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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 13:06

 

 

 

Juste un jour, ça serait bien qu’on arrête de marcher, qu’on prenne des endroits, et qu’on les rende pas.

 

Texte d'un tract pour une prochaine marche de nuit à Paris

 

Aux récalcitrantes, aux passionnées,

À celles qui en ont ras-le-cul de se faire emmerder,

harceler, de jour, de nuit, au travail, dans la rue ou

par "leur" mec. À celles qui veulent embrasser leur

copine dans le bus. À celles qui ne se satisfont pas

de l'univers cloisonnant du couple. À celles pour qui

les relations sexuelles ne sont ni obligatoires ni

sacrées. A celles qui décident de se contrefoutre des

normes de beauté. Aux "garçons manqués". À celles

qui se battent contre les médecins pour être

avortées et/ou stérilisées. À celles qui ne se laissent

pas imposer fringues, horaires et mode de vie. À

celles qui aiment regarder les étoiles. À celles qui

refusent d' être réductibles à ce qu'elles ont subi. À

celles qui sont contre toutes les prisons. À celles qui

s'organisent pour riposter aux agressions en dehors

de la médiation de l'État. À toutes celles qui se

croyaient fragiles et se surprennent régulièrement de

leur force. A celles qui ne laissent à personne,

homme ou femme, la possibilité de parler en leur

nom (parti, syndicat, association).


À toutes celles qui ne veulent pas s'intégrer dans cette

société, ses casernes, ses usines et ses supermarchés.


Aux survivantes, aux trop vivantes, qui ne veulent pas l'égalité mais la réciprocité

des rapports. À celles qui sont pleines d'envies mais qui n'osent pas. A celles

qui décident de prendre la thune là où elle se trouve. À celles qui ne

reconnaissent aucune forme d' autorité, d'où qu'elle provienne (patron, État,

religions, famille, mec). À toutes celles qui ne sont pas et ne seront jamais flics,

matonnes, ou présidentes de la République. À toutes celles qui ne se ressentent

pas être "femme". À celles pour qui ne plus être dominée ne signifie pas devenir

chef mais combattre tous les rapports de dominations. À celles pour qui ne pas

gagner ne signifie pas être vaincue. À toutes celles qui pensent que la liberté

des unes étend celle des autres.


Aux anti-autoritaires ET à celles qui sentent qu'il y a plus

d'aventure à vivre dans la tentative passionnée de

détruire ce qui nous détruit que dans ces vies moroses... 

 

Un moment pour apprivoiser, inventer et construire notre autonomie,

prendre de la confiance et l'élan pour défoncer nous-même les portes

sans attendre qu'on nous les ouvre, pour nous approprier la nuit et faire

de la rue le lieu de nos rages.


assez de vains soupirs immondes,

finissons-en avec ce monde !

 

Marche de nuit féministe et non-mixte

Le 12 mai à 21 h

RV devant l'hôpital saint Antoine, métro Faidherbe-Chaligny

 


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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 16:50

 

 

Je me gaussais l’autre jour du mouvement de panique convulsive qui empêchait diverses assoces de signer un appel à la gratuité effective des soins médicaux, panique et dégoût motivées par la présence parmi les signataires des affreuXses, nommément ActUp et le Strass. Je daubais que même si c’était contre la peine de mort ou leur propre supplique de grâce, rien à faire, elles n’apposeraient pas leur paraphe au bas de cette demande. Pas jouxter les puantes. Mourir pures.

 

Ça me fait rigoler pasque je signe pas, plus, tout court. Faire masse m’indispose, d’autant que c’est toujours faire masse pour des trucs qui, d’une manière ou d’une autre, me font mal au ventre. C’est ma manière de mourir pure, abstentionniste.

 

Et puis là, voilà que paraît un manifeste néo-féministe, politique des identités quoi, « Nous, féministes ». Pareil. Les identités sacrées et les fascinations exotisantes, la lucidité qui sortirait fatalement du puits des oppressions, j’ai déjà donné et même payé. Cher. Et suis pas la seule. Et même si. Je marche plus. Je signe pas. Non plus que j’approuve la systématique, même si je reste d’accord avec la plupart des conséquences, ainsi qu'avec le refus de la haine baveuse – mais pas avec la logique fétichiste par où elles y mènent.

Je contemple avec goguenardise aussi les éructations des tradies, qui attaquent ce manifeste en s’étranglant… exactement sur les mêmes bases idéologiques : la métaphysique des identités de recours. Les classes providentielles. La comptabilité comme ultima ratio. Il n’y a de vraie lutte politicarde que dans la concurrence sur la même gamelle, à qui jouera le mieux le rôle pour se l'approprier. Comme toujours, l’approche critique, suspecte, ringarde, déplaît à toute la clique.

 

Je vais revoir, curieuse, le dit manifeste, voir qui l’a signé récemment, et oups, en plein milieu de la tripotée de sociologues, dont il est vrai pas mal de mecs, qui s’y presse à la queue leu leu, dont mon adorable Fassin que j’affectionne pour sa pâteuse et opportune correction, Negri ! Toni ! Et là je me dis, nan, si jamais je devais signer, pas avec Negri, l’apôtre des « transformations » du néo-capitalisme virtuel. Je signerais avec OLF, si nécessaire me semblait. Peut-être même avec Fassin, à la dernière extrémité. Je signerais pas avec Negri. Préfère crever.

 

Et telle est prise qui croyait prendre : moi aussi j’ai la panique de la signature. Fut-elle virtuelle puisque je préfère ne rien signer tout court. Et le fétichisme de celleux avec qui on ne doit rien défendre, même soi-même, même la plus élémentaire vérité.

 

Mais je crois profondément, finalement, aussi, qu’on ne doit pas traîner avec n’importe qui. C’est ça qui m’a démolie au cours de ma vie. D’où mon conseil, une fois de plus : s’abstenir, de signer comme de relationner.

 

Ah là là…

 

 

PS : les tradies sont tellement obnubilées par le désir que les putes disparaissent, qu'elles n'ont pas vraiment noté que nous n'étions cette fois ci qu'adventices, au point que notre mention avait même disparu d'une des rédactions ! C'est sans doute pour ça qu'elles qualifient le manifeste de "sex positive", alors qu'il parle plutôt d'autre chose, pour une fois... Ah, quand on ne pense qu'à ça... Il faudra apprendre à être vraiment anti-sexe, comme disait Valérie !

 


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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 10:45

 

 

Y avait, et depuis longtemps, les néEs quelque part. Á présent, de plus en plus, il y a les néEs quelque chose. Et, au bout, sans doute, la réduction ab ovo, l’œuf qui va contenir toute notre vie, inlassablement et résolument déterminée.

 

Je m’énerve fréquemment contre cette profession de foi – de foi. Difficile de dire autrement quand on arrive sur les « profondes vérités » énonciatives, lesquelles ne peuvent s’appuyer que sur la croyance. D’ailleurs, je ne crois  pas (!) que l’on puisse vivre sans a priori ni croyance. Mais cela n’empêche pas de regarder dedans.

 

Quand je fais des perm’ comme conseillère au planning, je vois de plus en plus souvent passer des nanas, souvent très jeunes ; les mêmes que je croise dans la rue, en bande non mixte d’abord, puis très vite isolées, agrippées à leurs mecs, le visage de plus en plus défait et fermé à mesure que les années passent. Tellement c’est génial le couple, tellement c’est le pied hétérolande. Mais voilà, y faut, c’est tracé. L’acquiescement est profond, ce n’est pas que cession passive, c’est consentement actif, cofondateur. Sans enthousiasme, mais on a bien intégré que la vie allait et devait être, pour se voir reconnue, intégration aux formes les moins appétissantes.

 

C’est tracé. Dès la préadolescence, on sent à les écouter qu’on en est revenu, si on l’avait jamais quitté, à un monde où c’est tracé. Écrit. On est ça on ne peut pas faire autrement. La voisine, trentenaire multipare et enfamillée qui fait profiter toute la ruelle de ses conversations téléphoniques, ne disait pas autre chose ce midi : « un homme c’est un homme, on n’a jamais vu un homme mené par une femme ».

 

De quel côté qu’on se trouve, on a l’impression que le salut n’est trouvable que dans un déterminisme total, une écriture des origines (voir les fumeuses théories sur une pré-histoire nécessairement idyllique et conforme aux rêves contemporains les plus divers). Je songe à mon vieux camarade B., avec qui je suis à fond contre la judiciaire et les prisons, mais qui ne parvient à soutenir sa position qu’en niant toute imprévision et toute liberté. Pour ma part, je pense que nous n’en sortirons, au contraire, qu’en sortant et du prévisible, et surtout de son culte.

 

Parce que je trouve que ça sent le culte, la déclaration sur l’inconnaissable, ce qui ne peut être que s’il a toujours été et sera toujours, que ce soit le genre, le statut social, l’identité de ci ou de ça. Seule leur importance hypertrophiée et leur inamovibilité de principe semblent pouvoir les, et nous à travers, légitimer. Et de surenchérir sur l’idéologie du scientifique, laquelle a pourtant patronné les pires horreurs précisément en matière de ce que les gentes sont ou doivent être.

(Le « scientifique » et le « professionnel », deités modernes censées nous protéger de l’enfer de l’arbitraire (dont on ne sait pas trop ce qu’il présenterait de pire que, juste que c’est Mal), ont fourni, depuis qu’ils existent comme référent, le cadre des plus larges atrocités. Cependant, on continue de leur octroyer une confiance inoxydable, comme le ferait un gosse un peu bête à un manipulateur dément mais convaincant.)

 

On se retranche dès lors derrière une « impossibilité » de principe qui devient vite une interdiction ; et comme il est tout de même difficile (mais on essaie) d’empêcher les gentes de changer, on assiste à un véritable déploiement dogmatique et théologique où l’ultime stade atteint serait toujours « le vrai, celui qui a toujours été, au fond, sous les apparences ». Ce qui induit par ailleurs une philosophie foncièrement dualiste, avec un réel toujours susceptible d’être caché. Au fond, il n’y a plus que la mort qui puisse lui donner un pieu à attache ; tant qu’il y a de la vie, il y a trop d’incertitudes et de changements ; l’angoisse.

 

Ce qui est tout de même marrant, c’est qu’une partie notable des partisanEs de cette lecture des choses sont désormais issuEs de l’école constructionniste. Et ne semblent pas vraiment percevoir de contradiction entre le louable souci que tout soit construction, et l’immuabilité ab ovo de la dite construction. Ni qu’ellils ont finalement rejoint ma voisine et sa définition lapidaire de ce quo’n est et de ce qu’on fait. L’important leur est que ça en soit une, de construction, un infra réel, mais il ne semble pas moins important que ce soit déterminé, immuable, ou tout au moins un chemin tracé vers la « révélation de soi », plus ou moins rapide. Il est vrai qu’il y a là un héritage déjà ancien. Le néo-essentialisme matérialiste n’en est pas à ses essais. Mais tout de même…

 

Une fois de plus, évidemment, je soupçonne que c’est parce que nous avons, dans les mouvements contestants, renoncé à la critique au profit de la surenchère. Qu’au lieu d’aller batifoler ailleurs nous voulons absolument nous poser dans la même cage que ceux que nous combattons. Occuper l’œuf. Ainsi de ce destin interne qui serait en chacunEde nous. Et il n’est pas étonnant de voir les théories les plus réacs et effrayantes (fatalité génétique, déterminismes, etc.) tirées à elleux par des militantEs. Qui croient les « purifier » parce qu’ellils seraient « autres », la bonne vieille blague essentialiste des natures ou des statuts qui changeraient le fonctionnement, ou tout simplement qualifieraient différemment des actes et réalités identiques… « C’est ce que l’on est qui définit ce que l’on fait ». Euh…  

 

Il y a, dans l’approche « on est telle identité ab ovo », un singulier mélange de déterminisme matérialiste et de vocation, au sens religieux, vous savez, cette petite voix qui vous obsède et appelle jusqu’à ce que vous y cédiez. Rien ne paraît plus incongru, depuis ce point de vue, que l’idée qu’on puisse se décider quelque jour à des changements de ce qu’on appelle à présent l’identité, et même, ou surtout, que ces changements ne soient qu’un aspect de la vie parmi d’autres. Vocation ; on est appeléE à. On ne sait trop plus par quoi ou qui mais l’appel demeure, irrésistible, univoque. « Je suis ça » (et que ça, une seule case par catégorie registrée). Je dois être ça. Le désir même est devenu, si toutefois il a été autre chose, la forme contemporaine du devoir.

 

C’est peut-être un de ces étranges rêves épuisés d’une paix sociale et relationnelle qui serait garantie par une fixité et une étrangéité à la fois totales et égalisées, nivelées. Un monde de figurines aux formes différentes, carrés ici, bonbonnes là, zigouigouis pour le fun en tiers, lesquelles cohabiteraient sans trans-gressions (allez de vers) ni agressions, sous la férule disciplinaire.

 

Je me rappelle avoir eu une grande joie, l’an dernier, quand un vieil ami perdu de vue d’avant ma transition, tout timide, m’a osé dire « je suis content que tu n’aie pas changé ». Au moins, lui, qui n’est pas un « de genre », osait, et osait dire ce qu’il voyait (vous savez, le roi et l’enfant…), que le fait que je sois devenue une f-t n’avait pas changé des choses sans doute beaucoup plus fondamentales pour moi que « l’identité de genre ».

C’est précisément parce qu’obstinée, je n’avais pas changé à travers mes itinérances de genre, que je suis restée libre, relativement, de les continuer. Ou pas. Et même de les choisir. Bouh ! cache toi, tu vas nous faire honte et insécurité sociale. Parce que c’est, on le sait, là le prétexte ordinaire à la proclamation de notre incommutabilité et surtout à l’absence totale d’intentionnalité : cette infirmité profonde (je ne vois pas d’autres termes pour désigner l’inaccessibilité à soi-même) nous serait un bouclier politique.

Déjà je ne vois absolument pas en quoi. L’histoire fourmille de gentes exterminées parce qu’ellils étaient, irréductiblement, ce qu’ellils étaient, et je n’ai pas l’impression que si on continue à filer le même coton de « tu es ça », ça va changer de ce point de vue.

 

Mais surtout, c’est moralement, philosophiquement et même politiquement pitoyable comme recours. On s’enterre nous-mêmes pour ne pas donner cette peine à autrui.

 

Et enfin, comme toute la tradition de surenchère de l’identique qui a miné la critique sociale, cela exclut toute remise en cause du fond et du cadre.

 

Peut-être qu’une des causes de cette torsion a été l’opposition de « l’être ce qu’on est » au « être ce qu’on veut », sans parvenir à sortir de cette alternative, où je crois que les deux termes sont inexacts. Je ne reviens pas sur « Être ce qu’on est », ce forcing. « Être ce qu’on veut » suppose une adéquation des résultats de la volonté et des moyens, voire de notre propre transformation en moyens, au devenir ce qui existe déjà. Ben non. Une trans n’est pas et ne sera jamais une bio. Ce qui d’ailleurs n’est pas réciproque, et il faut le reconnaître. Qu’est-ce que nous sommes alors, sinon un produit à la fois décentré et plus ou moins ressemblant ?

 

Nous devons nous y résigner : il n’y a pas plus de vérité, là encore, « originelle », dans nos contorsions, que dans nos non contorsions ou nos parcours éventuels. C’est cette idée même, ce référent, qu’il nous faut laisser tomber. On ne peut être intégralement ni ce qu’on doit, ni ce qu’on veut. On ne s’en trouve pas moins là, parfaitement réelLEs en ce fichu « moment donné ». Á plat.

 

N’en reste pas moins que les philosophies politiques de l’identité et de la reconnaissance finissent obstinément par nous ramener, les unEs après les autres, après des trajectoires plus ou moins longues et complexes, dans l’isolement des vivaria – quand ce ne sont pas les mortaria - de l’essentialité, de la fatalité et du toujours être. De l’injonction et du soupçon (qu’es-tu vraiment ?). C’est dans la logique qu’est la daube, pas dans ses applications.

 

Mais tout de même, on ne peut aussi que rester songeuse devant le partage général, hégémonique, de l’esprit de résignation ; à quel côté, à quelle identité qu’on se croie assignéE, elles nous résumeront et il les faudra être, à la vie à la mort. On dirait presque que notre honneur résiduel, en cette époque où nous avons à peu près tout abdiqué, se pelotonne là dedans. Misère de nous.

 

 


 

 

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 11:11

 

 

C’est un plaisir que d’assister à la partie de pêche des mendiantEs de la considération publique. Á droite toute, panique à bord. Ah ben c’est ça la démocratie représentative : plaire au peuple ; à ce cher peuple hideux, avare, enfermé, renfermant, besogneux, trimardeur, que nous sommes, touTEs, plus ou moins, et qui vient de proclamer une fois de plus sa méchanceté boutonneuse, sans complexe.

 

C’est un plaisir, il faut bien l’avouer, pour une mal-pensante antidémocrate, que de voir le candidat de droite s’époumoner de haine, tandis que celui de gauche sème aussi discrètement que possible toutes ses promesses dans le fossé, et commence à taper lui aussi « là où il faut », en rythme et en chœur. Il faut donner des gages pour être autorisé à gouverner.

 

Bien fait. Les promesses n’engagent que celleux qui les croient, et il n’y a pas de sauveurE suprême.

 

Et vouloir toujours faire mieux que le pire, aller plus loin, ne mène qu’à une spirale où nous courons après notre très moche queue.

 

Là, tout le monde s’accorde donc, y en a trop.

 

Trop d’étrangerEs. Trop d’illégalEs (Hollande dixit aujourd’hui même). Trop de pas rentables. Qu’on les renvoie donc dans les zones où on peut exterminer ces boulets de ce qui reste de croissance, ces faillites ambulantes, sans scandale inutile. Puisque seulEs doivent subsister celleux qui valent, les rescapéEs provisoires de l'accumulation des biens et des droits - jusques à la prochaine sélection

 

Á cela que répondre, si toutefois il y en a pour répondre ?

 

La bonne vieille crosse en l’air.

 

Et voui. L’économie c’est la guerre, et réciproquement. Crosse en l’air : couler la croissance, saboter la production, ruiner la réindustrialisation. Faire dérailler l’économie, prétexte des horreurs en cours, renoncer au welfare.

 

Et lever la barrière. La barrière de douane. La frontière grande ouverte. Abandonnée. Avec ses barbelés et ses lois. Au sens le plus strict du terme. Crosse en l'air de même. Il faut bien que quelqu’unE commence. Noyer l’état, la nation, la république, le peuple et toute cette séquelle. Percer la cuve.

 

Crosse en l’air et barrières cassées. Si vous voulez à toute force un programme, en voilà un.

 

 


 

 

 

 

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 16:49

 

 

- Pourquoi écrivez vous ?

 

- Pour que quelqu’un qui vient de me lire n’aille pas travailler le lendemain.

 

Albert Cossery, qu'on ne lit pas assez

 

 

« Le gouvernement n'a pas d'adresse. Personne ne sait où il habite et personne ne l'a jamais vu »

 

Le même, in La maison de la mort certaine, où est rédigée une lettre sans équivalent qui commence par « Cher gouvernement ».

 


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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 10:03

 

 

La « coordination et initiative pour réfugiés et étrangers » est une institution belge qui mériterait d’être de tous les pays. Elle a estimé fort pertinemment dans un récent communiqué évoqué par un article de la recommandable Libre Belgique qu’il était injustifié, même inhumain et inacceptable, d’enfermer les migrantEs.

C’est une immense découverte historique, laquelle était réservée aux lumières de notre époque, enfin délivrée des obscurantismes et de l’arbitraire, pour ne pas dire de l’imprévu (sauf explosion de centrale nucléaire), que de s’aviser du caractère inhumain, inacceptable et somme toute désagréable de l’enfermement, d’une certaine catégorie de personnes au moins.

On n’allait pas demander s’il était justifié et acceptable d’en enfermer d’autres, ou qui que ce fût ; il y aurait eu surchauffe sous le casque. Pin pon !

 

Mais le plus beau venait après l’articulation textuelle ; que faire ? La dite institution suggère des « alternatives positives à l’enfermement ».

Ben oui, vous voyez, dans simplement « ne pas enfermer », solution de facilité, il y a un « ne pas », un gros, un absolu même ; c’est épouvantable de négativité. Et, de nos jours, il faut positiver, surtout pas négativer, ce qui serait également s’abstenir de, vieille morale stoïcienne et suspecte. Nous sommes en une époque où tout est possible, et où il ne faut conséquemment s’abstenir de rien.

 

Sans compter qu’on va tout de même pas laisser ces pauvres gentes s’occuper bonnement et librement de leurs affaires ; ce ne serait ni chrétien ni moderne. On ne commet déjà pas un tel abandon envers nos ressortissantEs ni même envers leurs bestioles, alors hein ! Il doit y avoir une ou plusieurs institutions pour chacune d’entre elles. Que personne n’aille se perdre dans la nature.

 

On se demande évidemment avec gourmandise autant qu’anxiété ce que vont être ces « alternatives à l’enfermement ». L’expérience du cynisme contemporain et de la novlangue nous apprend en effet qu’une alternative est aujourd’hui à peu près identique à ce avec quoi elle alterne ; qu’elle en est même souvent un perfectionnement ; et qu’après, puisqu’il faut de l’alternance, on en revient au premier stade. Et ainsi de suite.

 

Tout porte donc à croire qu’on va les enfermer autrement. Et nous aussi par la même occasion permanente. Tout est dans cet « autrement ». Á commencer par le même.

 

Les pinces à découper les barbelés ont encore un vaste marché captif devant elles.

 


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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 11:54

 

 

« Soldaten wohnen

Auf die Kannonen

Von Kap bis Couch-Behar »

 

L’opéra de quat’sous

 

 

Dans la famille « tout plutôt que la fin du travail, de notre richesse misérable et de la terreur mutuelle », cet édifiant article dans le nouvel obs, qui se retrouve en tête de gondole sur un célèbre site travailliste et léniniste.

 

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article127319

 

C’est cette fois une grosse entreprise de sécurité, c'est à dire de violence sociale organisée et légitimée, qui flanche. Les vigiles matraqueurs de nos galeries marchandes et les gardiens flingueurs en fourgons blindés de nos tristes éconocroques vont se retrouver à pied. Vite, un plan, de nouveaux contrats, des forteresses plus modernes, de nouvelles cibles !

 

Á quand le scandale du crashage des actuelles expéditions néocoloniales et autres, qui mettra au chomedu bien du monde ces armées publiques et désormais aussi privées qui maintiennent la croissance et offrent du boulot à qui mieux mieux, cette bénédiction sociale ?

Ah on en entendra à ce moment là, des chouignements éplorés.

Mais très vite, on en organisera d’autres, pour soutenir l’activité, que tout le monde (ou presque) puisse continuer à payer sa survie à crédit.

Tout pour la brutalité, pourvu qu’elle rapporte et emploie. Dans la parité, évidemment. Et certifiée économie verte, ISO je sais plus combien, etc. Ça rajoute encore de la valeur !

 

On n’aura jamais aussi bien, ni aussi naïvement, rappelé que le nerf de l’économie, et la sœur jumelle du travail, c’est la guerre. Intérieure et extérieure. La chasse à courre dans les travées, les fusillades devant les distributeurs de billets, la gestion des « pays en stabilisation », les bombardements des surnuméraires.

 

Et qu’au fond ça ne choque pas grand’monde.

 


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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 11:17

 

"J'avais 20 ans, j'étais trotskiste et, avec tous ces drapeaux, il flottait comme un parfum de révolution. On avait mis dehors celui qui incarnait le pouvoir, le régime était renversé. On a valsé et dansé le tango toute la nuit, malgré la pluie. Le lendemain matin, les rues étaient vides, endormies."

 

Assouline, sénateur, se souvenant des élections de 81

 

 

C'est bien le propre des élections. Le lendemain, les rues sont vides.

 

Pas que les rues d'ailleurs.

 

 

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 10:21

 

 

 

Beh voui, nous sommes atteintEs de ce syndrôme dont parle abondamment Rosset (Clément) : nous avons beau voir, revoir et subir les choses, il faut qu’une autorité quelconque, dans le miroir de laquelle nous nous reconnaissions, nous les énonce pour que nous commencions, oh bien rétivement, à y croire. Parce que sans croyance, bernique : les choses, les êtres, nos personnes même ne peuvent nous être présentes que si nous y rajoutons cette sauce.

 

Nous nous voyons ainsi nous-mêmes, et nos proches, sombrer dans la dépendance tout au long de la vie, relative puis totale, dans la démence de moins en moins sénile ; les plus atroces maladies prolifèrent dans nos entourages. Mais non, tout va bien, nous ne sommes plus au moyen âge, déesse merci, ni en Russie, et par conséquent tout va pour le mieux, vers le mieux. On est des bombes à soixante dix ans (d’ailleurs d’aucunEs estiment très pertinent que nous continuions à enfanter jusques au trépas).

 

Ouais. Évidemment ça ne tenait que si on ne regardait pas trop nos familles, amies et connaissances, si on évitait de trop aller dans les institutions sanitaires, les gagatoria et les mouroirs. De scruter les tas de médocs dans chaque logis (d’ailleurs ce serait mal : autant nous prescrivons nous la vigilance, citoyenne ou statutaire, envers les déboires comportementaux, autant nous proscrivons nous la plus petite velléité de jugement ou même de connaissance sur nos anéantissements systématiques).

Ainsi on y arrivait, à découpler l’expérience du réel et la grande voix collective, à gérer le malaise. Á positiver.

 

Pataplof, voilà que le consensus cède, et que la grande voix, l’autorité, la science, la très objective, sensée et bienfaisante science, dont les conséquences nous étonnent depuis trois siècles par leur ravageuse bénignité, eh bien crache la pastille, reconnaît que peut-être on vit plus vieilles… oui mais dans quel état… Ce, de plus en plus jeunes, voire de manière chronique tout au long du parcours.

Et le dit même platement, sans aucune des « perspectives » de guérison ou de substitution qui sont habituellement adjointes pour rasséréner le tableau animé que nous formons.

 

http://www.lemonde.fr/sante/article/2012/04/19/on-vit-plus-vieux-en-france-mais-en-moins-bonne-sante_1687409_1651302.html

 

La science – et cette passion que nous avons à déclarer scientifique tout ce qui nous paraît sympathique ou pertinent. Comme s’il en devait couler, comme des rochers bibliques, du lait et du miel.

Il en a plutôt plu bombes, saccages et asservissements divers, injonctions et impossibilités, démesures et accélérations. Et pour finir nous-mêmes, transfiguréEs.

 

Nous pourrions peut-être nous méfier de ce sceau scientifique qui prétend dérouler la totalité du réel, et reste coincé dans une logique darwiniste et productiviste.  

Nous méfier de cette avalanche de moyens qui nous proposent avec insistance de s’intégrer à nozigues, et se retournent toujours contre nous, d’hormones et autres adjuvants qui nous cancérisent, de prothèses qui nous infectent, de méthodes et d’idéaux qui nous mettent en dépendance.

 

Ah mais on veut continuer à la vivre, à tous prix, jusques au bout pas bien beau, notre croupitude, avec ses standards, ses identités et les moyens de, alors même qu’on en crève (lentement, tout l’art en est là) et fait crever autrui. La seule chose qu’on demande à maman institution et papa état, maintenir le niveau. Et châtier les coupables, les indispensables coupables du naufrage de ce hideux paradis. Qu’on n’ait surtout pas à l’interroger, ni nous-mêmes, innocentEs et de nécessaire bonne intention, cette bonne intention qui nous couvre de son aile ; laquelle, si elle ne nous protège pas de pourrir sur pattes, nous blanchit au moins moralement. C’est toujours ça se sauvé, mourir folles, décrépites, paralytiques, métastasées mais sans reproche. Et même, en quelques sortes, pleines de progrès, glorieuses, comme les trente !

(Á ceci près qu’il faut toujours plus de responsables, puisque, comme dans les Animaux malades de la peste, nous sommes touTEs atteintEs ; et que c'est nonobstant une criminelle anomalie que quelque chose arrive, surtout de désagréable, en notre eden résolu – contradiction angoissante qui ne peut s'apaiser que par cet aspect de la guerre de touTEs contre touTEs où chacunE finit à la fois victime de quelqu’unE et coupable de quelqu'avanie, ce qui a au moins le mérite de booster l’activité juridique).

 

Ce qui m’effraie, c’est la continuité entre le subi et l’agi. On crevait déjà, depuis belle lurette, des accumulations de pesticide de « l’agriculture qui nourrit la planète » (enfin, les zones rentables qui consomment du transformé, quoi). Ou de la marinade dans les poisons divers, dans les murs ou dans la rue. Après tout, hein, si on songe à la silicose des mineurs, ce n’était en quelque sorte que répandis des bienfaits historiques du développement. Mais quand je nous vois, moi la première, avaler joyeusement hormones et autres prods, nous réjouir des plus inquiétants protocoles médicaux, dans une espèce d’attitude suicidaire pour un peu plus tard, un plus tard qui est déjà là en quelques années, ben je me dis, mais c’est incroyable non seulement ce à quoi nous aurons consenti, mais encore ce que nous nous serons fait, en toute conscience. Notre adhésion aux moyens proliférants de l’époque et des croissances les plus diverses, ainsi qu’à la fuite de nos maudits, fatals nous-mêmes.

 

Nous avons juste, finalement, et là je parle de ma « famille » élargie, précédé d’assez peu la proclamation cynique du désastre. Pendues aux cathéters. Voilà la scène sur laquelle nous allons jouer, sur laquelle nous jouons déjà, drôles de pantins. Parfaitement libres, infiniment consentantEs, intensément désirantEs. Cadavres vivantEs. Sursis mobiles, pourvu que nous trouvions nos doses et nos dispositifs dédiés partout où il nous plaira d’aller les promener. Et contentEs de ce, juste un peu pignativEs sur les règles de la distribution, réclamativEs sur l’expertise, ou encore nerveuSEs soudain à l’approche de l’inéluctable.

 

Nous nous sommes faitEs moyens avec enthousiasme, là où on est en général imprégnéE d’oubli ou de résignation. Moyens d’un nous-même parfaitement intégré aux multiplications qui sont l’ultima ratio du futur en conserve.

 

Et on est là, mais on est mal. Quoi de neuf, maintenant que tout est dit ?

 

 


 

 

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 09:25

 

 

Ah, signer, voter, exister quoi, à l’aune du monde des images incarnées qui nous font mal comme les ongles de mêmes, et que nous sommes devenuEs.

Pour ma part, je ne participe plus à la valse des stylos et de logins. Je ne signe plus. Je ne me mets plus en liste. J’assiste. Mais pas d’illusion, je participe, par défaut comme par action, au grand barnum bidimensionnel.

 

Je ne sais pas si vous êtes au courant de cet appel (http://www.actupparis.org/spip.php?article4808), parmi vingt mille autres du même tonneau (on veut ci, on veut pas ça) qui grouillent en cette période électorale. Au reste, rien à dire, dans le cadre où ça se présente : abolition (encore une !) des « franchises » à payer sur les soins et médocs. Aménagement de la dépendance et du naufrage. Mais qui peut se vanter ou se prévaloir d’y échapper, hein ? Par conséquent, dans le contexte, ce n’est pas impertinent.


Ce qui est marrant donc avec cetui ci, d’appel, initié par actup, c'est que, comme il y a les affreuXses, actup en tête et le strass, dans la fameuse liste, eh bien pas une des grandes gueules institutionnalistes, qui pourtant défendent (je suppose !) ce point de vue, n'a signé. Pourtant ça ne parle pas de tapin. On en serait à abolir la peine de mort, elles signeraient pas si on apparaissait ! Tout plutôt que s’associer avec les puantes. Par contre, aller agaper avec les réaques et les cathos des fondations patronnesses, lesquelles sont pas toujours netTEs vis-à-vis de l’avortement, sans même aller plus loin et causer du projet de société, ah là il y a absolution.

C’est ici qu’on voit le fossé qu’il peut y avoir entre un désaccord profond et une vision messianique. On passe du penser et du vouloir à l’être (et au paraître). Ce qui est l’autre, le Mal, doit disparaître – ou ses adversaires. Fétichisme de la visibilité. Quand on sera rendues invisibles, retranchées dans les coins sombres par la prohibition, déjà elles respireront mieux. Faut déjà pas qu’on apparaisse.

 

Et ce à n’importe quel prix (ce qui est d’autant plus aisé que c’est nous qui allons le payer pour toutes).


C'est effarant à quel point les instit's sont obnubilées (il y a des sites où la première définition d'être féministe est d'être prohibitionniste) par la question. On a l'impression que pour elles tout enjeu se réduit à ça, et que si on fait disparaître les putes on sera à la porte du paradis… (et, inversement, qu’un bouleversement incroyable et humain où il en resterait les laisserait bougonnes). Nous sommes censées, comme d'autres avant nous et probablement d'autres après (il en est qui ne décrochent pas du hit-parade des diables historiques fantasmés, comme le peuple juif), constituer l'obstacle à la béatitude.

On ne peut s’empêcher de songer avec perplexité à cette singulière fascination morbide envers le cul, l'usage- et la grande chose-cul, de soi ou d'autrui - beaucoup d'autrui -, fascination dans laquelle, singulièrement, se mélangent aujourd’hui les plus agnostiques et les plus religieuXses. Si ledit cul n’est pas la grande valeur de recours, le bas de laine du chavirage général, après ça, avec la relation sa compagne, je veux bien qu’on m’en arrache la peau. Comme l’argent, il est là, il est sacré, il est nous, on ne doit pas mettre nos sales pattes dessus n'importe comment, le souiller, bouh. Il se faut sanctifier avant. Mais rester admiratives, ne surtout, alors surtout pas s’en détourner tout simplement non plus, ce serait le blasphème ultime. Et c’est bien pour qu’on ne l’oublie pas un instant que toutes ces églises nous psalmodient ses matines permanentes.

 

Ça nous met bougrement loin de pas mal des féministes historiques, pour ne songer qu’à elles, qui s’octroyaient largement de penser à autre chose, et d’ourdir de vrais chamboulements, où eussent péri nos petites manies. Et ça fait songer à un vieux mal qui nous ronge : plutôt que critiquer (qui est douloureux et incertain), surenchérir sur l’état de fait, ou de droit – « on fait mieux que vous ». Ouais… Peut-être vaudrait-il mieux que personne n’essaye de faire mieux que le pire actuel… Ce qui d’ailleurs est également valable pour « nous », les alternotes, qui nous montrons fréquemment tout aussi incapables de sortir des rails.

 

Mais voilà, le temps est à l’institutionnalisme et à l’hygiénisme social. Rien d’étonnant en une époque où la barbarie croît mécaniquement, et où tous les partis (au sens large du terme) cherchent comment endiguer ça sans remettre rien de fondamental en cause (car alors où irait-on ? la seule question effraie, on ne veut aller nulle part, on veut rester là). C’est alors qu’on ressort de sous le matelas tous les fléaux disponibles, pour se les agiter, comme un hypnotique ou une crécelle. Toutes les excroissances de la normalité, afin de mieux adorer celle-ci. 

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La pute antisexe & vendredi 13

 

PS : rien et tout à voir, si on veut, avec ce que dessus, dans cette réponse d’un représentant du PS à une série de questions où figurait la politique pénale et incarcérative : « Mettre des moyens pour que les détenuEs comprennent le sens de leur peine ». C’était même à peu près la seule réponse à l’inflation sans fin d’entaulage qui déferle, comme dans bien d’autres pays d’ailleurs. Des escouades de prédicateurEs et de confesseurEs laïques dans les cellules, faut-il croire ?

Il y a de quoi rester assise de stupeur au lire de cet incroyable mastic d’idiotie et de cynisme.

 

 


 


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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ébranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée aux backlashes pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, pro peuple, pro nation, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste négative, moniste, novatrice ; philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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