, assoiffées de pouvoir et qui tombaient rapidement dans le puits de l’image dithyrambique d’infaillibilité essentielle que leur présentaient les « blanches » comme un miroir ! Bref l’arnaque réciproque dans des trombes d’obséquiosité et de « reconstruction » de la réalité. Un véritable assaut de stupidité volontaire prêtée et rendue. J’avoue que c’était tellement gros, arrogant, que j’y ai cru un moment – un peu gênée quand même des fois par l’abêtissement délibérément réducteur, le manichéisme binaire (tiens le revoilà çui-là) et le « tout va dans l’même sens » consécutifs… Et par l’usage répété des prétextes « politiques » à visée… relationnelle, pour rester prude… Je mentionne juste en passant, parce que ce sont des corollaires qu’on rencontre absolument partout, la pratique généralisée de la culpabilité, et la passion pour la surveillance, nommée joliment vigilance, comme dans les partis totalitaires ou les vigipirates démocratiques. Des fois on dit softement attention ou bienveillance, mais ça veut dire la même chose.

Je donne cet exemple, parce que je l’ai vu de près et qu’actuellement il est particulièrement gratiné – mais dans tous les coins, de l’alternative comme ailleurs, et sur une foultitude de thèmes, on en est à des fonctionnements similaires. J’ai vécu ça aussi dans la transphilie en vogue, tout à fait conditionnelle du reste : il faut être, surtout mtf, une bonne trans, sans quoi on est moins que rien. De même dans l’antiracisme : on est déconstruite ou on n’est pas.

Tout ça pour, en somme, se fuir, d’un côté comme de l’autre, sans parler du troisième et du dixième. L’exotisme, et le néo-essentialisme des « histoires sociales » qui seraient la source de tout (comme de son contraire), sont les expressions devenues bien étranges et tordues de ce narcissisme généralisé et solipsiste que d’aucunEs voyaient poindre depuis quelques décennies. Avant il fallait « être soi-même », ce qui était déjà tyrannique et hors de prix ; désormais il faut, consciemment ou pas du reste, « être ce qui est bien », et qui est toujours, positivement ou a contrario, véhiculé ou signifié par une « autre », cet indispensable « autre », ou plutôt image d’autre. Mais surtout il faut se fuir – le péché originel, bouh ! Et abolir toute forme de reconnaissance d’un soi comme d’autres et d’un réel trop prosaïques. Trop pauvres. Il les faut enrichir d’idées, de statuts, de certitudes, de désirs et que sais-je encore – et de fait les, nous remplacer et travestir.

Tout cela mène à un curieux ballet d’expropriation réciproque et obligatoire. Comme dans ces jeux qui sont tant prisés dans certains milieux, et où on doit tout être à l’exception de soi-même. Sauf que là le jeu est grandeur nature et les dégâts aussi.

On s’étonnera donc à peine que, pendant ce temps et dans ces conditions, les rapports sociaux et personnels réels n’évoluent guère vers du mieux, ni même vers du plus clair, mais plongent plutôt dans l’inconscience, la violence, l’irresponsabilité et même la folie furieuse. Et je ne parle là que du troupeau des « conscientisées » - quoique ce qui s’y passe finit par ressembler assez à ce qui se passe partout ailleurs.

 

Cette attitude – parce qu’au fond je crois que ça se tient d’abord dans l’attitude – me semble donner juste une catastrophe, ou une kyrielle de catastrophes. Où évidemment les unes agrippées aux autres basculent à la suite dans le même trou. C’est d’ailleurs sinistrement comique de penser à toutes les tirades sur les « spécificités » et les « légitimités », les « irréductibilités » et la mauvaiseté horrible de « l’universalisme » - et de voir toutes celles qui clament ça marcher résolument dans les mêmes directions et avec la même logique, se courir après et se vautrer ensemble… Le minimum, même dans les illusions d’ordonnancement du monde, aurait été de s’éloigner les unes des autres et de creuser son propre lopin. Et de ne plus rien se réclamer ! Que d’chique, c’est au contraire la ruée sur la même bourse. Je crois qu’une pareille apparente inconséquence révèle à elle seule l’enjeu effectif.

D’ailleurs je me fiche des baffes : je l’avais déjà compris et écrit il y a quinze ans. Mais le clinquant des « nouvelles luttes » et l’autorité culpabilisante de quelques hamsters m’avaient troublé l’esprit… on va dire… J’avais même cru devoir « m’y retrouver » à la faveur d’une transition mtf – alors qu’on ne peut pas se « retrouver » dans une entreprise visant à se perdre à tout prix ; à mettre à la ddass sa pauvre défroque pour l’échanger contre je ne sais quel avatar de jeu vidéo. Il m’a fallu longtemps pour me rendre compte, en causant avec une amie et en retrouvant la mémoire, que ma transition n’avait pas grand’chose à voir avec un « acte politique », comme on dit en novlangue, et heureusement ! – mais que c’était la seule manière de la rendre lisible, acceptable, assez pleine quoi, aux yeux à facettes de ce milieu. Que c’était tout simplement mon affaire, mon histoire si on tient à ce mot, et que j’en ai été littéralement expropriée par toutes les bonnes volontés adjacentes ! Il me reste aujourd’hui à en ramasser les débris et à partir avec ça, que je ne laisserai plus tripoter par quiconque. Avertissement sans frais pour d’autres !

Ne vous laissez pas tripoter, ni physiquement, ni moralement – et encore moins politiquement. Car alors vous ne pourrez vous en prendre qu’à vous-même de tout ce qu’on vous aura fait subir !

 

S’en prendre à soi-même. Tiens. Voilà bien l’antithèse du cantique dévastateur hurlé par toutes les bouches dans l’enfer du politiquement correct. J’en parlais avec une amie, il y a quelques temps, qui, comme moi, est native de ce que j’appelle l’époque de la névrose, qui a du se finir au milieu des années 60, et dont je trouve les produits humains et comportementaux infiniment plus aimables que ceux de l’âge de la schizophrénie qui l’a suivi incontinent.

J’ai parlé plus haut de cette rage de ne pas vouloir rester en soi-même, et d’en sortir à tout prix. Soit. Mais on ne peut pas vivre dans le vide, ah ça c’est  pas possible, nous ne sommes pas des esprits (hélas me dis-je souvent). Il nous faut ces défroques, ces identités, après lesquelles nous courons. Et si nous ne voulons pas de la nôtre, trop simple et gueuse, eh bien il nous faut nécessairement aller prendre celle d’autrui, nous y introduire, la dépecer à plusieurs au besoin s’il y a résistance. Et voilà la fatalité de l’expropriation que j’évoquais.

Un de ses aspects est de passer son temps et énergie à réclamer. Á se réclamer les unes les autres tout ce qu’on s’est potentiellement arraché et même le reste, dans cette foire épouvantable où on ne peut vivre que sur autrui ! Ce qui indique corollairement le refus comme l’incapacité absolue de s’en prendre à soi-même, comme de prendre sur soi ! Il nous faut toujours un bouquet de coupables et de débitrices sur notre table de nuit. On peut même en venir à inventer les maux pour pouvoir aller glaner dans le champ social ! Mais inventés ou pas, là n’est pas la question. Ça fait juste partie du travestissement généralisé des enjeux, là aussi. Et de l’existence sociale : n’existe que celle à qui on doit quelque chose.

J’ai mis moi-même trop d’années à me rendre compte que toute cette affaire ne tient pas plus debout que ces combinaisons folles pour amasser des thunes, qui ne fonctionnent que si le groupe thésaurisant s’accroît toujours. Ce qui d’ailleurs fait une fois de plus le lien avec l’idéologie libérale d’un monde potentiellement infini et ouvert à toutes les croissances ! J’ai moi-même réclamé. Je ne voulais pas être en reste… L’imbécile !

Je parlais donc avec cette personne de choses qu’une autre lui réclamait, de la reconnaissance ou je ne sais quoi. Ce qui d’ailleurs est ahurissant parce que c’est certainement une des personnes qui devrait le moins aux autres, même dans la logique effrénée de redevabilité – mais là aussi il y a la fatalité qui veut qu’on demande le plus à celles qui sont le moins. Et il nous apparaissait à toutes deux que c’était bien bel et beau, mais qu’un monde qui n’était plus qu’un concert de réclamations, et où personne ne voulait simplement prendre sur elle sa vie et ce qu’il y a dedans, ou pas, eh bien deviendrait à faible échéance tout à fait invivable, comme l’est, précisément, le monde économique des compagnies d’assurance où tout a un prix, et où surtout ce prix est toujours exigible à autrui. Que finalement ça retombe sur les plus faibles est par ailleurs une banale constante.

Une autre connaissance, elle aussi de la vieille branche, m’écrivait il y a peu que la dégoûtait ce monde « où on préfère mentir que souffrir ». Voilà qui nous concerne aussi directement. C’est vrai que ça coûterait cher de ne plus travestir choses et gentes ; dans le sens où d’un coup toute l’accumulation boursière que constituent la valorisation sociale et les réclamations innombrables tombent alors au néant. Le krach ! Toutes en chemise ! Et quant à accepter de souffrir, ou simplement de ne pas tout avoir, voilà un scandale en notre époque de bien-être. Il y faut forcément des coupables.

Voilà qui me tire par le bout de la jupe bien loin de la militance contemporaine, indubitablement. Prendre sur soi. La malédiction ! Ce qu’on est décidées à éviter au prix de la vie s’il le faut, la sienne comme celle des autres ; comme de la réalité. Oulà. Ça va loin… Ça va aussi loin que la folie dans laquelle je suis persuadée que nous basculons en ce moment même, avec toutes nos idées infaillibles et nos belles connaissances. Faute de savoir revenir sur nous et nous occuper de nos fesses.

Je crois très précisément que pour sortir des cages il faut rentrer en soi-même. C’est je crois le seul moyen actuel pour n’être ni happée ni prisonnière. Et sortir de ce monopoly débile et maniaque.

C’est ce que j’appelais déjà il y a longtemps une autre forme de décroissance : abandonner ses prétentions. Et plutôt que d’exiger un maximum impossible et littéralement meurtrier, comme je l’ai fait bêtement moi-même au nom d’une égalité de gavage, vivre sur un minimum. Et commencer par soi.

Prendre sur soi me paraît l’indispensable remède à la rage de travestissement incroyablement coûteuse des gentes, des faits et des choses à laquelle nous nous livrons, fût-ce avec les meilleures intentions du monde, et où nous nous sommes perdues.

  

Ne plus. C’est quand même hallucinant que nous répétions régulièrement ces deux petits mots qui n’ont l’air de rien, au milieu de la folie d’accroissement et de réclamations tous azimuts qui nous caractérise. Peut-être un morceau de conscience qui nous reste un peu libre nous chuchote que vraiment ça ne va pas comme ça.

Mais comme, selon notre bonne coutume, nous allons réclamer ce « ne plus » les unes aux autres, tout en accumulant ce faisant un extraordinaire fatras de pratiques, de constructions, de déconstructions, d’identités et de fuites, évidemment ça tombe par terre.

 

Si vraiment on veut « ne plus » - alors il ne faut plus. Et ce n’est pas du côté de l’accumulation des bons points et des capitaux existentiels, même « déconstruits » - ce qui est juste une marque de fabrique d’ailleurs – ni de la bourse aux créances sociales et identitaires qu’on va trouver ça. C’est en se retirant. Chez nous. Avec tous nos vilains défauts. Et nos gnons dans la gueule.

 

J’en reviens somme toute à ce que je disais déjà il y a quinze ans, mais avec la vision d’un passif beaucoup plus lourd : déserter des prétentions, exercer son jugement, cesser de s’en remettre à autrui.

 

« Occupons nous de nos fesses ! ». C’est sans doute la première longueur d’une longue marche rétrograde qui commence par ne plus s’occuper des fesses des autres, au propre comme au figuré, et qui pourra peut-être mener, dans très longtemps, à voir ce qu’on peut faire. La terre ne s’en arrêtera pas de tourner.

 

Joyeuses Pâques !

 

 

La petite poule rousse

 

 

 

Alors le pire, je vais vous dire… J’ai l’impression d’avoir en substance et même souvent en paroles déjà écrit ça il y a quinze ans… De juste faire le même constat aujourd’hui, sans doute dans le cadre d’une frénésie qui est maintenant encore plus concentrée qu’à l’époque, et après être repassée dans la soupière dissolvante.

Je ne suis pas triste de me répéter ; je crois fermement que le monde est fini, pas très divers, et qu’on ne peut ni n’a besoin de dire un nombre ahurissant de choses. Mais quand même, le sentiment de ne m’être pas écoutée moi-même, au milieu des haut-parleurs géants d’un mouvement qui prétend au contraire nous ramener à nous… seulement c’est à un soi démesuré et illusoire. Le bon vieux soi du progrès, de l’accumulation et de l’intensité. La baudruche monstrueuse d’un soi de proie et de dépouille.

C’est quand même un comble.

Pour s’écouter, il faut se boucher les oreilles !

Repost 0
Published by
15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 09:34

 

La petite murène contemplait somme toute placidement, depuis quelques temps, le grand numéro du cirque de l’indignation minutée autour des abus sur les mômes commis par les clercs catholiques (n’y a-t-il que les catholiques qui abusent ? mh bon…). Placidement. Rien de nouveau sous le soleil. Le sport habituel qui consiste à réchauffer sur le gaz un mal absolu, et à l’expédier à son voisin comme une patate – puisque c’est à ça que se résume de plus en plus souvent ce qu’on appelle encore quelquefois la « politique » ou le « débat ».

Et puis ce qui est terrible, c’est que dans de pareils concerts d’inculpations et de disculpations, il devient rapidement impossible de dire et même de penser quelque chose d’intelligent. Tant il est vrai qu’on ne peut pas créer son monde. On est emportée par la bêtise et le surenchérissement comme par un glissement de terrain. Il ne reste même plus d’endroit qui échappe au débat. La terre entière se met à trotter au rythme du mille-pattes.

C’est le sentiment de la petite murène ce matin, en lisant les dernières déclarations d’un âne rouge de la Curie, d’une part, et les couinements indignés de touTEs les vertueuXses citoyenNEs LGBT, d’autre part. Deux fois elle a essayé de poser le truc, déjà, et deux fois ça lui a échappé totalement, tellement ce  tumulte coule à travers les doigts et les grilles d’égout dans l’insignifiant et l’indifférencié. Tellement il n’y a rien à en garder ni tirer en l’état.

Et pourtant nous y sommes, et pourtant cette cacophonie parle du réel. Et ça fait peur.

 

Comme d’habitude la petite murène voit et lit d’abord, dans toutes ces lignes, ce qui sous-tend. Ce qui n’est pas discutable, ni pour les unEs ni pour les autres. L’enjeu. Au nom duquel on s’étripe. C’est une déformation propre à la myopie des murènes ; au lieu de porter fièrement leur regard au loin, vers le riant avenir du progrès et de l’hygiène par exemple, elles louchent sur ce qui est très proche, si proche qu’on ne le voit plus, qui nous rampe dessus si on ose dire.

 

« Nous ne sommes pas ce que vous êtes », voilà la corde que font obstinément vibrer les parties en présence. Et ce que vous êtes, c’est les ennemiEs du bien. De quoi est donc ce bien inamovible ?

 

Déjà être de son époque. En profiter au maximum tout en en évitant et même en en anathématisant les conséquences, externalisées comme des méfaits inexplicables et honteux. Personne n’est plus de son époque qu’un cardinal rubicond ou unE militantE lgbt. Peut-être unE lgbt chrétienNE mais ce n’est pas sûr. Personne ne défend mieux que touTEs ces gentes la bonté intrinsèque de la sexualité comme pilier de la vie, ou encore celle de pondre maints lardons, outres de sentiment et d’espoir, de justification sociale et autres illusions diverses, pour leurs parentEs comme pour la communauté humaine tout entière. C’est au contraire, et comme toujours, la concurrence effrénée pour incarner le bien, avec les inévitables croche-pieds qu’on se décoche dans la bousculade. Parce que bousculade il y a, tout le monde voulant s’engouffrer dans un idéal qui s’avère plus étroit dans les possibilités de sa réalisation que ne le proclament les doctrines.

(Dans cette catégorie, l’argument le plus stupide a sans conteste été celui des cathos progressistes, gentes très peu sexistes qui estiment que chacun devrait pouvoir posséder sa chacune : le célibat (lire la frustration des besoins élémentaires de l’homme) entraînerait les viols sur les mômes. C’est donc fou le nombre de pères de famille qui sont dans le besoin. Je rends grâce à ma copine Le Doaré d’avoir elle-même, dans son blog, affirmé son scepticisme envers cet effroyable foutage de gueule. En tous cas, pour une fois, je suis d’accord avec Vatican…)

 

On comprendra bien, au lire de ceci, que la petite murène se refuse absolument à entrer dans le sondage de « qui c’est les vilains ». Vu que les abus sur les mômes, et sur bien d’autres d’ailleurs, n’ont pas l’air d’être une spécialité locale ni sociale. Le rapport complètement tordu envers les enfants, à la fois souffre-douleurs et garanties existentielles, peut difficilement amener autre chose. Que ce soit de la part de curés à boys-scouts ou de parents pathologiques (ce qui est généralement un pléonasme). Surtout dans un monde obsédé par l’assouvissement sous toutes ses formes, et réticent envers toute forme de limite qui ne serait pas matérialisée par les coups de trique et la réprobation citoyenne.

 

On en obtient donc un vacarme et une ruée particulièrement abasourdissants sur les bonnes places, celles qui innocentent et justifient. Comme celles des « bons parents », qui comme le récite l’apgl dans Têtu, se fondent sur « l’amour et le respect de la dignité » de leur progéniture. Ce qui fait doublement rigoler. Primo parce que c’est très précisément le même credo que celui des cathos (et somme toute d’absolument toute la société, à l’exception de quelques obscurantistes qui auraient des vues précises). Secundo parce que ces sentiments imprécis ont rarement protégé qui que ce soit, et couvrent volontiers toutes les insanités, à commencer par la mauvaise foi assez générale qui préside à bien des enfantements. Et enfin, évidemment, parce que ce monde n’est plus qu’un truffis de terreurs et d’angoisse déroutées par les désastres et violences qui sont encouragées par les valeurs sociales en vigueur (1), que personne ne veut aller trifouiller.

Mais comme d’habitude quand on veut couvrir ce genre de malaise, on en rajoute dans la vocifération. Ce qui vaut évidemment tout d’abord pour l’Église catholique en plein délire, qui essaie désespérément de refiler sa patate brûlante à la première population disponible. Mais n’est pas moins perceptible dans l’angoisse de tous les autres qui crèvent de trouille de se voir désignéEs comme perverSEs. Ce qui aboutit à un concert de stupidités hargneuses, d’accusations et de reniements.

Ce dont somme tout on a bien l’habitude, dans notre monde pavé, bardé, tuilé d’irréprochables intentions.

 

Que dire, donc, que dire… sinon une fois de plus qu’il y en a marre de ce monde d’amour, d’enfants, de désirs, arborés comme des reliques en procession. Il y en a marre, peut-être – mais aucun espoir de sortir de ce nougat qui fond indéfiniment sur un radiateur. La petite murène a une fois de plus le sinistre sentiment que ce monde de scandales répétitifs et éphémères, où rien de fondamental ne peut être remis en cause, ce monde où on se prend tellement au sérieux, ce monde où l’activité principale est la réclamation, eh bien que ce monde gît effectivement au fond d’un vieil appartement déserté, sur un radiateur qui chantonne tristement, et y fond doucement. Et que nous n’avons aucune chance de voir jamais la fin de cette prudente liquéfaction. Qu’on ne va pas en sortir et mourir dans cette glu nauséeuse. Impression d’une gigantesque marée de glu, sur la couleur de laquelle on ne se prononce pas, et dans laquelle meurent lentement les murènes, les oiseaux, les calamars et bref, toute la faune… De glu idéologique et lanterneuse qui imprègne et pénètre tout, au point de ne plus pouvoir rien reconnaître.

 

La petite murène vous quitte sur cette constatation un peu désespérée. C’est affreux de se dire qu’on va mourir dans un monde pareil !

 

 

 

  

(1) Évidemment, les abus sur les mômes ne datent ni de l’idéologie de l’amour moderne (XVIIIème siècle) ni de celle plus récente des « libérations » de tous ordres. Il suffit à la petite murène de feuilleter du bout de ses moignons de nageoire les Mémoires de Pierre de l’Estoile, par exemple, magistrat parisien de la fin du seizième siècle, pour y voir registrée une belle kyrielle de « viols par ascendants »… ou par curés. Déjà. Ça semble plus lié au patriarcat, et à la vieille passion pour la sexualité qui va avec. Et sans doute aussi au rapport de pouvoir envers les enfants. Mais on se fourvoie fréquemment à chercher le sens des choses dans les chiffres. Alors qu’un peu d’esprit de suite y supplée activement : un monde qui valorise l’obsession de la sexualité comme source de valeur est enchaîné aux violences à caractère sexuel. De même qu’un monde qui cherche à accumuler multiplie l’exploitation. Et ainsi de suite.

 

 

Repost 0
Published by

La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
  • Contact

ni alliées, ni amies, ni copines, ni soeurs ; autonomies transses

.

Recherche

Dans Les Orties