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Plus les moyens ni l'envie : cesser de devoir être

chair à luttes institutionnalisées

 

 

J’ai du mal à ne pas me répéter ; l’histoire bégaie, pas qu’un peu, et nous, alors, n’en parlons pas…

 

 

Ça commence quand même à s’inquiéter un peu à assocelande de la dégringolade des conditions de survie chez nouzautes, et de ce que ça sape direct le programme d’intégration rêvé. Mais bon, pas encore au point apparemment d’amener une inflexion des grandes directions et des non moins grandes impasses qui y prévalent. Et cependant, dans la mesure où la concentration monétaire (on en est à immobiliser des sommes ahurissantes pour "garantir" le fonctionnement économique, simplement) et l'élimination des pas rentables continue, rouleau compresseur, on fait quoi ? Moi j'en ai marre de la logique simplement politique de maintien en ligne des gentes dans leur position "idéale" de citoyennes propriétaires (souvent de rien d'autres qu'elles mêmes et encore !) isolées, envoyées au casse pipe par les partis et les assoces pour que leur éclatement par le dit rouleau serve à montrer combien "les autres" ils sont méchants et/ou aveugles, ce que de toute façon on sait bien – mais ce sans aucune remise en cause de l’idéal social, du devoir être dont nous nous disputions simplement la réalisation avec ces « autres ». Je suis désolée pasque je voudrais déjà qu'on vive, moi la première, et je pense que ça suppose, en cas d'appauvrissement brutal et massif de beaucoup d'entre nous, de nous organiser collectivement, matériellement, en habitats et en fric, et de nous épauler contre la violence. Bien sûr, ça a moins de gueule médiatique qu'avancer à deux cent avec un drapeau à toutes les mobilisations, et pour la plupart des deux cent et des dizaines de milliers d'autres, crever le reste du temps dans la solitude et la misère. Au reste l'un n'empêcherait pas l'autre, voir nos collègues turques entre quarante exemples. Mais c'est sûr que ça relativiserait l'absolu et la lumière du flambeau "pur politique" qui essaie finalement, bien vainement à mon avis, de faire en sorte que l'économie et le social qui devait aller avec fonctionnent et ne tuent pas de plus en plus de monde. Je pense que c'est mort, mortel, qu'il faut laisser tomber précisément avant de finir toutes entrexterminées, aux prétextes les plus divers et tous plus "légitimes" les uns que les autres. Mais même si ce n'est pas ça, je crois qu'il y a urgence à nous sortir du simplement virtuel et représentatif, qui ne nous sauvera pas. Bref je suis pour voir comment réajuster les objectifs, et si possible tourner l’abattoir, et en groupe, pas chacun pour soi, crève aujourd’hui moi demain.

 

Je trouve qu'il y a vraiment un sale côté « été 14 reloaded », « fleur au fusil », « offensive à outrance et en gants blancs sous le feu ennemi » quelle que soit la situation et le rapport de forces, dans la logique strictement politique et de droits portée par associativlande et les mini partis, comme la morale républicaine qui nous divise en unités comptables concurrentes. Quoi qu’il se passe, de quelque manière que le social involue, continuons à aller à l’offensive, avec les objectifs et dans l’ordonnance que nous nous sommes proposées pour faire bonne figure dans ce dit social. Les loquedues et autres lambdae sont invitées à monter en ligne se faire charcler, individuellement, « Parce que je le vaux bien » et autres horreurs du même genre, qui appuient encore plus douloureusement sur la conséquence de la valorisation : non, nous valons dans les faits pas grand’chose et de moins en moins ! - pour réclamer ce fonctionnement idéal d'une économie politique en plein naufrage, que les dits partis nous jurent que si on leur donne le pouvoir, pas de problème, la machine tournera rond et les vilains qui la sabotaient seront châtiés. Et nos tombes fleuries et un et même deux jours de deuil chaque semestre en notre honneur ! Mais niquedouille, moi j'y crois pas, à ce qu'elle puisse tourner autrement cette machine faite de rapports sociaux a moitié niés, à moitié idéalisés, et d'objectifs soit impossible à atteindre, soit meurtriers en eux mêmes. Et pareil, macache, marre de se laisser isoler et tuer, instrumentaliser et investir, par et pour la concurrence, si spontanée et sincère soit-elle, dans la réalisation de ce monde qui est en fait le rêve d'hier, d'un monde de petits propriétaires harmonieux. Quant à l’idéologie de la vie comme combat, pareil, d’une part ça nous met dans des impasses où c’est on passe ou on crève, et ce faisant ça laisse de côté et ça ferme même une grande partie de l’espace où on pourrait peut-être continuer à vivre.

La question c'est de survivre ici et maintenant, et dans la place d'une minorité particulièrement stigmatisée (et nanas, et fausses, boum !), à l'effondrement graduel de la situation qu'a finalement entraîné historiquement cet idéal d’inclusion et de lutte sans échappées affirmées et reconnues collectives (de fait souvent réservées individuellement ou affinitairement à celles qui les possèdent déjà socialement, ou bien à celles qui parviennent à se les constituer sur la masse « de lutte »). Et pour ça de cesser de nous accrocher sa réalisation, la plus caricaturale souvent, que nous nous proposons certes facilement, mais que nous proposent les politiques. Il faut revoir tout ça, sans doute, mais déjà s'organiser collectivement, outre se faciliter peut-être bien la vie, c'est aussi et déjà briser cet idéal de chacune chez soi et la bonne loi pour toutes, qui est en train de se retourner mortellement contre nous. Pour ça aussi que ce n'est guère proposé, ça, dans les brochures et les programmes, les manifs et les permanences : c'est qu'on aurait alors bien autre chose à faire que de les abonder, les peupler, et faire leur soubassement. Voire que là, oui, il y aurait pour de bon concurrence de plusieurs projets sociaux.

 

À un moment, il faudrait tout de même arriver à se dire que l’existence, physique et sociale, est la condition de tout ; et que son anéantissement, au nom de quoi que ce soit, est l’impossibilité radicale. Bref que le stoïque sacrifice, idéologie bourgeoise s’il en est, comme toutes les structures, tous les objectifs soit du capitalisme, soit des autres daubes qui l’ont précédé et espèrent lui succéder à nouveau, hé bien ça ne nous mène nulle part, si ce n’est à mourir pour un fantôme et à soubasser la position sociale de celles qui parviennent, par leur statt et leur richesse, hé oui, à incarner ce fantôme et ses prétentions. Le « dépassement », quand ce n’est pas carrément l’au-delà et le « spirituel », incroyablement hypocrites dans leur proposition de nous relativiser à mort, de nous transfigurer dans un absolu inhumain, de nous sacrifier délibérément, consenti, pour la réalisation des formes sociales déjà régnantes qu’il est de ce fait exclu de réexaminer, exclu de se poser la question si elles ne verrouillent pas précisément les hiérarchies et les éliminations en action. La mort est au fondement de tous les immobilismes et de toutes les régressions, par un chemin d’aigreur et d’utilitarisme. Si nous sommes, ce qui est bien possible après tout, en position d’ouvrir quelque chose à venir, alors que ce soit entières, en forme, et que ce soit du nouveau, pas la réimpression énième des singeries originellistes, justicialistes et autres « de ce qui aurait du toujours être », et dont on mange les conséquences depuis qu’il y a une mémoire.

Que nous nous instrumentalisions nous-mêmes ou bien que nous soyons instrumentalisées par celles qui y croient les plus, souvent parce qu’elles pensent avoir à y gagner, et les deux cohabitent vraisemblablement, il ne faut en aucun cas nos laisser dépouiller de notre peau, après avoir déjà perdu ou manqué du reste. S’il y a du terrain, de l’espace à regagner, et il y en a assurément, c’est collectivement et pour notre pomme, communautairement, en fonction des rapports sociaux qui nous déterminent. Pas pour une quelconque lecture de « l’humanité », autre image qui a toujours accompagné le tri et l’élimination. Arrêtons de nous poser et surtout de nous laisser poser en retorses innocentes, en victimes de bonne volonté. Là aussi, quelque part, cesser de consentir à une protestation qui nous expose et nous vulnérabilise en surcroît d’un rapport social déjà féroce. La morale ne répare jamais vraiment le social, ne le contraint ni ne le maîtrise. Elle nous y livre par des voies souvent tordues, valeureuses – et implacables. Merci bien, nous ne sommes, n’avons à être les héroïnes de rien ni de personne, surtout pas d’un nous-même hypostasié en inclusion dans la masse justicialiste qui nous écrase.

Par conséquent, l’exigence morale et comportementale de rompre en visière, de s’exposer, de ne pas transiger (mais sur un aspect souvent très symbolique et réduit du rapport social), d’aller au fight à répétition par principe et finalement toujours, par la force des choses et son ordre, en solitaire, universalisation du devoir faire/être toujours imposée depuis des positions soit privilégiées, soit sacrificielles (les deux n’étant pas incompatibles, loi de là) eh bien pareil, gardez la vous et sortons en. Pareil pour la « résistance », cette vieille daube : résister c’est toujours ramener le passé sur le devant de la légitimité ; quel passé, bigre, pourrions nous ramener pour notre pomme, nous qui sommes une parfaite nouveauté dans le rapport social ? Quel passé qui n’ait pas été misogyne, territorialiste, crispé et haineux ? Si vous le trouvez vous me l’amenez que je lui regarde les trous du nez. Non, nous n’avons aucun modèle existant à préserver, pas même celui qui nous a vu apparaître, inégalitaire et sans avenir ; rien à « défendre » que nous-mêmes qui sommes encore à l’état d’éventualité, de possible. Là il ne s’agit pas de rester plantées stoïquement mais de passer à travers. Résister c’est encore se tenir avec bonne volonté à la disposition des coups pour faire bouclier à de vieilles impasses puantes. Zut. Marre des postures militaires.

 

C’est le problème récurrent, conssubstantiel à l’associatif comme à l’affinitaire qui nous structurent hégémoniquement actuellement, de générer un fonctionnement de pouvoir hiérarchique très net, qu’il soit institutionnel ou charismatique , et, par ailleurs – est-ce fatalement lié ? – de nous coincer dans une focalisation, sur des objectifs représentatifs, indirects, au détriment de l’organisation d’existence communautaire – celle-ci n’arrivant à se manifester que très partiellement, et là encore dans l’optique de soutien du fonctionnement médiat, quand il n’est pas carrément médiatique. Car le ce but focalisé se présente comme le seul, l’incontesté, l’unique raison possible de nous rassembler, et conséquemment, non seulement donc limite d’emblée les perspectives envisageables, mais encore a posteriori confirme et renforce le fonctionnement dans l’ordre et la discipline, quand ce n’est pas le sacrifice calculé.

L’horizontalité, si toutefois elle est possible, est évacuée. Il est vrai qu’elle n’est pas vraiment possible dans le cadre du maintien des rapports sociaux en l’état entre les parties concernées. Mais une des conditions précisément de vivification du fonctionnement social médiat est que le but en soit, comme dit plus haut, de nous « insérer » victorieusement dans ces rapports sociaux, et pas du tout de tenter d’en créer d’autres, plus collectifs et égalitaires.

Et ce qui est évacué aussi, c’est l’éventualité de rompre avec notre désir exigence de plus en plus irréalisable de normalité et d’invisibilité, de chacune sa petite vie indépendante et bourgeoise avec sa copine ou son mec et son boulot rémunérateur. De plus en plus irréalisable pasque le social économique qui promettait cette stase à tout le monde a amplement montré son échec, et que cet échec attise par ailleurs l’attention malveillante envers les nez pas au milieu de la figure, comme je disais ailleurs. Pour résumer – c’est évidemment plus complexe et ça se base sur des rapports sociaux encore plus profonds. C’était bien beau, je le confesse, mais aujourd’hui l’accès à ce paradis sur terre est réservé à une portion de moins en moins importante de la population en général, et de nouzautes tout à fait en particulier. L’autosupport, l’autodéfense, telles que conçues aujourd’hui, entièrement formatées sur le prérequis de vies « indépendantes », positions de négociations de supposées possessions, c’est un déni de la disparition de ces positions et de leurs moyens, comme d’ailleurs de ce qu’elles n’étaient déjà vraiment accessibles qu’à la crème, et du coup un désastre, puisque cela aboutit, comme la plupart des « alternatives » actuelles, à faire porter individuellement le poids de plus en plus grand du manque social. Exactement la logique de l’économie politique en naufrage, qui reporte les coûts généraux sur les personnes. Sortir de cette impasse de plus en plus étroite, en cornet, suppose sans doute de collectiviser ces « auto », et de revoir leurs buts les plus proches, en se défaisant des exigences implicites (ou explicites) d’un idéal social qui était déjà innateignable pour beaucoup, et qui devient meurtrier. Pareil pour les projets « culturels et politiques », là encore en sus et en surplomb de capacités d’existence qui échappent à la majorité d’entre nous. Quand les transses qui en ont besoin seront par exemple logées, safe, correctement et collectivement, on en recausera. Pas avant.

 

Ce n’est donc ni par hasard, ni même tellement par machiavélisme, encore que d’aucunes en vivent – il faut, justement, bien vivre dit la morale bourgeoise de chacune son dû – que de nous confier et surtout de nous circonscrire, de nous laisser mobiliser et investir par les modes de fonctionnement médiats qui lient l’isolement de l’existence matérielle aux objectifs de réalisation et d’intégration d’ores et déjà ratés, nous met tout bonnement, la plupart d’entre nous, en danger, et de plus en plus à mesure que le rapport de force dans ce type de socialisation nous est, et c’est un euphémisme, de plus en plus défavorable, et tandis que sa base a tout l’air de se crasher. Au reste, la sincérité et le premier degré ne protègent de rien, et surtout pas contre les rapports de pouvoir ou le crash autogéré. Il nous faut cesser de déférer aux appels, aux convergences, au mythe des luttes justes pour lesquelles on se doit dévouer, d’autant plus qu’elles sont partielles, ne s’occupent pas de l’organisation matérielle de notre subsistance quotidienne, nous laissent pour la plupart dans les dédales de l’isolement, de l’écrasement social.

 

C’est d’un aveuglement et d’un déni systémique, qui se retourne contre nous, si, alors que les choses deviennent réellement rudes et dangereuses, nous nous détournons des nécessités, de la brutalité et de la logique éliminatoire qui sont bien les seules à croître pour nous maintenir dans l’illusion d’un fonctionnement social qui serait encore en progrès, où la plupart sont censées trouver place et provende, et où on se soucie de ce devenir immobile en termes de droits, chacune pour soi, alors qu’on n’a déjà plus les moyens de les exercer et que ça ne va pas s’arranger. Je ne cause même pas des conséquences ponctuelles : mobilisations publiques qui ne servent plus à rien, le rouleau compresseur passe inexorablement ; ou bien cet éclat de rire dans la figure que constituent les articles de loi sur le changement d’état civil, où on voit bien ce que donne un lobbying de rien-valantes : une écoute, un sourire et prend ça dans ta gueule, c’est nous les cis’ qui décidons.

Bref, continuer à aller se casser bénévolement la tête contre un mur social et donc politique qui évolue de l’indifférence à la haine, y investir et y perdre nos maigres forces, au lieu de se préoccuper sérieusement de la mise en place de bases d’existence matérielle collective, égalitaire, avec un regroupement en fonction de ce qu’on l’on subit dans les rapports sociaux. Bref, pur ce dont on cause ici, de nanas transses, - sans préjudice d’autres non-mixités dans cette catégorie, probablement indispensables elles aussi. Des séparations pertinentes nous mettons moins en péril, nous ouvrirons plus de possibilités, que la prétendue inclusion dans une citoyenneté qui exclut, par ses prémices mêmes, notamment l’exigence de richesse, la plupart d’entre nous.

Il ne s’agirait donc pas de « prendre soin », de soi ni de nous, cette systématisation éhontée à tous les niveaux de l’exploitation et du renvoi à la démerde, de la « spontanéité » et de « l’empathie » indexées sur ce qu’on escompte trouver de valorisable dans les autres – bref d’économie cannibale et affinitaire de richesse. Il s’agirait de s’organiser communautairement et communistement, à partir des nécessités les plus immédiates, du logement à l’autoprotection collective. On risque d’en avoir besoin plus vite qu’on ne le pense. Et plus on attendra, moins on aura les moyens de mettre ça en place.

 

Au lieu de ça, à cette heure, on déambule un petit coup et on lâche un petit sanglot une fois l’an, chacune plus ou moins bien enveloppée dans ce qui lui reste d’intérêts et de propriété, en mémoire ( « pour mémoire », quoi…) des plus en plus nombreuses qui crèvent d’un état de fait que nous ne voulons pas changer, et auquel nous nous empêchons les unes les autres de faire quoi que ce soit de conséquent pour lui échapper ou le pallier – tellement ce serait admettre la péremption de notre portion du rêve « démocratie-économie-politique », du naufrage duquel nous sommes pourtant parmi les premières victimes.

 

Quèquepart je suis donc pour une espèce de défaitisme d’échappée, pour paraphraser l’autre barbichu que j’aime si peu, sans parler de ses émules, toute communiste que je suis. Il nous faut partir de notre place de perdantes, autant du monde qui se crashe que de son crashage dans la régression, et non d’une place à la fois très majoritairement illusoire en ce qui nous concerne et je trouve globalement pourrie de cocandidates à une prospérité qui n’a jamais été que participation profitable à la domination et à l’accaparement – et qui profite aux unes se prend sur les autres, il faut cesser de croire au catéchisme incroyablement partagé (au contraire des biens de ce monde) du gagnante/gagnante, complètement infirmé par les faits.

Défaitisme, déjà pour reprendre conscience de ce qui se passe, et de la position particulièrement haïe, méprisée, hontifiée, totalement illégitime, où nous nous trouvons plein dedans, laquelle est en train de se creuser, alors même que nous nous multiplions. Cesser de croire à des lendemains pas même qui chantent, mais simplement se et nous maintiennent. Et conséquemment clairement pour déserter le terrain où on nous attend, d’une part, et les tâches impossibles, d’autre part, pour passer à l’organisation collective matérielle des transses qui en ont et vont en avoir besoin, avant que nous soyions vraiment hors d’état de la faire, et par cela, au passage, à la remise en question en actes de ces fonctionnements institutionnalistes, pseudo-pragma qui, dans le rapport social actuel des forces et des légitimités, nous instrumentalisent et nous mettent en danger. Si l’application de l’économie politique se retourne contre nous, ce qui paraît de plus en plus patent, qu’est-ce que nous allons nous livrer nous-mêmes pour essayer de la faire bondir vers ces « horizons » qui se révèlent un mélange de coupes sombres venant d’en haut, et de « ne bougeons pas d’un pouce » venant d’en bas, juste ce qu’il faut pour être bien sur la trajectoire de la lame. S’il faut nous investir dans quelque chose, autant que ce soit dans des méthodes de survie collective et spécifiques en milieu social de plus en plus hostile ; et en larguer sur le juridique et le médical auquel la pensée qui prévaut dans l’associatif résout notre existence, quand ce n’est pas notre « bonheur », alors déjà que l’un beaucoup et l’autre en partie n’ont jamais été atteints par cette mobilisation médiate, que le rapport social général qui nous concerne, de sexe et de légitimité, a toujours dépassé et méprisé les gains relatifs obtenus par eux, et qu’il tend à s’aggraver. Nous sommes et resterons des transses, avec tout ce que ça implique aujourd’hui, tant que ce monde sera structuré sur l’inégalité, le légitimisme, la citoyenneté arqueboutée sur la propriété, l’héroïsme sacrificiel, l’élimination darwinienne et qui prétend fonder une « humanité ». Une fois de plus, nous sommes tombées dans l’aporie impossible que l’émancipation, notamment des stigmat’, passerait par l’appropriation des structures de la domination. Mon œil. L’affaire aujourd’hui est de tenter de ne suivre ni la galopade effrénée en arrière qui ne sauvera à terme personne, ni la tentative de prolonger, pour de moins en moins, un ordre qui était déjà éliminatoire ; ou au moins de ne pas y consentir béatement, encore moins d’y prendre part avec enthousiasme. Bref, de nous constituer sur là où nous en sommes, sans l’idéaliser ni l’avaliser, mais sans non plus nous imposer des conditions impossibles et dangereuses.

 

 

Désengluage, non-mixités, séparations transses

 

 

Ici une rencontre sur combien il faut être transunitaires face aux méchantes pas assez inclusives, porté par un groupe sans aucune nana transse mais qui parle pour nouzautes, - et dans un lieu à l'histoire crassement transmisogyne histoire de donner envie ! - pas d’problème, quel besoin que nous y soyions, et que pourrions nous bien dire qui nous soit propre ? nous sommes représentées il paraît. D'ailleurs, quand nous y sommes, la pression unitaire nus incite à acquiescer, à converger, qu'il n'y a pas de problèmes systémiques en interne. Là de la retape lourdingue pour peupler les ueeh, endroit particulièrement peu safe où presque plus une nana transse ne met les pieds depuis des années (ou bien ne retourne par la suite). On nage dans une mélasse d’abus « philes » en tous genres et d’instrumentalisations politicardes de mauvaise foi ou cyniques. J’en passe, des meilleures et des que je ne sais pas. L’atmosphère est à la positivation dans la réappropriation des formes sociales de référence (ou « neutres », ou « a », ce qui équivaut dans la plupart des configurations), réputées affirmatives et libératrices, à la « prise de parole unitaire » donc, ordonnée et préemptée ; les nanas transses font tapisserie aussi plate que possible, ou bien se plaignent aussi inutilement que pathétiquement de leur mise au rancard ; n’en doivent pas moins sans arrêt se garder et se gendarmer entre les pseudopodes insistants et les peaux de banane généreusement disposées. Tout cela converge dans la pratique désormais permanente de notre élimination de tépégélande. Et le plus marrant, donc encore, c’est qu’on continue à y être ligotées par notre représentation, assurée par des camarades trans à la parole « transuniversalisée ». Tout bénef’ quoi sur notre dos. Rien que de très ordinaire. Mais cet ordinaire commence à bien faire. Après une brève apparition sociale au début des années 00, la position des nanas transses s’est dégradée (et c’est un euphémisme) dans les milieux qui pourtant prétendent leur faire place égalitaire. Au point que de peu nombreuses, ce qui s’expliquait pour des raisons de provenance sociale, nous sommes devenues inexistantes, ou fugaces, turn over. Et de même que cet ordinaire donc se répète, s’aggrave, s’enfonce, eh bien on est conduite à se répéter, à réitérer, à appuyer sur le clou. Encore ! Et à conclure que disparues pour disparues, autant rompre pour de bon et aller s’organiser ailleurs.

 

Je vais prendre le risque de parler sommairement au sujet de certains aspects, nous concernant, d’une question qui est extrêmement complexe, et dont nos existences sont dépendantes et même constituées, que j’appellerai avec bien d’autres le rapport social de sexe ; et donc la position actuelle des nanas transses dans celui-ci. En clair, si notre position est pourrie, ce n’est pas par méchanceté ou machiavélisme de la part de nos ex-camarades (oui, désormais je dirai ex-), mais plus probablement parce que les idéologies qu’iels portent et cultivent impliquent que nous sommes, socialement, en porte à faux. Ce dont on parle ici ne colle pas nécessairement à des identités, bien plus à des idéologies et à des comportements ; mais il faut reconnaître que ces idéologies et comportements coïncident fréquemment avec la capacité sociale à incarner ou pas ce qui compte, a de la valeur, est dur et solide, que sais-je encore ? Rien n’est fatal, mais pas grand’chose n’arrive en même temps par hasard, c’est ainsi que fonctionne le social.

 

Quelque part, la casserole est sur le feu depuis si longtemps que ça sent grave le cramé, que le fond même doit être troué. Mais nous humons cette âcre odeur l’air de nous dire, tiens kèskecè ? Nous le savons, au fond, très bien, d’expé, ce que c’est. Mais nous avons appris à féministlande, justement, que savoir ce n’est pas se rendre compte, encore moins tirer conséquence. L’unitarisme trans’ penche dans le même sens que l’universalisme cis et d’ailleurs hétéro. Le contraire eut été étonnant. Pour le moment, les changements qu’impliquent les transsités dans le rapport social de sexe n’ont pas miraculeusement fait disparaître, même en ce qui nous concerne, ses structures ni ses orientations. C’est peut-être à venir, sans garantie aucune.

 

Une chose nous paraît sûre en tous cas : il faut arrêter de nous victimiser. Pour deux raisons au moins. La première est que le victimisme est une attitude typiquement masculine, non déconstruite, de revendication d’un statut « que nous devrions avoir ». Sauf que nous ne devrions avoir aucun statut préexistant, et surtout pas un statut de pouvoir et de légitimité – sauf à vouloir quelque part perpétuer le centralisme masculin. Arrêter avec notre ridicule tentative de pied dans la porte permanent, où nous nous faisons juste coincer et écraser. Ce qui amène au secundo : nous constituons un domaine social à assumer comme tel, qui n’est ni une annexe de cisselande, ni un secteur d’une translande supposée universelle, unitaire et sans inégalités fondamentales. Ça implique aussi de rompre avec un radicalisme prétendument badass, qui s’est jusques à présent chez nous plutôt signalé par son hypocrisie fataliste et commode ciscole et ciscollaboratrice derrière un paravent de « solidarité transse ».

 

Il faut en finir à la fois avec la cisintégration et avec la transintégration, le présupposé que quand on parle trans, le rapport social de sexe (sans parler de bien d’autres rapports sociaux) n’existe plus, dissous, envolé au ciel. Le simple constat de notre survisibilité et de notre illégitimité, en regard de l’invisibilité « neutre » et de la légitimité sociale qui va avec, et des conséquences quotidiennes, permanentes, devrait nous informer que non, nous ne sommes pas à la même place dans un ordre sexué qui lui n’a pas changé, et qu’il faut assumer. La négation insistante à translande unitaire de cet état de fait montre bien que la parole et l’idéologie y sont scotchées du côté des qui n’ont pas ce genre de souci. Quant à l’empathie et à la bienveillance, elles aident, dans l’aveuglement qu’elles favorisent quant aux rapports de pouvoir, aux attitudes intrusives, « je suis un peu ça aussi – et encore ça, ect. », bref à se mettre à la place des moins puissantes. Si nous n’en finissons pas avec, en ce qui nous concerne, ce sont ces arnaques inclusivistes ou transneutralistes qui en finiront, et là pour de bon, avec nous. Ce qui est mis en jeu par les transsités reste opposé et inégal autant que dénié. Mais cela implique également de ne pas s’engouffrer dans la même fiction unitariste, rassembleuse, gommante des inégalités. Rien que pour cela il n’est pas question ici, non plus et surtout pas, de prétendre à vouloir faire une « bloque transse » à vocation généraliste. On se retrouverait dans la même impasse. Il s’agit déjà d’échapper à l’appropriation cisse et transunitaire, de former autant de grumeaux qu’il en faudra (ce qu’il nous faut c’est ce qui nous manque – et à qui ça manque !). On n’ira pas tirer les collègues par le bout de la manche ni leur faire du chantage moral-politique. Il faudra juste assumer ses situations et ses choix éventuels.

 

Bonne intentions ou pas, identités ou autres, l’unitaire ramène toujours au majoritaire systémique. Et toujours sur le mode traditionnel, dualiste fondé sur la puissance sociale implicite, la légitimité, où ce qui ne la porte pas, ou moins, est voué à l’assujettissement ou à l’anéantissement – quand ce ne sont pas les deux successivement.

 

*

 

Cela d’un point de vue, situé, et on ne se situe que dans un espace qui connaît son ordre. Nous pensons réellement qu’il nous faut nous désengluer, et de l’hypocrisie légitimiste de cisselande, à laquelle nous n’aurons jamais part, et de l’illusion mixitaire de translande, qui nie les spécificités de la violence sociale à notre égard comme l’existence des rapports sociaux entre trans’. Et pour cela nous organiser entre nanas transses, sur une base sociale, c’est à dire de qui est traitée socialement comme nana transse, avec tout ce que ça implique. Et sans exigence par ailleurs de consensus politique maximal. Nous gardons bien conscience que ce genre de proposition, de par son format même, s’adresse d’abord à des nanas transses issues des milieux féministes, « de genre », politisés, alternos, etc. Mais elle peut aller aussi au-delà.

 

Les approches convergentistes et unitaires, incontestablement issues d’excellents sentiments, ont dans les faits, et dans la dynamique sociale et idéologique qui prévaut, un effet d’invisibilisation, pour ne pas dire de négation, de la plus grande partie des rapports et inégalités sociales, et de reproduction des rapports d’alignement et de pouvoir perçus comme « légitimes » ou « naturels ». L’unité se fait toujours et de manière dualiste, avec les légitimes et les illégitimes, et par ailleurs de manière hiérarchique, les fondements donnés à cette unité n’étant jamais neutres. De ce fait, plus on est dans une situation illégitime, plus les idéologies unitaires sont dangereuses pour nous. Enfin, celle-ci ont pour conséquence une fâcheuse « déréalisation » des rapports sociaux considérés comme secondaire ou illusoires, bref là encore d’une gradation dans la prise en compte systémique de ce qui se passe socialement et réellement. L’antidote est de résolument prendre en considération ce qui nous concerne et que nous connaissons, de piocher pour le mieux connaître, et de reconnaître par principe l’ensemble des rapports sociaux dans leur existence factuelle ; et d’éviter de placer tout ça dans une convergence hiérarchique qui fera apparaître certains de ces rapports et disparaître d’autres. Et de ne pas croire a priori qu’une vérité ou qu’une direction convergente de dessine toute seule et encore moins appelle « tout le monde ». Considérer les séparations et les divergences, sans d’ailleurs non plus les essentialiser. Et arrêter de nous livrer béatement en réclamant égalité et considération à des sociétés, comme aux agglomérations affinitaires qui finalement en font toujours partie, structurées sur l’inégalité et le mépris envers ce qui ne porte pas les formes qu’elles valorisent. Nous n’avons aucune place à prendre dans le dispositif, aucun déjà là à revendiquer. Nous sommes un glissement de terrain dans le rapport social de sexe et nous nous plaçons là où ce glissement nous mène.

 

*

 

Nous n’avons conséquemment qu’à nous prendre en charge nous-mêmes. Si nous manquons sytématiquement de le faire depuis des années, pourtant sans cesse méprisées, agressées, ramenées à notre illégitimité foncière dans l’ordre de la sexuation, aggravée par la dépréciation sociale générale de l’assigné féminin, c’est tout simplement parce que, quoi que nous fassions mine de dire ou d’écrire, nous avons intériorisé cette illégitimité, cette dépréciation, que nous nous fuyons les unes les autres, et que quand il nous arrive d’en parler ou d’en écrire, on voit vite que l’idéal que nous nous appliquons à reproduire et à espérer, est un idéal systémiquement misogyne. Sauf que, quoi que nous voulions ou souhaitons, ça ne marche pas. Nous sommes doublement hors de cette référence, et à un moment il va bien falloir encore une fois en tirer conséquence. Non pas nous réfugier dans des imbécilités larmoyantes genre victime, encore moins dans des stupidités baudruches genre fierté, mais assumer que nous sommes sur un chemin à rebrousse-époque, à rebrousse valeur sociale, à rebrousse légitimisme et (re)masculinisation des sociétés, que nous avons ouvert de fait ce chemin, particulier, complexe et quelque peu cornélien, par notre existence et notre multiplication, et nous n’avons probablement rien de mieux à faire que de le frayer résolument, sans nous laisser ramener à un bercail qui suppose notre effacement (euphémisme…) par les palinodies mensongèrement inclusivistes ou neutralisantes.

 

Il ne s’agit donc résolument pas de vouloir revenir en arrière, même pour « prendre » (et de quel point idéal ?!) un « autre chemin ». Il s’agit d’aller de l’avant et de remettre en question, par le fait, l’idéologie convergentiste tépégienne, elle-même copie « subversive » (!) du pack « lgbt », bref « d’hétérolande pour touTEs ». Il y a tout de même un problème quand la « subversion » consiste à réclamer l’universalisation du mode social dominant. Mais il y a longtemps qu’on sait que l’affaire n’est pas de changer le monde, mais de simplement, et ô surprise vainement, tenter que tout le monde incarne pleinement le dit mode social. En cela, que nous le voulions ou non, et nos « amies » et « alliées » le sentent bien quand elles nous répriment, nous constituons un accroc dans le consensus, nous avançons, fut-ce à reculons (?) dans la remise en cause et le négatif. Or, possible que pour sortir de l’état des choses, il n’est peut-être mieux que de s’intéresser à ce qui n’y marche pas. Et c’est fréquemment lié à ce qui, de manière systémique, bien au-delà donc de question d’identité, est assigné féminin. Il n’y a bien sûr pas de garantie à ces sujets, il n’y a jamais de garantie d’où on va ou ne va pas dans l’histoire sociale humaine. Et personne à qui en demander. Nous n’allons nullement vers un « où nous aurions déjà toujours du être » ; nous n’y trouverons aucun passage, il n’y a rien à cet endroit fantasmatique, que le bloc de ce qui nous refuse et nie ; si nous subsistons, nous allons de fait, sans pour autant avoir tout inventé, loin de là, vers où il n’y a jamais eu personne, ou presque. Une marge du rapport de sexe qui aujourd’hui se peuple et se modifie en se peuplant.

 

Mettons nous donc bien dans la tête que nous n’avons rien à demander, rien à recevoir, rien à accepter. Que ce soit vis-à-vis des cisses, des m-trans, des non-binaires. Il nous faut abandonner, dans ces cadres et ces secteurs, la revendication d’une place préformatée par une structure sociale qui a vocation à nous faire disparaître, ce qui nous permettra peut-être déjà d’éliminer chez nous le ressentiment, pièce maîtresse de la remasculinisation actuelle du monde, et de nous tourner vers autre chose. Nous devons nous autodéterminer, en autant de non mixités qu’il le faudra - parce qu’il ne faut pas nous la jouer, il n’y a pas non plus d’unité ni d’égalité sociales chez les nanas transses, au-delà de l’illégitimité commune. Et ce n’est d’ailleurs peut-être que comme cela que nous pourrons, peut-être, après, reparler et agir avec les autres minorités, de genre ou autres. Ou pas. Il n’est pas question de le poser en a priori, sans quoi nous ne démarrerons jamais, nous serons toujours déjà arrivées, dans notre élimination. Nous sommes contre, de fait, mais pas pour nous faire une place dans un état de choses qui ne peut aujourd’hui que vouloir notre peau. Nous sommes contre pour y ajouter, aider à en retrancher, bref le faire changer.

 

Nous avons besoin d’autonomies et de séparations sociales de nanas transses, d’initiatives conséquentialistes, qui prennent en compte ce qui se passe et pas « ce qui devrait se passer », au large des convergences trans’unitaires. Et quelque part, si nous ne faisons rien pour nous, hé bien nous aurons « mérité » ce qui se passe, fonctionnellement, contre nous. Troisième raison parmi beaucoup de rejeter toute victimisation.

 

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Enfin, soyons méthodiques et un tantinet cohérentes : tous les rapports sociaux, ou tous les aspects du rapport social, comme on voudra, fondent des non-mixités, particulièrement nécessaires en période de régression et d’élimination. Il faut cesser de les mettre en cause au nom de convergences illusoires, de les hiérarchiser en fonction de grandes idées, et conséquemment de les délégitimer, quelles qu’elles soient. Soutien à toutes les non-mxités. Les majoritaires ne sont jamais réellement pour les non-mixités et encore moins les séparations, la mise en évidence du rapport social quoi, l’autoprotection de leur cheptel ; essaient toujours de s’universaliser et de garder la patte dedans. Au mieux les tolèrent comme des « outils », forcément circonscrits et à surveiller étroitement. Et les minoritaires passent leur temps à tenter de s’intégrer à leur valeur ou à la reproduire, avec ou sans copyright. Bref c’est marrant, référence sociale exclut par logique dynamique séparée. Les convergences a priori sont à remettre en cause et à examiner systémiquement. Les séparations ne sont pas les « outils », neutres, neutralisants et bénins que voudraient les tousse-ensemble, provisoires, toujours assujettis à une destination fraternitaire, idéale et bien ordonnée. Les séparations sont en soi un objectif et une condition d’existence sociale. Le déjà vieux coup de la nécessaire communauté d’intérêts humaine ou populaire est et reste une vaste blague prétexte, son légitimisme même et ses structures internes comprenant d’emblée objectifs et hiérarchie. C’est comme le ciel, il faut cesser d’en chercher les rampes de lancement. La question est c’est ici, maintenant, et à partir de ce que le rapport social nous a fait. Nous ne sommes pas identités, origines de quoi que ce soit, mais conséquences. Et si le passif est lourd, rien n’est pour autant tout à fait écrit. Nous ne sommes origines de rien, nous sommes des conséquences d’un glissement et peut-être, si nous avons de la chance, d’une rupture.

 

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Nous donnons quand même fortement l’impression, par le mélange de désir formaté d’intégration et d’inévitable déception duquel nous avons tellement l’air de ne pas vouloir sortir, que nous sommes parmi les plus décontenancées, les plus impréparées, et des fois même les plus réticentes, à notre propre existence et à ses conséquences. N’empêche, nous sommes là, et il va falloir nous y faire !

 

 

 

 

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PS. Et une fois cela dit, eh bien évidemment rien n’est dit, on est toujours avant même le départ. Ne serait-ce que pour la raison que je mets presque au début : nous sommes en coin dans, et nous avons à interroger systémiquement un fonctionnement social complexe, pourtant probablement fatalement binaire, hiérarchique, dont il est sans doute vain de croire que les éléments puissent être détachés et « neutralisés ». Un fonctionnement dont il faut toujours nous rappeler que nous sommes issues, même si à la marge. Il ne s’agit pas d’un objet, il s’agit du sujet social, nozigues quoi. Nous ne pourrons pas en faire ce que nous voulons sur un claquement de doigts et surtout encore moins spontanément et par désir, car cette spontanéité et ce désir en sont déjà produits et structures.

 

 

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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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