Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 09:09

 

L’affect, ses avatars et ses contraires – ou comment la politique qui se veut pure (et dure), laquelle ne peut par là même que suivre et accepter avec plus d’exactitude, le petit doigt sur la couture du fight dress, bien dégagée sur les oneilles, les exigences d’un social éliminatoire et de ses justices ad hoc, se restreint de plus en plus à cette forme bifronde d’appropriation et de légitimation/délégitimation insérée dans un volontarisme transcendant et cynique, et à ses conséquences finales convergentes, du contrôle social et de l’instrumentalisation à l’assassiniat, aboutissement convergent, lequel résout toutes les questions. La politique ne sait faire que ça de la question sociale : solutionner/anéantir. Ce qui est le cas autant dans le relationnel que dans la politique : l’affectif finit par la valorisation, la prise de pouvoir et le meurtre de masse. Politique, subjectif, même combat. Idéologie de la guerre perpétuelle comme moteur du justifiable, de la dignité comme culotte courte de l’inégalité. À présent que l’argent se cache et se concentre, que la pauvreté se généralise, révolution ni putsch ne nous rédimera. Les agenda politiques sont mode avancé de reproduction du rapport social et de la propriété, d’autant qu’ils se prétendent autonomes ou premiers. Nous n’aurons pas su nous défaire, dès notre quotidien, de ce prétendu immédiat, de ses chantages à la valeur et à l’existence ? Nous l’avons romantiquement érigé en « contre-pouvoir » (ha ha ha !) ? Nous allons bénéficier de sa version totale. Laquelle pourrait bien siffler l’extinction de partie à tous les niveaux – en commençant toujours par les mêmes.

 

La politique et ses diverses incarnations, de l’affectif à la culture en passant par l’identité et autres retours aux sources, couvrent, invisibilisent les rapports sociaux et économiques qui nous tuent, neutralisent, naturalisent leurs déterminations et contenus, les soustraient à l’examen et à la contestation, en détournent l’attention vers des fétiches et autres symboles sacrificiels. Ravitaillent en sens l’inchangement et la perpétuation. Pourvoient les solutions en raisons et réponses. Protègent les hiérarchies et les évidences. Les stigmatisées ont tout à perdre, jusques à elles mêmes, à communier dans cette assomption faite par et pour la puissance, ou son avatar la résistance, promotion d’intemporels sujets toujours déjà là, exonérés de toute responsabilité dans notre présent, alpha et surtout oméga, in fine confirmation des rapports de force ; à croire qu’elles peuvent être principes égalitaires, infuses, qu’il n’y a pas à les mettre en cause mais au contraire à s’y abandonner, dans l’enthousiasme de la contrainte et de son immanence disciplinaire. Il y a beaucoup à dire sur ces retours aux niches, ce qui y converge et ce qu’ils potentialisent.

 

C’est ainsi que nous adhèrerons, serrerons les vis, mourrons, ferons mourir, justifierons les moyens, dans la pénitence et le ressentiment, la hargne et la possessivité, certes des conséquences d’un subjectivisme peut-être indémêlable, mais aussi d’avoir reculé devant la négativité et la critique, et d’avoir renoncé à tenter de le démêler, pour ne pas dire nous en débarrasser. Pour nous être accrochées à la réalisation de ce nous-mêmes angoissé et morbide, y avoir revendiqué notre droit (!), et avoir rejeté toute perspective d’émancipation envers ces formes pathétiques et mesquines à la fois. Nous allons crever et faire crever des extrémités de la positivation et de ses méthodes coué. Des échappatoires ne pourraient désormais plus se tenter que contre les fondamentaux, à terme convergents, injonctions intériorisées décrétées libérations, travesties en subversion, spontanéifiées, et ceux-ci nous ont hypnotisées comme jamais. L’enchantement du monde, c’est l’adhésion approbatrice au règne du dépassement, de l’au-delà. Bref de la mort, par ce à quoi elle a toujours servi historiquement : solution et règlement universels. Top classe.

Partager cet article

Repost 0
Published by

La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
  • Contact

ni alliées, ni amies, ni copines, ni soeurs ; autonomies transses

.

Recherche

Épines