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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 09:10

 

 

Y a une grosse sauterelle verte, à casaque jaune, qui essaie obstinément depuis ce matin (tard, faut pas croire, je suis pas matinale) d’escalader la vitre qui est en face de mézigue. Évidemment, même avec les pattes qui adhèrent un peu, cela lui est impossible, elle arrive à se hisser un peu, puis retombe sur le rebord. Et recommence.

 

Ce qui est singulier, c’est qu’elle veut absolument grimper sur la vitre, pas sur le bois, où elle pourrait peut-être trouver plus d’adhérence. Nan, décidée, je crois me voir, au cours de toute ma vie, essayer de me mouvoir sur des surfaces hostiles, et reglisser à chaque fois dans des trous plus puants.

 

Elle va finir par être repérée par un piaf, qui va se dire « Wâ, de la viande ! ». Que oui, elle est dodue la sauterelle. Ça va faire un repas gras.

 

Je me dis c’est pas possible, elle a respiré des organophosphorés, elle a le cerveau en bidouille, pupuce. Ou va savoir, ce qui la meut. De la représentation sociale des identités chez les sauterelles vertes.

 

Répétitive, pathétique, vulnérable en diable.

 

Une vraie histoire de t’, quoi.

 

 


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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 08:28

 

 

« Les gens veulent une meilleure vie, mais ce n’est pas prévu » (par les textes en vigueur sur les droits, vous savez, ce qui est censé nous ouvrir la porte légitime au réel – et filtrer ce qui de nous aura l’entrée, comme en boîte). Ainsi s’exprimait récemment, avec la sincérité totale que permet le cynisme déresponsabilisé, un haut responsable aux réfugiés d’un pays européen. Beh ouais. La dignité, les bulletins de vote sécurisés, les moyens de com’ et de contrôle de la population (pléonasme), les cartes de crédit prépayées pour entrer enfin dans l’histoire, tout l’attirail de l’aliénation qui ne nourrit pas, ou mal et surtout sous condition, ça pas de problème. Pas crever de faim et de misère, comme prémisse, ah ben non, ça c’est pas prévu, mauvaise pioche. La seule valeur discriminante que personne ne se voit très bien pouvoir contester, c’est la valeur d’échange, la monnaie, combien de monnaie tu es, ce que tu peux échanger. Quelque identité que tu trimballes. Mais la pensée citoyenne émancipatoire s’arrête là, elle ne peut d’ailleurs pas aller plus loin, elle vient historiquement de la constitution du sujet autour de sa propriété et de ses échanges. Que deviendrait-on si l’échange venait à disparaître, si en échange de ça on n’avait pas ça, tout ça et rien que ça ?! S’il n’y avait pas de justice ?! Ce serait l’âge de pierre, l’animalité, la fin du social. Haram !

 

Il importe donc que les fameuses raisons économiques ne puissent fonder une quelconque exigence ou liberté à aller traîner ses guêtres où l’on veut, ni même à faire ou à ne pas faire. Les zones d’accumulation sont désormais ouvertement les frontières réelles et infranchissables, et les comptes en banque les malédictions ou bénédictions qu’on traîne irrévocablement avec soi, qui parlent pour ou contre soi. Tout le monde est d’accord : la production, le commerce, la propriété c’est bien. Il y a quelques jours, je lisais avec quelqu’ahurissement un véritable dithyrambe aux « pays émergents », qui « vont nous sortir du capitalisme » ! Je suis restée un peu sur le cul de cette hallucination, encore plus hallucinante que les célébrations, il y a un demi siècles, des capitalismes de rattrapage socialistes. Il y avait encore le vernis. Mais là c’est brut de brut : l’économie c’est la liberté, et le capitalisme va nous sortir du capitalisme. Cela sorti au moment même où la fameuse croissance des émergents se casse la figure. On ne rejoue pas dix fois de suite l’accumulation originelle, hé non, fallait être là. Ou envisager d’en finir avec la religion de la valeur.

 

Et c’est là qu’on ne peut pas. On peut se plaindre qu’elle soit mal répartie, que cette inégalité se calque sur tel ou tel rapport spécifique d’oppression, mais qu’elle soit là, au carrefour de toute la définition de ce que nous sommes, ah ben non, on peut pas, c’est comment dire, inimaginable. On en est même à croire qu’elle existe indépendamment de nous, qu’elle est suspendue dans les airs, nécessairement bonne, nécessaire tout court, et que ce ne sont que nos turpitudes qui empêchent son bienfaisant déploiement. Un peu comme la providence ou la bonté du roi. Un barbu a autrefois remarqué ce caractère religieux du rapport à la valeur, dans des chapitres que ses héritiers proclamés évitent généralement de trop mettre en lumière. Cette croyance qui s’est enracinée au cours des siècles, s’est rendue consubstantielle à la domination, que les choses ont un prix, que c’est ce qui fait tourner le monde et même que celui-ci arrêterait de tourner s’il venait à ne plus en être ainsi. Bref, que si nous ne passions notre temps à nous extorquer les unes les autres avec scrupule et justement, c'est-à-dire impitoyablement, nous serions toutes dans une noire misère déshumanisante ; que ceci soit le cas échéant, et qu’il advienne en conséquence précisément de ce règne de l’échange en nous et entre nous, ne nous rend pas sceptiques, mais au contraire, comme dans tout fait religieux, encore plus maniaques. Il manque quelque chose, mais on va le trouver ! Il manque évidemment toujours quelque chose, et de plus en plus l’indispensable, dans ce jeu de cinglées. Ce jeu de cinglées où le sujet reste toujours à part, indésigné, admis – encore que quand ça swingue, ou risque de swinguer, il réapparaît, en toutes lettres, que ce soit dans le siège des ports japonais en 1853 pour ouvrir ( !) le pays au commerce déjà mondial (ben oui, un pareil pays en dehors, ça faisait peur), en 1936 quand jusques aux anars renvoyaient les ouvriers à l’usine à coups de pied au cul, ou en 1991 quand l’acte d’accord sur l’abolition de l’apartheid mentionnait explicitement qu’il n’était pas question de toucher à la propriété privée, pasque ça c’est trop sérieux pour qu’on s’amuse avec, un vrai fondamental. Le développement séparé reste celui de l’assignation de chaque personne en citoyenne propriétaire concurrente et porteuse de droit ; de toutes ces belles choses dont, par définition, il ne peut jamais y avoir assez, sans quoi elles perdraient tout intérêt, on n’évaluerait ni n’exterminerait plus pour, et ce n’est pas là le but prévu.

 

Ce qui n’est pas prévu, c’est précisément ce autour de quoi nous gravitons sans nous permettre, institutionnellement comme moralement, de toucher : l’accès réel à notre vie, et ce à quoi nous l’avons confié. Pas prévu, c’est comme souvent en la matière une antiphrase : on ne pense au contraire qu’à ça, comme à un tabou. On ne peut pas en parler, parce que ce ne peut être mis en question. Quelles que soient les atroces conséquences quotidiennes. On peut presque le dire ; il y a quelques temps, un autre responsable, de la FAO celui-là, déclarait nettement que le problème d’accès à la nourriture était désormais un problème d’argent, et d’argent des gentes, donc que tout devait transiter par ce biais ; ce qui d’ailleurs participe du propre de l’argent, et de l’attribution : dès qu’il existe, il a vocation à tout médiater ; fuck les alternatives de la valeur, l’économie « réelle » et ses « monnaies douces ». D’autant que grâce à la logique de mise en échange et par conséquent d’exploitation, le problème d’argent ne va pas tarder à redevenir un problème de nourriture… Il en est qui y pensent déjà, témoin un projet de livrer aux régions dévastées par l’économie et ses corrélats (guerre, déportations…) des imprimantes 3D avec des sachets d’éléments nutritifs industriels. Ce qui est extraordinaire avec le naufrage de ce monde, c’est qu’on arrivera à l’aménager jusques au bout. L’important étant de ne jamais regarder en arrière, ni d’ailleurs en avant, mais vers le ciel ou vers ses pieds.

 

Conséquence contradictoire, selon cette approche : n’incriminer les frontières nationales-économiques « que » comme un mal moral, un crime quoi, une atteinte à la liberté totale de propriété de soi, de sa mobilité et du reste, ne mènerait peut-être pas si loin que ça. Dans le sens où la propriété, l’unité de valorisation, s’étant attachée depuis longtemps à l’individu, on se retrouverait avec autant de frontières que de personnes, des dispositifs répressifs de dingues pour protéger tout ça, et une misère tout aussi générale. En clair, supprimer les frontières nationales sans se débarrasser du rapport d’appropriation, d’échange, et de l’économie, serait probablement une autre impasse, un peu plus profonde dans la barbarie hobbessienne : pour « une » frontière on en a x millions. C’est de toute façon le cas que nous subissons : fromage et dessert. Si on sort des frontières, il nous faut aussi sortir de la propriété. Ce qui n’est pas si simple que ça, dans la mesure où tout notre rapport au monde, aux autres et à nous-mêmes est désormais, majoritairement, un rapport de propriété : nous nous comprenons comme propriété de nous-mêmes. Frontières et propriété sont deux aspects majeurs de la séparation schizophrénique, mais effective, d’avec nous-mêmes.

 

Il y a quelques temps, dsk ressortait de sa boîte, en affirmant crânement qu’on ne pouvait pas plus incriminer la finance que la production industrielle dans les conséquences qui nous tombent dessus. Ce qui est effarant, c’est que ce type à raison, comme a raison un Barroso et leur kyrielle de Friedmanniens : il n’y a pas d’économie sans exploitation, déshumanisation et finalement extermination. Tant que nous continuons à vouloir ce monde, ils ont raison, les bougres ! Ils ne pourraient avoir tort que si nous voulions résolument qu’ils l’aient, tort, et vivre ; ce qui impliquerait de nous débarrasser de ce que nous sommes en train d’implorer bien vainement d’être bienveillant envers nous ou de fonctionner, la fameuse économie réelle que l’extrême droite ne déjuge pas plus que la gauche dont on se demande bien ce qu’elle a actuellement de « radicale » ! Quand on vous parle de réel plus réel, qui n'est pas nous, ce pitoyable nous, mais qui va nous donner à nous-même en surplus, que ce soit terre ou usine, il y a toujours Heidegger quelque part en embuscade. Gaffe. Casse.

 

Encore une fois, nous en sommes toujours à devoir apprendre à ne pas vouloir les causes des conséquences desquelles nous pâtissons. Et l’air de rien c’est une drôle d’affaire ; nous avons été tellement loin dans les abstractions réelles qui nous multiplient, nous équivalent et nous exploitent, que d’en sortir suppose aussi de les retraverser, comme disait Benjamin : pour retrouver la réalité, il nous faudra passer par le désert glacé des abstractions. Et ces abstraction, encore une fois, sont réelles, vécues comme nécessités naturelles et incontournables, et que nulle souffrance ne nous fera lâcher tant nous sommes, sujettes, ces mêmes nécessités.

Ainsi, échanger, s’approprier, se tripoter, communiquer, et quelques autres, peuvent bien en être, de ces nécessités dont nous ne voulons percevoir comme maux que ce qui en sera déterminé comme abus ou exagération, et mis sous la tutelle de la méchante nature humaine, ou de ces rapports d’oppression tout à fait inexplicables, aux origines sombres et finalement toujours essentialistes.

Les caractères hégémonique, contraignant et dépossessif sont vraisemblablement inhérents à tout système d’échange, indexé sur une équivalence générale, basé sur un impératif de bien commun, porté par des valeurs assignées masculines de puissance, d’intensification, de désir et d’accroissement.

Que se passerait-il si nous nous disions que la domination était peut-être, là encore, engendrée par ces mécaniques nécessités aux injonctions contradictoires, qu’exactions et brutalités leur sont corrélatives ? Et que l’émancipation passerait par l’abandon de ces désirs convergents et de ces formes sociales naturalisées ?

En clair, cesser de considérer ces nécessités comme un bien dont, par la faute de notre méchanceté et d’un manque de police, sortiraient à répétition et finalement principalement des horreurs, exorcisées comme criminelles, anormales (voire issues d’une folie qui, oh chose singulière, est presque toujours une exacerbation de normalité violente), mais bel et bien comme une catastrophe sociale (ce qui peut être un pléonasme) qui nous aliène et nous dévore, en construisant des nous cannibales. Réduire la critique de la fatalité fallacieuse du social à une chaîne d’épicerie éthique coûte, si on veut vraiment faire de la comptabilité, des peaux nombreuses tous les jours.

 


 

Á ces sujets, je signale que le prochain camp NoBorder aura lieu en Hollande, au mois d’août - http://nobordercamp.nl/france/ . Les NoBorder sont des initiatives que je trouve fondées et pertinentes, contrairement à beaucoup de nos gesticulations qui glissent trop, ces temps-ci, à la surenchère contestante et cogérante des logiques naturelles de ce monde ; les NoBorder, depuis quinze ans, entendent maintenir, dans la mesure de nos forces, un minimum de critique et de pression sur la forteresse europe, l’économie de l’apartheid mondial.

 

 


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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 09:26

 

 

 

« L’homosexualité, ce doûloûreux problème ». Je crois que des gentes avaient fait alors une petite visite de courtoisie à Dolto, en pleine émission télévisée, pour lui confirmer combien elles souffraient atrocement.

 

« S'agissant de la facilitation du parcours de transition et du changement d'état-civil, il s'agit de cas très spécifiques, comportant de grandes souffrances humaines. Nous sommes là pour répondre à ces cas et non bouleverser un modèle de société. Je pense qu'il faut en parler en termes d'accompagnement et de protection de ces personnes dans la transition. » - NVB dans le Monde an’hui.

 

Ah ça, on a compris depuis longtemps que la soc-démocratie vise surtout à ne pas bouleverser ni renverser en quoi que ce soit les modèles de société ni les rapports de pouvoir. Merci d’ailleurs de confirmer aussi clairement que les récentes réformes visent à renforcer hétérolande et la famille, par assimilation de nouzautes ltgeubées, qui en échange promettons ne n’avoir plus de mauvaises pensées à cet égard.

 

Et merci de nous rappeler que nous, les t’s, devons rester trrrrès spécifiques, exceptionnelles, exotiques – tiens, des quotas de transition, pour mieux prendre en charge nos terribles souffrances, pourquoi pas ? Manquerait plus que les déterminations de genre viennent à s'effondrer, tiens, que des gentes en nombre se mettent à s'égailler et à ne plus tenir leur rôle. On ne peut en tout cas mieux exprimer l’espoir et la volonté de ce que la société dichotomique, sexuée, familisée, ne doit surtout pas changer. Ce qui frappe, avec les institutionnelles, c’est ce qu’elles défendent, je l’ai déjà fait remarquer plusieurs fois. Le monde de l’amour, de l’ordre économique et familial, de l’hétérosocialité, de la dépendance. Et de l’accompagnement spécifique, en d'autres mots d'une attentive ségrégation tutélaire, pleine d'expertes, pour les terribles souffrances que causent nécessairement, ou dont sont conséquences, on ne sait plus trop, les transitions et autres voyages dans les classes de sexe ; là j’ai envie d’être grossière.

 

Il y a de quoi s’amuser à lire les gages que donne désormais à répétition le gouvernement au « pays réel » et au « printemps des cons ». Nan nan on touchera rien à rien, le pépéarcat familiste et sexué ne sera pas contesté, promis. Et si l'état est là, c'est pour répondre - on sait ce que sont les réponses du pouvoir - c'est à dire pour étouffer toute velléité de remise en cause ou de changement radical, et sanitariser ce qu'il ne se sent pas (encore) de faire entrer dans sa danse. Ce ne sera bien sûr pas mieux le jour où la glu économique et sociale aura cru et se sera postmodernisée au point qu'on pourra même nous inclure, élémentes consoproductives égales aux autres, sans que l'ordre des choses n'en souffre. Mais on n'en est même pas là, il ^paraît que nous menaçons encore (ça me fait bien rigoler quand je nous vois !) par nos douloureux errements, les structures sociales. Sans blague ?

 

En tous cas, on voit bien à la porte de quoi nous sommes pour le moment, là encore les t's, par la sollicitude convergente des gouvernantes qui entendent bien que rien ne bouge - ô surprise toujours renouvelée : les gouvernements sont là pour ça - et de nos strapontines associatives citoyennes et sanitaires qui leur ont tenu la cheville pendant des années : un contrôle et une tutelle encore renforcées, pour notre bien. Un statut d'exception, puisque nous sommes, allez on le roucoule encore une fois, trrrrès spécifiques. Et un statut d'exception régulier, légalisé, réglementé, qui nous fera regretter l'arbitraire actuel qui laisse des fois un peu respirer. Comme en Espagne, où la "loi trans" a surtout mieux aidé à sélectionner qui serait reconnue de qui le serait pas, et à normaliser la population t' "officielle" (devinez comment vivent les autres). Quand l'état s'occupe de vous, ça sent toujours mauvais ; voilà une vieille sagesse, pour le coup, que l'on tend à oublier aujourd'hui, malgré les misères consécutives.

Je veux pas dire, mais ça aussi on est quelques unes, mauvaises coucheuses, à l'annoncer depuis un moment. Quand on y sera, ce sera peut-être encore de notre faute, plutôt que de celles qui y auront conduit, consenti et abouti, en notre nom, par attirance fataliste envers les pouvoirs, soif de reconnaissance normalisatrice, fétichisme de la cogestion.

 

Dans le même article, il est parlé avec sagacité de l’inégalité sexuée des salaires. ‘kay. Mais ce qui est remarquable par le point aveugle qu’il laisse sur la cornée, c’est que cette inégalité est à la base de la distribution de la valeur en individues propriétaires. Et que ça, ah ben non, c’est naturel, nécessaire, inévitable que les unes soient riches et (beaucoup) d’autres pauvres. Mais évidemment, on va pas demander aux soc-dem’ de nous faire les plans d’une révolution sociale…

 

 


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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 08:32

 


« Yes, I confess ! »

Plague Mass

 

 

 

…pas tellement envie de parler des Femen®, vous l’aurez remarqué. Á trop se pencher sur ce qui fait et occupe l’actualité, qui se pérempte pendant la nuit et est bon à jeter au matin, ainsi qu’on le remarquait déjà au début du journalisme, on attrape des brûlures d’estomac, et le cerveau se met à couler comme un vieux fromage de laiterie industrielle. Aussi bien on se souviendra aussi peu d’elles dans dix ans que de NPNS aujourd’hui. En outre, si je ne partage pas souvent leurs opinions, il arrive au rebours que ce soit le cas, et symétriquement je n’approuve pas nécessairement les arguments sur lesquels leurs adversaires, dans le féminisme s’entend (les autres je m’en fiche un peu), se basent pour les critiquer.

 

Mais malheureusement, je suis tombée, hier, dans la Libre Belgique – qui est un peu le Libé wallon, ce qui en dit assez long sur son goût pour l’antiféminisme et les blagues graveleuses (1) - sur une interview de la lideure du mouvement outre-Quiévrain.

 

J’avais bien compris à quel point les Femen sont normatives, plutôt hétéra, passablement naturalistes, institutionnalistes et paritaristes. Bon ben voilà, c’est, de mon point de vue, le féminisme intégrationniste xxl qui ne leur est absolument pas propre, je dirais hélas même de moins en moins. S’il y a une facilité malveillante que je refuse, obstinément, depuis des années, c’est de déclarer que les féministes qui ne sont pas d’accord avec mon approche de ce que pourrait être un féminisme ne sont pas des féministes, ou pas des bonnes, ou pas des vraies. C’est quoi, là, bonnes, vraies ? Nous sommes féministes, nous avons une grosse tranche d’histoire et de problématiques communes, nous n’avons pour autant pas les mêmes buts, nous n’identifions pas les mêmes choses à détruire ou à construire. Nous ne faisons, là encore, que continuer la vieille tradition des mouvements révolutionnaires et réformistes, où la pire ennemie est généralement la camarade de la dénomination voisine.

 

Là, cependant, et même si ce n’est évidemment pas la première fois, on en a eu de fameux exemples en France depuis quelques années avec le renouveau féministe paritaire et institutionnaliste, le dégoût et la haine de soi, des formes f, éclate à la figure comme un abcès qui crève. Sauf que cet abcès crève, dans nos vies, tous les jours, à répétition – et que finalement, l’abcès, c’est nous, ce que nous sommes, ce que nous voudrions, ce que nous aimerions nous permettre.

 

« Bien sûr, Femen est un mouvement féministe. Je sais que ce terme est souvent perçu comme un gros mot dans l’esprit des gens. Mais les féministes, ce ne sont pas forcément des femmes de 50 ans qui n’aiment pas les hommes, qui ont des poils et qui sont lesbiennes. Moi, j’ai 23 ans, je suis hétéro et j’avoue, je n’aime pas montrer mes jambes si elles ne sont pas rasées (rires). » Cette lénifiante déclaration et ces rires sont suivis d’une molle protestation contre un patriarcat qui se cantonne, une fois de plus, à être défini par et limité à une inégalité de traitement. Pas question de soupçonner que ce puisse être un système total, et que les structures sociales soient sa traduction ; il ne s’agit que de s’y intégrer au mieux. Soit. Comme d’hab à paritairlande. Rien à dire en logique interne, ça se tient, dans l’hypothèse où la démocratie marchande, juridique et relationnelle, avec le monde du moindre mal pour quelques unes tout de suite, tout le monde un jour, est ce qu’on peut réaliser de plus classe possible. Juste la lubrifier par ce qu’il faut de rires.

 

Je suis t’, et je suis fem. Donc il ne s’agit pas ici de faire de la surenchère masculinotrope, soi-disant neutre de genre. Vous savez à quel point j’ai en horreur et en exaspération cette glissade permanente vers les formes, aspects, identités m, qui à mon avis affaiblit aussi la perspective d’un renversement du patriarcat, par assimilation. Mais, je voulais aussi le dire depuis un bon moment mais je ne trouvais pas l’occasion, fem, ce n’est pas barbie ! Fem, ce n’est pas cadavre ambulant recouvert de cire. Mes vieilles copines sont difficilement soupçonnables d’être masculines. La graisse (qui tient chaud l’hiver), les poils (éventuels), l’âge, ce n’est pas masculin. Et c’est pour ça que je n’aime pas la rengaine, antiféministe intériorisée qui plus est, que surtout il ne faut pas être vieille, lesbienne, hostile à meclande. Je suis tout ça, et t’ en plus, la disqualification totale n’est-ce pas ? Et là, effectivement, de féministe à féministe, j’emmerde la cheffe des Femen belges et sa rengaine pour amadouer les hommes. Bon, par là même, je rappelle que j’emmerde la même normativité hypocrite qui s’exprime de partout dans les milieux féministes les plus divers, alternotes en tête, qui ressemblent à un casting de Jouvet : jeunesse, maigreur, génitalité, biotitude, dépendance relationnelle. De quoi avons-nous peur, de quoi avons-nous envie, quels sont les rapports de l’envie et de la peur, et corrélativement que nous permettons-nous, et pas ? voilà une série de questions qu’il n’est pas encore superflu de se poser.

 

Bref, les vieilles qui ne veulent pas s’intégrer à ce monde de mecs, d’hétéronorme, de fluidité qui coule toujours vers la même bonde, nous sommes des gros mots. Pas de problème. Des furoncles. Encore moins. Je pense que c’est aussi par ce genre de sortie que s’exprime l’hétérogénéité, la divergence, qui caractérisent le féminisme, ce féminisme auquel nous sommes de plus en plus hésitantes à attribuer des objectifs, comment dire, radicaux, ou hétérodoxes à la communion sociale et économique. Je vais vous dire, vu ce que nous promettent et nous donnent déjà les convergences, attirées irrépressiblement par les lieux de plus forte densité sociale, intégration résignation, je ne vais absolument pas me plaindre qu’on diverge. On devrait même, je trouve, diverger beaucoup plus allègrement. Bon, n’empêche, ça m’a fait quelque peu mal au ventre de lire une fois de plus ce mantra qui ne nous protège pas, qui ne nous protègera jamais – mais non on est pas méchantes et on vous aime. Mon cul. Quand on est pas méchantes et qu’on vous aime vous nous tuez, donc on va être, j’espère, enfin, quelque peu méchantes, pour de bon, et surtout envoyer l’amour paître dans les vastes pâturages de l’au-delà. Les affirmations consensuelles, apaisantes (on sait à quoi sert la paix sociale !), convergentes, ont des suites encore pires que le silence, qui peut au moins rester hostile, ne pas consentir. C’est exactement la même daube que les protestations à la sos homophobie de « on choisit pas ce qu’on est » - sans quoi on serait d’abominables perverses. Ces boucliers de carton, outre qu’ils achèvent de nous déposséder de nous-mêmes et de nos vies, qu’ils approuvent et contresignent la honte de ne pas se trouver ni se vouloir mecs, hétéro et bio, n’ont jamais été d’aucune utilité face à la violence sociale, raciale ou patriarcale. Je croyais pourtant naïvement que c’était un secret de polichinelle dans l’histoire humaine : la honte, l’adhésion aux normes dominantes, les conversions les plus sincères même, n’ont à très peu près jamais sauvé personne, en fin de compte. Et pour une à qui on octroyait de passer à travers, elle devait applaudir à l’extermination des autres qui ne devaient pas échapper. Pour que la règle demeurât. On, le fameux on qui peut être on, sait toujours qui sera à massacrer, à la fin, et pourquoi. C’est à on qu’il faut s’en prendre, pas à nous-mêmes. Á l’application, d’ailleurs, pour nos récentes coqueluches familistes ou traditionalistes, tout autant que pour les plus courues, citoyennes et économistes. La liste est longue et concurrentielle des rackets par lesquels nous croyons que nous serons sauvées.

 

Je crois par conséquent qu’il faut aussi en finir avec cette notion de protection. Protégées, ce sera toujours par la trique de plus fort que nous, nous serons toujours mineures. Des mecs, de l’état (c'est-à-dire, de mon point de vue, du patriarcat structurel toujours, quel qu’en soit le personnel), de la technologie (idem), de nos propres idées et fétiches, de celles que nous avons fait nôtres par contrainte ou par incitation, j’en passe et des pires. D’une part c’est une arnaque sans fin, parce que ce qui protège, personne ou mécanisme, se servira toujours de nous, parmi nous, par nous, comme il voudra, comme le héron de La Fontaine qui a amené les grenouilles dans son bassin. D’autre part le monde que cela suppose reste celui de la domination, celui de la peur, celui de Hobbes, ce que j’appelle meclande. Il s’agit pour nous non de nous protéger, ni de protéger qui que ce soit, mais de déterminer puis de renverser ce qui nous tue, au lieu de lui faire guili guili sous le menton.

 

Ah on a pas le cul tiré des ronces, ni les unes ni les autres !

 

 

 

 

(1) : Je recommande particulièrement ses articles bouche-trou (à tous les sens de ces termes hélas) scientifiques sur la sexualité, où des chercheurs (ah, ces gentes qui dès qu’ellils cherchent sont fondés à nous révéler ce que nous sommes et devons être) nous annoncent à cause de quelle disposition génétique, hormones, atavismes psychosociaux, stade de l’évolution darwinienne les nanas adooorent les mecs à longue queue, ou autres découvertes tout aussi pertinentes.

Il est vrai que ce n’est pas un apanage de la LB ; tous les journaux, tous les sites pisse-copie qui se veulent « un peu subversifs », « in », quoi, je songe par exemple à Rue89, déversent ce genre de daube sexiste et naturaliste, qui sert avec enthousiasme de propagande au relationnisme intensif.

Comme je l’ai dit maintes fois, si on se débarrassait de la croyance en ce qui est classifié scientifique (dur ou mou, n’importe), religion normative après bien d’autres, et de notre adulation envers les qui cherchent, ben je crois qu’on aurait pas perdu la journée où on y serait arrivées.

 

 


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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 09:19

 

 

Incidemment, je vous avais parlé, en marge de la bergeronnette égarée sous la pluie, de l’arrivée dans un pré en contrebas d’une escouade de pauvres vaches, probablement promises à l’abattoir (comme toutes les vaches de nos contrées, à très peu d’exceptions près). Eh bien je me suis avisée qu’elle étaient toujours là, dans le pré. Rassemblées sous un frêne, l’air inquiet, sur leurs gardes, mais pas trop quand même, mine d’essayer de ne pas attendre l’inéluctable. Ça le ferait venir. Ces derniers jours, l’herbe a enfin consenti à pousser, elles sont comme dissimulées dans les grandes touffes. Si seulement !

 

Chaque moment perdu pour l’éleveur est un moment gagné pour elles – comme pour la recherche et la conscience, comme pour l’échange et la vie ! On se prend même à espérer qu’elles ont été oubliées. Il y a des catégories, comme ça, où être oubliée est la condition de la survie. Où dès que les vraies gentes se souviennent de vous, c’est que ça va barder pour votre matricule. Les vaches en font partie, les trans aussi, les feignasses, les inabordables, les pas bénévoles, les juives, et quelques autres identités providentielles - toutes imprégnées, oh surprise, de ce féminin tout pourri que nous fuyons en masse au profit des bonnes valeurs fortes, libératrices, masculines quoi - qu’on coupe en morceaux quand le cauchemar social se fait trop dense, ça ne le dissipe en rien mais ça soulage.

 

En plus, en moins devrais-je même dire, ce sont donc des Holstein®, bref le degré moins quelque chose dans l’étagement hiérarchique de l’exotisme terrien et territorial qui nous empoisonne de plus en plus, à alternolande, concurremment à la technologie bien pratique pour ubiquiter. Des cosmopolites, pourrait-on dire en se souvenant de l’emploi par la gauche de ce terme, après la guerre, pour pouvoir continuer à répandre la haine antisémite sans en avoir l’air. Le genre qui ne fait triper personne, que contrairement à telle ou telle autre variété même les bestiophiles ne sauveront jamais. La honte d’avoir une Holstein dans son pré ou sur sa zad. Bouh ! l’incarnation du capitalisme antinaturel, à éradiquer. Pour qui l’extermination est à peu près toute la pitié qu’on puisse escompter. Ne suffit pas d’être là, il faut faire fantasmer, positive, sans quoi –

 

Elles semblent le sentir, qu’elles ne sont pas très valorisables ; elles ont pas l’air fières du tout. Là-dessus on se rend quelque chose. Elles ne sautent et gambadent pas, comme les limousines qui ont fait la course avec moi l’autre jour alors que je redescendais (en auto) du col. Il est sans doute vrai aussi qu’elles sont vieilles, usées, traites ; les limousines étaient des jeunes.

 

Bref, ces vaches, presque invisibles, silencieuses, expectatives, ne vivent que pour autant qu’elles sont oubliées. Le matin même où qui de droit se les rappellera, couic. C’est un peu comme quand les bio t’philes nous bavent hypocritement autant que stupidement dessus en plaignant notre invisibilité, ce qui est se foutre de la gueule de la très grande plupart des nanas t’s. « La ferme, abrutie » avons-nous envie de leur chuchoter – mais il est toujours déjà trop tard, évidemment. La biovraie désire tellement exhiber sa trans, sa vache, son opprimée à traire et à savourer, sa valeur ajoutée échangeable et interchangeable. Á pas cher, comme les Holstein : consommables et suspectes à la fois, tout bénef.

 

Tout aussi évidemment, faut pas rêver – personne n’est oubliée, dans notre sympathique monde de vigilance, de prise en compte et de care. C’est bien là que ça coince. Le destin estimateur a une vue panoptique, infrarouge, satellitaire. Notre conscience même en est à l’origine : tu me dois, je te dois. Couic et recouic. Nous sommes ce destin, délibérément et résignément. L’oubli, l’indifférence, l’émancipation quoi, le trou dans l’ordre des choses, ne pourrait, ne peut commencer que par soi, par nos volontés propres. Ça n’a pas l’air de vouloir être la semaine prochaine la veille.

 

Qui oubliera la première d’être actrice de sa vie, de chercher, et de s’enrichir de celle des autres ?

 


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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 09:10

 

 

J’apprends, avec joie, par le journal local, qu’une « femme de quarante ans, seule, sans bagage », a consciencieusement grivelé un de nos tristes hôtels (vous connaissez pas le pays, c'est déprimlande !), et est partie sans dire adieu. On ne sait apparemment qui c’est, d’où elle venait, où elle allait – ce qui sont, je trouve, des conditions préalables d'une liberté.

 

Eh ben ça fait plaisir, de savoir, par les autorités compétentes elles-mêmes, qu’en notre époque d’apothéose de la relationnite (comment ça t’es seule ?!), d’intensité du contrôle, de circonspection sur l’échange équivalent, il y a des nanas, quarantenaires, sans boulets d’aucun genre, qui prennent la poudre d’escampette, sans rendre compte.

 

Je vais vous dire franchement, s’il y a des personnes encore qui me font espérer qu’un jour on sortira de ce cauchemar, ce sont pas les camarades militantes, encore moins les entrepreneuses avisées ; ce sont les courants d’air comme elle, qui laissent des trous dans l’enveloppe de ce monde hideux, cannibale, que et auquel les susdites désirent à tout prix s'approprier.

 

 


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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 17:08

 

Plan d’urgence. Y faut trouver le moyen de forcer les chômeuses qui dit on se la coulent, et autres réfractaires, à aller enfourner la bouffe (industrielle ou bio, pareil) en barquettes, passer la serpillière et torcher le cul de la part de la population qui est réputée ne plus pouvoir le faire. Pasque c’est ça, qui suinte des circonlocutions du communiqué afp suivant

 

http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/06/20/l-elysee-prepare-un-plan-d-urgence-pour-resorber-le-stock-d-emplois-non-pourvus_3433334_823448.html

 

Ben ouais, on a très bien compris. Il y a peut-être deux ou trois postes de forgeronnes ou de tractoristes en déshérence, mais en réalité à peu près tout ce qui est à pourvoir, c’est les habituels boulots particulièrement merdiques, pénibles, humiliants, très mal payés, et prioritairement pour des nanas (au besoin, si qu’on n’en prend pas assez au filet, aussi pour des mecs qu’on fera ainsi bisquer en les réduisant un tantinet à une condition féminine, pas grave, y pourront se venger en rentrant au domicile familial, ce hâvre…). Sûr pourtant que beaucoup d’entre nous préfèrent désormais se démerder, des plus diverses manières, que d’accepter ces emplois pourris. Pour ça qu’y a plus personne à les tenir, hé !

 

Mais qu’à cela ne tienne, on va nous y forcer, tiens. Une flique, une sociale derrière chaque nana, déjà pour qu’elle se débarrasse pas tardivement ou hors cadre de ses aliens, comme je l’ai déjà moult fois fait remarquer, mais aussi pour qu’elle aille serpiller, torcher, servir, sourire… L’histoire du travail, c’est l’histoire du travail forcé, que ce soit de manière coole dans les périodes de cocagne relative, appât du gain et injonction mutuelle, ou de manière pas coole du tout, quand il a fallu autrefois mettre les gentes au boulot (worhouses et hôpitaux généraux), ou à présent quand y s’agit de mobiliser pour rabioter un demi pour cent de croissance et bien tenir son monde. Z’ont bonne mine nos amies les prohi qui participent, à leur manière fort peu originale, rédemption bon pasteur, à la mise au travail honnête et contraint, à la production de valeur, à la paix sociale, concurremment avec les macs et avec l’état ! Tout ce beau monde nous voudrait filles soumises, identifiées aux nécessités incontournables du maintien de l’ordre : revenu, amour, participation enthousiaste à notre misère. Positives, prévisibles, productives. On est de plus en plus nombreuses à les décevoir et à les faire enrager ; si qu’è pouvaient en crever !

 

En plus, hé – à l’échelon au dessus, ça va bien à terme créer des postes de matonnes en tous genres, un peu mieux payées en argent mais surtout rétribuées en puissance déléguée, de noter, d’opprimer et de terroriser. Wah le paradis en perspective très, très proche ! La trique, la peur, la haine. Comme en Espagne, tiens, dis, où l’économie repart, avec la moitié du salaire en moins, et la file devant le guichet d’embauche.

 

On veut pas bosser, échanger du temps contre trois picaillons, devoir se soumettre et s’échiner pour pas être virées et stresser ; ou alors le moins possible, pour le plus possible, point. Et on est de plus en plus nombreuses à pas vouloir. Gneu !

 

Une révolution féministe sera, peut-être, je l’espère, celle de la paresse, du refus et du sac. Ni conjointes, ni employées, ni citoyennes. Zébi et des cisailles !

 

 


 

 

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 08:39

 

  

criaient les ultras en Espagne au retour de Ferdinand VII. Je ne sais pas quelle régence ou quelle divinité est en ce moment sur le retour chez nous, à f-tpglande et autour, mais j’ai l’impression d’y entendre ou d’y lire de plus en plus souvent des exclamations de ce genre. Quand ça fait mal c’est que ça fait du bien ! Et c’est quand on est enfermées, engluées, qu’on se sent le plus à l’aise. C’est même ça qui nous tient debout. Ainsi que des momies salées dans une cave.

 

Un sophisme aporique qui nous semble de plus en plus cher le suggère : l’émancipation, l’égaillement, l’évasion, la sortie et le bris des cadres sociaux seraient des privilèges, donc pas bien, à éradiquer. S’il y a au contraire quelques choses dont, de fait, il y aurait toujours assez pour tout le monde, et sous les formes les plus diverses, imposées comme autoproduites, ce sont bien la domination et l’aliénation, les traditions et les fondamentaux. C'est là que nous trouverons la stase bénie, et non pas dans de douteuses divergences sans garantie aucune, des audaces égoïstes et répréhensibles. Républicaines, identistes, communautaires, technologiques, le salut est dans la réalisation performante des challenges en vigueur : valoir, échanger, citoyenner, baiser, s’identifier, prier…. Toujours plus fort toujours plus vite. Les épouvantables dégâts collatéraux, les violences, les oppressions répétitives, les compromissions ahurissantes qui en résultent obstinément et à toutes les échelles sont de déplorables insuffisances, des aléas de la longue marche vers la sujette accomplie, des bourdes, éventuellement de criminels sabotages ourdis par de sombres méchantes, mais on va y arriver. Faut y croire, et pédaler. Nous ne saurions vouloir les causes des conséquences desquelles nous nous plaignons, tout d’même ! On n'a pas la berlue à ce point ! D'ailleurs, on va apprendre à ne plus se plaindre des conséquences, à les recontextualiser, à les aimer, à en jouir, à y voir la porte de la félicité. Plus ça rate, plus ça doit marcher au final. Ma-thé-ma-tique !

 

Oscours !

 

 


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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 09:31

endormie

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 09:01

 

 

 

Pioché dans le quotidien régional : « les produits minceur ne se vendent pas du tout ».

 

Quand on sait à qui ces charmants poisons sont prioritairement destinés, socialement imposés, et pourquoi comment, on ne peut que se réjouir.

 

Maigreur, dépendance au désir et à la reconnaissance sont de la même famille. Et pas qu’à hétérolande - même compte non tenu des tristes efforts que nous faisons pour y similer. Qu'à voir l'iconographie de nos petites soirées osées. Conciles cadavériques. 

 

Il est temps de contreprogrammer. Ainsi que nous l’avions inscrit autrefois sur le mur lors d’une mémorable rencontre féministe : Manger Dormir Grossir !

 

A poings fermés.

 

Et tout bousculer quand on se réveillera.

 

 


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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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