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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 10:26

 

 

« Malgré tout, certaines thématiques ont « titillé » ces personnalités politiques comme l’ouverture – très coûteuse– de 500 000 places en crèches et l’abolition de la prostitution. »

 

A rester pliée. Les deux « mesures phares » qui brimbelotent au fond du panier, sur la pliure centrale d’un article d’Egalité-info au sujet de la grand’messe à la Cigale, l’autre jour. La collision qui tue. On l’aurait cherchée machiavéliquement, on l’aurait pas trouvée. Même pas en laboratoire. Saute au nez !

 

Vous remarquerez déjà que l’abolition de la prostitution, elle, n’est pas considérée comme coûteuse. Dame, ben non, au contraire, on (qui, « on », d’ailleurs ?) espère bien mettre toutes ces perverses (hein, Patric Jean ?!), qui en plus ne déclarent souvent pas leur revenu, à Pôle Emploi, histoire d’avoir un volet encore plus conséquent de main d’œuvre à moyen bas prix afin de mettre un peu d’huile dans les articulations arthritiques, expirantes, de la valorisation économique et du travail honnête, celui dont on meurt à petit feu (quand il n’y a pas d’amiante !).

 

Mais surtout, cette opposition, qui a elle seule résume toute l’évolution depuis le féminisme des années 60, 70, et la critique de l’ordre des choses, des formes de base, laquelle a été réduite à une récrimination sur la distribution, à une remise en place des gamelles. Et là, d’un coup, ressurgit le vieux rêve, celui que dénonce par exemple le sempiternel mal à l’aise, perceptible hélas jusque chez nous, envers la liberté réelle d’avorter, sans conditions, délais ni limites : des mères, des mômes, des rattrapages sans nombre de nos vies sans nom ! La nouvelle distribution. Finies les putes, toutes mères ! Résolution finale du ni mère ni putain, décidément trop radical, trop utopique, trop joyeux, d’autrefois. Et dire qu’on voulait même en finir avec l’état, le travail, l’argent, les mecs ! La bonne blague ! On les a eu, on les garde, on les aura, et bien profond. Part, que dis-je, somme de nous-mêmes.

La queue devant les crèches, sur des trottoirs bien propres (et vidéosurveillés). Voilà l’aboutissement de tout ça.

La peste ou le choléra ? le côté le plus fort. Comme d’hab, hein, ce qui rapporte le plus, et qui est du côté de la force, des biceps de papa, c’est maman. (Papa va aussi aux putes, ça c’est sûr, et ce sera encore plus jouissif et moins cher quand elles devront se cacher encore plus, comme en Suède ; le piment de la transgression sera pour le client ; papa client c’est pas sa vie à lui qui est en jeu, si y trouve pas ici y trouvera là bas). Ce sera la putain dans la m… (encore plus si possible), les proxos qui grouillent,  et maman dans sa triste et pénible « gloire », dont on a déjà un avant goût quand on voit l’effondrement social et les nanas qui font sparadrap pour trois générations à la fois. Pasque c’est ça, c’est déjà ça, le beau monde de l’intégration, de la participation, de l’avalement et de la rentabilisation raisonnée, durable, de toutes !

 

Attends, c’est là qu’on en est ? Et c’est ça qu’on réclame ?! Roussopoulos, oscours, reviens !

 

Moins de putes, plus de mères, la « formule magique » des décennies à venir. La maman a bouffé la putain. Et les femmes ont encore perdu une bonne occasion de se casser du ménage et d’aller vivre. Sont pas les seules, mais ça ne console pas. Oh là non ; on reste en très mauvaise compagnie.

 

Pasque, par contre, on va pas prôner qu’on cesse de se maquer avec des mecs, avec papa (oups pardon, avec le partenaire dit-on en novlangue, en relation comme en affaires), qu’on cesse de s’allonger sur les planches à découper de l’amour, du couple et de la famille, du cul obligatoire, gratuit et épanouissant (warf !), tout ça bien sûr de fondement et structure hétéropatriarcale même quand c’est repeint en rainbow, enfin qu’on cesse de (se) reproduire. Ah surtout pas, malheur. Ce serait aussi pire que la « désindustrialisation » ; trop classes les usines et la croissance. Trop classes les lardons tyranniques qui hurlent. Toute le monde au boulot, au plumard, à la maternité, et conséquemment à la crèche pasque entre les plans de carrière, la trouille au ventre du déclassement et la productivité, pas question d’en faire perdre une miette à l'éconocroque, de nos foutues vies perdues pour nous, exploitées studieusement. Il paraît que ça c’est la liberté radieuse.

 

Des crèches, des postes de travail, des parcs de loisir, des prisons, des mouroirs, ça y en aura jamais assez, pour que toute le monde soit bien empaquetée. Chacune à sa place. En toute liberté. Mais des trottoirs, ça, attention ; n’en pas abuser, juste pour courir dans le flux, d’ailleurs on va mettre des caméras. Intelligentes. Tout ce qui traîne trop est suspect.

 

Libres de bénévoler du ventre et de vendre comme d’acheter tout son temps, ah là la parole à l’envie (légèrement forcée mais bon). L’envie, cette forme modernisée du devoir. Qui n’a pas envie, hein, levez le doigt ! L’éponge du sexe affectif et célébré envahit encore plus la vie que le tapin, où il peut rester du temps et de l’espace pour autre chose.

Par contre, les putes sans remords, illégitimes, incroyables, pas vraies et pas possibles. Pas libres, elles, en rien. Mensonge. Silence et au pas. Comment peut-on vouloir échapper, fut-ce mal, fut-ce partiellement, en en rabiotant, au paradis de l’économie et de la reproduction, oooh ? Á rééduquer.

 

Je me répète, c’est vrai – mais est-ce que la pub obstinée pour continuer et intégrer toujours plus, toujours mieux ce monde de folie et de mutilation, ne fait pas marteau-piqueur ? Avec sa violence « privée » systématique qu’on feint de croire « passéiste et anormale », étrangère à son fanatisme machinique ? Alors que c'est dans le sympathique et gratuitaire domaine familial-relationnel ou communautaire, sans parler de la bienheureuse vie professionnelle, qu'elle nous explose le plus, et le plus impunément. C'est pas par hasard. La marmite 24/24. 

 

Y a de quoi s’arracher les cheveux, tout de même, de nous voir nous prendre à la gorge sur la disposition de nous-mêmes… alors que nous avançons pendant ce temps-là toujours plus loin dans la surenchère de la consumation totale.

 

Et si on se débarrasse du travail sexuel, eh bien aucune raison qu’on ne se débarrasse pas du travail en général. Avec toute sa séquelle et son univers. Et si on arrive à en finir avec la valeur-cul, eh bien qu’on ne la recycle pas en bénévolat extatique ! Sinon, c’est l’hypocrisie dans l’asservissement « volontaire » – et le suicide ! Mais voilà. On a l’air malheureusement bien parties pour ce faire, creusant qui plus est nos propres tombes, et nous ensevelissant les unes les autres. Dans le monde des choses, de la raison meilleure de ces choses qui sont les plus fortes, auquel nous trépignons d’acquiescer, ce sont toujours les gentes qui sont de trop, ces foutues gentes, nous, quoi ; et ce sont d’elles, de nous, que ce système sans tête, par nos bras, nos invectives, nos anathèmes et nos terreurs, se débarrasse.

 

On pourra vraiment rien nous reprocher. Parfaites jusques au bout, dans la répression mutuelle et l’autoanéantissement.

 

 


 

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 10:13

 

 

 

Je ne sais pas si vous avez lu différents articles parus depuis quelques semaines au sujet d’une t qui fut autrefois la gouvernante d’un futur président des states ?

Bien entendu, c’est un transsexuel, alors là tout le monde est bien d’accord – les t c’est juste des mecs qui jouent au nanas (les ftms n’existent pas encore) et, bien entendu, m ils furent, m ils sont, m ils resteront – comme si on pouvait en disposer ?!

« C’est des mecs, c’est des mecs » comme glapissaient d’aucunes il n’y a pas si longtemps, en une mémorable séance, dans un lieu non moins mémorable. Et comme elles le pensent toujours aujourd’hui, en le clamant un peu moins fort, mode oblige, voire en nous faisant quelques risettes, quand ce n'est pas carrément en se remblayant politiquement avec nos histoires - mais n’en espérant pas moins le « grand retour des choses ».

On peut même admettre, après tout : essentialisme, assaisonné de quelque haine, rien de plus. En soi ça se tient, on y croit ou pas, voilà. Et je me refuse à empêcher qui que ce soit de penser quoi que ce soit, même si ça l’amène à me zieuter avec des envies de meurtre. Parce qu’alors c’est encore plus mal parti que si.

 

Mais alors, pourquoi dans le même article du Monde du 18 mars, au milieu du déluge pointilleux et ordinaire de masculin, devient-il subitement, au détour d’une phrase sur des activités passées, une prostituée ? Bref une femme. Puisque que c’est, ç’a toujours été, sera pour les éternités des éternités un mec, ce devrait être « un prostitué ».

Eh bien non. La prostitution, ce mot tortillé pour paraître dégueu et infâme dès qu’on le prononce, voire qu’on le pense, c’est pour les nanas, point. Ça vous fait nana même un mec. Dégueu égale femme, ou inversement ; même les gays misogynes vous le diront (en tous cas, à moi, ils me l’ont dit !). Qui donc fera une somme, une recension, de la peur et du mépris du féminin, au temps présent ? Femme donc. Juste le temps bien sûr de la passe. Avant et après c’est toujours un mec, tout de même. Et ce n’est pas là non plus, vous le pensez bien, une félicitation ! Que nous, les t, soyions f ou m, c’est toujours mal, déficitaire et puant.

 

C’est éternellement captivant, même quand on le connaît jusques à l’écœurement, que le spectacle de cette gymnastique rythmique sexualisante qui rassemble les journalistes les plus obtuSEs et certaines de nos camarades.

 

En plus, tout est bien qui finit bien. La personne en question a renoncé, vu la haine envers les T (et les femmes en général) qui montait dans l’effervescence traditionaliste au pays dont elle ressort, à « effer ». Donc finalement l’affaire est close. Au fond, on ne peut pas certifier ce qu’une personne est avant qu’elle soit morte, quoi, puisque rien de transitoire n’est paraît-il réel, dans l’absolutisme retrouvé des néo-matérialismes. Comme ça les bestioles se gardent bien, efficacement.

 

Il est vrai que, pendant ce temps là, d’ardentEs fixateurEs du réel continuent à nous buter, ici ou là ; directement ou indirectement ; grâce à elleux, on est sûres de crever dans notre peau, et donc d’être, définitivement. Et quand on ne nous bute pas, nous nous flinguons. Pas d’assignation plus radicale ; les papillons épinglés dans la tite boîte. De quoi nous plaignons-nous donc ?!

 


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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 10:29

 

 

On l’a toutes fait un jour, venez pas me dire que « nan, moi j’ai toujours été raisonnable, je n’ai jamais chaussé de lunettes déformantes ». On l’a toute fait un jour, de nous mettre à fantasmer sur un groupe, un  truc, un Mal avec un grand M (plus rarement un B avec un grand B mais ça arrive chez les bisounourses), à ne plus voir que lui, à mettre toute la kyrielle du triste monde à sa queue leu leu, comme ces petits trains en bois des magasins bio avec leur locomotive et leurs wagons tous pareils. Et accessoirement (je doute que ce soit vraiment la première raison, je crois plus à la justification rationalisante…) à vouloir, à tout prix, le bien (avec un petit b) et le confort de tas de gentes qui ne vous ont rien demandé. Même s’il faut pour cela les empêcher de se mouvoir.

 

C’est pourquoi je ne m’ébahis que très peu des bonds et des rondes des prohi autour de ce qui leur semble, en tous cas à en croire leur discours, le danger premier, le trou noir où le monde va s’engloutir, la pierre fondatrice du patriarcat : une bande de putes en colère qui n’entendent pas qu’on les raye de la surface de la planète, fut-ce par les moyens les plus hypocrites et détournés ou au nom des plus nobles baudruches. Comme le dit en substance une collègue, sommes nous si redoutables à leurs yeux, qu’ellils semblent plus craindre notre existence même que toute la masse de l’exploitation ; ou plutôt résumer celle-ci à celle là ? Ça semble.

 

Il y a effectivement quelque chose de comique à voir, une fois de plus, les conséquences d’une pensée tronquée, qui tient à limiter la critique à la recherche de coupables ou d’égarées structurelles, et finit par se vautrer dans le marécage de la facilité et de la stigmatisation, en s’en rendant à moitié compte. Mais bon, j'ai bien fait aussi bête - et ce n'est même pas dit que je ne le referai pas ; se targuer de ne jamais y tomber ou retomber, s'est faire une singulière confiance dans notre lucidité, confiance que je crois infondée.

 

Beh oui, j'ai fait pareil, du même genre, et y a pas encore si longtemps, avec beaucoup d’autres de ma « famille », quand je scandais par exemple avec une désarmante candeur les imprécations de rigueur contre la vilaine islamochose (je l’avais déjà écrit pour l’antispéchose il y a quinze ans, avant de l’oubler : « phobies » ou « ismes », tout devient chose dans la grande entreprise d’équivalence et de réification que nous menons planétairement ; « lumières » et « contre-lumières » unies dans la lutte pour une économie de l’idéal, désunies dans la concurrence pour prospérer au sein de la domination, en toute barbarie). Je m’en croyais moi-même. La honte. Ah, ces choses dont le seul libellé impératif nous rend idiotEs et zombies, de quel côté que nous soyons, pro ou anti. « Le voile », « les putes » et toute la séquelle de la gabelle intellectuelle contemporaine ; en être ne vaccine nullement contre l’abdication du raisonnement, malgré les affirmations répétées de la fable légitimiste.

 

On y croit infiniment facilement, au bien et au mal incarnés par les groupes sociaux, les signes et les hiérarchies, inversées ou non. Et on croit facilement à la toute-puissance ténébreuse, même quand elle n’apparaît que sous l’espèce de gentes déjà mis à l’écart, quand ce n’est pas dix fois écrabouilléEs. C’est la matrice de la haine, de la peur et de la fétichisation modernes, dont sont sorties pas mal de nos grilles d’interprétation. L’incarnation de la puissance « invisible », qu’on a la flemme d’aller chercher dans notre propre fonctionnement et nos propres idéaux. Même, mieux les écrabouilléEs le sont, plus leur survivance est la preuve d’un odieux complot. Plus leur puissance redoutable est attestée. Panique ! Que se dresse t’il derrière elleux, depuis des siècles, de sombre et de décisif ? Derrière les juifs (le paradigme), « l’impérialisme » ; derrière les putes sans remords « l’industrie du sexe », ou même carrément les « deux cents familles », pourquoi pas ? Et oui, d’ailleurs, après tout, pourquoi pas, si on veut ? L’important n’est pas quoi ou qui, mais que ce quoi ou qui permette de projeter notre idée de la « volonté néfaste pour asservir », histoire de personnaliser, et surtout de nous exonérer de, l’asservissement général que nous reproduisons avec entrain, les unEs et les autres. Et qui va infiniment au-delà des plans douteux d’une supposée synarchie ricanante – petits joueurs !

 

Rien de neuf au demeurant – mais c’est bien là le problème !

 

On croit d’ailleurs tout aussi uniment à sa propre importance décisive. Qu’on est les pionnières ou bien l’ultime rempart. Ça ne date pas de hier. L’illusion d’optique nous concerne autant que nos voisines ou adversaires. On n’a, je crois, pas tort de se donner quelqu’importance. Á commencer pour nous-mêmes. Mais, précisément parce qu’au fond nous ne savons pas nous soucier de nous, il nous faut l’investir dans des mirages immenses et reconnus pour nous sentir de la porter. « Nous-mêmes », ce vieux slogan assez réaliste pour une base des féministes des années 70, a été avalé par l’ordinaire : l’image-désir-frustration de ce qu’on devrait être et de ce que devraient être les autres. Nous appendons notre prise de vie à la réalisation de la démesure ; ce qui explique que, dans l’urgence permanente, nous ne reculions devant aucune extrémité pour la faire entrer en nous !

 

La politique et la « science du bien » ont des racines éminemment religieuses, eschatologiques, fétichistes comme disait l’autre. Nous sommes parfaitement rationnelles… dans un cadre admis qui est souvent déraisonnable. En gros, nous cherchons à aménager pour le mieux une sorte de folie collective bien ancrée. Ce qui donne des résultats à la fois truculents et morbides. On n’en sortira évidemment pas en claquant des doigts et encore moins à coups de bonnes résolutions.

 

Bref, rien d’étonnant à l’hallucination prohi, pour laquelle la totalité de la critique économique et politique finit par se concentrer dans la chasse aux putes. Comme on a eu, à une très moindre échelle vu la rareté des bestioles, la chasse aux trans à radicaleland, immortalisée dans les délires de Janice Reymond. Comme on a eu, il y a un peu plus longtemps, mais l’écho en vibre encore aujourd’hui, la chasse aux gouines à hétérolande-féministe comme-il-faut – et on pourrait encore remonter.

 

Comme je dis toujours, je ne m’indigne pas. Rien de plus stupide que de s’indigner, de faire comme si les choses ne pouvaient et devaient pas être, là, comme ça, tout de suite, sans même chercher à analyser. Je ne rigole pas non plus ; n’est pas particulièrement drôle, l’abêtissement dans lequel nous nous maintenons.

 

N’empêche, si, on ne peut pas s’empêcher, surtout quand on est dans l’affaire, de doucement rire, quand on voit l’incroyable disproportion qui est mise en scène et en avant avec un sérieux qui n’est perturbé que par des explosions de haine : les putes vont perdre le monde.

 

Oh, ce n’aura pas vraiment été la première fois, en fait. C’est comme pour d’autres catégories, nous revenons périodiquement à la fenêtre sur le petit guignol rotatif des grands fléaux de l’humanité que se passent sans relâche les nettoyeureuses du social. La prostitution a déjà été abolie un certain nombre de fois (notamment au moyen-âge). On nous a déjà expulsées de maintes villes, de pays entiers, là encore comme bien d’autres. On en attendait moult bénédictions du Ciel et de la terre. Bernique. Les bénédictions se sont esquivées. Les désastres et les brutalités n’en ont point été diminuées. Il faut croire que ce n’était pas la bonne manière de prier ni de sacrifier. Plutôt ont ellils préféré croire, comme nous le faisons volontiers en telles occasions, qu’il en restait, que c’était la punition de n’avoir pas bien raclé le monde de son ordure. La mauvaise herbe repousse toujours, comme c’est triste. Même le roundup des moyens modernes de traque ne parvient pas à l’empêcher. Ah que c’est agaçant !

Quant à nous, nous prenions nos cliques et nos claques avec un pragmatisme non exempt d’un certain cynisme. Le cynisme des putes et des femmes de ménage. Nous savions et savons encore que dans un monde de besoin, nos aurions toujours notre place. N’empêche, on en a pris dans la gueule.

 

Bien sûr que les prohi dansant autour de leur totem de guerre ont quelque chose d’à la fois ridicule et effrayant, surtout une fois qu’on a pris conscience de ce contre quoi ellils sont animéEs. C’est digne d’une fable de La Fontaine, l’escarbot des putes et le Jupiter de la puissance totale qu’ellils ne croient pas du tout excessif de mobiliser pour l’anéantir.

 

(Abolir – je n’ai pris que récemment souci des implications de ce terme et des logiques qui vont avec. Je voudrais d’ailleurs, si j’avais maison et tête, écrire dessus. Abolir suppose la délégation de la force comme de la raison, le passage par le « tout-puissant ». Et aussi l’effacement, le gommage, garanti par cette puissance. N’est-on pas, avec les abolitions, comme on l’est avec les « libérations », une fois de plus, au verso des émancipations, qui ne ressortent que des gentes ? Pas simple.)

 

Bon ; pourtant, je l’avais déjà écrit et je le pense souvent, ce n’est pas faux – même si c’est fatigant, je vous en réponds – qu’il y a quelque chose de redoutable, d’une certaine manière, dans ce qui ne veut pas disparaître ; bon ou mauvais, d’ailleurs. C’est peut-être même en partie la fascination qui se focalise dessus, qui le rend si périlleux. Après, question, redoutable et périlleux pour quoi et pour qui ? Pour le bonheur de l’humanité, cet objet de quête qui justifie, depuis des siècles, les exactions les plus colossales ? Ou pour la croyance et la dévotion en un monde sans mal ?

 

Mais bon – étant ce que nous sommes, je me dis qu’un des meilleurs antidotes aux lunettes grossissantes et déformantes qui font voir les putes comme le poids décisif qui va faire faire naufrage à la nef des fous serait peut-être d’oublier précisément celleux qui les portent. Nous finissons par leur donner autant d’importance démesurée qu’ellils nous en assignent. Alors que je suis même pas bien certaine qu’ellils sont aussi nombreuXses que nous. En tous cas celleux qui effervescent. Au reste il ne s’agit pas de nombre ; je me fiche du nombre et ne suis pas démocrate. Il s’agit de l’importance réelle des choses, et là je crois que nous avons une propension générale à faire ventre avec tout un assortiment de gimmicks, qui viennent et reviennent, certes, donc ne sont pas si indifférents que cela. Mais auxquels nous attachons des enjeux, des rêves et des cauchemars démesurés – alors même que nous sommes réellement dans la panade, mais que nous manifestons quelque dégoût à renifler celle-ci franchement.

 

N’empêche, nous sommes vraiment bien facilement bon public les unes des autres, par la crédulité, l’obnubilation et la malveillance. Et aussi de nous-mêmes. Une bigle sans égale. Quand cesserons nous de nous contempler et fasciner mutuellement, pour nous occuper réellement de nos fesses, et pas de leur image sur les écrans qui ont poussé en nous ?

 


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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 11:34

 

 

Nous n’en sommes plus à cela près, n’est-ce pas ? V’n’allez pas hurler si la négative murène vous fait la pub… d’une vidéo faite par des attacites, sur des personnes d’hailleurs (gare à l’exotisation, que faisons nous de nos fesses ?), et dont elle a trouvé la recension chez les braves léninistes de Bellaciao ? Et puis même, elle a ses boules quiès.

 

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article126208

 

C’est un docu sur la mobilisation de nanas contre le micro-crédit. Vous savez, cet arrosage miniature et bienfaisant de l’économie sur les plus pauvres et les déjà superfluEs, afin de les aider à s’auto-exploiter et de les introduire dans le monde merveilleux de la dette, des fois que la valorisation pourrait en tirer quelques bribes. Pas des fois, même, elle les en tire, ces bribes et ces tripes ; ce n’est pas vraiment qu’un tour de phrase que de dire que la richesse se récolte d’abord chez les pauvres. Tenez, hé, où sont, et par qui, triés, valorisés, les déchets empoisonnés des équipements qui nous permettent une vie si épanouie et branchée ? Mais sur des décharges géantes en Afrique, par les habitantEs des bidonvilles voisins, qui en survivent vaguement avant d’en crever rapidement. Et tourne le recyclage et le durable. La fameuse « Île aux fleurs », où l’on nous montre de joyeuXses drilles escaladant une montagne de légumes pourris imprégnés de pesticides, semble effectivement un relatif eden, devant ces amoncellements géants de métaux à la fois précieux et mortels (mais les métaux précieux ont toujours été mortels, d’une manière ou d’une autre, c’est le secret de la valeur et de l’économie). Sûre qu’on va leur flanquer des micro-crédits pour qu’ellils meurent un peu plus rentables.

 

Enfin bref, on parle donc là encore d’une arnaque, et cette arnaque est un module de la grande arnaque de l’enrichissement et du développement… de la misère, des besoins, de la concurrence et de la dépendance. Et ce sont des nanas qui cassent le morceau, renversent la micro-marmite et refusent le néo-asservissement. Ce n’est pas nécessairement un hasard. Les femmes se trouvent, si l’on en croit l’interprétation selon laquelle valeur et production reconnues sont domaine masculin, dans une situation paradoxale : elles doivent à la fois incarner l’autre, vous savez, le continent sombre, le gratuit, le bénévole, le corvéable à merci, et en même temps la logique économique qui s’assèche ne peut plus se permettre de laisser qui que ce soit hors du grand pressoir. Du coup les femmes subiront les deux, l’exploitation gratuite et l’exploitation payante. Ce n’est d’ailleurs pas nouveau comme constat. Ce qui l’est, peut-être un peu plus, c’est de refuser la logique d’intégration dans la machine. De dire qu’on n’a rien à gagner à y entrer, fut-ce paritairement, mais plutôt à la fuir et à la démonter.

 

Enfin voilà, si cela vous dit…

 

On est quelques unes, encore bien rares, à causer de féminisme réellement anti-sexe et anti-relation (http://pink.reveries.info/post/2012/03/10/Anti-sexe) – c'est-à-dire critique de ces formes de réalisation sociale et existentielle ; on commence aussi à causer de féminisme anti-économie, anti-travail et anti-intégration à ce monde (sans pour autant tomber dans l’escarcelle essentialiste). Et pas de ce ressentiment tronqué qui s’imagine que l’anticapitalisme et l’antipatriarcat se résument à l’extermination soft de quelques spéculateurs et putes, afin de mériter le ticket d’entrée au douteux paradis de la distribution et du guichet égalitaire, avec un toujours papa état superficiellement démasculiné, relooké, autogéré et forcément bienveillant !

Ce n’est pas anodin : « je t’aimeuh » et « je travaille, moi », sont les deux centres de production de la dépossession, les représentations pilières de ce que nous nous devons d’être, les deux faces de la monnaie de singe du présent, avec laquelle nous nous achetons nous-mêmes nos vies. Tout est subordonné à l'une ou l'autre de ces baudruches cannibales.

Anti-sexe et anti-travail, la démolition des valeurs-relation et –économie, ont partie liée. La petite murène espère que les deux désertions iront de pair, pour en finir avec ce monde avant qu’il en finisse avec nous ! Si toutefois il n’est pas déjà trop tard.

 

 


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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 10:37

 

 

La bague au doigt, la chaîne au pied et le joug dans la tête.

 

http://tv.yagg.com/2012/03/14/loperation-bagues-aux-doigts-de-sos-homophobie-en-video/

 

Il n'est plus même temps de s'ahurir ; mais décidément, il n’y a pas un colifichet du folklore de la dépendance, de la relation valorisante obligatoire et conséquemment de l'hétéropatriarcat que nous répudierons. Bien au contraire, nous en endosserons tous les éléments, garde-robe de Barbie, tunique de Nessus qui nous y réduira. Et on aura l’air bien c…es, quand à coup de réclamation et d’intégration nous les aurons parfaitement reproduites et perpétuées, ces sympathiques formes de la survie au pays planétaire de l'angoisse et du besoin. Avec les mêmes effets, lesquels commencent déjà à se manifester. Chercherons-nous alors à nouveau des coupables et autres méchantEs qui nous aurons "égarées" ? Commencerons nous à zieuter de plus près nos idéaux gluants ? Ou sera-t'il de toute façon trop tard pour une émancipation, dans le désastre humain et matériel qui se profile ? 

 

Un vieil écrivain du début de la modernité remarquait sagacement que la première chose que l’on voyait en arrivant en france, c’était toujours le bicorne d’un gendarme ou d’un gabelou.

 

Á présent que nous nous sommes toutes faites les gendarmes du présent, démocratie aux cent yeux oblige, il nous convient d’en porter le couvre-chef, fut ce moralement.

 

Identité, amour, travail, voilà le tricorne qu’on va porter jusques au bout de la tentative de sauvetage de ce sinistre monde.

 

Yahou !

 

 


 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 11:08

 

 

Il arrive qu’on se torde l’esprit, de même qu’on se tord la cheville en mettant le pied dans une ornière. C’est un peu ce qui m’est arrivée l’autre soir. Poussée par la solitude et l’ennui, j’avais été remettre mon nez à lgteubélande, précisément à son « antenne » dans la métropole régionale. Vous savez, ces «centres » qui éclosent, petit à petit, plus ou moins facilement. Ah, les « centres » - il y aurait beaucoup à dire déjà sur la reductio ad centra, la guirlande desquels me fait penser un peu à une collection de trous noirs qui se nourriraient de la provende des corps et des âmes des « gentes concernées », afin de produire je ne sais quelle luminescence douteuse dans la pénombre des grands fonds de l’époque. Beh oui, centre, pour moi, c’est du même acabit, de la même logique qu’usine, que prison, qu’hôpital, que tous ces pièges à insectes sociales auxquels nous finissons presque toujours par nous laisser prendre, et qui nous avalent, nous digèrent, pour excréter de l’enthousiaste présent.

 

Et voilà donc que je me mets en route, sur notre Méridienne gratuite, et atterrit à deux pas de l’endroit. Ce soir là, c’était T au menu. Vous l’aurez deviné.

 

Je me suis affalée dans un coin, sur un pouf rouge, contemplant avec inquiétude déjà les présentEs, dont je connaissais certaines. La T de référence vaquait bruyamment, les pédés s’agitaient, les biogouines, dont la présence me rassérénait à priori, se terraient dans un coin pour éviter la contamination, tout en faisant visiblement tourner la baraque. Rien déjà donc que de très attendu. Je me demandais déjà ce que j’étais venue faire, tout en sachant très bien la réponse : je suis dans la débine, je me laisse aller, je vais traîner. C’est triste et pitoyable.

 

Je passe sur les détails de la soirée. J’étais coincée. Coincée entre le vide sidéral des lgbts et des T en particulier (ici, on ne pouvait même pas parler de queer), et le ressentiment des radicales. J’étais coincée, j’avais remis le pied, pardon l’esprit, dans mes racines humaines et intellectuelles contradictoires. Dans l’ambivalence qui me tue. Je me suis sentie comme une balle de caoutchouc, renvoyée des unes aux autres. Il ne faut jamais jouer quand on est une baballe, il faut se terrer derrière une armoire. M’étant perdue de vue, de conscience, je me suis même laissée aller à bafouiller quelque chose d’informe, ce dont je suis remplie de honte.

 

Je n’étais pas nulle part ; plût à la déesse que je l’eus été ! Au contraire, j’étais éparpillée partout. Même dans le vide des T qui couinaient sur leur triste destin discriminé, ou dans celui de la réalisatrice d’un film dont tout le monde, une minute après la fin, avait fermement oublié les propos, résolument révolutionnaires. Il y avait mes morceaux de formée par les féministes et lesbiennes radicales, et même matérialistes, qui traînaient par terre, à la fois exaspérés par l’irénisme des « intervenantEs », la f-T à grande gueule et le m-T balbutiant, leur discours des individues à la libérale, et par la critique tronquée du monde et du patriarcat réduite à la malveillance des méchants des radiques, dont cependant je me sentais plus proche parce qu’agacée aussi. Et parce qu’il y a les mêmes choses qui nous sautent au visage. J’en suis restée malade.

 

Je nous suis toutes vues tourner dans nos cercles, dans nos cages à hamster d’explications faciles et de plaintes adressées à la divinité démocrate, et ça avait quelque chose de dantesque, de dantesque ridicule, l’enfer, mais l’enfer de hamsterlande. L’enfer de l’élevage humain. De notre élevage autogéré. De notre élevage pour produire la chair à identités, à citoyennetés, à toutes ces valeurs de la bourse diffuse des éconocroques en déroute. Où nous jouons consciemment, délibérément, attentionément nos rôles, toutes contentes de ce, sans supposer un instant qu’ils nous traînent dans l’abîme. Que nous nous traînons par nos propres rognons au désastre commun, à travers même nos inimitiés prévisibles. C’est à devenir platement cinglées, comme d’ailleurs l’essentiel de la population. Et nous n’y manquons pas.

 

Je me suis tordu l’esprit dans le nid de poule de nos soifs d’exister, de nos faims de grignoter les biscuits de la reconnaissance. Parce que je ne viens pas d’une, mais de plusieurs d’entre elles, et que je rampe en même temps à moitié au dehors. Sur la bande de roulement.

 

Scouitch !

 

 


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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 10:13

 

On a pensé des fois à nous en de singulières circonstances. Ainsi de ce message radiodiffusé, envoyé par les insurgéEs de Kronstadt, la veille du 8 mars 1921, alors que l’armée rouge venait de commencer son attaque sur la ville :

 

« Aujourd’hui est un jour férié universel, la Journée des femmes ouvrières. Au milieu du tonnerre des canons, nous envoyons de Kronstadt nos vœux fraternels aux femmes ouvrières de l’univers. Puissiez-vous bientôt vous libérer de toute forme de violence et d’oppression. Longue vie aux femmes ouvrières révolutionnaires ! Longue vie à la Révolution sociale dans le monde entier ! »

 

Cela dit, et comme on va le voir, des fois il vaut mieux qu’on vous oublie, plutôt que de vous assigner un destin, fut-il de porter les espoirs de touTEs les avides et autres éspérantEs. L'émancipation commence quand on cesse de mettre ses rêves sur le dos d'autrui.

 

Je m’étrangle tranquillement ce matin en lisant les innombrables inepties publiées dans les journaux. Ah, ça, comme on dit avec les amies d’ici, y a pas de quoi être marsiennes ! Ainsi de cet épouvantable article paru dans la Libre Belgique, dont je vous extrais ce passage :

 

« Papa travaille. Maman travaille. Il est de plus en plus difficile de se passer d’un salaire pour se consacrer aux enfants uniquement. Pourtant, il faut se résoudre à faire des choix : la crèche ou le retour à la case "maison". Si le dernier cas est choisi, c’est souvent la mère qui décide de faire un trait sur ses engagements professionnels pendant un certain temps. La punition ne se fait pas attendre : pas de salaire, une carrière stoppée avec tout au bout une pension qui se réduit comme une peau de chagrin et qui, le jour venu, deviendra peut-être une cause de précarité.

Que se passerait-t-il si les femmes, pour ces raisons, refusaient la maternité ? Cette question n’est pas rhétorique et le danger d’une dégradation au niveau démographique aux conséquences dramatiques doit être considéré.

[...]

On risquerait d’avoir à terme des taux de fécondité dans le monde qui chutent et ce, en dépit de l’envie bien naturelle des femmes d’avoir des enfants. Quand viendront donc de vraies "compensations" pour celles qui veulent "materner" à temps plein ou à temps partiel ? Pourquoi doivent-elles dépendre financièrement de leur compagnon ? Pourquoi sont-elles "punies" à la retraite ? Parce qu’elles ne disent rien ? Parce que leur voix est trop faible pour être entendue ? Parce qu’il y a tant d’autres problèmes plus importants que celui-là ? Parce que c’est un poncif et que cela peut encore attendre ? »


Ah c’est splendide, ahurissant ! La guerre et le travail sont décidément leur réciproque continuation par les si fameux "autres moyens" ! Mais y a une évidence qui, elle, ne bouge pas d'un poil : la raison d’être des nanas (bio, mais qui sait ce qui va arriver dans quelques années, si l’inflation de moyens se poursuit ? Va-t’on, les T, nous mobiliser aussi ? Le désir qui envahit déjà les M-T va-t-il se jeter sur nous ? Argh !), la raison d’être donc des nanas est de pondre. Et leur raison de bipèdes de bosser ; c'est même juste en cela qu'il y a "égalité". Point. La baise/maternage et l’usine/bureau, voilà l’horizon du Titanic humain, côté F, et les deux seuls pôles entre lesquels il est loisible de s’équilibrer. L'avenir ? Mais des crèches, un raz de marée de crèches pour que la ponte continue et enfle, des crèches pour tous les petits jésus et pour les vierges Marie bénévoles, désirantes, productives, rentables ; au secours !

Un peu plus de taf, un peu moins de ponte, ou l’inverse, ou les deux, à fond, à mort ?

Si on ne veut ni enfant ni boulot (ni mec), ah là c’est l’asocialité sucrée de crime contre l’économie, laquelle a tellement besoin de futurEs consommateurices et de futurEs exploitéEs. L’idéal étant de fondre les deux en un.


Notre vieille Valérie (reviens !!) avait, on peut le dire, traité le problème en quelques phrases : qu’est-ce qu’on en a à foutre de relationner, de baiser, et surtout qu’est-ce qu’on en a à foutre des « générations futures » ?! Clac. Ciseaux encore plus radicaux que ceux que nous agitons bien souvent sans grande conviction. Nous n’oserions tailler que dans les images et les fantasmes, elle taillait dans le vif, la bougre. Elle parlait de nous, et non pas des autres. Quand refuserons nous, justement, ce fichu idéal de reproduction, et ce non moins fichu idéal de la colle ? Histoire de vagabonder quelque peu.


C’est là que l’on voit les limites de la critique tronquée : elle nous ramène toujours au même, par les courbes les plus ondoyantes. Les nanas de l’imaginaire révolutionnaires étaient et sont toujours résolument des « travailleuses », intégrées dans le monde ô combien masculin de la production sacrée. Il ne leur en était déjà loisible de sortir que pour reproduire la valeur, d’une autre manière, sous forme de lardons ; je songe aux chambres froides du Palais de la Maternité de Petrograd, décrites par Babel (Isaac).


Et qu’est-ce qui unifie ces, somme toutes, deux aspects du travail que sont la reproduction de la valeur, et celle des reproducteurices elleux-mêmes ? Mais le droit, cette rhétorique de la possession, de la dépossession et de l’objectivation, bien sûr.


Les bras ne m’en sont donc même pas tombés lorsque j’ai lu cette recension judiciaire 


http://avocats.fr/space/caroline.mecary/content/les-affres-de-la-separation-pour-les-enfants-d-un-couple-d-homosexuelles---tgi-senlis-fevrier-2012_8B9E9CBC-B28C-4E96-9567-85AA88DCAB8F


Aussi ridicules que les hétér@, décidément nous sommes. Jusques dans la succession des détails, la mesquinerie et les vies qu’on pourrit à soi-même et aux autres.


Quand est-ce qu’on envoie bouler la relation obligatoire, le couple, la famille, les lardons, le boulot, et le pouvoir qui vit là-dessus à nos dépens ? Quand est-ce qu’on se débarrasse de cette subsistance qui nous fait psychopathes, à la fois serviles et cannibales ?


Ou bien est-ce que nous singerons encore quelques siècles (optimiste !) les formes du patriarcat ?

 

Bref, méfions nous autant du 1er mai que du 8 mars, et désertons autant les maternités, les garderies, que les usines et les cuisines, sans parler des prétoires. Nos émancipations, la prise de nos vies, c'est pas là qu'elle se trouvent ; ça se saurait. 

 

Et que les rêveurs d'un monde plein comme un oeuf nous oublient - à moins qu'on ne le leur fasse radicalement oublier ?

 

 


 

 

 

 

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 21:14

 

 

La petite murène, plus tectosage que jamais, profite d'un moment d'égarement pour vous présenter son estimable cousine, l'anguille de Melun, laquelle, de tradition, crie avant qu'on l'écorche et en a bien raison !

 

On ne le dira jamais assez : crions avant d'avoir mal !

 

 

anguille

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 12:27

 

 

...la matinée à chercher des papiers justificatifs pour qu’on me laisse me voler mon temps tranquillement. En fait, travailler pour vivre est encore plus stupide que vivre. »

 

Alejandra Pizarnik

 

 

Ce qui n'est pas peu dire, vu ce à quoi nous consentons comme vivre.

 


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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 10:55

 

sur le site d’Alison Bechdel, l’auteure de Lesbiennes à suivre, qui est parmi les meilleures bd lesbs. Dommage, en français, la seule édition, qui a presque vingt ans (que nous sommes vieilles, j’y crois pas…) est épuisée.

 

http://dykestowatchoutfor.com

 

J’ai été dans « biographies », il y a des personnages nouvelles, en plus de celles que je connaissais. Une ado T, la fille des deux qui se marièrent, et quelques autres.

 

Eh ben vous voyez, j’ai beau être critique, négative, incrédule, revêche, ringarde et renégate, j’ai beau trouver que c’est ultra bien pensant et que les identités qui ont passé le baccalauréat social s’ajoutent « naturellement » en cumul, eh bien zut, non seulement j’adore Bechdel et Lesbiennes à suivre, mais encore, en songeant, je finis toujours par me dire que je préférerais qu’on soit que des nanas. Et qu’on ne glisse pas irrémédiablement, répétitivement, vers des valeurs masculines, « réappropriées » ou pas. Un monde F. Je pense pas que par miracle et vertu on se trouverait libérées du Mal, et même pas des formes sociales à l’œuvre à travers nous. On continuerait sans aucun doute à patouiller et à se faire, à nous-mêmes comme aux autres, les pires crasses. Mais ça serait tout de même plus vivable, je crois.  

 

Après je serais pas mieux sociable, et je grognerais toujours seule dans mon coin, babosse et hargneuse, ça ne ferait pas un pli. Mais j’aurais par devers moi un chouïa plus de sympathie pour ma planète humaine.

 

D’ailleurs, tiens, voilà que d’autres me remettent en mémoire, justement, le test de Bechdel. Oh, bien sûr, c’est un constat que nous avons bien souvent fait entre gouines, que nous nous occupons cerveau et langage avec les mecs. Mais je suis contente que ce test lui soit attribué ; et, tenez vous bien contente de faire de la pub, pour une fois, envers OLF, sur le site duquel j’ai trouvé cet article.

http://www.osezlefeminisme.fr/article/cinema-representations-des-femmes-le-test-de-bechdel

 

Eh oui, je suis une vieille grognasse aux manières surannées, et donc je suis toujours joyeuse, figurez vous, de pouvoir signaler quelque chose que j’aime de la part de gentes avec qui je suis brouillée à mort, et dont je combats souvent les conceptions. Ça rappelle que, si on veut absolument causer de légitimité, eh bien nous sommes légitimes, réelles, existantes, faillibles, toutes autant les unes que les autres. Qu’on s’apprécie ou pas.

 

Et quant aux mecs, ben oui, nous nous disions toujours avec un mélange de tristesse, d’agacement et de malice que plus on y a affaire, plus on en cause. Pour tout dire, un peu soûlées par les hétéra qui viennent pleurer dans notre giron l’invivabilité de meclande, et y retournent allègrement une fois consolées. N’y ayons point affaire, ou le moins possible ! Et surtout pas bénévolement.

 

Rien de tel que la mauvaise volonté pour refroidir les ardeurs.

 

 


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La Bestiole

  • : Divergence transse, féministe, communiste - Le placard à Plume, la fem-garoue
  • : Ebranchée, schlemihlah, communiste, féministe - la transse la moins queer, la moins fun, la plus antisexe, antinaturaliste, antisubjectiviste du quart sud-est. Clodote d'hamsterlande, casserole détachée de la queue de l'alternoféminisme. A gauch' de la gauch' de la gauch' de l'extrême gauche. Résolument opposée au backlash réac-libéral pro sexe, pro marché, pro nature, pro religion, comme aux catéchismes moraux-politiques en tous genres. Moderniste novatrice, universaliste négative, apostate de l'intersectionnalisme, philogyne, philosémite. Pour un anti-monde de nanas paresseuses et la ruine radicale de la masculinité, de l'économie, de la sexualité, de la fierté, du pouvoir.
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