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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 17:08

 

Plan d’urgence. Y faut trouver le moyen de forcer les chômeuses qui dit on se la coulent, et autres réfractaires, à aller enfourner la bouffe (industrielle ou bio, pareil) en barquettes, passer la serpillière et torcher le cul de la part de la population qui est réputée ne plus pouvoir le faire. Pasque c’est ça, qui suinte des circonlocutions du communiqué afp suivant

 

http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/06/20/l-elysee-prepare-un-plan-d-urgence-pour-resorber-le-stock-d-emplois-non-pourvus_3433334_823448.html

 

Ben ouais, on a très bien compris. Il y a peut-être deux ou trois postes de forgeronnes ou de tractoristes en déshérence, mais en réalité à peu près tout ce qui est à pourvoir, c’est les habituels boulots particulièrement merdiques, pénibles, humiliants, très mal payés, et prioritairement pour des nanas (au besoin, si qu’on n’en prend pas assez au filet, aussi pour des mecs qu’on fera ainsi bisquer en les réduisant un tantinet à une condition féminine, pas grave, y pourront se venger en rentrant au domicile familial, ce hâvre…). Sûr pourtant que beaucoup d’entre nous préfèrent désormais se démerder, des plus diverses manières, que d’accepter ces emplois pourris. Pour ça qu’y a plus personne à les tenir, hé !

 

Mais qu’à cela ne tienne, on va nous y forcer, tiens. Une flique, une sociale derrière chaque nana, déjà pour qu’elle se débarrasse pas tardivement ou hors cadre de ses aliens, comme je l’ai déjà moult fois fait remarquer, mais aussi pour qu’elle aille serpiller, torcher, servir, sourire… L’histoire du travail, c’est l’histoire du travail forcé, que ce soit de manière coole dans les périodes de cocagne relative, appât du gain et injonction mutuelle, ou de manière pas coole du tout, quand il a fallu autrefois mettre les gentes au boulot (worhouses et hôpitaux généraux), ou à présent quand y s’agit de mobiliser pour rabioter un demi pour cent de croissance et bien tenir son monde. Z’ont bonne mine nos amies les prohi qui participent, à leur manière fort peu originale, rédemption bon pasteur, à la mise au travail honnête et contraint, à la production de valeur, à la paix sociale, concurremment avec les macs et avec l’état ! Tout ce beau monde nous voudrait filles soumises, identifiées aux nécessités incontournables du maintien de l’ordre : revenu, amour, participation enthousiaste à notre misère. Positives, prévisibles, productives. On est de plus en plus nombreuses à les décevoir et à les faire enrager ; si qu’è pouvaient en crever !

 

En plus, hé – à l’échelon au dessus, ça va bien à terme créer des postes de matonnes en tous genres, un peu mieux payées en argent mais surtout rétribuées en puissance déléguée, de noter, d’opprimer et de terroriser. Wah le paradis en perspective très, très proche ! La trique, la peur, la haine. Comme en Espagne, tiens, dis, où l’économie repart, avec la moitié du salaire en moins, et la file devant le guichet d’embauche.

 

On veut pas bosser, échanger du temps contre trois picaillons, devoir se soumettre et s’échiner pour pas être virées et stresser ; ou alors le moins possible, pour le plus possible, point. Et on est de plus en plus nombreuses à pas vouloir. Gneu !

 

Une révolution féministe sera, peut-être, je l’espère, celle de la paresse, du refus et du sac. Ni conjointes, ni employées, ni citoyennes. Zébi et des cisailles !

 

 


 

 

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 08:39

 

  

criaient les ultras en Espagne au retour de Ferdinand VII. Je ne sais pas quelle régence ou quelle divinité est en ce moment sur le retour chez nous, à f-tpglande et autour, mais j’ai l’impression d’y entendre ou d’y lire de plus en plus souvent des exclamations de ce genre. Quand ça fait mal c’est que ça fait du bien ! Et c’est quand on est enfermées, engluées, qu’on se sent le plus à l’aise. C’est même ça qui nous tient debout. Ainsi que des momies salées dans une cave.

 

Un sophisme aporique qui nous semble de plus en plus cher le suggère : l’émancipation, l’égaillement, l’évasion, la sortie et le bris des cadres sociaux seraient des privilèges, donc pas bien, à éradiquer. S’il y a au contraire quelques choses dont, de fait, il y aurait toujours assez pour tout le monde, et sous les formes les plus diverses, imposées comme autoproduites, ce sont bien la domination et l’aliénation, les traditions et les fondamentaux. C'est là que nous trouverons la stase bénie, et non pas dans de douteuses divergences sans garantie aucune, des audaces égoïstes et répréhensibles. Républicaines, identistes, communautaires, technologiques, le salut est dans la réalisation performante des challenges en vigueur : valoir, échanger, citoyenner, baiser, s’identifier, prier…. Toujours plus fort toujours plus vite. Les épouvantables dégâts collatéraux, les violences, les oppressions répétitives, les compromissions ahurissantes qui en résultent obstinément et à toutes les échelles sont de déplorables insuffisances, des aléas de la longue marche vers la sujette accomplie, des bourdes, éventuellement de criminels sabotages ourdis par de sombres méchantes, mais on va y arriver. Faut y croire, et pédaler. Nous ne saurions vouloir les causes des conséquences desquelles nous nous plaignons, tout d’même ! On n'a pas la berlue à ce point ! D'ailleurs, on va apprendre à ne plus se plaindre des conséquences, à les recontextualiser, à les aimer, à en jouir, à y voir la porte de la félicité. Plus ça rate, plus ça doit marcher au final. Ma-thé-ma-tique !

 

Oscours !

 

 


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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 09:31

endormie

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 09:01

 

 

 

Pioché dans le quotidien régional : « les produits minceur ne se vendent pas du tout ».

 

Quand on sait à qui ces charmants poisons sont prioritairement destinés, socialement imposés, et pourquoi comment, on ne peut que se réjouir.

 

Maigreur, dépendance au désir et à la reconnaissance sont de la même famille. Et pas qu’à hétérolande - même compte non tenu des tristes efforts que nous faisons pour y similer. Qu'à voir l'iconographie de nos petites soirées osées. Conciles cadavériques. 

 

Il est temps de contreprogrammer. Ainsi que nous l’avions inscrit autrefois sur le mur lors d’une mémorable rencontre féministe : Manger Dormir Grossir !

 

A poings fermés.

 

Et tout bousculer quand on se réveillera.

 

 


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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 12:29

 

 

L’amour est politique. Les hétér@, ministres comme artistes, se fendent en quatre pour nous mettre en scène, actrices de nos vies, et nous faire éprouver par le fait que nous ne saurions décemment vouloir vivre autrement que ce qui s’est fait et refait depuis des siècles.

 

Un indice : si jamais le cauchemar social venait, par l’effet de quelque bienfaisante sorcellerie, à se dissiper, orphelines de l’aliénation, nous serions je pense capables de le reconstituer à peu près intégralement, diy, rien qu’à partir de la pratique assidue et consensuelle de cette forme-glu.

 

Oserions nous y manquer ? Nous sommes si désespérément bien élevées...

 

 


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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 16:49

 

Je sais pas qui se rappelle, aujourd’hui, des découpures de petites silhouettes humaines, plutôt neutres, c'est à dire masculines, auxquelles on s’amusait dans le temps, y a longtemps, quand vraiment on s’emmerdait ferme. Attachées irrémédiablement les unes aux autres par des extrémités disparues dans la fusion. Ce qui est une transposition assez exacte de la relation obligatoire et normative : elle mutile, et on s’y résigne souvent pasqu’on vit des vies de m, enfermées, angoissées. Autant m… à deux, trois, quelques, n’est-ce pas, l’important étant de bien garder les formes.

 

J’y ai pensé vivement en voyant, sur un journal local (même pas vers ça de chez moi, bien qu’on fasse difficilement plus local), la photo d’un de ces pochoirs que jusques aux moins populeuses « manifs pour tous » ont laissé, vous savez, la famille, sans mains sans pieds, fondus les uns dans les autres, l’idéal de la dépendance quoi.

 

Ce pochoir, sur un trottoir de sous-préfecture, avait cette particularité qu’à un endroit ça avait bavé. Voui. Grosse coulure éclature. Devinez où ?

 

La tête de la môman, éclatée, écrasée, volatilisée, comme dans la réalité quoi.

 

*

 

Je voudrais aussi, chiante comme pas deux, profiter de l’occasion pour demander, ingénument, où sont passés tous les jolis badges, vous savez (re !), ceux avec la famille la maison le monospace, qu’on arborait avec une joie féroce à tpglande il y a quoi, dix petites années. Avant qu’on s’avise que se réapproprier les formes d’hétérolande c’est super subversif et émancipatoire.

 

Même si la famille qui y est symbolisée est éminemment hétéro-hiérarchisée, il semble que nous soyons mal à l’aise devant la similarité de ce que nous en sommes à défendre ; et que porter ce badge est devenu du mauvais esprit.

 

C’est le seul, à peu près, que je trimballe encore.

 

On pourrait remplir je crois un beau cercueil de nos audaces, de nos volontés, de nos espoirs, avec ces badges désormais devenus un peu inopportuns, maintenant que nous en sommes à profamilier concurremment avec celleux qui veulent notre peau, histoire de leur être égales et de leur ressembler trait pour trait.

 

Y compris la tête éclatée : dans la famille, dans la relation, dans le milieu, il y en a toujours une, au minimum, qui aura la tête éclatée. D’expé.

 

 


 

 

 

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 08:37

 

 

Hé oui, on aurait presque tendance à les oublier tellement y sont partout, petits et grands. Ça fait un moment que je n’en avais pas causé. Nous on marche ni sur des œufs, ni sur des pois, on zigzague entre les boulets, on se tape les chevilles dedans.

 

Dernier en date, Ozon, le cinéaste aimé des gays misogynes et des libérés genre club échangiste miteux bien sombre. Passe encore qu’il nous ait sorti un film débile et caricatural sur le tapin, un de plus ; il faut bien croûter, n’est-ce pas ? et ce genre de truc se vend, particulièrement je pense à ceux qui se croient tellement attirants - mais quelle pitié, personne ne le reconnaît ! 

 

Mais comme c’est le festival, et qu’il faut assaisonner la pub de profondes sentences morales z’et culturelles, il a réussi à nous ressortir le très classique, au moins aussi vieux que les Lumières, cliché des nanas qui, naturellement, par leur constitution, aurions pour fantasme de tapiner, comme ça, rien que pour la chose, gratoche au besoin – ce qui est un non-sens, le tapin implique rétribution. On est juste à côté, bien entendu, du fameux fantasme de viol, si on te dit non tape la et entre, elle attend que ça, qui est l’équivalent en termes de « relation amoureuse », comme on dit.

 

Hurp…

 

Alors déjà c’est frappant (!) à quel point les mecs se considèrent tellement comme désirables et valeur en soi que leur obsession, finalement, c’est toujours de nous avoir, déjà, et de nous avoir pour rien, et qu’en plus on dise merci. J’ai déjà fait remarquer que c’était un des fonds récurrents de la pensée des mecs anti-tapin – comme des autres ! Du patriarcat, quoi, pour être lapidaire. Désir qui s’est universalisé dans l’idéal amoureux et sexuel, un des plus sûrs systèmes d’assujettissement qu’on ait inventé, et que nous sommes encore à essayer de nous imposer à toutes.

 

Mais ce qui m’épate encore plus, au-delà du répétitif « les femmes c’est comme ça, les hommes c’est comme ça » et les unes doivent passer sous les autres afin de devenir ce qu’elles sont, c’est la naturalisation des systèmes sociaux qui fait la crèche dans laquelle nous jouons les santons, bien prévisibles bien dociles.

 

Ben oui. Le tapin est un boulot. Ce qui pose immédiatement la très insistante analogie : les humains fantasment à mort de bosser. Tellement ça fait mouiller d’être commandé, humilié, exploité, stressé, mis en concurrence, tout ça pour gagner sa vie, jouissance ineffable du virement de fin de mois ou d’affaire conclue. Et si les choses se grippent, d’en revenir au travail forcé et gratuit, pendant qu’on y est. On y est, d’ailleurs, en ce moment même.

 

Le pire c’est que nous en sommes arrivées à une telle situation de dépossession, d’aliénation et de violence que, oui, effectivement, on en est à fantasmer, à désirer de bosser, pasqu’y a quasiment plus d’autres possibilités de survie, et aussi que c’est censé être ce qui nous fait exister, nous justifie à nos yeux et à ceux des autres, fait de nous des personnes utiles.

 

Comme le sexe. Tiens, j’ai dit bizarre, comme c’est étrange…

 

Évidemment on est censées rêver de bosser pour un bon salaire, dans de bonnes conditions, à quelque chose dont on arrive à s’imaginer que ça nous intéresse. De même que baiser super cool, sans dépendance et sans violence, en jouissant à fond et sans attraper de boutons.

 

Que, comme système social, et système d’échange et de concurrence, ce doive fatalement être pas du tout ça pour une très grande majorité, et à terme pour tout le monde, ce n’est, depuis deux ou trois siècles, qu’un mauvais moment à passer. La démocratie, la croissance et la safety consentimentielle vont nécessairement parvenir, par leur perfectionnement et leur absolutisation, à faire de ce charnier d’imperfection un paradis terrestre. C’est ce que nous racontent toutes les instances chargées de faire en sorte que ça tourne et qu’on n’en sorte sous aucun prétexte. Logique shadokienne : plus ça rate, plus c'est sûr que ça doit réussir. 

 

Et – pareil – que dès qu’il y a valeur d’échange et recherche de l’équivalence, tout est par essence marchandise, à commencer par nous-mêmes, oh ben non alors, ce serait trop déprimant. Oublions et prohibons. Tout le monde aux galères décentes. Et aux relations gratoches – voir plus haut.

 

Une fois de plus, c’est effarant comme il y a, au sujet de la crèche où nous devons santonner, consensus fondamental entre nozamies la glu et nozamis les boulets, les prohi et les pro-sexe par exemple. Les systèmes d’échange auxquels nous sommes contraintes sont incontournables, incriticables, naturels, il s’agit juste de les faire bien fonctionner, d’en traquer spectaculairement les mauvais aspects et les pires méchants – étant entendu que ce ne peut être le système lui-même qui soit à remettre en cause. Bosser, baiser, citoyenner, quel pied. Au moins cher possible cependant, sobriété santé – parce qu’on a bien compris que l’intérêt, le seul, le vrai, c’est celui de la boutique, de l’état, de la relation et de l’économie.

 

C’est pour ça que ce que dit Ozon est largement aussi bête que méchant. Et exprime à plusieurs niveaux les structures du patriarcat. Celui de la nature de sexe comme celui de la nature humaine et sociale. En affirmant, candidement, l’appétence pour les rapports de domination, on est à deux doigts de se flanquer dans le décor, de renverser tout le carton pâte qui fait le fond de la crèche, ce qu’évidemment aucune des protagonistes ne souhaite, ouh là là.

 

Quand Ozon éructe que « les nanas, ça rêve qu’à ça, et dans toutes les positions », j’entends en parallèle la clameur planétaire : « les gentes, ça rêve qu’à être salariées, utiles ». Je me méfie de la paléontologie des formes sociales, mais c’est tout de même à se demander ce qui a suivi quoi.

 

Bref, ben non, le boulot, la dépense de force non pas pour vivre mais pour gagner sa vie en y laissant l’essentiel, pour moi ça n’a rien d’excitant, que ce soit le tapin, la caisse enregistreuse, les couches-culottes ou les services de geston/répression. Je sais que ça l’est devenu pour un certain nombre, genre artisans consciencieux ou cadres workaholics. Ça fait plutôt froid dans le dos. Comme dit un vieux proverbe russe, « si on cogne suffisamment longtemps sur un lièvre, on peut lui apprendre à gratter les allumettes ». Et à aimer son sort.

J’ai eu l’occasion de remarquer que ça l’était beaucoup moins, devenu excitant, chez les nanas qui tiennent des emplois de m…, commerce ou aide à la personne, ces emplois honnêtes que voudraient généreusement nous offrir les prohi, lesquelles ne tiennent pas du tout à remettre en cause le travail et l’économie, encore moins la subordination qui va toujours avec.

L’aliénation, ce n’est pas de faire ni même de subir – c’est de se projeter dedans et de s’y retrouver comme soi-même.

 

Pour en revenir à notre ami le boulet, évidemment, là il l’a faite bien grosse, au milieu du parquet, on ne peut pas la manquer et c’est ce qu’il voulait, sûr de l’approbation plus ou moins discrète de ses congénères. C’est ça qui compte, en ce printemps des c…s. C’est là-dessus que capitalisent tous ceux qui sentent peut-être venir un retour aux fondamentaux de l’ordre des choses moderne, lesquels peuvent se résumer en peu de notions : la disponibilité enthousiaste, la précession des désirs, l’amour de la dépendance. Avec l’accès gratuit, pasque les caisses sont vides, mais qu’il reste hors de question de renverser la relation-valorisation et le repos du guerrier de pépé, qui est déjà au chômage, déclassé, le pauvre. Ozon, les mecs en général, les prohi et bien d’autres instances font dans la protection et la perpétuation d’hétérolande, à pas cher. On ne peut guère montrer plus nettement que là se tient, avec le rapport d’appropriation, ce qui maintient l’ordre des choses en place.

 

 


 

 

 

 

 

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 09:34

 

Elle est toute seule, la pauvre bergeronnette, toute seule de son espèce, arrivée sans doute l’autre jour en voletant derrière la remorque qui amenait au pré de tristes vaches laitières de réforme, vouées à l’abattoir à brève échéance, une fois qu’elles auront brouté un peu.

 

Il caille, dans ce sale pays où on n’a pas entendu un coucou du printemps – si tant est qu’on puisse parler de printemps ici. La neige est sur la montagne, pas loin. La bergeronnette, non seulement est seule, non seulement a froid, mais elle a rien à croûter. Y a pas un insecte dans l’air. Tous aux abris.

 

Elle pite donc dans l’eau, à sa manière de cane miniature qui se dandine et agite sa queue de haut en bas. Je la plains. On dirait mézigue, pareille, seule, malvenue, frigorifiée.

 

Comme quoi : ne suivez jamais les remorques !

 

 


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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 09:18

 

 

 

 en pensant à C, super-trans, morte ; et à d’autres, pareil.

 

 

 

Récemment, mais c’est évidemment pas la première fois, « on » m’a renvoyé dans la figure, par défaut, et aussi pour glisser d’un argument raté à un autre pourri, que je n’avais pas à me plaindre puisque j’étais en pleine forme. Ben tiens. Dépression grave suite à abus, calomnies, persécution et violences, conséquences matérielles et financières de cette dépression, maladie métabolique consécutive à tout ça, vieillissement précoce, isolement humain, politique et social à peu près total – comptez combien de gentes vous voyez par semaine. Tout va bien ! Comme les bio ne me voient pas, elles peuvent se brosser l’habituel portrait imaginaire de la super-trans, inoxydable, indestructible, à qui on peut faire n’importe quoi sans que ça doive tirer sérieusement à conséquence, de toute façon c’est pas vraiment sensible ces bestioles.

 

Et les une fois tous les dix huit mois qu’elles me voient, ben je suis en pleine forme, évidemment. Tu parles que je vais pas me la jouer plaintive, geignarde, comme le font justement les cheffes bio bien entourées, histoire qu’on ne leur demande jamais de compte. Elles ont bien raison : il faut toujours crier avant d’avoir mal ; sauf que plus vous descendez dans l’échelle de valeur sociale, moins vous avez le droit de le faire.

Déjà j’ai pas envie, en général, de trop geindre quand je suis en société – ne serait-ce que parce que ça me réjouit de voir du monde, c’est pas tous les dix jours que ça m’arrive. Et puis surtout quand on ne fait pas semblant qu’y a aucun problème, que la vie est belle, que le milieu est paradisiaque, de toute façon, nous les nanas trans, c’est la porte dans la gueule, direct. On n’a pas à être faibles ou abîmées, ou alors si on l’est poubelle, déchetterie, hop. Ça aussi j’ai expérimenté.

 

Après, hein – comme je dis toujours on n’a pas signé pour cocagne. On a voulu être femmes, on l’a eu, superlativement puisque jusques aux femmes bio – et bien souvent aussi nos camarades m-t’s - nous traitent, justement, selon le rapport d’assujettissement féminin. On doit être à la fois résistantes et dépendantes, être là quand on a besoin de nous et virer sans un pet dès qu’on n’a plus. On doit porter leurs petits et grands malheurs, et avaler tout rond les nôtres, gloup. Nous sommes toujours le problème, jamais la solution, et toujours au mauvais endroit, au mauvais moment – une performance ! Enfin nous sommes, quand plus utilisables, remisées dans la solitude, exactement comme le sont la plupart des femmes dans les sociétés straigth.

 

Ah c’est ce qu’on appelle un apprentissage, je dirais pas accéléré, mais radical, de la reproduction des formes sociales. De leur réappropriation. Et des rapports qui en découlent.

 

Une des ces formes, enfin son aboutissement, c’est le mythe de la trans qui n’a besoin de rien, que rien ne peut – c'est-à-dire ne doit - atteindre. Sans entretien quoi, pas humaine, pas sensible, rien. Mythe que nous sommes malheureusement obligées d’abonder nous-mêmes, parce qu’on sait bien que si on vient à couiner, à reprocher, à réclamer la moindre chose – « je vous l’avais bien dit, c’est des mecs ». Et ce, je souligne, chez les « inclusives », vous savez, celles qui vous causent du genre et de la construction toute la sainte journée. Mais qui n’y croient pas un pet. Moi non plus d’ailleurs, désormais ; en tous cas pas un instant au rôle de bouleversement que devait jouer cette notion, qui se révèle un nouvel outil fort efficace de reconduction de l’ordre des choses et des gentes.

 

Bref, darwinisme social et roublardise intégrée obligent, les nanas trans meurent souvent vite, au retour d’âge. On les voit plus, on se pose pas trop de question, et puis un jour au détour de je ne sais quelle échotterie on apprend qu’elles sont mortes. On sait souvent pas trop comment, tellement ça n’a pas d’importance.

 

Vite. Usées vite en tout cas. Notre rôle est de donner un peu de pep’s au mouvement, de produire pour lui un peu de cette légitimité dont par ailleurs nous ne bénéficierons, nous, jamais ; puis de disparaître. Zou. Encombrantes. Les bio ne nous apprécient qu’en image ou mortes. Comme du gibier quoi. Avec les mêmes fantasmes qui y collent, la liberté (on se demande bien laquelle mais bon -) qui fait envie mais eh, hein, tout de même c’est ni catholique ni social, donc crevées, justice est faite et l’ordre peut coexister avec le rêve trouble.

 

Nous faisons, avec quelques autres, les frais préliminaires de la straightisation massive, via les formes sociales intégratives et conservatrices revendiquées, pratiquées et pensées, des mouvements féministe et tpg. La normalité a gagné, il fallait bien qu’il y en ait qui en paient les arrhes – le solde, qui va suivre, ça sera à charge d’à peu près toutes, embarquées ou non dans ce ralliement ; serons nous encore là pour en sourire amèrement, de ce désastre politique et humain, là où pouvait se faire une brèche ? En tous cas, on ne tendra en ce cas ni main ni perche à celles qui nous ont pourries et tuées ; ni à celles qui les ont opportunément laissé faire ; on n’est pas abrahamiques. La « solidarité », c’est une belle arnaque de plus pour protéger la communauté d’intérêts des plus intégrées, éviter de critiquer les évidences qui la cimentent, et imposer silence sur les violences subies par les autres. Ni oubli, ni pardon !

 

 

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 19:01

 

 

Les gentes qui, au Bengale, cousent, sertissent nos t-shirts à pas cher pour rmistes et militantes (avec le pochoir diy super subversif !) vont voir leurs salaires augmentés après la série d’incendies et d’effondrements qui ont fait des milliers de morts.

 

L'ont bien mérité, allez - and the trade must go on.

 

Trop classe. Vivre séquestrées et épuisées, puis mourir écrasées ou brûlées vives pour un euro cinquante – allez, deux, et n’y revenez pas ! -  de plus par mois.

 

Quand est-ce qu’on renverse ce monde, ses droits, ses nécessités et ses désirs, au lieu de réclamer l’inclusion dans ses formes les plus daubées ?

 

 


 

 


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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ebranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée au backlash réac-libéral pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste novatrice, universaliste négative, apostate de l'intersectionnalisme, philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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